C'était Georges Pompidou

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C'était Georges Pompidou d'Alain Frerejean, publié en 2007 par Fayard, a remporté le Grand Prix du Salon du Livre d'Histoire de Senlis et l'un des prix de l'Association des Ecrivains combattants. Il a été plébiscité par les lecteurs, repris par Le Grand Livre du Mois et.... traduit en chinois. Ce succès a mis l'auteur en rapport avec beaucoup de nouveaux témoins, tels le préfet de police Maurice Grimaud et des intimes de Pompidou. Grâce à cette "moisson d'hommes," Alain Frerejean revient en force sur de très nombreux points : les institutions de la Ve République, les événements de mai 1968, la mensualisation des travailleurs horaires, les centrales nucléaires, l'affaire Buffet-Bontems, l'affaire Touvier, etc., mais aussi sur la vie personnelle de Georges Pompidou. Voici donc, pour le centenaire de sa naissance, le 5 juillet 1911 à Montboudif, une version revue et très complétée de C'était Georges Pompidou. Cette fois encore, l'auteur a mis son point d'honneur à marier de façon équilibrée l'histoire et la biographie, l'homme public et l'homme privé.
Publié le : mercredi 23 mars 2011
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EAN13 : 9782213666846
Nombre de pages : 448
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Georges Pompidou, 1970.
© Henri Bureau/Sygma/Corbis.
Couverture Josseline Rivière.

© Librairie Arthème Fayard, 2011.

ISBN : 978-2-213-66684-6

Du même auteur

Les Maîtres de forges, saga d’une dynastie lyonnaise (1736-1886), Albin Michel, 1996.

Napoléon IV, un destin brisé, Albin Michel, 1997.

André Citroën – Louis Renault, un duel sans merci, Albin Michel, 1998.

Terre d’inventeurs, Tallandier, 2000.

De Gutenberg à Bill Gates, Tallandier, 2001.

L’Appel de l’Afrique, Perrin, 2002.

Les Peugeot, deux siècles d’aventure, Flammarion, 2006.

C’était Georges Pompidou, Fayard, 2007.

La grande aventure des Chemins de fer, Flammarion, 2008.

Renault, le culte du défi, Flammarion, 2010.

Pour Esther

« En tout temps, le peuple veut avoir devant lui quelqu’un qui soit sincère et humain. »

Georges Pompidou,

Le Nœud gordien.

Avant-propos

Du côté de Houdan, dans les Yvelines, le promeneur qui pousse la grille d’un modeste cimetière de campagne peut lire sur une tombe toute simple cette humble inscription : « Georges Pompidou, 1911-1974 ». Là repose en effet l’un de nos meilleurs chefs d’État, que nous ne mettons pas toujours à la place qu’il mérite. Cet homme, venu du fond de la terre française, a sauvé le pays de l’anarchie en 1968 et peut-être de la guerre civile, donné une formidable impulsion à notre industrie, lancé les autoroutes, Ariane, Airbus, le TGV et les centrales nucléaires. Et, en les mensualisant, reconnu à des millions de travailleurs manuels une dignité et une sécurité refusées jusqu’alors.

À la différence de tant d’autres hommes politiques, ce Premier ministre et ce président de la République n’avait pas un goût inné du pouvoir. Plutôt que par l’ambition personnelle, Georges Pompidou a été poussé sur le devant de la scène par la curiosité intellectuelle et le dévouement à un homme d’exception. Déjà, jeune enseignant, il délaisse l’estrade pour circuler de long en large à travers la classe, cherchant sans cesse à dissiper les inhibitions, à éveiller les talents, susciter les vocations. Plus tard, malgré son goût de l’excellence, sa volonté d’être le meilleur, il n’aura d’ambition que pour ses concitoyens.

Tour à tour professeur de lycée, chargé de mission, commissaire adjoint au Tourisme, maître de conférences à Sciences Po, maître de requêtes au Conseil d’État, fondé de pouvoir puis directeur d’une maison de banque, Georges Pompidou travaille très vite, en dilettante, pour profiter pleinement de ses heures de loisir. Bon époux, bon camarade, bon vivant, amateur de bonne chère, de peinture et de poésie, ce surdoué est un sceptique. La vie, il la regarde avec humour et l’actualité avec recul.

Certes, de juin à décembre 1958, il apporte dans l’ombre un concours inestimable au général de Gaulle en l’aidant à fonder les institutions de la Ve République et à préparer l’entrée sans douleurs de la France dans le Marché commun. Mais, au bout de six mois, sa mission accomplie, il s’empresse de quitter les ors des palais nationaux pour retrouver les chemins de la liberté.

Trois ans après cette brève parenthèse, Georges Pompidou est enfin happé par le destin. Un destin qui, par deux fois, le fait échapper à des attentats et le métamorphose en homme d’État. À cinquante et un ans, lorsque de Gaulle le bouscule en faisant de lui son Premier ministre, il entre en politique sans être sûr d’y faire carrière. Or voici qu’après quelques années dans l’ombre du géant il prend goût à la fonction et se prépare même à lui succéder au terme d’une extravagante course d’obstacles.

Ce parcours inhabituel a de quoi intriguer, cette lutte perpétuelle entre la nonchalance, longtemps dominante, et le désir de primer, qui finit par l’emporter du seul fait du hasard. Jamais cet épicurien ne force la main du destin. Le destin le guide, il ne s’y refuse pas, il l’accepte. Et, stoïque devant la maladie, il meurt à la tâche. Les chercheurs de l’Association Georges Pompidou ont interviewé cent soixante-seize grands témoins. Leurs témoignages recueillis sur audiocassettes éclairent sous un nouveau jour cette étonnante aventure. Celle d’un homme libre, qui savait rire mais qui savait trancher.

PREMIÈRE PARTIE

Un brillant dilettante

D’humble et petite extrace

« Pompidou, votre nom a l’air de se moquer du monde, ça ne fait pas sérieux, disait de Gaulle à son jeune chargé de mission. Si vous voulez arriver un jour à quelque chose, il vous faudra en changer. » Plus tard, le voyant malgré tout arrivé, il ajouta : « Pompidou, un Premier ministre qui a un nom de coureur cycliste. » Certains érudits attribuent à ce patronyme le sens de « pont à péage », d’autres celui de « petite crêpe ». Mais, selon un dicton de la région d’Aurillac, « vau mai pompidor que clussidor » – celui qui frappe vaut mieux que celui qui geint.

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