Le Radeau des Cimes

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Une passionnante aventure humaine et scientifique.


Depuis quinze ans, Francis Hallé, Dany Cleyet-Marrel et Gilles Ebersolt vivent une aventure scientifique exceptionnelle qui les conduits en Guyane, au Cameroun, au Gabon...
Ensemble, ils ont mis au point un Radeau des Cimes qui flotte sur un véritable océan vert : le sommet des grands arbres des forêts primaires de la planète, la canopée.
Grâce à cette structure étonnante, des équipes scientifiques pluridisciplinaires - botanistes, entomologistes, chimistes... - explorent et étudient la canopée où vivent les trois quarts des insectes de la planète et où se développe une flore abondante et unique.
Ce nouveau territoire est aussi une extraordinaire source de substances utilisables en pharmacie, médecine, chimie, agrochimie, parfumerie...
Les auteurs lancent un appel : il faut défendre les forêts primaires qui sont aujourd'hui détruites au rythme de vingt hectares à la minute. Il faut protéger les trésors qu'elles recèlent : elles ont un rôle capital dans l'équilibre écologique de la planète.

Francis Hallé est professeur de botanique tropicale.
Dany Cleyet-Marrel est concepteur, designer et pilote d'aérostat.
Quant à Gilles Ebersolt, il est architecte-inventeur du Radeau des Cimes.
Publié le : mercredi 26 avril 2000
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EAN13 : 9782709641760
Nombre de pages : 282
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SOMMAIRE
1. DE LA NÉCESSITÉ DU RÊVE
© 2000, éditions Jean-Claude Lattès
978-2-709-64176-0
PUBLICATIONS DE FRANCIS HALLÉ
Étude biologique et morphologique de la tribu des Gardéniées (Rubiacées) – ORSTOM, Paris, 1967.
Essai sur l’architecture et la dynamique de croissance des arbres tropicaux. En collaboration avec R.A.A. Oldeman. Masson, Paris, 1970. Traduction anglaise publiée en Malaisie, 1975.
Tropical Trees and Forests ; an architectural Analysis. En collaboration avec R.A.A. Oldeman et P.B. Tomlinson. Springer-Verlag, Heidelberg, New York, 1978.
Biologie d’une canopée de forêt équatoriale. En collaboration avec Patrick Blanc. Xylochimie, 1990.
Biologie d’une canopée de forêt équatoriale II. En collaboration avec Olivier Pascal. Elf Aquitaine, 1992.
Biologie d’une canopée de forêt équatoriale III. En collaboration avec Pronatura International et Océan Vert, 1998.
Un monde sans hiver. Les Tropiques, nature et société. Le Seuil, Science ouverte, 1993. Traduction espagnole publiée à Mexico, 1999.
. Le Seuil, Science ouverte, 1999.Éloge de la Plante. Pour une nouvelle biologie
Nous dédions ce livre à Françoise, Odile et Régine, et à André, Benjamin, Isabelle, Joëlle, Marceau, Manon, Maxime, Ronan, Sophie et Suzanne.
« ... nous en sommes encore à cette aube où, pour la première fois, il se réveilla dans une yeuse, au milieu du vacarme des étourneaux, trempé de rosée froide, engourdi, des fourmis dans les jambes et dans les bras – et entreprit, tout heureux, d’explorer son nouvel univers. »
 
Italo Calvino,
Le Baron perché
 
 
 
 
 
« Les fleurs apparaissent seulement sur la surface externe du vaste dôme de verdure exposé aux rayons verticaux du soleil ; beaucoup de ces arbres, à moins d’une centaine de pieds de haut, ne portent pas une seule fleur. L’unique manière d’admirer la gloire de la forêt serait de naviguer doucement, dans un ballon, au-dessus de l’ondulante surface fleurie ; c’est là un délice qui est probablement réservé aux voyageurs du futur. »
 
Alfred Russell Wallace,
Travels on the Amazon, 1848
MERCI !
Il est impossible de remercier nommément tous ceux qui, depuis quinze ans, nous ont aidés à poursuivre nos travaux d’exploration des canopées.
Que les chercheurs, les scientifiques et leurs organismes de tutelle soient remerciés de la confiance qu’ils nous ont accordée.
Nous tenons à exprimer notre reconnaissance aux autorités qui nous ont accueillis sur leurs territoires, ainsi qu’à nos sponsors et partenaires, privés ou institutionnels.
Merci à tous les membres de l’équipe d’avoir toujours su se rendre disponibles à temps. Qu’ils sachent que ces travaux n’auraient pu se faire sans leur aide, leur compréhension, leurs idées, et que leur amitié nous est précieuse.
Merci aux médecins et aux équipes professionnelles qui ont veillé à notre alimentation et à notre confort ; merci à ceux qui ont construit ou entretenu nos camps, merci à ceux qui nous ont prêté leurs voitures ou leurs maisons.
Que tous nos fournisseurs, ceux qui nous ont aidés à stocker ou à manutentionner nos équipements, ceux qui ont participé aux essais et ceux qui nous ont prêté du matériel sachent que nous ne les oublions pas.
Merci aux journalistes, aux photographes, aux cinéastes, à ceux qui ont participé à la gestion de nos affaires – souvent aléatoires ; merci à ceux qui nous ont apporté leur caution morale.
Merci à nos femmes et enfants qui, depuis le début de cette aventure, nous ont apporté leur soutien quotidien, ont eu la patience de nous attendre, ont eu à supporter les affres de la préparation sans profiter pleinement du succès sur les sites.
Merci aux arbres d’avoir bien voulu supporter la charge du radeau. Et nous ne pouvons clore cette liste sans un très cordial merci à notre éditeur qui, après s’être intéressé à ce que nous faisions, nous a apporté son appui professionnel pour la mise en forme de ce livre.
 
F.H. D.C.-M. G.E.
Un grand ciel bleu. Pas le bleu du mistral à Marseille, plutôt celui des beaux temps d’été aux Glénan. Un ciel d’un bleu délicat et qui sent la mer.
Il ne manque que les cris des goélands, des cris qui déplaisent à certains mais qui donnent à d’autres l’envie immédiate de lever l’ancre, de partir à la voile. Pas de goélands donc, mais beaucoup d’autres oiseaux, et des chants étranges.
Une jolie brise de nord-est pousse des nuages aux formes amicales, juste comme il faut pour donner un peu d’ombre ; le soleil est au zénith et il brûle la peau.
Mais tous les nuages ne sont pas aussi rassurants ; sur tribord arrière se développe à vive allure un cumulo-nimbus qu’il va falloir tenir à l’œil. Pour l’instant tout va bien. L’après-midi s’avance, les observations se déroulent dans des conditions satisfaisantes ; mon crayon n’est pas passé par-dessus bord, on ne peut pas en dire autant tous les jours.
De grands oiseaux sombres dont j’ignore le nom planent au-dessus de nous, face au vent ; ce n’est plus une brise maintenant, mais un fort vent d’est. Le « cu-nimbe » occupe la moitié du ciel et, sous ses jupes, un grain s’avance, dont il est facile de prévoir qu’il sera sur nous dans un instant. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir, juste quelques précautions à prendre : vérifier que notre matériel est à l’abri, que la radio est dans son sac étanche, que les harnais sont bien amarrés. Il faut aussi enfiler un ciré, malgré la chaleur : celle-ci ne va pas durer.
Le coup de vent est plutôt brutal, heureusement nous avons tous le pied marin. Le plus gênant, c’est la pluie qui nous oblige à interrompre nos observations ; pendant plus d’une heure, tassés sous une toile de tente, nous résistons au roulis en nous partageant un thermos de thé au rhum. Ça craque de partout, les aussières de l’avant peinent un peu, mais dans l’ensemble, ça tient.
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