Parlons mondialisation en 30 questions

De
Délocalisations des entreprises, crise financière, américanisation culturelle, diffusion des pandémies, sentiment que les États sont dépassés … la mondialisation concerne aujourd’hui de nombreux aspects de notre vie quotidienne. Partant de 30 questions que chacun peut se poser, cet ouvrage donne des clés pour comprendre ce qu’est la mondialisation, les réalités qu’elle recouvre et les conséquences à venir d’un phénomène qui semble irréversible. Pour sortir de la confusion médiatique, "Entrez dans l'actu" vous apporte des informations objectives, factuelles et chiffrées sur la mondialisation.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
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EAN13 : 9782110090003
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Panorama
Panorama
Délocalisations, montée en puissance de la Chine, agences de notation, fonds de pension, licenciements boursiers… La mondialisation est non seulement au cœur de l’actualité, mais elle est aussi au cœur des préoccupations d’un grand nombre de Français. Tous nos maux viennentils vraiment de là ? Estelle cette « horreur économique » si souvent décrite ? N’avonsnous d’autre choix que de nous y adapter tant bien que mal ?
La mondialisation au cœur des débats
« Les marchés gouvernent et je n’ai pas voté pour eux ». Ce slogan a été scandé à Madrid par les « Indi-gnés » de la Puerta del Sol en mai 2011. Il paraît bien résumer le sentiment d’une grande partie de la population des pays industrialisés. Celle-ci considère que l’État et le politique sont désormais largement impuissants face aux marchés. Le « juge de paix » de toute politique gouvernementale ne serait plus la démocratie et la voix du peuple,vial’élection ou même les sondages, mais bien les marchés, à travers leurs « sanctions » ou bien la conservation de la note souveraine des agences de notation. Contrairement
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Dîx acteurs de a mondîaîsatîon
– Les marchés inancîers : NYSE Euronext, învestîs-seurs înstîtutîonnes, fonds de pensîon, fonds souve-raîns,hedge funds– Les acteurs du commerce mondîa : irmes mu-tînatîonaes, prîncîpaux ports, Aîrbus, petîtes et moyennes entreprîses aemandes, travaîeurs chînoîs… – Les banques centraes (FED, BCE) et agences de notatîon (Standard & Poor’s, Moody’s, Fîtch Ratîngs) – Les entreprîses « gobaes » : Coca Coa, McDonad’s, Nesté, compagnîes pétroîères… – Les forums et organîsatîons înternatîonaes et régîonaes : G20, G8, Organîsatîon des Natîons unîes (ONU), Unîon européenne (UE), Mercosur, Assocîatîon des natîons de ’Asîe du Sud-est (ASEAN), Forum économîque mondîa (Davos) … – Les înstîtutîons économîques înternatîonaes : Fonds monétaîre înternatîona (FMI), Banque mon-dîae, Organîsatîon mondîae du commerce (OMC) – Les acteurs des nouvees technoogîes : Appe, Googe, Mîcrosoft, Samsung… – Les médîas et ’audîovîsue : CNN, News Corp. (R. Murdoch), Dîsney, Tîme Warner… – La socîété cîvîe gobae : Amnesty Internatîona, Médecîns sans frontîères, Oxfam, Greenpeace … – Les autres acteurs : tourîstes, cadres expatrîés, étu-dîants înternatîonaux, chercheurs, mîgrants…
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à ce qu’affirmait le général de Gaulle, la politique se ferait désormais à la corbeille, c’est-à-dire à la bourse. La place de l’État dans la mondialisation et la marge de manœuvre des gouvernements face aux marchés figurent donc parmi les principales questions qui se posent à l’heure actuelle à propos de ce processus.
Qu’estce que la mondialisation ?
Les définitions de la mondialisation sont innombrables. On parle d’ailleurs souvent à son propos de concept fourre-tout. Comme la politologue américaine Suzanne Berger l’affirme dans son ouvrageMade in monde. Les nouvelles frontières de l’économie mondiale(2006), ce terme est, en effet, « utilisé pour décrire, expliquer et prédire tous les grands changements qui affectent nos sociétés depuis quelques décennies ». Cependant, lorsque l’on parle de mondialisation, on fait le plus souvent référence à la globalisation économique. Celle-ci peut être définie comme un processus d’accé-lération et d’intensification des flux transfrontaliers de toutes natures, que ce soit de biens, de services, de capitaux, d’investissements, d’informations, de savoirs et, dans une moindre mesure, de populations. Mais la globalisation ne se réduit pas à un développement des échanges. Il s’agit également d’un processus tendant vers la constitution d’un marché global unique des capi-taux, des biens et des services, voire du travail. Cela se traduit par une réorganisation et une relocalisation de la
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production à l’échelle mondiale, menée principalement à l’instigation des firmes multinationales (FMN) et, par conséquent, par la mise en place d’une nouvelle division internationale du travail. Les entreprises organisent désormais leur production dans différents territoires qu’elles vont choisir en fonction de leurs « avantages comparatifs » : faiblesse des coûts de main-d’œuvre, qualité des infrastructures, importance et solvabilité du marché, niveau de la fiscalité, nature de la règle-mentation sociale, dynamisme du marché local, etc.
Dîx personnaîtés quî ont marqué a mondîaîsatîon – Ronad Reagan : ’înstîgateur de a « Révoutîon conservatrîce » – Mîton Frîedman : ’économîste îbéra e pus connu et e pus înluent – Pau Vocker : ’ex-présîdent de a FED dont a poî-tîque a permîs de terrasser ’înlatîon – Deng Xîaopîng : e père de ’ouverture écono-mîque chînoîse – Steve Jobs : e créateur de ’ordînateur îndîvîdue, du smartphone et de a tabette numérîque – Tîm Berners-Lee et Robert Caîîau : es créateurs du word wîde web (înternet) – George Soros : e « spécuateur » sans doute e pus connu – Mîchae Jackson : e « roî » de a cuture gobae – Lîone Messî : une des stars du sport goba – Ted Turner : e créateur d’un médîa goba (CNN)
Phénomène inédit ou non ?
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La mondialisation n’est pas un phénomène nouveau. Certains auteurs font ainsi remonter le processus de globalisation à la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492. Ils font aussi souvent état d’une première « mondialisation », qui se serait déroulée de 1870 à 1914, caractérisée par un vif développement des échanges internationaux, des flux de capitaux et d’investissements étrangers, mais aussi de populations.
Le savîez-vous ? Le terme « gobaîsatîon » dans son sens actue n’est apparu qu’en 1983 sous a pume de ’économîste amérîcaîn Theodore Levîtt dans un artîce pubîé dans aHarvard Business Reviewîntîtué « The Gobaîzatîon of markets » (La gobaîsatîon des marchés). Les fran-cophones préfèrent généraement utîîser e terme de « mondîaîsatîon ». Certaîns auteurs consîdèrent égaement que a mondîaîsatîon a un sens pus arge que a gobaîsatîon, souvent assîmîée à a seue go-baîsatîon économîque.
Il est difficile de dater précisément le début de l’ac-tuelle phase de mondialisation. Certains le situent à la période de l’après-guerre. D’autres privilégient plutôt les années 1970 ou 1980. D’autres encore fixent ce début à l’après-guerre froide à partir de 1989.
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Plusieurs facteurs se conjuguent alors : l’insertion dans l’économie mondiale des ex-pays communistes – après la chute du mur de Berlin en novembre 1989 et la disparition de l’URSS en décembre 1991 –, et d’anciens pays protectionnistes du Sud, au premier rang desquels on peut citer l’Inde ; la mise en place du marché unique européen en 1993 et l’entrée en vigueur de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) en 1994 entre le Mexique, le Canada et les États-Unis ; l’intégration régionale également dans d’autres régions du monde ; la signature des accords de Marrakech qui créent l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1994 ; la diffusion des nouvelles technologies de l’information et de la communication et l’explosion d’internet.
La mondîaîsatîon en dîx grandes dates – 1976 : in du système de Bretton Woods de taux de change ixes des monnaîes natîonaes – 1978 : ouverture économîque de a Chîne – 1979 : mîse en pace aux États-Unîs d’une poîtîque monétarîste quî casse a spîrae înlatîonnîste, maîs provoque a crîse de a dette du Tîers-Monde – 1980 : R. Reagan éu présîdent des États-Unîs. Trîomphe des îdées îbéraes sur e pan économîque dans es pays occîdentaux – 1986 : «Big bang» de a bourse de Londres : înfor-matîsatîon et dérégementatîon des actîvîtés inan-cîères, in du contrôe des lux de capîtaux étrangers,
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ouverture à des înstîtutîons inancîères étrangères – 1989 : créatîon du word wîde web (înternet). Fîn du communîsme en Europe – 1991 : in de a guerre froîde, dîsparîtîon de ’URSS. Ouverture économîque de ’Inde – 1994 : entrée en vîgueur de ’Espace économîque européen et de ’ALENA. Créatîon de ’OMC – 1999 : au sommet de Seatte, émergence du mou-vement atermondîaîste – 2009 : premîer sommet des BRIC (Brésî, Russîe, Inde, Chîne) en Russîe
Mauvaise image
Dans de nombreux pays industrialisés, la mondia-lisation suscite un certain nombre d’idées reçues négatives. Ce processus présente, en effet, plusieurs particularités.
Il existe tout d’abord un décalage très net entre le point de vue du grand public et l’analyse des experts, tout particulièrement des économistes. C’est notamment le cas pour des questions comme les délocalisations ou les inégalités. Le débat sur la mondialisation se trans-forme donc vite en un débat entre élites et peuple, cette thématique pouvant être ensuite facilement exploitée dans un discours populiste.
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La mondialisation présente également la particularité de concentrer, mais aussi de renouveler, les critiques traditionnellement émises à l’encontre du capitalisme, de l’influence néfaste de l’étranger ou contre les élites en général. Les reproches faits à ce processus sont ainsi ceux généralement adressés au capitalisme, ou aujourd’hui au libéralisme économique, par une partie des courants politiques de gauche mais aussi par certains mouvements chrétiens. Des organisations caritatives telles que le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) ou le Secours catholique, jusqu’au pape lui-même, développent en effet eux aussi une approche critique du capitalisme depuis l’encycliqueRerum novarumde 1891. La mondialisation, tout comme le capitalisme, seraient ainsi de leur point de vue une source d’inégalités, d’insécurité économique et sociale, de précarité, d’exploitation des travailleurs ou des pays en déve-loppement, de dégradation de l’environnement ou de « marchandisation » généralisée.
D’autres opposants reprennent l’argument des influences nocives de l’étranger formulées par les nationalistes, « souverainistes » ou populistes. Ces influences remettraient en cause la souveraineté, l’unité et les valeurs nationales, les singularités cultu-relles nationales au profit d’une uniformisation ou d’une aliénation à la culture américaine dominante.
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L’immigration serait tout particulièrement un facteur d’insécurité et une menace pour l’identité nationale.
Les réactions antimondialisation, ou du moins globalo-sceptiques, recoupent également d’autres formes de critiques : celle de l’Occident et de ses valeurs portée par les anti-impérialistes, qui voient la mondialisation comme une forme de « recolonisation » du Sud par le Nord ; celle de la modernité ensuite, véhiculée par les courants traditionalistes et/ou religieux, qui assimilent la mondialisation à la modernité occidentale ; celle encore du développement et du progrès, formulée par les écologistes et les partisans de la « décrois-sance », qui perçoivent la mondialisation comme la quintessence du « développementalisme », du « technologisme » et de l’obsession de la croissance ; critique enfin des élites, notamment exprimée par les populistes et les « conspirationnistes », qui vivent la mondialisation comme le résultat d’un vaste com-plot d’élites cosmopolites déracinées. Cela signifiea contrarioque les pro-mondialisation seraient plutôt pro-capitalistes, libéraux, pro-occidentaux, progres-sistes, modernistes et élitistes.
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