Pourquoi la tartine tombe toujours du côté du beurre

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La Loi de Murphy fut énoncée pour la première fois en 1949 par Edward A. Murphy, ingénieur de l'US Air Force, sous la forme suivante : «If anything can go wrong, it will». L'une de ses applications les plus évidentes est l'expérience de la tartine beurrée : si on la lâche, elle tombe du côté du beurre. Le phénomène a fait l'objet d'études très sérieuses et même de publications dans des revues scientifiques. Mais cette loi universelle s'applique dans bien d'autres domaines : C'est toujours quand vous sortez du salon que votre équipe favorite marque un but. Chaque solution ouvre la voie à un problème encore pire. La fumée du barbecue se rabat toujours vers la table.... R. Robinson explique clairement et avec beaucoup d'humour quelles lois scientifiques, parfois très sophistiquées, sont à l'oeuvre dans les phénomènes qu'il décrit.

Publié le : mardi 6 juin 2006
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EAN13 : 9782100529797
Nombre de pages : 272
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Avant-propos
La loi de Murphy
La loi armi toutes les lois, la loi de Murhy, se tient au-dessus de toutes les autres, comme un convive que l’on n’a as invité à la fête. Quel que soit votre cham d’exertise, Murhy est là our vous erturber, vous retarder et vous frustrer. Plus vous ferez d’efforts, lus vous serez contrarié(e).
Tout ce qui peut mal tourner tourne mal
Commetoutes les grandes lois, sa formulation estextrêmementsimle. Commetoutes les grandes lois, elle est,une fois énoncée, comlètementévi-dente. Plusvous la côtoierezetlusvous constaterezl’emrise absolue qu’elle exerce sur le monde. Vous ne ouvezas lui échaer. Vous ne ou-vezas beurrer l’autre côté devotretartine. La loi etses articlesvous encer-clentdetoutes arts :
• Tout ce qui devrait bien se passer tourne mal
• Le mieux est l’ennemi du bien
• Toute tentative de ne rien faire, pour que rien ne tourne mal, tourne mal
Avant-propos
Découvertes ar destechniciens quitravaillaientsur des crash-tests à la base d’Edwards de l’US Air Force en Californie en 1949, les lois de Murhyse sontraidementréandues. On lestrouva artout: les gens se rendirent alors comte que les bus arrivaientartrois, que les objets dontils avaient besoin étaientdevenus invisibles etque les objetsvitauxroulaientsous le meuble le lus lourd si on avaitle malheur de les laissertomber. La liste s’allongea. Arès les objets, les animauxetles gens firentleur entrée dans cette liste : rien ne fonctionne quand quelquun regarde ? Votre nezcom-mence àvous démanger dès quevous avezles mains rises ? Cela nous arrive àtous. Y a-t-ilune exlication rationnelle ? C’estce que ce livrevatenter devous aorter. En fait,un examen attentif des lois de Murhynous informera sur nous-mêmes etsur la confusion croissante de nosvies.
e Murphy auXXIsiècle
La loi de Murhyestl’enfantdumonde moderne etde sa comlexité, qui mettentnos cerveauxà rude éreuve. Sivous recherchez untems d’inno-cence oùMurhyn’existaitas encore, ilvous fautremonter à la fin de l’Âge de Pierre, environ 5000ans avantJ.-C. Pour avoirune idée de ce à quoi lavie ressemblaità l’éoque, regardezar la fenêtre etimaginezqu’il n’ya lus de maisons, de jardins, devoitures ni de routes. Continuezjusqu’à ce qu’il ne reste rien. Enlevezensuite resquetoutle monde. Plantezdes arbres. Beau-cou d’arbres. Sauoudrezde chèvres. Vousvoilà arrivé(e) auPaléolithique. Toutce que nos ancêtres ossédaientétaitfaità artir d’arbres, de ierres et de chèvres. On ne ouvaitas faire grand-chose avec ces matériauxbruts; il n’yavaitdonc as grand-chose qui ouvaitmaltourner. Nos arrière-arrière-arrière-… arrière-grands-arents n’ontdonc quetrès rarementrencontM. Murhy. Etle monde avaitété le même our leurs arents etleurs grands-arents, etce jusqu’à leur lointain ancêtre, le lémurien. Les lémuriens, les sin-ges etles humains ontévolué endantdes millions d’années our ouvoir s’éanouir dans cetenvironnementsimle, sans rétention etimmuable. Comarezcela à la cacohonie moderne. En quelques siècles, les humains modernes ontdéniché 92éléments chimiques naturels, qui euventservir à former 9292molécules exotiques, à artir desquelles on eutformer
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Avant-propos
9292×9292 trucs merveilleux, qui euventnous donner 9292×9292×9292 raisons de nous arracher les cheveux. Pour hébergertous ces objets, les Hommes modernes ontconstruitdes lotissements, des entreôts, etdes cen-tres de loisirs sur lesterres de chasse duPaléolithique. En2 000avantJ.-C., une famille moyenne de dixindividus ouvait vivre, avectous ses outils et ses jouets, dansune ièce as lus grande quune cuisine moderne. De nos jours, les Occidentauxachètent une résidence secondaire our stockerune foule de babioles sans lesquelles ils ne ourraientsoi-disantasvivre. Ce faisant, ils ontbalayé le systèmetribal simle d’ilya 4000ans etl’ontrem-lacé ar le réseausocial riche etcomlexe de nos grandesvilles. Les liens sociauxsontla conséquence d’une énorme augmentation de la oulation. La oulationtotale de l’Âge de Pierretiendraitdansuneville moderne moyenne. Nous avons arcourubeaucou de chemin deuis l’Âge de Pierre, mais nous avons laissé nos cerveauxen route. Notre esritraisonnetoujours en
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Avant-propos
termes aléolithiques. Murhysetrouve à l’endroitoùl’esritaléolithique etle monde moderne se rencontrent. Commentnotre esritde l’Âge de Pierre réagit-il à l’Âge de Plastiquese ? Il tcomlètementerdu. Toutes les ersonnes qui ont vu un adulte se débattre avecun bouchon équié d’une sécurité enfant vous le diront,toutrogrès s’accomagne de sa eaude banane, signée Murhy. Le butde ce livre estde réondre auxdeuxquestions suivantes : our-quoi les objets inanimés font-ils ce qu’ils font? Etourquoi cela nous énerve-t-iltant? La deuxième artie de ce livretraite des objets inanimés. D’arès mon exérience, crier arès des objets inanimés nous rend beaucoutro de tems dansune journée. Mais il eutêtre réconfortantde savoir qu’il existe une exlication rationnelle aufaitque le linge sorte de la machine à laver comlètementemmêlé dans la housse de couette. (En faitcesvêtements coincés dans la housse de couette euventnous donner des informations sur l’Univers, nous ermettre de comrendre ourquoi les détritus sontlà oùils sontsur les routes, ourquoi la mer des Sargasses a cette forme etourquoi les citadins déménagentà la camagne.) Auchaitre 8,voustrouverezqua-tre-vingts exlications raisonnables à des hénomènes courants mais décon-certants. Mais cela nous amène àune quests’ilion : yaune exlication scientifique, ourquoitoutcela nous étonne-t-il encore ? La réonse setrouve en nous-mêmes car, souvent, la loi de Murhyse trouve dans l’œil de l’observateur. Notre esritense que le monde entier nous enveut, alors qu’il est totalementinnocent. La remière artie de ce livre étudie la façon dontnotre cerveaunous fait tout voir dumauvais côté.
Le puzzle
Comrendre le monde, c’estcomme faireun uzzle : on regarde les ièces, on les comare à l’image originale sur la boîte eton essaie de les assembler. Pour notre uzzle mental, les « ièces » sontles messages que nos sens envoientà notre cerveau. L’« image originale », ce sontles attentes de notre cerveauetles souvenirs qu’ilutilise our analyser les messages. Relier le
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Avant-propos
toutfaitael à l’ensemble ducerveauetlestrois étaes de cettetâche sont erverties ar l’influence maléfique de Murhy.
Lechapitre 1décritla façon dontnos sens récoltentles ièces duuzzle. Comme certains uzzles, le uzzle sensoriel estlutôtdifficile. L’image change dixfois ar seconde (c’està cette fréquence que le cerveaumetà jour sa ercetion dumonde). De lus, c’est un uzzle àun million de ièces :un million d’imulsions nerveuses qui arrivent vers notre crâne, à chaque dixième seconde. C’est une marée de ièces de uzzle, etil fautleur donner un sens. Le mieuxque l’on uisse faire, c’esten saisir quelques-unes au vol lorsqu’elles assentetessayer de deviner le reste de l’image à artir de ce que l’on a. Auchaitre 1, nousverrons combien il estfacile de setromer. Nous découvrirons certaines destechniques que nousutilisons our filtrer les données qui arrivent, comme les mécanismes d’habituation etd’attention. Les illusions des chaitres 1 et 2ontété délibérémentconçues ourvous envoyer des messages erronés etrendrevos sens en défaut. On euten rire
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Avant-propos
en laboratoire (oudans ce livre) car on l’avu venir mais, dans la rue, lorsque l’on ne s’yattend as, cela eutnous envoyer au tais (arfois ausens rore : je arle des millions d’entre nous qui se sontdéjà cognés dansune orte en verre qui n’avaitrien à faire là). De nombreuses lois de Murhyroviennent de notre simle incaacité àvoir ce que l’on a sous le nez.
Une fois les ièces duuzzle recensées etmesurées (auchapitre 2), notre cerveaudoiten comrendre le sens. Auchapitre 3, nous étudierons le rôle de l’« image originale », à savoir nos souvenirs. Dans notre uzzle mental, lesvisions etles senteurs de lavie detous les jours nous renvoientà nos ban-ques de souvenirs. Est-ce que ce ointest un œil ? Est-ce que ce carré bleuest un boutde ciel ? Notre mémoire nous donneune idée de ce à quoi on eut s’attendre. Mais, lorsque la loi de Murhys’en mêle, nous ignorons les faits etn’utilisons que nos croyances :tard le soir,une ombre dans l’un des coins de notre chambre eutnous raelerune silhouette humaine. Est-ceun cambrioleur ? La loi de Murhynous ditque, lus on a besoin de sommeil, lus la forme en question ressemble àunvoleur, robablementarmé d’un énorme couteau. Notre mémoire ne fonctionne arfoistoutsimlementlus – on entre dansune ièce our chercher quelque chose etuis ontourne en rond comme des idiots arce que l’on ne se souvientlus ourquoi on est venu(e) là. (Les lecteurs seniors qui ensaientque c’était un signe annoncia-teur de la sénilité qui les guette serontheureuxd’arendre que cela arrive égalementauxenfants de dixans.)
À l’étae suivante, il fautétablir des liens. Auchapitre 4, on assemble les ièces duuzzle. Ici, la robabilité d’action de la loi de Murhyaugmente de façon exonentielle car nous sommes à eurès incaables d’assembler correctementles ièces duuzzle. Ici, la différence entre notre uzzle mental et un uzzle en bois devientarticulièrementévidente. Les uzzles en bois n’ontquune façon de s’emboîter; le uzzle mental semble flexible à l’infini, comme si c’étaitde la gelée. Si deuxfaits ne semblentas ouvoir s’accorder, on eutfacilementles malmener etles déformer jusqu’à ce qu’ils finissent ar s’emboîter. Cette comulsion à forcer sur les ièces qui nevontas ensemble nous cause de gros roblèmes. Sivous êtes orteur(euse) de mau-vaises nouvelles, faites attention. Latendance qu’ontlestyrans àtuer le mes-sager n’estasun mythe. Ils assimilent« messager » à « mauvaise nouvelle » jusqu’à être convaincus que l’un estresonsable de l’autre etletuer.
Bien que notre uzzle semble comlet, ce n’estastoutà faitfini. Le uzzle et toutce qui l’entoure baignentdansun liquide éais, bouillonnant etélectriqules émoe – tions. Lechapitre 5étudie les erturbations que les
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Avant-propos
émotions euventintroduire. Il ne s’agitas que des grandes assions – l’amour, la haine, la eur – mais detoutle sectre, devotre remier baiser àvotre dernier bâillement. Rien, absolumentrien, n’échae auxémotions, que ce soit un ython ou untuyaud’arrosage. Des recherches menées avec destechniques d’imagerie médicale modernes ontmontré que, lorsque nos yeuxse osentsur quelque chose our la remière fois, la remière chose que nous faisons (etcela se roduitsivite etsi inconsciemmentque nous ne nous en rendons as comte), c’estdevérifier si nous devons nous enfuir. Cela semble absurde de nous imaginer, avectoutes nos connaissances, regar-deruntuyaud’arrosage etnous demander si nous devons nous enfuir en hurlant. Mais lestuyauxd’arrosage ressemblentà des serents auremier abord et, si cette forme allongée s’avéraitêtrevraiment un ython, nous nous enfuirions littéralementavantd’avoir conscience de ce à quoi nous essayons d’échaer, etnous serions reconnaissants duréflexe qui nous a faitrendre nos jambes à notre cou. (Pour savoir ce que fait un cheval quand ilvoit untuyaud’arrosage,voyez. 107). La artie ducerveauresonsable de ce réflexe estl’amygdale, le siège de nos émotions. L’amygdale règne sur toutle reste commeun haraon égytien. Notre étatémotionnel influence la façon dontnous ercevons ce qui nous entoure etnous ousse arfois à faire des choses bizarres – comme le dit un dicton anglais : « Pourun homme avec un marteau,toutressemble àun clou». C’est valable our les humains et our les animaux– les chevauxbondissentlorsqu’ilsvoient untuyaud’arro-sage car leur émotion leur a ditde courir avantque leur intelligence aiteule tems de leur dire que ce n’étaitasun ython.
Lechapitre 6est un chaitre social. Beaucou de lois de Murhys’ali-quentlorsque nous avons de la comagnie. Augrand désesoir des cher-cheurs en sychologie, les gens sontcomlètementdifférents lorsqu’ils sont en groue etlorsqu’ils sontseuls. Quelles que soientles recherches quevous ouvezmener sur des gens seuls,vous n’avezlus qu’à jetervos grahiques et vostableauxà la oubelle lorsqu’ils sontavec leurs congénères. Des humains arfaitementadatés quivont voirun match de football oufaire une artie de aint-ball leweek-end deviennent violents, se mettentà hurler, lesyeuxexorbités, etmême leur famille ne les reconnaîtas.
On eutfaire croire auxgens les choses les lus incroyables lorsqu’ils fontartie d’une foule – c’estbien sûr le berceaude la olitique : « Certains de mes meilleurs amis sontallemands » laisse la lace à : « À mortles Aryens ! » On eutenser que le succès de notre esèce reose sur notre caacité à mettre notre individualité de côté suffisammentlongtems our aider notre
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Avant-propos
arti, notre armée, notretribuounotre entrerise à battreun ennemi. En tems de aix, ceendant, il eut yavoirun manque de convergence ausein d’un groue d’individus. Quiconque a eul’occasion d’observer les rouages d’une commission ourra confirmer l’étrangeté de certains comortements dugroue. Le sixième domaine d’action de Murhycouvre donc les com-missions, les foules, les fêtes etlavie de famille.
Auchapitre 7, nousverrons ce qui eutse roduire lorsque l’on assemble le monde à l’envers. Latro fréquentetragédie qui en résulte eutrendre lusieurs formes de ar le monde. Enfin, auchapitre 8, nous nous intéresserons aumonde inanimé etnous découvrirons combien d’animation nous lui rêtons. J’esère quevousy trou-verezdes réonses à certains des mystères de lavie. Voustrouverezeut-être des réonses à des questions quevous n’aviezmême as imaginées. Et je suose quevous enserezà beaucou de questions auxquelles ce livre ne réond as : d’arès la loi de Murhy, je enserai à beaucou de choses imortantes dontj’ai oublié de arler le lendemain de la ublication de ce livre. Bonne lecture.
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