Parlons climat en 30 questions

De
Réchauffement de la température globale, réduction de la banquise arctique, montée du niveau moyen des mers... les travaux du GIEC ont pointé le rôle déterminant des activités industrielles dans ce processus déjà bien avancé. Comment contenir la réchauffement mondial en deçà de 2°C ? Est-il inéluctable ? Est-il encore temps d'agir ? Où et comment intervenir ? Quels leviers mobiliser ? Qelles énergies alternatives utiliser ? Pour comprendre ces enjeux cruciaux, « Entrez dans l’actu » avec deux experts qui répondent clairement à 30 questions essentielles.
Publié le : mercredi 16 septembre 2015
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EAN13 : 9782110101365
Nombre de pages : 100
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Panorama
e Depuis la fin duXXsiècle, le climat est sous le feu des projecteurs. La concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère augmente continûment, les records chauds de température tombent les uns après les autres, la banquise arctique se réduit et le niveau des mers monte. Quels sont les mécanismes à l’œuvre ? Comment maîtriser ce changement climatique et ses conséquences ?
Prise de conscience et premiers pas
Dès la fin des années 1980, les scientifiques font un double constat, clair et préoccupant : le climat global se réchauffe rapidement et la concentration des gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère due aux activités humaines atteint des niveaux sans précédent au cours du dernier million d’années. Cette observation conduit à la mise en place d’une évalua-tion de l’état des connaissances scientifiques sur le changement climatique,viades rapports périodiques produits par le Groupe intergouvernemental d’ex-perts sur l’évolution du climat (Giec), fondé en 1988.
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Le Giec Le Gîec (Groupe întergouvernementa d’experts sur ’évo-utîon du cîmat) produît tous es 5 à 7 ans un rapport, ournîssant une anayse crîtîque de ’état des connaîs-sances sur ’ensembe du système cîmatîque. Ces travaux sont ondés sur a partîcîpatîon voontaîre et bénévoe de mîîers de chercheurs (auteurs, contrîbuteurs et reec-teurs), argement renouveés entre chaque édîtîon. Étabî conjoîntement par e programme des Natîons unîes pour ’envîronnement et ’Organîsatîon météoroogîque mon-dîae, e Gîec ne aît donc pas de recherche maîs anayse, sur a base des pubîcatîons spécîaîsées, es înormatîons scîentîIques, technîques et socîo-économîques pour comprendre e onctîonnement du système cîmatîque et es causes des changements constatés. ï évaue éga-ement es conséquences déjà observées ou antîcîpées, es rîsques îés à ’évoutîon uture du cîmat en onctîon de dîférents scénarîos socîo-économîques, aînsî que es stratégîes d’adaptatîon et d’atténuatîon. En 2007, e Gîec et A Gore reçoîvent e prîx Nobe de a paîx « pour eur eforts de coecte et de dîfusîon des connaîssances sur es changements cîmatîques provoqués par ’homme et pour avoîr posé es ondements pour es mesures nécessaîres à a utte contre ces changements ».
En parallèle, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, adoptée en 1992 à Rio, a été ratifiée par tous les pays. Elle vise à éviter les conséquences néfastes de l’influence des activités
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humaines sur le climat en stabilisant les concentra-tions de GES dans l’atmosphère. Entrée en vigueur en 1994, elle impose la publication des inventaires des émissions par pays, et l’organisation, chaque année, de la conférence des États « parties » de cette convention (les « COP »). Elle pose le principe d’une responsabilité commune mais différenciée entre pays. e En 1997, la 3 COP (COP3) aboutit au protocole de Kyoto, engageant les 36 pays industrialisés qui l’ont ratifié à une baisse, avant 2012, de 5,2 % de leurs rejets de GES par rapport à leur niveau de 1990. Ce protocole, qui devait être renégocié périodiquement, n’a pas été ratifié par le premier pays émetteur de l’époque, les États-Unis d’Amérique, et ne comporte pas d’engagement des pays en développement.
Les enjeux des négociations internationales sur le climat Les négociations se poursuivent aujourd’hui en vue d’un nouveau traité international pour remplacer le protocole de Kyoto. Aucun nouvel engagement chiffré n’a été obtenu lors de la COP15 de Copenhague en 2009, mais un simple accord de principe qui inscrit un objectif ambitieux en matière de gouvernance du o climat : limiter le réchauffement global à moins de 2 C e par rapport aux températures duXIXsiècle (époque dite pré-industrielle). Censé à l’origine prendre fin en 2012, le protocole de Kyoto a donc été prolongé jusqu’en 2020 lors de la COP18 de Doha.
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Repères chronologiques – 1987 : e rapport Brundtand(Notre avenir à tous)întroduît e concept de déveoppement durabe. – 1988 : e Gîec est créé. – 1990 : e premîer rapport du Gîec décrît es scîences du cîmat, anayse es încertîtudes et constate e réchaufement goba. – 1992 : e Sommet de a Terre à Rîo adopte un texte ondateur, a Décaratîon sur ’envîronnement et e déveoppement, et des mîîers de recommandatîons. ï met en pace a Conventîon-cadre des Natîons unîes sur es changements cîmatîques. e – 1995 : e 2 rapport du Gîec rassembe un aîsceau d’ééments suggérant une empreînte vîsîbe de ’în-luence humaîne sur ’évoutîon du cîmat goba. – 1997-2005 : e protocoe de Kyoto est mîs en pace. e – 2001 : e 3 rapport du Gîec concut au rôe déter-mînant des actîvîtés humaînes dans e réchaufement des années 1950-2000. e – 2007 : e 4 rapport du Gîec montre un réchaufement sans équîvoque, dont a majorîté est très vraîsemba-bement due aux rejets de GES anthropîques (îés aux actîvîtés humaînes). – 2009 : a conérence de Copenhague (COP15) est un échec et n’aboutît pas à un accord contraîgnant aîsant suîte au protocoe de Kyoto. Le texte Ina înscrît o ’objectî de îmîter e réchaufement à 2 C maîs sans engagements chîfrés de réductîon des émîssîons de GES.
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– 2010 : a conérence de Cancún (COP16) met en pace un Fonds vert pour e cîmat, pour aîder es pays en déveoppement, et un ensembe de mécanîsmes pour îmîter a dégradatîon des orêts tropîcaes. – 2011 : a conérence de Durban (COP17) envîsage a poursuîte du protocoe de Kyoto après 2013 et înstaure une nouvee procédure de négocîatîon, a « Pateorme de Durban ». Chaque pays y contrîbue par ses engage-ments voontaîres, en vue d’un accord en 2015 pour o îmîter e réchaufement à 2 C. – 2012 : a conérence de Doha (COP18) acte e pro-ongement du protocoe de Kyoto jusqu’en 2020, Ixe ’objectî de mobîîser 100 mîîards de doars par an d’îcî 2020 pour e Fonds vert, et accepte e prîncîpe de réparer es « pertes et dommages » causés aux pays du Sud par e réchaufement. e – 2013-2014 : e 5 rapport du Gîec concut à un rôe prédomînant des actîvîtés humaînes dans e réchau-ement de ’atmosphère, de ’océan, a onte de a banquîse arctîque, e recu des gacîers, a montée du nîveau des mers, certaîns changements du cyce de ’eau et événements météoroogîques extrêmes. – 2014 : a conérence de Lîma (COP20) renorce a vîsîbîîté des pans ocaux, régîonaux et natîonaux d’adaptatîon au changement cîmatîque, et poursuît a mîse en pace du Fonds vert. – 2015 : a conérence de Parîs (COP21) vîse un accord unîverse et contraîgnant permettant de utter eica-cement contre e dérègement cîmatîque et de ancer ou d’accéérer a transîtîon vers des socîétés résîîentes et sobres en carbone.
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Le développement économique des grands pays émer-gents a conduit à des rejets croissants de GES durant les deux dernières décennies. Aujourd’hui, ces États contri-buent autant que les pays industrialisés aux émissions globales. Depuis 2011, les conférences internationales sur le climat visent donc à poser les bases d’un accord qui associerait l’ensemble des pays à la maîtrise des rejets de GES, suivant les engagements volontaires de chaque État. Les enjeux de la COP21 en décembre 2015 à Paris sont de finaliser cet accord universel, contraignant, pourvu d’objectifs chiffrés à honorer à partir de 2020, pour placer les émissions de GES sur une trajectoire compatible avec l’objectif de maîtrise du réchauffement o à moins de 2 C, et aider les pays les plus pauvres, et souvent les plus vulnérables, à s’adapter.
De fait, le changement climatique ne se réduit pas à un simple problème environnemental : il ne peut être dissocié d’enjeux majeurs associés aux choix agricoles, énergétiques, à la préservation de la biodiversité, aux politiques de santé publique, etc. Il nous conduit à nous interroger sur le type de développement que nous avons construit, de l’échelle locale à l’échelle planétaire, son adaptation au climat actuel, et sur la société future que nous bâtissons. De nombreux acteurs s’approprient ces enjeux : ONG, entreprises, investisseurs, gouvernements, partis politiques, Églises… Mais que sait-on exactement de l’évolution passée, présente et future du climat ?
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