La Tyrannie des parents d'élèves

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Aujourd'hui, plus de la moitié des enseignants ont jugé utile de s'assurer en cas d'agression par un parent d'élève. Partenaires officiels de l'école, les parents seraient-ils en train de devenir ses ennemis ? À trop vouloir protéger et défendre leur enfant, ils dépassent souvent les bornes. Négocier une note, contester un redoublement ou une sanction, faire du forcing pour obtenir un passage en S, critiquer les méthodes pédagogiques, voire en venir aux mains, ces comportements qui se généralisent empoisonnent les relations et sapent la confiance. On a beaucoup écrit sur la crise de l'école, jamais sur la part de responsabilité qui incombait aux parents. 

Le parent tyrannique n'a pas de profil sociologique défini, c'est autant la mère des beaux quartiers que le père d'un élève scolarisé en ZEP. Chaque remarque, chaque geste déplacé, chaque tentative de dérogation nuit au fonctionnement normal de l'institution scolaire et l'empêche de remplir sa mission fondée sur la méritocratie et l'égalité des chances. 

Enquête sur un phénomène qui pourrait bien faire imploser l'école. 

Anna Topaloff est journaliste. Depuis plusieurs années, elle se consacre aux questions d'éducation, en particulier à Marianne

Publié le : mercredi 27 août 2014
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EAN13 : 9782213683980
Nombre de pages : 180
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À la mémoire de Necho Topaloff

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Le couloir

C’est bien souvent dans le couloir que débute le conflit qui pourra empoisonner toute l’année les relations entre une famille et un enseignant. Cet « entre-deux-portes », où l’on n’est pas encore dans la classe, mais déjà dans l’école, est plus un lieu de passage qu’un endroit propice à la discussion. À l’école maternelle, parents et enseignants s’y croisent régulièrement. À l’école primaire, c’est plutôt le couloir d’entrée de l’établissement, menant à la cour. Dans le brouhaha de la sonnerie et des galopades des enfants, ils échangent quelques mots à la volée. Pas plus. De ce dialogue avorté naissent souvent des incompréhensions qui tendront violemment l’ambiance entre eux.

Quand il est question de nos enfants, nous estimons que le temps doit toujours être pris. Qu’importe si nous n’avons pas rendez-vous, nous sommes là, nous avons des choses à dire, des questions à poser. Nous estimons qu’il serait temps que l’on nous écoute. Mais l’enseignant, lui, gère tout un groupe d’élèves et a peut-être, à ce moment-là, d’autres choses en tête. Alors, tout va trop vite. Le parent glisse sa remarque quand même, le prof y répond sans s’attarder. Résultat : le premier aura l’impression que le second se fiche de son enfant ; le second, que les familles ne respectent pas son travail. En moins de deux minutes, la relation de confiance a pris du plomb dans l’aile. Parfois, un mouvement d’humeur se donne à voir, plus rarement un mot déplacé fuse, voire une insulte. Dans quelques cas, il arrive aussi qu’un mauvais geste parte.

Ce qu’on appelle aujourd’hui la « violence scolaire » fait désormais régulièrement la une des journaux : on y rapporte des faits divers dramatiques – un élève a poignardé son professeur, ou l’a frappé sur le parking. Mais on oublie trop souvent de rappeler que cette violence est aussi le fait de la famille, des parents, parfois aussi d’un frère ou d’une sœur. Elle n’est pas imputable uniquement aux élèves.

La violence scolaire est surtout verbale. Majoritairement, elle se donne à voir sous la forme de petites incivilités. Parce que nous sommes inquiets pour nos enfants, stressés par nos boulots et agacés par l’opacité d’un système éducatif trop anonyme, nous avons tendance à zapper les règles de politesse. Et à entrer, dès le départ, dans un rapport de force, que traduit une attitude hostile. Un exemple ? Mickaël, proviseur d’un important groupe scolaire dans la région Aquitaine, a conservé dans le tiroir de son bureau les photocopies de pages de carnets de correspondance de plusieurs élèves de son établissement. En réponse au signalement qu’il avait fait des retards répétés d’un élève, sa mère avait écrit : « Et vous, ça ne vous arrive jamais d’être en retard ? » À une demande de justification d’absence, un père avait répondu : « Depuis quand ça vous intéresse ? Vous n’êtes jamais à votre poste de travail quand on vous appelle. » Deux exemples, parmi d’autres. À chaque fois, on comprend que le parent s’est senti pris en défaut, accusé de ne pas bien s’occuper de son enfant – injure suprême –, et a préféré l’adage « La meilleure défense, c’est l’attaque », plutôt que d’écrire un simple mot d’excuse.

Ce type d’incidents quotidiens, qu’ils se produisent par écrit ou par oral, n’est pas une agression caractérisée. Il ne saurait être interdit de rappeler à un enseignant qu’il lui arrive d’être en retard, d’être imparfait, en somme. Mais, répétées régulièrement, ces petites phrases brutales, à la limite de la grossièreté, sapent le moral des équipes pédagogiques et aussi le lien de confiance qui doit s’établir entre parents et enseignant pour permettre à l’élève d’étudier sereinement. Car c’est bien lui, la première victime de cette muflerie ordinaire. A fortiori quand ses parents ont franchi la ligne jaune et carrément insulté un fonctionnaire de l’Éducation nationale. D’abord parce qu’il est toujours humiliant de voir son père ou sa mère perdre son sang-froid en public. Tous les enseignants que j’ai rencontrés m’ont raconté la même histoire : quand une insulte vole entre son parent et son professeur, l’élève baisse les yeux et tire son parent par la manche, le suppliant de partir. Et, le lendemain, il n’est pas rare qu’il vienne présenter des excuses au nom de son parent qui est, « en ce moment, très stressé par son travail ».

Aucune couche de la population n’échappe à la tentation du « clash ». On peut tout à fait maîtriser les codes de la bonne société et se mettre, un jour, à agresser verbalement un prof d’allemand. Seul le vocabulaire change selon le milieu social. C’est ce que j’ai appris en écoutant Lamia, conseillère principale d’éducation (CPE) qui a d’abord exercé dans un collège classé ZEP à Tourcoing, puis dans un établissement du centre-ville de Lille. Elle m’a confié avoir été régulièrement insultée par des parents bouillant de colère. Dans le premier établissement, on lui lançait des « pétasse, emmerdeuse, salope, connasse ». Dans le second, c’était plutôt « idiote, imbécile, bécasse ou… syndicaliste » ! Dis-moi comment tu invectives, je te dirai qui tu es… Là encore, l’élève paie au prix fort les conséquences des débordements de son parent. Après l’avoir vu manquer de respect à son prof, peut-on attendre de lui qu’il agisse autrement ? Le respect de son enseignant est pourtant la condition de la transmission du savoir. Comme le résume Lamia, « quand un père me dit que son fils est scolarisé dans un “collège de merde”, je peux le comprendre. C’est effectivement un des établissements difficiles de l’académie. Et je l’encourage à militer avec nous pour que le budget soit revu à la hausse. Mais s’il le dit devant son propre enfant, comment peut-il exiger de lui qu’il prenne sa scolarité au sérieux ? ». Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, surtout devant les plus jeunes. On a parfaitement le droit de penser que telle prof est une conne – et c’est peut-être même tout à fait vrai, car il y a aussi chez les profs des incompétents, des fainéants et des sadiques –, mais, en l’affirmant ouvertement devant nos enfants, on prend le risque de saper la confiance qu’ils ont, eux, dans l’école.

Ces dérapages verbaux surviennent souvent après une décision émanant de l’institution scolaire. La remise du bulletin est le moment le plus tendu entre les familles et l’équipe pédagogique des écoles. Dans les jours qui suivent, les parents, la mère ou le père, se mettent à débarquer. Depuis quelques années, l’Éducation nationale a supprimé la notation en primaire pour la remplacer par un nouveau barème : le fameux « Acquis (A ou 1)/ Non acquis (NA ou 3)/ En cours d’acquisition (2) », auquel les parents ne comprennent pas grand-chose. Résultat : nous avons de plus en plus de mal à savoir si nos enfants ont, ou non, des difficultés scolaires. Au cours de la semaine où il faut rendre le livret d’évaluation signé, nous sommes de plus en plus nombreux à nous presser à la porte de l’école pour demander des explications. À l’improviste. Est-il inquiétant que notre enfant n’ait pas encore acquis le système de la division ? À l’inverse, puisque notre enfant a beaucoup de « Acquis », faut-il lui faire sauter une classe ? Au fond, tout le monde percevait la signification d’un 12 sur 20 (« Bien » mais pas « Excellent »), alors qu’aujourd’hui nous avons besoin d’un rendez-vous personnalisé avec l’enseignant pour lire un bulletin scolaire, comprendre les tenants et les aboutissants d’une évaluation s’étalant sur des dizaines d’items. Mais tous les parents ne le sollicitent pas forcément et certains s’arrogent le droit de demander des explications, ici et maintenant.

Mis en place pour lutter contre la « violence symbolique » de l’institution scolaire, ce nouveau système crée plus de troubles qu’il n’en règle. Et offre aux parents une nouvelle occasion de tyranniser les enseignants, qui se trouvent sommés de répondre aux questions, aux mécompréhensions, aux inquiétudes et aux fantasmes de certains parents. Et à leur vocabulaire fleuri.

Autre cas de figure récurrent, une appréciation sévère de son travail ou une réflexion désagréable sur son comportement, faite la veille par le prof à l’élève, et rapportée le soir même à la maison. Il n’est pas toujours simple de garder son calme quand on s’en prend à nos enfants, quand on s’entend dire, même indirectement, quelque chose de déplaisant sur ce qu’on a de plus cher au monde. L’impulsion première, c’est de prendre sa défense. Et pour certains d’entre nous, encore une fois, la meilleure défense, c’est l’attaque. Ça n’est pas notre enfant qui a des problèmes scolaires, c’est la prof qui explique mal, qui ne sait pas faire son boulot, qui ne sait pas fixer l’attention de notre fils, qui ne sait pas intéresser notre fille et qui, de toute façon, ne l’a jamais aimée. Ce discours accusateur a le don de hérisser le poil de l’enseignant. Il n’est pas là pour aimer ses élèves, mais pour les instruire. Blessé, le ton monte, vite, très vite, entre deux portes. Ce n’est pas le moment. À bout d’arguments et pour couper court, une injure fuse.

Dernière tendance parmi les reproches, qui cette fois donne lieu à une véritable violence verbale : le racisme. Certains parents accusent ainsi le prof de stigmatiser leur enfant parce qu’il est noir, arabe, musulman, sikh ou bouddhiste. Il y a certainement des enseignants xénophobes. Avec un Front national à 18 % à l’élection présidentielle de 2012 et à près de 25 % aux élections européennes, le corps enseignant dans son entier ne peut, évidemment, échapper à la lepénisation des esprits. Mais ce qui frappe, c’est la fréquence avec laquelle l’argument est utilisé. Le fameux « Vous êtes tout le temps après lui parce qu’il est musulman » est un refrain bien connu des profs de ZEP, qui ont appris à ne plus s’en vexer et à réaxer la discussion sur les résultats scolaires de l’élève. Mais les parents d’élèves peuvent aussi faire preuve de racisme à l’égard des enseignants. C’est ce qu’ont très bien montré les journalistes Serge Bilé et Mathieu Méranville dans leur livre Au secours, le prof est noir !, paru en 2009 aux éditions Pascal Galodé. On y apprend que la présence de professeurs issus des « minorités visibles » n’est pas toujours bien acceptée par les familles. « En France, on reste persuadé que le savoir est blanc », résument les deux auteurs. Un adage autant répandu chez les familles franco-françaises que chez celles qui viennent d’ailleurs, qu’elles soient issues d’une immigration récente ou plus ancienne. Vieux relent colonialiste chez les uns et complexe du colonisé chez les autres ? Pas seulement. Les parents d’élèves des quartiers populaires attendent beaucoup de l’école de la République : qu’elle enseigne les savoirs fondamentaux, mais aussi les codes de la société française qu’eux-mêmes savent ne pas maîtriser tout à fait. Ils aimeraient que leur enfant y ait accès. Du coup, l’affectation d’un professeur à l’accent antillais, par exemple, suscite une inquiétude chez ces parents. Ils auraient voulu « mieux ». Leur espoir déçu de n’avoir pas pour leur enfant une maîtresse « bien française », ou un professeur qui parle sans accent, transparaît ou s’exprime ouvertement… Reste que l’enseignant ne pourra prendre que comme une agression caractérisée cette manière radicale de remettre en cause sa légitimité : il est français comme les autres, il a obtenu son diplôme national comme les autres, après des études niveau bac + 3 ou bac + 5, comme les autres. Les préjugés des couches populaires sont néanmoins plus compréhensibles que ceux véhiculés par des cadres sup’ pratiquant ostensiblement la discrimination de classe.

 

Parfois, un jugement expéditif débouche sur une escalade : il arrive que le geste se joigne à la parole et que le parent agresse physiquement un membre de l’équipe pédagogique. L’Autonome de solidarité laïque, association qui apporte un soutien juridique et une assurance au personnel de l’Éducation nationale, tient une comptabilité précise de ces passages à l’acte : dans 54 % des actes de violence exercés sur un enseignant, c’est un parent d’élève qui en est l’auteur. En 2012, l’organisation a traité trois cent soixante-quatre affaires de ce type, qui vont de la petite bousculade au coup de poing dans la figure. Les instituteurs sont plus exposés à la violence des familles que leurs collègues du second degré : les parents accompagnant les enfants à l’école le matin, le contact parents-profs y est très fréquent, donc le risque de conflit est plus élevé. Lynda en sait quelque chose. Cette quinquagénaire travaille depuis plus de quinze ans dans l’école maternelle du quartier où elle a grandi, au pied d’une cité de la banlieue lyonnaise. Elle m’a égrené la liste des violences qu’elle a subies tout au long de sa carrière : « Une gifle, un coup de poing dans le ventre, un coup de pied dans le tibia… et même un gâteau en plein visage un jour de kermesse ! L’année dernière, j’ai aussi été secouée et jetée à terre par un père qui contestait un redoublement. » Elle dit avoir régulièrement peur en rentrant chez elle. Parce qu’elle est une figure du quartier, ancienne gamine de la cité devenue prof ici même, tout le monde sait qu’elle vit aujourd’hui dans un pavillon donnant sur la place de la Mairie. Jusqu’à présent, jamais aucun parent d’élève avec lequel elle a eu maille à partir ne l’a suivie jusqu’à son domicile, mais elle avoue, un peu honteuse, ne pas se sentir en sécurité : « La violence est marginale, bien sûr, mais les menaces, elles, sont fréquentes. Régulièrement, un père dit qu’il va venir me casser la gueule et ajoute : “Je sais où vous habitez !” Ce ne sont que des paroles en l’air, mais, après, je sursaute au moindre bruit dans la rue… »

Au collège et au lycée, ce sont plutôt les grands frères qui font paniquer les enseignants. Comme l’explique Claude Lelièvre, le célèbre historien de l’éducation, « statistiquement, quand il y a une agression sur un prof du secondaire, c’est très souvent un grand frère qui a frappé – pas les parents eux-mêmes ». C’est ce qui est arrivé à Jean-Pierre, cinquante-sept ans, professeur d’anglais dans un lycée professionnel de Metz. Il y a quatre ans, il a été « extirpé de [sa] voiture et roué de coups » par le frère aîné d’un élève à qui il avait mis une mauvaise note. Son agresseur, âgé de vingt-quatre ans, avait déjà été condamné par la justice pour des faits de violence. Jean-Pierre a repris le travail après trois semaines d’ITT, mais, terrorisé, il n’a pas pu y retourner le lendemain : « À mon arrivée, tous les grands frères des élèves étaient là, devant la grille, à me toiser. Ils disaient : “Voilà la balance !” parce que j’avais porté plainte. En salle des profs, j’ai fait une crise d’angoisse : je tremblais, je pleurais, je n’arrivais plus à respirer… Je n’ai pas eu le courage d’affronter ça le lendemain. » Après un passage en hôpital psychiatrique et un congé maladie de longue durée pour dépression, Jean-Pierre a repris cette année le chemin de l’école. Avec la boule au ventre.

Ces coups et blessures, ces tabassages en règle, sont exceptionnels. Il serait faux de croire que les écoles de la République sont à feu et à sang. Toutefois, leur multiplication depuis une quinzaine d’années témoigne du fait que des barrières sont tombées : l’inhibition s’efface, le respect et la conversation entre adultes réfléchis sont perdus de vue, beaucoup s’estiment en droit de « répliquer ». Le point de vue du parent vaut plus que celui de l’enseignant, méprisé ; c’est à lui de se soumettre ou de se ranger à l’avis des parents, et gare à lui s’il ne le fait pas : on lui rappellera dans quel sens les choses doivent marcher. Toute la tyrannie se retrouve, bien plus que dans ces passages à l’acte spectaculaires, dans la somme de ces comportements en apparence insignifiants, mais qui, à force d’être répétés, finissent par saper le bon fonctionnement de l’école.

Pour endiguer ces jugements négatifs rapides et éviter les frictions à l’entrée des établissements, rien ne vaudrait de vraies rencontres entre les parents et les enseignants dans un moment calme, où il n’y aurait d’autre enjeu que la rencontre même. Parce que, en dehors de la traditionnelle réunion de parents d’élèves dans les premiers jours après la rentrée, les parents ne rencontrent l’équipe pédagogique que lorsqu’il y a un problème, donc dans un climat tendu. Nous sommes « convoqués » par le prof ou le CPE. Un terme qui, dès le départ, met sur la défensive. On se croirait au commissariat ! L’abrogation du vocable « convocation » est d’ailleurs une grande revendication de la FCPE, la principale association de parents d’élèves. Il sous-entend que les parents sont forcément coupables des troubles provoqués par leur enfant, alors qu’ils se sentent eux aussi victimes de leur ado « ingérable ». Pour apaiser les relations entre l’école et les parents, il faudrait sans aucun doute instaurer des moments de rencontre hors de tout « problème ». C’est ce qu’a cherché à faire Mickaël, proviseur d’un lycée en région Aquitaine. La première année, il a fixé cette « journée des parents » en pleine semaine ! Ce qui relève d’une méconnaissance saisissante de la réalité du monde du travail. Quel parent, même le plus attentif à la scolarité de son enfant, prendrait une journée de congé pour visiter la cantine et prendre le thé avec le prof d’anglais ? L’année suivante, il a bien proposé d’organiser cette journée un samedi, mais, là, il s’est heurté à la grogne des enseignants. Pas question pour eux de venir à l’école en dehors de leur « temps de travail » ! Car, de leur côté, les enseignants pestent contre l’augmentation de ce que les syndicats surnomment le « travail invisible » : les temps de rencontre avec les parents ne sont pas officiellement intégrés à leur « temps de service ». Or, de plus en plus, on leur demande de consacrer une partie de leur temps aux familles. En théorie, ils n’y sont pas opposés, mais, en pratique, ils ont du mal à, justement, trouver le temps. Mettre à plat et modifier en profondeur le « temps de service » des enseignants : voilà qui permettrait de dégager des espaces de rencontre avec les familles. Et, aussi, de prendre la mesure de tout ce qui s’ajoute aux dix-huit heures hebdomadaires que les profs passent devant les élèves : préparation des cours, correction des copies, tâches administratives, réunions d’équipe… et rendez-vous avec les parents. C’est là un sujet hautement inflammable, car intégrer cette modification reviendrait à toucher au sacro-saint statut des enseignants qui n’a pas bougé depuis… 1950. Aucun ministre n’a pour l’heure osé le réformer. Vincent Peillon l’avait promis pendant la campagne électorale de 2012. Son successeur, Benoît Hamon, montera-t-il au front ?

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