Conservateurs de musées et politiques culturelles

De
Le développement spectaculaire du secteur des musées depuis quatre décennies interroge leur place au sein des politiques publiques, locales et nationales.

À travers une double approche, historique et sociologique, cet ouvrage retrace l'histoire méconnue des musées de collectivités territoriales. Il révèle que les conservateurs ont été les principaux artisans de leur renouveau, dès le début du XXe siècle. En assurant la diffusion de nouvelles normes muséographiques, ces professionnels ont transformé en profondeur le cadre de référence de l'État.

Ils ont contesté le modèle traditionnel du musée de Beaux-Arts, réhabilité le rôle social des musées et assuré leur ancrage territorial. Dans un contexte où les logiques de marché se renforcent et où la mise en oeuvre de l'action publique se complexifie, ils modi fient désormais le coeur même de leur activité en développant une véritable culture « entrepreneuriale ».

Par-delà le secteur culturel, cet ouvrage convie ainsi à une réflexion sociologique sur le rôle des groupes professionnels dans la mise en oeuvre de l'action publique.
Publié le : lundi 2 novembre 2015
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EAN13 : 9782110100689
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Introduction
En 2010, e mnstère de a Cuture recense 1 208 « musées de France ». Reconnus par a Drecton des musées de France (DMF), parce qu’s répondent à certans crtères redéîns par a nouvee o sur es musées du 4 janver 2002, ces étabs-sements sont soums à un contrôe scentîque et reçovent un souten înancer. S, orsque ’on pare de musées, es étabssements qu vennent spontanément à ’esprt sont souvent es pus prestgeuX, comme e Louvre ou Orsay,  n’est pas 4 nute de rappeer que es nsttutons étatques sont en réaté mnortares . La très grande majorté des musées de France reève en efet des coectvtés terrtoraes, qu’ s’agsse de muncpatés, de départements ou de communautés de communes, mas auss, dans une mondre mesure, du secteur assocat ou 5 prvé . À cea s’ajoutent a dversté des euX d’mpantaton et a grande varété du patrmone préservé, qu repose sur des coectons d’store, d’arcéooge, 6 d’store naturee, d’etnooge, d’art contemporan ou de beauX-arts . Comment e s’est consttué ce paysage des musées, tout au ong du xx sèce ? Ques sont es ressorts et es étapes de eurs transormatons, et qu en sont es artsans ? Quee pace ces étabssements occupent-s au sen des potques cuturees ocaes et natonaes, er et aujourd’u, et qu’en est- de eur onctonnement actue, dans un conteXte où es ogques de marcé se renorcent et où a mse en œuvre de ’acton pubque se compeXîe ? Autant de questons auXquees cet ouvrage se propose de répondre, en mobsant une doube approce, storque et socoogque.
L’étude des musées a ongtemps consttué e domane réservé des storens de ’art et des proessonnes de a cuture euX-mêmes. Les travauX reats à ces ns-ttutons cuturees ont pourtant connu un certan essor depus es années 1990, mobsant ’ntérêt de cerceurs ssus de tradtons dscpnares varées, comme ’store cuturee, ’etnooge, a socooge, es scences de ’normaton et de a communcaton, e drot, es scences de geston et, pus récemment, a géogrape cuturee. En dépt de ces avancées, et s ’on eXcepte a pérode de ’entre-deuX-guerres (Peyrouzère, 1999 ; Vadeorge, 1996), ou es écarages ponctues oferts par certanes monograpes, comme cee de a genèse de ’écomusée du Creusot dans es années 1970 (Debary, 2002), ’store des musées de coectvtés terrtoraes e au xx sèce consttue encore un domane de recerce en rce. Car es travauX qu se sont ntéressés à cette queston ont, en efet, prvégé ’anayse des grands étabssements, e pus souvent natonauX et parsens (Baé et Pouot, 2005), et
4 36 musées natonauX reèvent du mnstère de a Cuture, tands que 11 sont rattacés à d’autres mns-tères. Cet efect ne dot cependant pas are ouber ’mportance de eur réquentaton. En 2007, sur es 51 985 252 vstes comptabsées dans es 1 176 musées de France ayant répondu à ’enquête Muséostat, près de a moté (25 208 323) concerne ces seus musées natonauX (Zz, 2008). 5 Le statut muncpa est e pus répandu (72,5 %), on devant es musées assocats (13,8 %), départe-mentauX (8,8 %), de structures ntercommunaes (2,4 %), de ondatons (0,6 %), et ceuX reevant d’une autre catégore (1,9 %). (Source : mnstère de a Cuture/DMF/DEP, 2002). 6 Sur es 1 078 musées terrtorauX recensés en 2002, a moté d’entre euX (50 %) possède des coectons poyvaentes, tands que ’autre moté est consttuée de musées présentant une spécasaton en etnoo-ge ou scences et tecnques (22,5 %), en arcéooge (11 %), en beauX-arts (7 %), en store (6,5 %) ou en art contemporan (3 %). (Source : mnstère de a Cuture/DMF/DEP, 2002).
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Conservateurs de musées et politiques culturelles. L’impulsion territoriale
ont surtout nssté sur ’store des dées, et des représentatons, assocées à ces nsttutons cuturees (Rasse, 1999 ; Pouot, 2005). De nombreuses dées reçues sont donc encore assocées à ’store de ces nsttu-e tons. Ans, e « renouveau » des musées au xx sèce est- généraement mputé à ’arrvée de a gauce au pouvor et au doubement du budget du mnstère de a Cuture au début des années 1980, entretenant d’une certane manère cette ameuse « égende dorée» des potques cuturees, que dénonçat Pppe Urano (1996). Car, tout en nsstant sur e rôe moteur de ’État dans ce processus (Saos, 1995), une tee ecture mnmse grandement ’mpcaton des coectvtés terrtoraes, et occute a pérode qu s’étend des années 1930 auX années 1980, souvent assmée à une pérode de stagnaton, vore de régresson. Surtout, ee ne permet pas de sasr a dmenson compeXe et évoutve du partenarat entre ’État et es coectvtés, n e rôe ondamenta des conservateurs dans e renouveau de ces nsttutons. Or, même en ’absence de syntèse sur ’store des musées,  est dIce de penser qu’ n’a pas eXsté un nvestssement précoce des coectvtés, ne serat-ce qu’en regard des connassances réunes ces dernères décennes sur es potques cuturees ocaes, en parte sous ’égde du Comté d’store du mnstère de a Cuture (RouX et Srne, 1990; Porrer, Rab, Reneau et Vadeorge, 1995; Dubos, 1998 ; Porrer et RouX, 2000 ; Mouner, 1995a ; Porrer, 2002). Pppe Urano (op. cIt.), déjà, nous mettat en garde contre e myte ondateur des potques cuturees, consdérées comme e résutat d’une acton voontarste du mnstère 7 auprès d’éus, c’est-à-dre sans ormes de résstances ou d’ajustements mutpes . Dès e début du sèce, en efet, ’mpcaton orte des éus ocauX est attestée (Rab, 1994), eur rôe s’avérant décs en matère de créaton d’nsttutons cuturees, ce que rappee e cas des bbotèques muncpaes (Bertrand, 1999). Les mun-cpatés ne cessent de gagner en pussance, se dotant dès a în des années 1970 de déégatons et de servces spécîques (Urano, 1987), s ben qu’à ’écee de ’évouton des grandes ves, comme Djon par eXempe, ’État sembe davantage avor accompagné ’essor de a potque cuturee muncpae qu’ ne ’a mpusée (Porrer, 1995). À cea s’ajoutent d’autres acteurs, comme ’éaboraton, au nveau oca, de réleXons et de «recettes » en vue d’améorer ’acton cuturee terrtorae, par eXempe autour du mouvement d’éducaton popuare Peupe et cuture (Saez, 1993a), ou de a Fédératon natonae des centres cutures communauX (Dubos, 1995 ; Urano, 1996), ou encore des Rencontres d’Avgnon (Porrer, 1998). Cette store eXpque qu’en ’absence de réorme nsttutonnee de décentrasaton, au tournant des années 1970 et 1980, ’on pusse déjà parer d’une « décentrasa-ton de at » (Saez, 1993b). Cette évouton, qu se tradut pus argement par e passage progress de a tutee au partenarat (Mouner, 1995a ; Porrer, 1999), témogne de ’ncapacté de ’admnstraton centrae à mposer des orentatons cuturees, artstques ou estétques et de a nécessté, pour es pouvors pubcs, de trouver de nouveauX espaces de coordnaton (Saez, 1995).
7 Ce qu’avaent ancennement ms en évdence es travauX consacrés auX reatons centre-pérpére (Worms, 1966 ; Crozer et hoeng, 1975 ; Grémon, 1976).
Introduction
Retracer ’store des musées de coectvtés nous condura donc, névtabement, à nterroger a spécîcté du partenarat entre ’État et es coectvtés dans a mse en pace de ces potques cuturees ou, pus précsément, des ajustements récproques entre potques ocaes et natonaes. Nous asons en efet e par qu’étuder cette potque sectoree sur a ongue durée nous permettra de meuX spécîer ’acton de ’État à ’égard des coectvtés. En retour, cette démarce sera égaement propce pour sasr ce que es potques ocaes « ont » auX potques natonaes, proongeant ans a pste ouverte par Guy Saez, eque suggère que, dans ben des cas, e meu décsonne-centra« prend en charge des solutIons élaborées 8 par les acteurs socIaux plutôt qu’Il déinIt le cadre de leurs références »(1993a, p. 62) .
Aîn d’être pertnente, une tee perspectve dot mpératvement ntégrer ’anayse du rôe des proessonnes, en ’occurrence es conservateurs de musées. On sat que ’nsttutonnasaton crossante de a cuture dans es années 1980 s’est caractérsée par un essor des ormatons, contrbuant à resserrer ’espace des agents cargés de mettre en œuvre es potques cuturees (Dubos, 1999). Mas dans ce paysage nsttutonne récent, e cas des conservateurs de musées at îgure d’eXcepton, e pusque eur eXstence remonte au xix sèce. Cette ancenneté est à mettre en rapport avec a pace des musées dans a ve cuturee ocae et avec ’mpcaton précoce des muncpatés, qu ont vu dans ces nsttutons un moyen d’ofrr un eu symboque d’ancrage et d’dentté ocae (George, 1994). Un en storque étrot unt donc es conservateurs auX musées de coectvtés. C’est pourquo  convent de s’nterroger sur a manère dont s’est opérée a progressve structuraton de ce groupe proessonne, et son rôe dans e renouveau des musées ranças. ï convendra cependant de renoncer auX approces d’nspraton onctonnastes, qu tentent de retracer a « proessonnasaton » du méter de conservateur, à travers es étapes qu ont vu ces proessonnes se doter de règes d’actvté, de ormatons spécîques, d’une organsaton proessonnee, d’un code de déontooge et d’une 9 protecton égae du monopoe . Car même orsqu’ees s’eforcent d’écapper à
8 Et même s’ convent de ponter es mtes de nombreuses ntatves, à ’nstar de a Fédératon nato-nae des centres cutures communauX (FNCCC), qu écoua dans sa tentatve d’ntervenr dans a déîn-ton et a mse en œuvre de a potque des masons de a cuture, et dans son aspraton à obtenr un statut de représentant ou de syndcat des muncpatés (Dubos, 1995 ; Urano, 1996). 9 Le courant onctonnaste, qu a connu un ort déveoppement auX États-Uns et en Grande-Bretagne, recouvre des approces sensbement dférentes, mas qu se sont données pour object d’eXamner es processus de proessonnasaton, c’est-à-dre es étapes par esquees un méter tend à s’organser sur e modèe des proessons « étabes », notamment médcaes et jurdques, grâce à ’acquston d’un ensembe de crtères ctés précédemment (FeXner, 1915 ; Parsons, 1939). Ces premers travauX ont, par a sute, at ’objet de vves crtques, puseurs courants de recerces s’eforçant de renouveer ’anayse des groupes proessonnes (Capoue, 1973 ; Dubar et Trper, 1998). Les reproces ont notamment porté sur e at que seues es proessons prestgeuses(professIons)étaent étudées (Huges, 1996), es cemns suvs par es autres groupes proessonnes(occupatIons)étant aors toujours nterprétés à ’aune de ce modèe, en termes de « proessonnasaton nacevée » ou de « déproessonnasaton », cette dernère ecture ayant d’aeurs été proposée concernant es conservateurs de musées (Henc et Poak, 1989). C’est évdem-ment ouber que e monopoe des proessons n’est jamas garant sur e ong terme, es rontères de eur actvté asant ’objet de perpétuees redéîntons au cours du temps (Abbott, 1988). C’est égaement a rason pour aquee  est préérabe d’appréender tout événement survenant dans un meu proesson-ne, comme reevant d’« écooges ées », c’est-à-dre à a os du système des proessons et du système po-tque, cacune de ces écooges étant consttuée de dférents acteurs, euX et onctons (Abbott, 2003). Ces consdératons eXpquent que nous empoerons rarement e terme de proessonnasaton, snon avec des guemets, et toujours comme synonyme de « déveoppement proessonne » (Abbott, 1988), en gardant à ’esprt qu’ ne renvoe pas à un processus néare, mas correspond à« des mouvements dIversIiés, ambIgus et contradIctoIres de transformatIon des actIvItés professIonnelles »(Demazère, 2009, p. 85).
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certans écues, en se gardant par eXempe de rédure ce processus à ’acquston successve d’attrbuts onctonnes, et en y réntégrant ’anayse des cvages nternes au groupe (Octobre, 1999), de tees approces en proposent néanmons une ecture très endogène et penent à s’émancper de a généaoge de a proesson éaborée par es acteurs nsttutonnes euX-mêmes. Ees occutent en efet e rôe de ’État et des coectvtés dans ce mouvement, ans que es enjeuX cutures qu e sous-tendent. Ees concourent enîn à rédure ce processus à une substtuton des « proessonnes » auX « amateurs », tout en assant dans ’ombre es modatés concrètes de ce passage, et donc es ormes de ’nsttutonnasaton. Retracer ’store de ces musées nécesstera auss d’eXamner attentvement es transormatons propres à a pérode contemporane. Cee-c reste, de ce pont de vue, meuX documentée que es décennes antéreures, grâce à des travauX récents, qu ont eXamné avec attenton certans aspects du onctonnement des musées, qu’ s’agsse de a dmenson gestonnare, ée à ’nluence crossante des mécansmes de marcé (Tobeem, 2003 et 2005), des actvtés de médaton (Peyrn, 2005 et 2010), de restauraton (Hénaut, 2008), ou encore du trava muséograpque qu, dans e cas des écomusées, se tradut par d’névtabes tensons entre proessonnes et représentants de a popuaton ocae (Caumer, 2003). La queston n’en reste pas mons ouverte des déîs auXques sont conrontés ces étabssements et, surtout, des ressources proessonnees mobsées par eurs responsabes pour y are ace.
Méthodologie
Aîn de répondre auX questons précédemment énoncées, et de rompre avec a vugate actuee de ’store des musées, nous avons opté pour une doube approce, storque et socoogque. Sans revenr sur ’ensembe des sources présentées en anneXe, queques précsons s’mposent.
Nous nous sommes tout d’abord appuyés sur des arcves et des documents de premère man. La parte storque repose ans, dans une arge mesure, sur e dépouement d’arcves pubques (a ste des versements consutés îgure en anneXe) et d’arcves prvées, concernant es réunons du groupe « Musée » du secrétarat natona à ’acton cuturee du Part socaste. Ce trava a été compété par e dépouement de a revue proessonneeMusées et collectIons publIques de France, des années 1950 à nos jours, mas auss des buetns d’normaton de ’assocaton Muséooge nouvee et eXpérmentaton socae (MNES), pour ce qu concerne es années 1980, sans ouber es buetns de ’Assocaton des bbotécares et attacés de conservaton des coectvtés terrtoraes (ABACC), reats à a pérode contemporane.
L’anayse de a pérode actuee repose sur des entretens sem-drects menés avec une trentane de responsabes de musées. Des entretens compémentares ont été conduts auprès de eurs prncpauX partenares, qu’ s’agsse des représentants de a tutee ocae (éus et drecteurs d’afares cuturees), natonae (es repré-sentants de a DMF et ceuX des drectons régonaes des afares cuturees) ou des conservateurs des musées natonauX. Dans e même temps, nous avons réasé des observatons drectes auprès de sept drecteurs de musées, durant une à deuX
Introduction
semanes, es observatons ayant paros été renouveées puseurs os avec a même personne sur une pérode de deuX ans. Tout en avorsant un cronométrage précs des dférentes tâces efectuées, cette métode nous a perms de comprendre comment eur actvté proessonnee se décnat en oncton des conteXtes et des nterocuteurs rencontrés, reconsttuant par à même e « système d’nteractons » dans eque s se trouvent.
Les tros grands captres de cet ouvrage permettent de cemner du début du e xx sèce à nos jours, retraçant ’store méconnue de ces musées et de eurs conservateurs. Le premer captre rend ans compte du dscret, mas proond, renouveau des musées, de ’entre-deuX-guerres auX Trente Goreuses. Dans a îaton des travauX reats à ’store des potques cuturees ocaes, nous montrerons que cette ongue pérode est ortement marquée par e voontarsme des muncpatés, ans que par un renorcement de a tutee de ’État qu, à travers a DMF, s’eforce de promouvor certanes normes proessonnees et de veer à a réguarté des nomnatons de conservateurs. Cet efort de ratonasaton, dont es efets s’ap-précent sur a ongue durée, cace néanmons un manque crue de moyens, tant sur e pan uman que înancer. Par aeurs, argement tentées de paternasme, es reatons dssymétrques qu s’nstaurent entre Pars et a « provnce », ne sau-raent are ouber es tentatves de réappropraton des ntatves ocaes es pus notabes par ’admnstraton parsenne. Le second captre porte sur es ruts de cet efort crossant et conjont, dès es années 1970. Le onctonnement des musées évoue sgnîcatvement : s sont désormas pus attents auX pubcs et auX mssons de dfuson, mas auss pus dversîés et meuX artcués auX probématques terrtoraes, relétant e rôe crossant d’acteur du déveoppement oca que eur conîent es coectvtés. ParadoXaement, en efet, a « proessonnasaton » des conservateurs, souatée par a DMF, se tradut par ’arrvée d’une nouvee génératon de proesson-nes mtants qu vont progressvement reayer auprès des nstances natonaes es revendcatons ocaes émergentes. Ces proessonnes vont transormer en proondeur a potque de a DMF, et accompagner e passage de a tutee au partenarat, comme en témognent es réormes structurees des années 1990 et du début des années 2000. De ce pont de vue, e cas des musées ofre un préceuX témognage de a manère dont, depus es années 1970, certanes revendcatons ocaes, reayées par es proessonnes euX-mêmes, parvennent à nluencer en proondeur es potques natonaes. S ce processus est ongtemps passé naperçu, c’est parce qu’ emprunte es voes dscrètes de ’admnstraton, s’efectuant par ’ntermédare de certans onctonnares et auts onctonnares. S ’anayse du méter de conservateur permet de meuX comprendre ’évouton des potques cuturees, ee rappee auss e rôe détermnant de ces proessonnes dans e onctonnement contemporan des musées et a mse en œuvre de ’acton pubque. Le trosème et derner captre écare, en efet, e onctonnement concret des musées et es déîs contemporans qu’s dovent surmonter. Ces nst-tutons sont conrontées à un essor sans précédent de ’admnstraton cuturee, au doube sens d’accrossement des procédures et de compeXîcaton crossante des
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Conservateurs de musées et politiques culturelles. L’impulsion territoriale
mécansmes de décson. Le renorcement des attentes et des eXgences à ’égard des musées (dversté des mssons, rôe accru au sen des potques ocaes) s’ac-compagne donc d’une dIcuté de pus en pus grande dans a mse en œuvre de ces mêmes mssons, compte tenu de a dversté des nterocuteurs en présence. Cette tenson s’opère sans que, dans a majorté des cas, ’on assste à un renorce-ment sgnîcat des moyens umans et înancers de ces étabssements, a grande majorté des musées comptant mons de dX agents. Cette évouton questonne, tout partcuèrement, es nouvees compétences requses pour a drecton de ces étabssements. Cees-c sont généraement acquses sur e tas, c’est pourquo ees souèvent a décate queston de ’ajustement entre eur ormaton ntae et a réaté du méter. Au-deà du cas des musées et des potques aférentes, cet ouvrage déveoppe donc pus argement une socooge de ’acton pubque, qu mobse es acqus de a socooge du trava et des groupes proessonnes.
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