Comment j'ai sauvé le Président

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Je suis l’homme à tout faire du Président, son valet de chambre, son valet de pied. Je ne suis pas un cador, mais il suffit qu’il me siffle pour que j’accoure, qu’il me jette pour que je m’évanouisse, qu’il baisse le pouce pour que je m’exile.

Je suis le souffre douleur, le paillasson, la carpette, j’ai vocation à faire tapisserie, à ce qu’on me marche dessus. Mais rien de ce qui se dit à l’Élysée, rien de ce qui s’y prépare, rien de ce qui s’y manigance ne m’est étranger. Je suis là pour parer les mauvais coups, les flairer, les monter.

On me croit condamné à une vie de soumission, on se trompe, je suis un homme de mission. Mille fois, mon Nico a failli périr, mille fois j’ai fait barrage.

Aujourd’hui, alors que le suffrage universel menace, il me revient de dire toute la vérité sur son règne. Il faut dissiper les ombres, révéler les pièges, narrer ces complots invisibles, mais incessants, fomentés au coeur du Palais et que j’ai dû déjouer. Dussé-je y perdre la raison et ma réputation. 
                                                     Paul Scarron

Publié le : mercredi 22 février 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782702145432
Nombre de pages : 256
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Je suis l’homme à tout faire du Président, son valet de chambre, son valet de pied. Je ne suis pas un cador, mais il suffit qu’il me siffle pour que j’accoure, qu’il me jette pour que je m’évanouisse, qu’il baisse le pouce pour que je m’exile.
Je suis le souffre douleur, le paillasson, la carpette, j’ai vocation à faire tapisserie, à ce qu’on me marche dessus. Mais rien de ce qui se dit à l’Élysée, rien de ce qui s’y prépare, rien de ce qui s’y manigance ne m’est étranger. Je suis là pour parer les mauvais coups, les flairer, les monter.
On me croit condamné à une vie de soumission, on se trompe, je suis un homme de mission. Mille fois, mon Nico a failli périr, mille fois j’ai fait barrage.
Aujourd’hui, alors que le suffrage universel menace, il me revient de dire toute la vérité sur son règne. Il faut dissiper les ombres, révéler les pièges, narrer ces complots invisibles, mais incessants, fomentés au coeur du Palais et que j’ai dû déjouer. Dussé-je y perdre la raison et ma réputation. 

                                                     Paul Scarron
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