La France nous a lâchés!

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« Nous, on est des pions, des bicots dans des cages à poules, ils ne savent pas quoi faire de nous » ; « on vit dans un système bien huilé et nous on est un peu les boucs émissaires » ; « on nous a parqués dans des cités dortoirs avec rien. C’est normal qu’à un moment donné on fasse des conneries ». Les témoignages empreints de désespoir, de haine et de révolte sont légions dans cet ouvrage, lequel propose un éclairage sur les dimensions politiques du sentiment d’injustice qui structure la perception du monde chez beaucoup de « jeunes des cités ».
A partir de son observation participante menée sur plusieurs terrains en France, et de sa retranscription des discours formels et informels dont il a été témoin, Eric Marlière analyse la nature des propos belliqueux qui animent une partie de ces jeunes. Les relations conflictuelles avec la police, la méfiance à l’égard des travailleurs sociaux et le désenchantement vis-à-vis de l’école singularisent leur rapport aux institutions. Leur conception de la politique est négative et hypercritique : corruption, « toute-puissance » de l’Etat, « forces obscures » (franc-maçonnerie et « sionisme ») forment une sorte de « théorie du complot » dont ils se sentent les premières victimes. La radicalité des discours entendus fait écho au quotidien de ces enfants d’ouvriers qui n’ont plus d’emprise ni sur le présent, ni sur l’avenir. Se sentant déconsidérés et, de surcroît, stigmatisés comme les « nouveaux ennemis de l’intérieur », ils développent un sentiment d’insécurité dans un pays qui a pourtant vu naître la constitution des droits de l’homme et du citoyen.
Réalisée sans détour, cette enquête de terrain nous montre de l’ intérieur les représentations sociales véhiculées par ces « jeunes des cités » qui défrayent si souvent la chronique.

Eric Marlière est docteur en sociologie, chercheur associé au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), au Centre de recherche sur les actions locales (CERAL) et chargé d’enseignement à l’université Paris-Nord. Il a publié sa thèse, Jeunes en cité, Diversité des trajectoires ou destin commun ?, chez L’Harmattan en 2005.

Préface de Laurent Mucchielli.

Publié le : mercredi 6 février 2008
Lecture(s) : 109
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782213646329
Nombre de pages : 252
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« Nous, on est des pions, des bicots dans des cages à poules, ils ne savent pas quoi faire de nous » ; « on vit dans un système bien huilé et nous on est un peu les boucs émissaires » ; « on nous a parqués dans des cités dortoirs avec rien. C’est normal qu’à un moment donné on fasse des conneries ». Les témoignages empreints de désespoir, de haine et de révolte sont légions dans cet ouvrage, lequel propose un éclairage sur les dimensions politiques du sentiment d’injustice qui structure la perception du monde chez beaucoup de « jeunes des cités ».
A partir de son observation participante menée sur plusieurs terrains en France, et de sa retranscription des discours formels et informels dont il a été témoin, Eric Marlière analyse la nature des propos belliqueux qui animent une partie de ces jeunes. Les relations conflictuelles avec la police, la méfiance à l’égard des travailleurs sociaux et le désenchantement vis-à-vis de l’école singularisent leur rapport aux institutions. Leur conception de la politique est négative et hypercritique : corruption, « toute-puissance » de l’Etat, « forces obscures » (franc-maçonnerie et « sionisme ») forment une sorte de « théorie du complot » dont ils se sentent les premières victimes. La radicalité des discours entendus fait écho au quotidien de ces enfants d’ouvriers qui n’ont plus d’emprise ni sur le présent, ni sur l’avenir. Se sentant déconsidérés et, de surcroît, stigmatisés comme les « nouveaux ennemis de l’intérieur », ils développent un sentiment d’insécurité dans un pays qui a pourtant vu naître la constitution des droits de l’homme et du citoyen.

Réalisée sans détour, cette enquête de terrain nous montre de l’ intérieur les représentations sociales véhiculées par ces « jeunes des cités » qui défrayent si souvent la chronique.

Eric Marlière est docteur en sociologie, chercheur associé au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), au Centre de recherche sur les actions locales (CERAL) et chargé d’enseignement à l’université Paris-Nord. Il a publié sa thèse, Jeunes en cité, Diversité des trajectoires ou destin commun ?, chez L’Harmattan en 2005.

Préface de Laurent Mucchielli.
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