La rumeur du monde

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"Cet ouvrage est le quatrième d'une série ouverte par Le Journal d'une Parisienne, où je tentais de capter, jour après jour, la couleur d'une année. 1994, 1995, 1996 ont rencontré la faveur des lecteurs. Alors j'ai sorti 1997 et 1998 de mon ordinateur. Les voici, réunies ici, pour prolonger l'écho de la rumeur du monde..."
Publié le : mercredi 2 juin 1999
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EAN13 : 9782213675190
Nombre de pages : 394
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TABLE
1997
Janvier
Février
© Librairie Arthème Fayard, 1999.
eISBN 978-2-2136-7519-0
DU MÊME AUTEUR
LE TOUT-PARIS, Gallimard, 1952.
NOUVEAUX PORTRAITS, Gallimard, 1954.
LA NOUVELLE VAGUE, Gallimard, 1958.
SI JE MENS..., Stock, 1972 ; LGF/Le Livre de Poche, 1973.
UNE POIGNÉE D’EAU, Robert Laffont, 1973.
LA COMÉDIE DU POUVOIR, Fayard ; LGF/Le Livre de Poche, 1979.
CE QUE JE CROIS, Grasset, 1978 ; LGF/Le Livre de Poche, 1979.
UNE FEMME HONORABLE, Fayard, 1981 ; LGF/Le Livre de Poche, 1982.
LE BON PLAISIR, Mazarine, 1983 ; LGF/Le Livre de Poche, 1984.
CHRISTIAN DIOR, Éditions du Regard, 1987.
ALMA MAHLER OU L’ART D’ÊTRE AIMÉE, Robert Laffont, 1988 ; Presses-Pocket, 1989.
ÉCOUTEZ-MOI (avec Günter Grass), Maren Sell, 1988 ; Presses-Pocket, 1990.
LEÇONS PARTICULIÈRES, Fayard, 1990 ; LGF/Le Livre de Poche, 1992.
JENNY MARX OU LA FEMME DU DIABLE, Robert Laffont, 1992 ; Feryane, 1992 ; Presses-Pocket, 1993.
LES HOMMES ET LES FEMMES (avec Bernard-Henri Lévy), Orban, 1993 ; LGF, 1994.
LE JOURNAL D’UNE PARISIENNE, Seuil, 1994 ; coll. « Points », 1995.
MON TRÈS CHER AMOUR..., Grasset, 1994 ; LGF, 1996.
COSIMA LA SUBLIME, Fayard/Plon, 1996.
CHIENNE D’ANNÉE : 1995, Journal d’une Parisienne (vol. 2), Seuil, 1996.
CŒUR DE TIGRE, Fayard, 1995 ; Pocket, 1997.
GAIS-Z-ET-CONTENTS : 1996, Journal d’une Parisienne (vol. 3), Seuil, 1997.
ARTHUR OU LE BONHEUR DE VIVRE, Fayard, 1997.
DEUX ET DEUX FONT TROIS, Grasset, 1998.
LES FRANÇAISES, Fayard, 1999.
1997
JANVIER
Mercredi 1erjanvier
La France grelotte, paralysée de haut en bas par la neige et le verglas. Pour les animaux de régions tempérées que nous sommes, il fait très froid. Sans compter que le pays n’est pas équipé pour faire face à de telles intempéries. Sur la Côte d’Azur, c’est le déluge.
Je reprends ce journal parce que j’en ai pris le pli, maintenant. Savoir si je le mènerai jusqu’au terme de 1997... C’est une contrainte, et j’ai plutôt envie de liberté. Être libre, le plus libre possible, cela fait partie, en ce début d’année, de mes bonnes résolutions. Mais d’abord être gaie. Me soustraire à toute force au climat de déréliction générale, aux gémissements, au pessimisme calamiteux. Voir le côté positif des choses quand elles en ont un, et d’abord les aspects positifs de ma propre vie, si privilégiée... Sûr que j’ai un ange gardien !
D’ailleurs, la lamentation n’est pas mon fort. Quelquefois, c’est plutôt un coup de colère qui me saisit devant la façon dont sont conduites les affaires publiques ou devant le malheur que je constate autour de moi...
Donc, être libre, évacuer autant que possible les corvées. Et être gaie. Attentive aux autres, aussi : avoir une oreille pour ceux qui en ont besoin, c’est important. Quoi encore ? M’amuser. Là, je ne suis pas douée, mais il serait grand temps que je m’y mette, au lieu de vivre le nez dans mon ordinateur. Et, surtout, ne pas cesser de m’intéresser à la rumeur du monde. Mais, de ce côté-là, je ne suis pas menacée. Elle ne cesse de me solliciter. Je mourrai en réclamant le journal du jour.
Samedi 4 janvier
Vidé à une cadence accélérée une boîte de marrons glacés. Mais je n’ai jamais dit que je prenais la résolution d’être raisonnable. Quel ennui, la raison !
Lundi 6 janvier
Un reporter allemand, Michael Borne, vient d’être convaincu d’imposture. Il fournit depuis longtemps aux grandes chaînes de télévision des reportages truqués, riches en images sensationnelles. Il s’exerce une telle pression pour faire de l’audience, dit-il pour sa défense. Y a-t-il de semblables impostures à la télévision française ? On en a vu deux ou trois cas, dans le passé, mais ce sont plutôt de petits truquages minables auxquels on assiste. Par exemple, les applaudissements qui éclatent dans les émissions de variétés sont préenregistrés. Par exemple, les foules joyeuses que l’on a vues, le soir du 31 décembre à minuit, saluer l’année nouvelle avec les acclamations d’usage, ces foules avaient été filmées quelques heures plus tôt. Rien de bien grave, donc. Mais un malaise. Tout serait-il truqué ou en passe de l’être ?
Mardi 7 janvier
Il m’est arrivé l’été dernier une drôle d’histoire. J’ai fait la connaissance d’un mage qui servait de chauffeur à BHL. Ce brave homme est voyant. Il n’en fait pas métier. Simplement, il vous prend la main et il
voit, dit-il. Ce jour-là, il m’a pris la main et m’a dit :
« Vous allez recevoir une lettre de Paris qui vous fera grand plaisir.
— Je reçois beaucoup de lettres !
— Oui, mais celle-ci sera particulière.
— Elle me viendra d’un homme ou d’une femme ?
— Ça, je ne vois pas. »
Trois jours passent et je reçois une lettre de mon contrôleur des contributions qui m’annonce le remboursement d’un trop-perçu considérable !
Rationnellement, mon « voyant » ne pouvait être au courant de cette affaire d’impôts. Je l’ignorais moi-même. Alors quoi ? L’irrationnel?
J’aurai toujours du mal à l’admettre.
Mercredi 8 janvier
Célébration discrète du premier anniversaire de la mort de François Mitterrand et prétexte, de nouveau, à une série de livres. Le filon d’or est décidément inépuisable.
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