Le Nouveau Moyen-Orient

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La révolution syrienne a débuté en mars 2011. A la différence des précédents pays arabes, dont le dictateur a été chassé par des manifestations de rue, la Syrie de Bachar el Assad a connu une longue période de contestation du régime sans que celui-ci ne tombe, avant d’entrer dans une terrible guerre opposant la population civile aux milices du régime. Cette transformation de la dynamique révolutionnaire en Syrie est inhérente à un grand nombre de facteurs (dont le facteur temps, qui laisse la possibilité pour certaines forces contre-révolutionnaires de limiter le résultat d’une révolution déjà victorieuse) ; mais surtout elle traduit la spécificité de l’enjeu que constitue la Syrie, à la fois le « cœur de l’arabité », héritière d’une longue histoire culturelle et politique, et pivot d’une région géographique, le Moyen-Orient, qui a été construite de toutes pièces par les puissances coloniales à la veille de la chute de l’Empire ottoman. C’est là, cent ans après la Syrie mandataire, au début du XIXe siècle, que fait rage l’une des grandes batailles qui reconfigure le monde : le peuple syrien veut reprendre son destin en main, achever un processus d’émancipation politique qui n’a pas pu être mené à bout. Et dans le même temps s’y déploie un nouveau « grand jeu », où s’exercent des influences et des guerres par procuration, mettant aux prises la majorité des acteurs régionaux (Qatar, Arabie saoudite, Iran, Russie, Chine, E.U. etc.). Quelle que soit l’issue des bras de fer en cours, entre le régime et la population, entre les puissances qui se disputent une influence locale, l’An II de la Révolution arabe aura été déterminant.
Publié le : mercredi 9 janvier 2013
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EAN13 : 9782213675138
Nombre de pages : 408
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La révolution syrienne a débuté en mars 2011. A la différence des précédents pays arabes, dont le dictateur a été chassé par des manifestations de rue, la Syrie de Bachar el Assad a connu une longue période de contestation du régime sans que celui-ci ne tombe, avant d’entrer dans une terrible guerre opposant la population civile aux milices du régime. Cette transformation de la dynamique révolutionnaire en Syrie est inhérente à un grand nombre de facteurs (dont le facteur temps, qui laisse la possibilité pour certaines forces contre-révolutionnaires de limiter le résultat d’une révolution déjà victorieuse) ; mais surtout elle traduit la spécificité de l’enjeu que constitue la Syrie, à la fois le « cœur de l’arabité », héritière d’une longue histoire culturelle et politique, et pivot d’une région géographique, le Moyen-Orient, qui a été construite de toutes pièces par les puissances coloniales à la veille de la chute de l’Empire ottoman. C’est là, cent ans après la Syrie mandataire, au début du XIXe siècle, que fait rage l’une des grandes batailles qui reconfigure le monde : le peuple syrien veut reprendre son destin en main, achever un processus d’émancipation politique qui n’a pas pu être mené à bout. Et dans le même temps s’y déploie un nouveau « grand jeu », où s’exercent des influences et des guerres par procuration, mettant aux prises la majorité des acteurs régionaux (Qatar, Arabie saoudite, Iran, Russie, Chine, E.U. etc.). Quelle que soit l’issue des bras de fer en cours, entre le régime et la population, entre les puissances qui se disputent une influence locale, l’An II de la Révolution arabe aura été déterminant.
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