Castro l'infidèle

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Fidel Castro a traversé le XXe siècle comme un cheval fou.
Stalinien tropical, Don Quichotte du communisme, homme caméléon, était-il un génie ou un psychopathe ? Que reste-t-il de ses cinquante années de dictature au pays de la canne à sucre ?
Robin des Bois de la Sierra Maestra, vassal turbulent de l’URSS, implacable tyran, orateur infatigable et politique démoniaque, il a fasciné jusqu’à ses pires ennemis. Ce livre est une plongée dans la légende du Comandante. Depuis la Galice, province du nord de l’Espagne, terre natale de son père, en passant par Santiago de Cuba, La Havane, New York, Moscou, Miami, jusqu’à la villa de Punto Cero, au nord de La Havane, où le Líder Máximo a fini ses jours à l’abri de tous les regards, Serge Raffy a mené une enquête sans concessions. Résultat : une biographie hallucinante, entre thriller politique et réalisme magique à la Garcia Márquez.
Jusqu’à son dernier souffle, Fidel Castro a échappé à tous les pièges, tous les attentats, tous les complots. Cent fois donné pour mort, il resurgissait toujours de sa boîte pour mieux narguer ses adversaires. Son pire ennemi a fini par le vaincre : le temps.

Serge Raffy, écrivain, scénariste, romancier, journaliste à L’Obs, a publié de nombreuses biographies, dont celles de Lionel Jospin et de François Hollande chez Fayard.

 

Publié le : mercredi 10 septembre 2003
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782213674537
Nombre de pages : 672
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TABLE DES MATIÈRES
Préface
Avant-propos
Chapitre premier« Sale Juif ! »
Chapitre IIL’ange et les bêtes
Chapitre IIILe parrain de Santiago
Les géants du XXe siècle
 
 
 
Une collection dirigée par Laurent Joffrin
Conception graphique de la couverture : Dominique Pasquet.
Illustration : © Yousuf Karsh/CAMERAPRESS/GAMMA-RAPHO © Librairie Arthème Fayard, 2003, pour la première édition. © Librairie Arthème Fayard/Le Nouvel Observateur, 2013, pour la présente édition.
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation
réservés pour tous pays.
eISBN 978-2-2136-7453-7
DU MÊME AUTEUR
Les Enfants de GastonLa Veuve
Monsieur Gendre
Lignes de fuite
Jospin, secrets de famille.
La Piste andalous
La Guerre des trois
La Femme interdite
Dans la tête de Raymond : chronique d’un naufrage
François Hollande : itinéraire secret
 
En collaboration
Confessions. Conversations avec Serge Raffy, de Patrick Poivre d’Arvor, Fayard, 2005.
PRÉFACE
Ils étaient follement romanesques, ces barbudos en treillis, descendus des montagnes pour renverser un tyran soutenu par la mafia et le Pentagone. Dans les rues de La Havane libérée, sur leurs jeeps de fortune, cigare aux lèvres, barbes en bataille et fous rires juvéniles, ils incarnaient l’espoir reconquis, l’oppression défaite, l’avenir en marche. Nous étions en janvier 1959, à l’aube d’une révolution. Cheveux au vent, la liberté était assise sur le siège arrière.
Un demi-siècle plus tard, c’est un roman amer qui n’en finit pas de finir, où le héros a succombé à la tentation du meurtre et de la tyrannie, tel un Macbeth de la liberté. Un roman, pourtant, dont le soleil initial brille encore malgré les échecs, malgré les crimes, malgré l’interminable automne du patriarche. Un demi-si ècle plus tard, le printemps de Fidel illumine encore les esprits, comme la flamme d’une révolution qui a laissé sa marque dans la mémoire du XX siècle.e
À l’origine, en 1956, ils sont quatre-vingt-deux à débarquer d’un petit navire de plaisance, le , sur une plage cubaine à la lumière de la Lune, bientôt réduits à seize après un guet-apens tendu par les forces loyalistes. Ces seize-là, dont Castro était le leader et Guevara le médecin, se réfugient dans la montagne pour survivre au désastre. Ils vont de bivouac en escarmouche, fiévreux, épuisés et faméliques. Les paysans s’en méfient, les troupes gouvernementales les traquent sans relâche, ils évoluent dans une région vide et lointaine. Ils gagnent peu de combats. Mais ils gagnent les cœurs. Mal armés, circulant à dos d’âne, agitant des rêves d’insurrection populaire autour d’un maigre feu de camp, ils deviennent en dépit de leur faiblesse le point de mire de tout un peuple qui veut s’émanciper. Tels des Robins des Bois tropicaux, ils gagnent la célébrité jusqu’aux États-Unis, où l’opinion les assimile aux combattants de l’indépendance, en butte à une dictature décadente et corrompue, tandis que La Havane de Batista est devenue la capitale du jeu et de la prostitution en même temps que le quartier général des parrains de la mafia américaine.Granma
Cette histoire, Serge Raffy la conte avec tout son talent de journaliste-biographe, attaché à l’anecdote comme au tableau général, fait vivre les personnages pour mieux faire comprendre les événements et les idées. Une longue enquête lui a permis de percer le mystère des origines familiales de Fidel Castro, ainsi que les secrets de son long règne. Il offre un livre clé pour comprendre le révolutionnaire qui a enthousiasmé toute une génération, le dictateur le plus résistant de la planète. Enquêteur, investigateur, Serge Raffy est également romancier et musicien. Cette triple qualité lui a permis de saisir à la fois l’âme cubaine, les ressorts romanesques de cette longue histoire et tous les « petits faits vrais » qui en disent plus long que les savantes analyses. Il est aussi le biographe de François Hollande, personnage moins controversé mais tout aussi mystérieux et dont le règne sera sans doute moins long.
Au départ, Castro est le champion d’une révolution démocratique en politique et pragmatique en économie. Il veut s’affranchir des maux immémoriaux du « ConoSud », la misère, la dictature et la corruption. Il veut une Constitution, des élections libres, des réformes sociales dans une économie de marché. Il entretient des liens distants avec le Parti communiste implanté dans les villes et cherche à fédérer les forces politiques anti-Batista. La première année se passe dans cette atmosphère de libération, enthousiaste et désordonnée. Castro est un jeune héros du tiers-monde rebelle, sa barbe et son cigare font le tour de la planète. Il enchaîne les réformes et gouverne par la parole au cours de ses interminables discours devant le peuple assemblé ou avec ses compagnons pendant des longues nuits de palabres, au milieu des bouteilles de rhum et de la fumée du tabac.
Cette illusion lyrique, même si elle fut éphémère, est une borne dans le siècle. Cinq ans plus tôt, les grands pays du Sud se sont réunis à Bandoung pour affirmer leur volonté d’échapper à la logique des blocs qui partage le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, monde libre d’un côté, communisme de l’autre. Avec la chute du nazisme et le triomphe des idéaux démocratiques, les peuples du Sud exigent leur indépendance. Encouragée par l’Amérique, l’Europe coloniale doit se retirer de son ancien empire. La Grande-Bretagne met habilement fin à sa domination en Asie. La France humiliée pendant la guerre veut résister. La guerre d’Indochine s’est terminée par le désastre de Diên Biên Phû, la guerre d’Algérie fait rage et déchire le pays. La décolonisation devient un mot d’ordre mondial et les partisans de l’indépendance affrontent les pays du Nord. Sur le modèle des mouvements de résistance à Hitler, les fronts de libération apparaissent un peu partout, réclamant d’un seul élan indépendance et réforme sociale. Beaucoup sont liés à l’Internationale communiste, mais d’autres sont des créations locales, méfiantes à l’égard de toute sujétion, comme en Algérie avec le FLN ou en Égypte avec le mouvement des officiers libres.
En Amérique latine, l’indépendance a été obtenue beaucoup plus tôt, mais ce fut pour tomber d’une sujétion à l’autre. Puissance impérieuse et sûre de ses valeurs, la république américaine tient l’autre partie du continent pour sa chasse gardée. Elle veut des régimes amis, des concessions pour ses grandes compagnies, des alliés dans sa lutte contre le communisme. Elle fait et défait les régimes qui se succèdent, soutenant souvent les pires, jetant bas par toutes sortes de manœuvres les gouvernements qui lui déplaisent. L’expression « république bananière » née du comportement de la société United Fruit, qui corrompt ou renverse les gouvernements pour obtenir de meilleures conditions commerciales, s’applique dans tout le ConoSud. Les apparaissent pour ce qu’ils sont souvent : les soutiens cyniques de dictatures corrompues et de bourgeoisies égoïstes qui exploitent le peuple et se remplissent les poches. En prenant le pouvoir à La Havane, Castro rompt cette longue chaîne d’oppression. Il abat d’un seul coup un dictateur féroce, une bourgeoisie achetée et fait échec à la puissance tutélaire qui domine la région. Grâce aux guérilleros fumeurs de cigare, Cuba, petite île des Caraïbes, devient un modèle d’émancipation pour les misérables de tous les continents.gringos
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