Santé en France

De
L'étude porte sur les problèmes et les déterminants de santé et sur les stratégies de prise en charge en termes de politiques publiques. Une étude synthétique, pathologie par pathologie, âge par âge, déterminant par déterminant…Le parti pris est celui de la concision : ni tableaux, ni courbes, ni cartes mais une tentative d'explication synthétique, pathologie par pathologie, âge par âge, déterminant par déterminant... Chacun (professionnels de la santé ou non) doit ainsi mieux comprendre l'étendue et la hiérarchie des problèmes de santé et l'action publique déployée à tous les échelons. Mobilisant des savoirs multidisciplinaires (épidémiologie, santé publique, sociologie, sciences politiques…), cet ouvrage témoigne des progrès accomplis comme aussi des innombrables enjeux qui restent à relever.
Publié le : mardi 17 novembre 2015
Lecture(s) : 0
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782110100399
Nombre de pages : 176
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Introduction
Cet ouvrage s’adresse à ’ensembe des personnes ou înstîtutîons quî souhaîtent mîeux appréhender es questîons de santé dans eurs dîférentes dîmensîons. Aussî es spécîaîstes de a santé ne représentent-îs pas ’unîque cîbe.
Sî a oî de santé pubîque de 2004 prévoît que e Haut Conseî de a santé pubîque(HCSP) étabîsse un« rapport d’anayse des probèmes de santé de a popuation et des facteurs susceptibes de ’inluencer »et însîste à ce propos sur es înégaîtés socîo-proessîonnees et terrîtorîaes, e rapport en questîon n’est pas en tant que te un rapport sur ’état de santé.
Le travaî porte sur es probèmes de santé et es détermînants de santé, maîs aussî sur a ecture qu’î convîent d’en aîre (d’où ’însîstance sur es înégaîtés) et sur es stratégîes de prîse en charge en termes de poîtîques pubîques, aux dîférents écheons.
Le partî prîs est ceuî de a concîsîon et de ’expîcatîon dîscursîve : nî tabeaux, nî courbes, nî cartes maîs une tentatîve d’expîcatîon synthétîque, pathoogîe par pathoogîe, âge par âge, détermînant par détermînant, etc.
Chaque étudîant, chaque responsabe poîtîque oca, chaque responsabe assocîatî, chaque cîtoyen quî e îra, doît aînsî mîeux comprendre ’étendue et a hîérarchîe des probèmes de santé et ’actîon pubîque dépoyée à tous es écheons.
Depuîs es rapports du Haut Comîté de a santé pubîque dans es années 1990, e paysage înstîtutîonne a consîdérabement évoué : a oî de santé pubîque de 2004 a modîié e cadre programmatîque, e Haut Conseî pour ’avenîr de ’assurance maadîe a prîs une pace majeure dans a rélexîon sur ’organîsatîon des soîns et e inancement de a santé, de nouvees înstîtutîons ont été créées ou renorcées, notamment a Haute Autorîté de santé (HAS) et ’ïnstîtut de veîe sanîtaîre (ïnVS) ; a régîonaîsatîon a connu une brusque accéératîon avec a oî Hôpîta Patîents Santé Terrîtoîres (HPST) de 2009. ï ne s’agît pas de reaîre aujourd’huî un rapport du type de ceux du Haut Comîté de a santé pubîque maîs î convîent de garder dans a productîon, a même exîgence d’expîcatîons précîses et concîses.
Santé en France 2015 a été produît par es experts du HCSP et par des chercheurs ou décîdeurs n’appartenant pas à cette înstîtutîon. ï retrace queques-uns des
Santé en France  Problèmes et politiques
1
1
1
2
ïntroductîon
travaux phares de ’înstîtutîon maîs n’a nuement a vocatîon d’un rapport d’actîvîté. Putôt cee d’un témoîgnage sur es progrès accompîs par e système de santé rançaîs et sur ce qu’î reste à aîre. Vîsîon modeste et non prescrîptîve, vîsîon oferte à ’înîtîatîve des acteurs pour bâtîr coectîvement des poîtîques de santé toujours pus écaîrées, au pan natîona et terrîtorîa, vîsîon optîmîste aussî, car î ne aut pas méconnatre e chemîn parcouru.
Ce document de synthèse arrîve opportunément au moment où une nouvee oî de santé va être dîscutée au Parement. De nombreux travaux préparatoîres ont permîs d’éaborer cette oî. Ceux quî en débattront et ceux quî voudront comprendre ’însîstance mîse sur tee ou tee pathoogîe, te ou te détermînant, tee ou tee înégaîté trouveront dans cet ouvrage écaîrages et îustratîons.
ï est dîIcîe de aîre sîmpe et concîs. Que e ecteur veuîe bîen excuser es ongueurs maîs aussî es acunes, dont es coordînateurs de ’ouvrage sont natureement seus responsabes.
Haut Conseil de la santé publique
C
H
A
P
ï
T
R
E
ï
Vue d’ensemble sur la santé de la population
Porter un regard goba sur ’état de santé de a popuatîon rançaîse et sur son évoutîon est un exercîce compexe en raîson de a dîversîté possîbe des poînts de vue et des déinîtîons de a santé, aînsî que de a grande varîété des pathoogîes et de eurs détermînants. S’y ajoute une orte varîabîîté des constats, notamment seon ’âge. Depuîs e premîer rapportLa santé en France éaboré dans es années 1990 par e Haut Comîté de a santé pubîque, cette approche a cependant été acîîtée et aInée par e déveoppement progressî des systèmes d’înormatîon, a pus grande dîsponîbîîté des données de santé et ’accroîssement de ’expertîse des acteurs concernés. Santé perçue, maladies déclarées et limitations dans la vie quotidienne En 2012, 66 % des personnes âgées de 15 ans ou pus se consîdéraîent en bon ou très bon état de santé, 26 % décaraîent un état de santé assez bon et 8 % un état de santé mauvaîs ou très mauvaîs [1 - 2]. Les données concernant es maadîes chronîques décarées et a îmîtatîon dans es actîvîtés de a vîe quotîdîenne 1 apportent un regard compémentaîre sur a santé perçue . En 2012, 39 % des personnes âgées de 15 ans ou pus décarent une maadîe ou un probème de santé chronîque et 27 % des personnes âgées de 15 ans ou pus se décarent îmîtées ou ortement îmîtées dans eurs actîvîtés courantes, depuîs au moîns sîx moîs, à cause d’un probème de santé [2]. Hommes et emmes portent une apprécîatîon dîférente sur eur santé. Les emmes se décarent en moîns bon état de santé que es hommes. Pusîeurs raîsons peuvent être mîses en avant pour expîquer cette tendance, retrouvée pour a pupart des îndîcateurs de santé, tant physîques que mentaux, à ’exceptîon de a mortaîté. Cette sîtuatîon pourraît être ’expressîon d’une meîeure connaîssance
1.
Ces troîs îndîcateurs constîtuent d’aîeurs e mînî-modue santé européen, utîîsé dans de nombreuses enquêtes.
Santé en France  Problèmes et politiques
1
3
1
4
Chapître ï
Une espérance de vie enhausse maisdes incapacités en expansion
Vue d’ensemble sur la santé de la population
par es emmes de eur état de santé en îen avec des contacts pus précoces et pus réquents avec e système de soîn. Ee pourraît aussî s’expîquer par des probèmes de santé spécîiques tes que ceux îés à a grossesse ou à a ménopause, par une pus grande vunérabîîté physîque, une pus grande exposîtîon et/ou sensîbîîté à des acteurs stressants ou à des conlîts. Maîs ee peut aussî être vue comme ’expressîon de représentatîons de a santé et de a maadîe dîférentes entre es sexes, dépendant ortement des rôes socîaux respectîs attendus [3]. Cet écart seon e sexe ne se retrouve pas dans es décaratîons concernant es maadîes chronîques. En revanche, es emmes décarent pus souvent que es hommes soufrîr de îmîtatîons onctîonnees [2]. Avec ’avancée en âge, es îndîcateurs se dégradent ortement ; s’y assocîe une réquence croîssante des sîtuatîons de poypathoogîes, avec eur quasî-généraîsatîon aux âges es pus éevés [4]. Par aîeurs, î exîste un gradîent socîa seon e nîveau de dîpôme et de revenus pour es décaratîons concernant a santé. À âge et sexe comparabes, es catégorîes es moîns avorîsées décarent un état de santé nettement pus détérîoré et des îmîtatîons onctîonnees beaucoup pus réquentes que es groupes pus avorîsés. L’écart entre groupes socîaux est en revanche moîns marqué pour es décaratîons concernant es maadîes ou es probèmes de santé chronîques. Par rapport aux autres pays européens, a France se sîtue dans une posîtîon moyenne en ce quî concerne ’état de santé perçu et es îmîtatîons de ongue durée dans es actîvîtés de a vîe quotîdîenne. En revanche, ee présente une des réquences es pus éevées de décaratîon de maadîes chronîques [5]. Magré des eforts împortants d’harmonîsatîon des modes de recueî, es comparaîsons înternatîonaes doîvent touteoîs être consîdérées avec prudence, en raîson de mutîpes bîaîs potentîes.
L’espérance de vîe à a naîssance contînue à progresser en France. Entre 1990 et 2013, ee est passée pour es emmes de 81,0 à 85,0 ans (+ 4,0 ans). L’augmentatîon a été pus marquée pour es hommes passant de 72,8 à 78,7 ans (+ 5,9 ans). Magré cea, ’écart d’espérance de vîe entre es sexes reste împortant (6,3 ans). La France aît partîe des pays d’Europe où es emmes vîvent e pus ongtemps avec ’Espagne, ’ïtaîe et a Suîsse. Pour es hommes, ’espérance de vîe se sîtue dans a moyenne des pays européens. En revanche, c’est en France que ’espérance de vîe après 65 ans est a pus éevée de tous es pays européens, et cecî que que soît e sexe. La progressîon réguîère de ’espérance de vîe ces deux dernîères décennîes est prîncîpaement îée à a baîsse de a mortaîté aux âges éevés, avec une contrîbutîon massîve des gaîns réaîsés après 65 ans et tout partîcuîèrement après 80 ans [6].
La progressîon de ’espérance de vîe aux âges éevés, souève a questîon de a quaîté de vîe des années suppémentaîres vécues : gaîn de vîe en bonne santé ou gaîn de vîe avec des maadîes chronîques et des încapacîtés ? D’où e grand întérêt des îndîcateurs d’espérance de vîe sans încapacîté (EVSï) [7 - 9]. Les premîers cacus d’EVSï réaîsés en France au cours des années 1980 montraîent que es années de
Haut Conseil de la santé publique
vîe gagnées étaîent des années sans încapacîtés sévères (et même sans încapacîtés modérées pour es hommes), ce quî a été înterprété comme une tendance à a« compressîon » de ’încapacîté (moîns d’années vécues en mauvaîse santé). Touteoîs, depuîs e début des années 2000, une tendance contraîre à ’expansîon des încapacîtés a été mîse en évîdence. L’înterprétatîon en est compexe. Concernant partîcuîèrement es 50 - 65 ans et pus marquée pour es emmes, ee peut résuter d’une survîe pus ongue des personnes atteîntes de maadîes et de îmîtatîons onctîonnees. Ee peut aussî s’expîquer par a perceptîon d’un état de santé onctîonne pus dégradé putôt que par une réee dégradatîon. Pour es emmes, a progressîon des încapacîtés touche es génératîons quî ont été pus nombreuses à travaîer et quî sont aujourd’huî en in de vîe actîve ou jeunes retraîtées. Le déveoppement d’anayses compémentaîres permettant d’expîcîter ces acteurs apparat aujourd’huî îndîspensabe [6]. Les înégaîtés socîaes sont égaement très marquées pour e nîveau des EVSï : à 35 ans, es cadres ont dîx années de pus à vîvre que es ouvrîers sans îmîtatîons onctîonnees.
Les statîstîques d’învaîdîté îustrent a capacîté de a popuatîon à exercer une actîvîté proessîonnee jusqu’à ’âge de a retraîte. Ees sont égaement à consîdérer en îen avec ’augmentatîon de ’âge de in d’actîvîté proessîonnee. Dans a mesure où des prestatîons en espèces et en nature sont îées à ces reconnaîssances d’învaîdîté par e système de protectîon socîae, de nombreux acteurs sont susceptîbes d’en înluencer a réquence et ’évoutîon. Les dernîères données concernant es assurés du régîme généra de ’assurance maadîe aîsaîent état, pour ’année 2006, de 580 000 bénéicîaîres des prestatîons correspondantes et de 75 000 admîssîons dans ’année. Cet efectî étaît en orte progressîon (+ 4,8 % par an en moyenne entre 1998 et 2006) [10]. Les 50-59 ans représentaîent en 2006 pus de 60 % des nouveaux admîs. Cette progressîon est împutabe au vîeîîssement de a popuatîon actîve, à une révîsîon des condîtîons d’accès aux dîsposîtîs de préretraîte maîs égaement à a pénîbîîté accrue du travaî tant d’un poînt de vue organîsatîonne que physîque. Comme dans es autres pays de ’Organîsatîon de coopératîon et de déveoppement économîque (OCDE), es afectîons psychîatrîques (28 %) dont, en premîer îeu, es troubes dépressîs réactîonnes et névrotîques constîtuent a premîère cause d’entrée en învaîdîté. Vîennent ensuîte es maadîes du système ostéo-artîcuaîre (24 %) et pus partîcuîèrement es pathoogîes rachîdîennes et dîscaes et es cancers (13 %).
On ne dîspose pas de données terrîtorîaîsées concernant ’EVSï. En revanche, des dîsparîtés géographîques împortantes exîstent en matîère d’învaîdîté avec, auseîn d’un même régîme, des écarts de ’ordre de 1 à 3 des taux de demande de prestatîons et de 1 à 2 des taux d’attrîbutîon entre départements. Ces écarts sont compexes à anayser. ïs résutent à a oîs d’écarts d’états de santé, maîs aussî de nombreux autres acteurs et notamment des dîsparîtés dans es demandes et dans es décîsîons d’attrîbutîon, en îen notamment avec es condîtîons économîques et socîaes ocaes et avec es modes d’évauatîon de sîtuatîons personnees et contextuees [11].
Santé en France  Problèmes et politiques
1
5
1
6
Chapître ï
La place croissante des maladies chroniques
Des recoursaux hospitalisations en hausse
Vue d’ensemble sur la santé de la population
Les données reatîves aux personnes admîses en afectîon de ongue durée (ALD) par es régîmes d’assurance maadîe apportent des înormatîons sur es maadîes dont a gravîté ou e caractère chronîque nécessîtent un traîtement proongé et une thérapeutîque coûteuse [12 - 13]. Leur reconnaîssance par ’Assurance maadîe est ’objet d’une certaîne varîabîîté. Pour e seu régîme généra, e nombre de personnes en ALD atteînt en France 8,6 mîîons in 2009 (15 % de a popuatîon protégée). Les maadîes es pus concernées sont es afectîons cardîo-vascuaîres, es tumeurs, e dîabète et es pathoogîes psychîatrîques. Le taux d’ALD crot de açon marquée avec ’âge et î est pus éevé chez es hommes à partîr de 50 ans. ï a ortement et réguîèrement progressé au cours des deux dernîères décennîes, passant pour e régîme généra d’assurance maadîe de 8 % en 1994 à 12 % en 2004 et à 16 % en 2012, îustrant e poîds croîssant des pathoogîes chronîques. De mutîpes acteurs contrîbuent à cette croîssance : augmentatîon et vîeîîssement de a popuatîon, améîoratîon des traîtements et de a prîse en charge, déveoppement du dépîstage, încîdence croîssante de certaînes afectîons comme e dîabète. Au cours des années récentes, e rythme de cette progressîon s’est raentî, sans doute en îen avec un encadrement pus împortant du dîsposîtî.
Les données du Programme de médîcaîsatîon des systèmes d’înormatîon (PMSï) décrîvent une partîe de ’actîvîté des étabîssements de santé. Ees écaîrent îndîrectement sur ’état de santé, même sî a varîabîîté des pratîques de soîns et des modaîtés de codage des données est susceptîbe de es înluencer [14 - 15]. En France, envîron 11 mîîons de personnes ont été hospîtaîsées en soîns de courte durée en 2011. Ce sont es enants âgées de moîns de 1 an et es personnes âgées de pus de 75 ans quî ont es taux d’hospîtaîsatîon es pus éevés. Que que soît ’âge (à ’exceptîon des 15 - 44 ans), es hommes sont pus souvent hospîtaîsés que es emmes. Tous âges conondus, chez es hommes, outre es séjours pour surveîance, bîan ou préventîon, es dîagnostîcs prîncîpaux es pus réquents pour es séjours de courte durée sont es maadîes de ’appareî dîgestî (y comprîs des dents et du parodonte), es maadîes de ’appareî cardîo-vascuaîre et es tumeurs. Chez es emmes, après a grossesse et ’accouchement, quî constîtuent es premîères causes de recours, e cassement des motîs est îdentîque.
Le poîds consîdérabe des soîns dans es étabîssements ayant une actîvîté en psychîatrîe n’apparat pas dans ces données. Pus de deux mîîons de personnes ont été prîses en charge au moîns une oîs dans ’année en hospîtaîsatîon ou en ambuatoîre par ces étabîssements en 2012 [16].
Le nombre de séjours hospîtaîers en unîté de soîns de courte durée a sensîbement augmenté depuîs a in des années 2000, en îen prîncîpaement avec a croîssance démographîque et e vîeîîssement de a popuatîon maîs aussî du aît du déveoppement des séjours ambuatoîres. Les progressîons es pus marquées concernent, pour es deux sexes, es maadîes du système ostéo-artîcuaîre, du système nerveux et de ’œî. Pour es hommes, on constate égaement a orte augmentatîon des maadîes du sang, des maadîes génîto-urînaîres et des maadîes endocrînîennes (dîabète, obésîté). Le PMSï ne permet pas d’étudîer es dîsparîtés socîaes des recours, maîs es dîsparîtés terrîtorîaes sont marquées, avec des écarts
Haut Conseil de la santé publique
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.