Cahiers français : Économie et politiques de la culture - n°382

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Ce dossier des Cahiers français propose une analyse précise du poids économique de la culture en France, et s’attache, à travers l’étude des secteurs-clés, à expliquer les évolutions de ces modèles économiques et des politiques publiques chargées de les accompagner.

Publié le : lundi 1 septembre 2014
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EAN13 : 0900004038200
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É D I T O R I A L
QUELS FINANCEMENTS POUR LA CULTURE ?
L’intérêt porté par le pouvoir à la création et son souci de préserver l’héritage patrimonial s’inscrivent en France dans une longue tradition. Aujourd’hui, la révolution numérique et la mondialisation – ajoutonsy la situation financière de l’État – amènent les responsables publics et l’ensemble des acteurs à reconsidérer les fonctionnements économiques du secteur culturel. Cette pression des questions liées aux modes de financement de la culture ne doit toutefois pas conduire à penser d’abord celleci en termes marchands. « Le pape, combien de divisions ? », demandait Staline. Dans ce sillagelà,mutatis mutandis, le risque maintenant serait d’évaluer les toiles d’un peintre à leurcash flow, un roman à ses scores possibles en tête des gondoles… Une autre dérive consisterait à réduire les œuvres à des outils demarketingpour produits de luxe. Un examen de l’efficience des politiques menées oblige à considérer les missions du ministère de la Culture, ses ambitions et ses résultats. Et plus précisément à s’interroger sur la manière dont il allie l’aide à la création et la démocratisation de sa réception. Le rôle des villes en matière de soutien à la culture est lui aussi fondamental et une typologie des métropoles peut même être établie à partir des axes structurants de leur politique à cet égard. S’agissant de la protection du patrimoine, ce sont également les collectivités territoriales que l’on trouve désormais de plus en plus aux côtés de l’État central, non sans d’ailleurs qu’elles développent des priorités d’action spécifiques. La richesse patrimoniale de la France constitue un atout majeur pour son attractivité touristique, et une partie des recettes du tourisme pourrait être comptée dans la valeur ajoutée des branches culturelles pour mesurer le poids global de cellesci dans le PIB. Même sans une telle inclusion, le poids de la culture dans la richesse produite s’est fortement accru au cours des quarante dernières années. Chacune des filières culturelles est confrontée à des interrogations sur son modèle économique. C’est vrai du spectacle vivant qui pâtit d’une baisse de ses subventions en même temps que le débat autour du régime des intermittents alarme ses ayants droit. Dans les industries de la musique et du cinéma, l’apparition du numérique a déstabilisé les fonctionnements préexistants. Pour la première, si lestreamingcommence à générer des profits substantiels, leur équitable répartition entre auteurs, interprètes et maisons de disques fait problème ; quant au second – bénéficiaire d’un système de financement qui lui a permis de résister face aux films américains tant dans l’Hexagone que sur les marchés étrangers –, l’apparition de nouveaux supports remet en cause le rôle des chaînes de télévision dans son financement. Quoique à un degré moindre – du moins présentement –, l’économie du livre est entrée à son tour dans l’ère numérique avec ses opportunités, ses incertitudes, ses menaces. C’est encore le cas du marché de l’art, caractérisé cependant en premier lieu par la place prépondérante qu’y occupe l’art contemporain, par l’influence des très riches collectionneurs sur le jugement porté envers les œuvres et par la présence des pays émergents. En butte eux aussi à des contraintes budgétaires, les musées doivent dégager des ressources propres et, pour les plus grands, développer leur présence à l’échelle internationale. Enfin, la France a beau bénéficier d’un régime de mécénat très généreux, il profite assez peu à la culture, particuliers et entreprises lui préférant d’autres domaines d’intervention. Philippe Tronquoy
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UN MINISTÈRE DE LA CULTURE(a) POUR QUELLE POLITIQUE ? Nathalie Heinich sociologue, directeur de recherches au CNRS
En France, où le mécénat joue un rôle très second dans le soutien à la culture, ce sont les pouvoirs publics – État et collectivités territoriales – qui assurent pour l’essentiel la conservation du patrimoine, l’encouragement à la création et la démocratisation de l’accès aux œuvres. Si l’exécution de ces trois grandes missions s’accompagne de succès certains et si de grandes avancées ont été réalisées, des échecs et des effets pervers n’en accom pagnent pas moins l’action du ministère de la Culture. Ainsi, Nathalie Heinich regrette que la constitution des collections publiques privilégie l’actualité artistique plutôt que la mission patrimoniale d’acquisition de chefsd’œuvre pour les générations de demain. De même, elle juge que l’aide apportée aux artistes est parfois insuffisamment sélective et qu’elle s’effectue souvent au détriment de la diversification des publics. C. F.
Dans son exceent ouvrage sur a cuture en (1) Amérîque , Frédérîc Marte montre qu’aux États-Unîs a cuture, quoîque peu soutenue par ’État (viae NEA,National Endowment for the Arts), est oîn d’être soumîse aux seues oîs du marché : ee est très soî-dement et ancîennement abondée par un rîche système de mécénat îndîvîdue et entrepreneurîa, de fondatîons, d’unîversîtés et de structures pubîques ocaes. Un te système seraît dîficîement transposabe en France, faute d’une cuture du mécénat susceptîbe de compéter eficacement ’actîon de a puîssance pubîque. Chez nous, c’est donc e mînîstère de a Cuture quî assure prîncîpaement e inancement de a cuture, compété par ’actîon des coectîvîtés terrîtorîaes.
(a) Ce texte reprend des ééments puîsés dans dîfférents artîces précédemment pubîés dans a revueLe Débat: « Poîtîque cutu-ree : es îmîtes de ’État » (n° 142, novembre-décembre 2006) ; « Maaîses dans a cuture : quand rîen ne va pus de soî »(n° 152, novembre-décembre 2008) ; « Puîssance de a modéra-tîon » (n° 164, mars-avrî 2011). (1) Cf. Marte F. (2006),De la Culture en Amérique, Parîs,Gaîmard.
CAHIERS FRANÇAIS N° 382
Maîs au faît : pourquoî un mînîstère de a Cuture ? La questîon a souvent été posée, et mérîte qu’on y réponde avant de s’înterroger sur e contenu de ses mîssîons et e degré d’eficacîté de eur mîse en œuvre.
Un ministère pour le patrimoine, la création et la démocratisation
Sî un soutîen pubîc à a cuture, quee qu’en soît a forme, est nécessaîre, c’est que es actîvîtés cuturees ne peuvent, sans se renîer ees-mêmes, obéîr à a seue oî de ’offre et de a demande : d’où a égîtîmîté de ce qu’on appee « ’exceptîon cuturee », quî transpose cette partîcuarîté au nîveau înternatîona, en împosant poîtîquement e contrôe des échanges marchands dans ce domaîne. Cette caractérîstîque est présente, pour des raîsons dîfférentes, dans es troîs grandes dîmensîons de ’actîon cuturee que sont a sauvegarde du patrîmoîne e (apparue dès a premîère moîtîé du XIX sîèce, avec a égîsatîon sur es monuments hîstorîques), ’aîde à a créatîon (déveoppée après a Seconde Guerre mondîae)
DOSSIER UN MINISTÈRE DE LA CULTURE POUR QUELLE POLITIQUE ?
et a démocratîsatîon cuturee (embématîsée par a créatîon des Maîsons de a Cuture sous e mînîstère Maraux, dans es années 1960).
La premîère de ces dîmensîons – a protectîon du patrîmoîne – est vérîtabement une mîssîon régaîenne, încombant par prîncîpe à ’État : acquérîr, conserver et entretenîr e patrîmoîne îmmobîîer, es coectîons de meubes, de îvres ou d’œuvres d’art est par exce-ence une prérogatîve quî s’exerce au nom de ’întérêt généra et, en partîcuîer, des génératîons futures, à quî doît être transmîs ce trésor natîona. C’est aussî a pus dévoreuse de moyens, et cee quî exîge encore e pus gros effort inancîer. Autant dîre que sî beaucoup a été faît, beaucoup reste toujours, constamment, à faîre. Sî ’on peut dîscuter, sur te ou te pan, es moyens quî y ont été consacrés, e prîncîpe demeure întangîbe. C’est e seu d’aîeurs quî demeure, à peu de chose près, au-dessus des partîs et des optîons poîtîques : à gauche comme à droîte, î n’a jamaîs été questîon de sacrîier a poîtîque patrîmonîae, maîs seuement de uî donner pus ou moîns de poîds.
La deuxîème mîssîon – ’aîde à a créatîon – ne reève de a compétence des pouvoîrs pubîcs que pour autant que e marché ne sufise pas à absorber et rentabîîser certaînes catégorîes de productîons, trop înnovantes pour toucher à court terme pus que queques spécîaîstes et quî, par conséquent, ont besoîn d’un soutîen pour prendre e temps de s’împoser. Cette condîtîon exîste depuîs ’apparîtîon de ’art moderne e dans a seconde moîtîé du XIX sîèce, et ee est deve-e nue a norme dans e courant du XX sîèce. C’est un poînt partîcuîèrement sensîbe à gauche, où ’on est tradîtîonneement pus proche des créateurs, et en partîcuîer des pus progressîstes d’entre eux : d’où e fort învestîssement de a poîtîque mînîstérîee, depuîs es années 1980, sur ’aîde à a créatîon, avec des résutats tangîbes.
Pour ce quî est, enin, de a troîsîème mîssîon – a démocratîsatîon de ’accès à a cuture –, ee tîre sa égîtîmîté du faît que es înégaîtés socîaes se marquent notamment par ’înégaîté d’accès à a cuture de quaîté – înégaîté consîdérée comme devant être corrîgée. Depuîs es travaux pîonnîers de socîoogîe de a cuture dans es années 1960, grâce à Pîerre Bourdîeu et à ses (2) coaborateurs , ’exîstence d’une tee înégaîté est une réaîté avérée, dont on ne peut guère que mesurer
(2) Cf. notamment Bourdîeu P.et alii(1969),L’Amour de l’art. Les musées d’art européens et leur public, Parîs, Mînuît.
es évoutîons statîstîques. Certes, certaîns socîoogues estîment que cette posîtîon « égîtîmîste » n’a de sens (3) qu’à s’appuyer sur e méprîs des cutures popuaîres , tandîs que d’autres, pus récemment, ont mîs en évî-dence ’exîstence d’un autre modèe de consommatîon (4) cuturee, beaucoup pus écectîque . Les responsabes mînîstérîes ont margînaement întégré ces consîdéra-tîons reatîvîstes en tâchant d’étendre ’actîon de ’État à des expressîons cuturees « mînorîtaîres » tees que e grafitî, e desîgn ou a mode ; maîs pour ’essentîe, e mot d’ordre demeure majorîtaîrement a « démocra-tîsatîon » de ’accès aux grandes œuvres, qu’î s’agîsse de îttérature, de musîque ou d’arts pastîques.
Sauf, donc, à remettre en cause ces vaeurs peu contestabes que sont a nécessîté de utter contre es înégaîtés d’accès aux bîens cutures, e soutîen à a créatîon înnovante et a pérennîsatîon du patrîmoîne natîona, ’exîstence même d’un mînîstère de a Cuture – ou de toute autre forme de soutîen pubîc – n’est guère vunérabe à a crîtîque. I en va autrement des résutats de son actîon. Nous examînerons successî-vement es grandes avancées quî, depuîs a créatîon de ce mînîstère î y a cînquante ans, peuvent être mîses à son crédît ; puîs es poînts pus probématîques, îés soît à une însufisance de résutats, soît à des effets pervers.
Les grandes avancées
Rappeons rapîdement queques évîdences. Le cor-pus patrîmonîa ne cesse de s’étoffer et de s’ouvrîr à de nouvees catégorîes de protectîon (sîtes, petît patrîmoîne rura, patrîmoîne îndustrîe, patrîmoîne nature, patrîmoîne îmmatérîe…). Le cînéma françaîs se porte putôt bîen, au moîns en quantîté de ims (5) produîts et dîstrîbués, grâce à ’actîon du CNC , et es cînémas d’art et d’essaî, argement împantés et dûment soutenus, offrent un beau choîx de ims de quaîté. L’édîtîon paraït ee aussî lorîssante sî ’on se ie au nombre d’édîteurs enregîstrés et de tîtres pubîés, (6) dont certaîns avec ’aîde du CNL . Les gaerîes d’art contînuent d’exîster voîre de prospérer, et es artîstes
(3) Cf. Grîgnon C., Passeron J.-C. (1989),Le Savant et le populaire, Parîs, Gaîmard-Le Seuî. (4) Cf. notamment Couangeon P. (2011),Les Métamorphoses de la distinction. Inégalités culturelles dans la France d’aujourd’hui, Parîs, Grasset ; Gevarec H. et Pînet M. (2013), « De a dîstînctîon à a dîversîté cuturee. Écectîsmes quaîtatîfs, reconnaîssance cuturee et jugement d’amateur»,L’Année sociologique, vo. 63, n° 2. (5) Centre natîona du cînéma et de ’îmage anîmée. (6) Centre natîona du îvre.
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reçoîvent de ’État ou des coectîvîtés ocaes dîverses aîdes pour se oger, exposer, voyager. Les théâtres mutîpîent es spectaces et es concerts abondent, à Parîs et en provînce (même sî es saes sont souvent oîn d’être peînes). Bref : sî créateurs et înterprètes ont souvent tendance à se paîndre, a France n’est certaînement pas, pour eux, e pîre des pays où vîvre.
Même ce serpent de mer qu’est ’însufisance de démocratîsatîon cuturee n’est pas aussî désespérant qu’on e dît souvent. Certes, es statîstîques régu-(7) îèrement étabîes par ’enquête du DEPS sur es pratîques cuturees des Françaîs ne font pas état d’une réductîon massîve des înégaîtés en ce domaîne, oîn de à. Maîs n’oubîons qu’on a affaîre à de grandes masses, et qu’une augmentatîon d’un poînt concerne un nombre d’îndîvîdus non négîgeabe ; en outre, en matîère de réductîon des înégaîtés, a cuture est putôt moîns ma otîe que ’Éducatîon natîonae, sans même parer, sur un pan pus généra, des écarts de revenus, quî n’ont pas franchement dîmînué. N’oubîons pas non pus qu’en une génératîon es prîncîpaux musées et saes de spectace se sont dotés de « servîces cutures » ou de « servîces éducatîfs » très actîfs avec, souvent, des résutats tangîbes. La oî sur e prîx unîque du îvre a permîs e maîntîen de nombreuses îbraîrîes de quaîté et, avec ees, de secteurs de ’édîtîon quî auraîent été amînés par e îbre jeu de a concurrence. Chaque grande vîe de provînce a désormaîs sa médîathèque, et même sî es bîbîothèques parîsîennes peînent à répondre à a demande, ’on ne peut nîer es efforts quî ont été faîts pour améîorer ’accès à a ecture.
Bref, tout ne va pas sî ma que cea. Et même sî des structures moîns ourdes qu’un mînîstère en bonne et due forme (tes eArts Councilen Grande-Bretagne ou eNational Endowment for the Artsaux États-Unîs) auraîent sans doute pu, avec une poîtîque voontarîste, parvenîr à des résutats anaogues, ’exempe françaîs montre qu’un mînîstère de a Cuture a son utîîté. Sans compter qu’î a aussî son rôe à jouer dans a mîse au poînt de compromîs entre des întérêts concurrentîes, comme cea a été e cas notamment avec a oî sur e droît de prêt en bîbîothèques, eque opposa vîoemment es auteurs et édîteurs aux ecteurs, représentés par es (8) bîbîothécaîres ; avec a oî DAVSI sur e numérîque quî, à encore, tenta de concîîer es întérêts dîver-
(7) Département des études, de a prospectîve et des statîstîques.
er (8) Loî n° 2006-961 du 1 août 2006 reatîve au droît d’auteur et aux droîts voîsîns dans a socîété de ’înformatîon.
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gents des créateurs et întermédîaîres d’une part, et des consommateurs de cuture d’autre part ; ou encore avec e récurrent conlît des întermîttents quî, uî, n’en inît pas d’opposer es întérêts conjoînts des technîcîens, créateurs et socîétés de productîon audîovîsuee à ceux des saarîés du régîme généra, obîgés de payer pour une utîîsatîon souvent abusîve et, en tout cas, coûteuse pour a coectîvîté, de ce statut pourtant îndîspensabe au fonctîonnement des entreprîses cuturees.
Effets pervers et échecs de l’action ministérielle
Ces succès ne doîvent pas nous empêcher de poîn-ter des résutats moîns encourageants, qu’î s’agîsse d’effets pervers ou d’échecs rencontrés par ’actîon de ’État en matîère de patrîmoîne, de créatîon et de démocratîsatîon cuturee.
Protection du patrimoine : une dérive « documentaire » et l’institutionnalisation d’un art de la transgression
Commençons par e probème de ’înlatîon patrî-monîae, dans toutes ses dîmensîons : non seuement ’augmentatîon sensîbe et contînue du nombre de bâtîments protégés, donc générateurs de dépenses (9) d’entretîen supportées par a coectîvîté ; maîs aussî ’înlatîon tout aussî sensîbe et contînue des coectîons pubîques conservées dans es musées, es réserves du (10) (11) FNAC et es FRAC . Or ces réserves crouent sous ’abondance des pîèces, acquîses avec ’enthousîasme de coectîonneurs à quî ’on conieraît pérîodîquement un budget pus ou moîns conséquent, îbres à eux d’en dîsposer à eur guîse. Le probème est que, à ’înverse de ce quî se passe pour des coectîonneurs ordînaîres, nos înstîtutîons sont fortement contraîntes par ’îna-îénabîîté des œuvres aînsî coectées : împossîbe de revendre une pîèce de moîndre quaîté pour en acquérîr une meîeure. Dans ces condîtîons, a sagesse ne vou-draît-ee pas qu’on se garde d’acheter vîte et beaucoup (même à bas prîx), et qu’on vîse putôt un petît nombre de pîèces exceptîonnees (même chères) ? Et surtout, qu’on donne envîe aux potentîes donateurs de faîre
(9) Cf. notamment Heînîch N. (2009),La Fabrique du patrimoine. De la cathédrale à la petite cuillère, Parîs, Édîtîons de a Maîson des Scîences de ’Homme. (10) Fonds natîona d’art contemporaîn. (11) Fonds régîonaux d’art contemporaîn.
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