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Traité d'expologie

De
114 pages
L?'exposition se déploie sous de multiples formes dans les musées, mais aussi dans les centres d?art, les lieux culturels, dans l?espace public ou encore dans les entreprises et les collectivités. Serge Chaumier explore ce foisonnement et tente de le sérier ; l?auteur avance les raisons qui conduisent les expositions à être moins centrées sur les objets et les collections et davantage tournées vers les discours et les narrations. « Fascinante polysémie qui témoigne à la fois de la richesse du médium et de la difficulté d?en circonscrire les langages, les registres, les canevas et les styles ». Parce que les musées et les expositions sont désormais moins souvent des lieux d?apprentissage que de mise en éveil des curiosités, l?écriture de l?exposition doit se réinventer ; cet ouvrage s?emploie à en dessiner les nouveaux contours, à fouiller le langage des concepteurs et fait surgir les nouvelles configurations du rapport avec les visiteurs.
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Sommaire
PréfaceMarcOlivier Gonseth
Introduction
Les langages
Les registres
Les canevas
Les styles
Conclusion
Bibliographie
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Introduction
Traîté d’expoogîe : curîeux nom! Quee bîzarrerîe motîve de recourîr à un nom (encore) peu usîté aors que bîen d’autres sembent à dîsposîtîon ? C’est ce que nous voudrîons d’abord expîquer au cours de cette întroductîon, avant que d’en-trer dans e vî du sujet, et d’examîner es modaîtés d’écrîtures, es styes et es tendances contemporaînes de ’exposîtîon. ï aut d’abord rappeer un aît, peu souvent mentîonné, quî dévoîe que ’exposîtîon n’est pas ’apanage des musées. ï s’en présente dans bîen des endroîts, et pas seuement dans es îeux quî sembent eur êtrea prIorIdévous. L’exposîtîon est même, sî ’on revîent sur ’hîstoîre îée aux cutes des morts, que ’on expose, et à ceuî de a marchandîse, que ’on exhîbe, pus souvent présentée en contexte non-muséa. Couramment ee se donne à voîr dans tous es îeux socîocutures, îeux de patrîmoîne, maîs aussî bîbîothèques, centres cutures, et espaces dédîés à accueîîr e spectace vîvant. Les grandes manîestatîons natîonaes, es exposîtîons unîversees et es exposîtîons înterna-tîonaes, es saons, es oîres et autres parcs d’attractîons recourent égaement aux exposîtîons. Sî cees-cî, comme nous e verrons, sont ort dîférentes dans eur nature et eur prîncîpe, î demeure que a ormeexposItIonest commune et répan-due bîen au-deà des portes du musée. ï ne s’agît pas par conséquent de retîrer à ce dernîer ’exposîtîon, maîs de ’anayser pus argement comme un phénomène transversa quî appartîent à bîen des sphères, tourîstîques, commercîaes, de oîsîrs et de dîvertîssement aussî bîen que cuturees et patrîmonîaes. Souvent quand un groupe, une assocîatîon, un coectî entend s’exprîmer, e geste spontané quî survîent est de recourîr à a mîse en pace d’une exposîtîon. De même, es enants des écoes, comme es empoyés d’une entreprîse, es coectîvîtés terrîtorîaes, tous ont recours à ’exposîtîon pour communîquer. ï arrîve même qu’on a voîe surgîr dans e contexte de troubes et de manîestatîons, dans es mouvements revendî-catîs comme dans es occupatîons îégaes. Mîeux, nous pourrîons même convenîr que tout procédé de trî et de séectîon, de mîse en ordre et en organîsatîon à des Ins d’exposîtîon réaîse un travaî du type de ceuî que nous prenons îcî en objet. Aînsî ce sont es marchandîses étaées aux rayons des magasîns quî sont es premîers ééments d’une cuture expogra-phîque. Sîmpement a voonté de productîon d’un dîscours à partîr de ces ormes est assez basîque et ’întentîon en est suisamment expîcîte pour que nous n’y consacrîons îcî que queques îgnes. L’exposîtîon s’înscrît aînsî dans es ormes es pus archaques de promotîon de a marchandîse. Pus compexe, maîs apparte-nant égaement par essence au règne de ’exposîtîon, s’y rattachent es ormes es pus modernes et actuees, orsqu’une séectîon d’ééments est pubîée en îgne sous un proI pour s’exposer à a vue de tous.Facebookînaugure ses pages person-naîsées où chacun peut se mettre en scène. Les bases de données que nous pra-tîquons et exporons chaque jour sur ’înternet sont égaement à eur manîère de ormîdabes dîsposîtîs de mîse en exposîtîon. Ces ormes ne sont pas sans aîre changer e monde et a manîère de réaîser des exposîtîons en généra, comme nous e verrons. Tout un chacun a donc par dîverses manîères, ’occasîon de pratî-quer a mîse en exposîtîon et de se transormer encurator! Pus encore, nous par-tîcîpons et vîsîtons des exposîtîons à ongueur de journée, sans même paroîs en avoîr vérîtabement conscîence !
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TRAITÉDEXPOLOGIE
Sî ’exposîtîon est un rélexe et que tous a pratîquent comme monsîeur Jourdaîn a prose, cea ne sous-entend pas qu’ee soît înnée et qu’î ne soît nu besoîn de ’étudîer, et même d’apprendre à en manîer es ormes pour parvenîr à une expres-sîon optîmae. ï est souvent dommage que ce moyen d’expressîon soît utîîsé sans autre orme de procès, sans beaucoup de rélexîon sur es condîtîons de sa récep-tîon, de son onctîonnement et de ses usages. Aînsî sî tout e monde est en mesure de aîre une exposîtîon, aussî mînîmae soît-ee, î aut bîen admettre que cer-taînes sont pus réussîes et convaîncantes que d’autres. ï y a exposîtîon et exposî-tîon. ï est souvent dommage de voîr présentée une exposîtîon dont a orme ma cernée, et ma conçue, vîent nuîre au propos tenu. Queques règes éémentaîres, comme cees de ’écrîture des textes par exempe, de ’écaîrage ou de a cîrcua-tîon des pubîcs à ’întérîeur, suisent souvent à aîre a dîférence. Combîen d’ex-posîtîons s’avèrent médîocres sîmpement parce que des règes de base n’ont pas été respectées, que e concepteur a îgnoré queques rudîments ? Or, cecî n’est pas e aît des seues exposîtîons construîtes par des assocîatîons de bénévoes, chaque jour apporte son ot d’exempes d’exposîtîons ma conçues. Nous avons pu en voîr dans tous es îeux, proposées par des proessîonnes du spectace vîvant quî s’aven-turent dans des contrées où es compétences requîses ne sonta prIorIpas es eurs, comme dans es pus grands musées… Car î seraît erroné de croîre que es pro-essîonnes du musée matrîsent ’ensembe des codes de ’exposîtîon. Leur or-matîon înîtîae ne es y prépare pas toujours et c’est souvent ’apprentîssage par ’expérîence quî aît a dîférence. Le résutat n’est pas nécessaîrement îé au pres-tîge ou au budget. ï étaît savoureux à ’été 2010 de comparer es exposîtîons pré-sentées par es pavîons natîonaux à ’exposîtîon unîversee de Shanghaî et de constater que ce ne sont pas es pays quî ont e pus de moyens quî sont toujours es pus habîes à manîer es savoîr-aîre. Car une exposîtîon suppose de matrîser es contenus, maîs aussî de es mettre en reatîon avec un envîronnement, de ma-trîser ’espace, enIn et surtout d’être en mesure de penser a manîère dont e pubîc va pouvoîr s’emparer de a proposîtîon. Combîen de petîtes choses ma pensées, quî accumuées, peuvent au Ina nuîre à ’ensembe.
L’exposîtîon peut recourîr à des objets, maîs ce n’est pas toujours e cas, du moîns au sens courant du terme. Car au sens expographîque, un texte d’exposîtîon ou une îmage peuvent être consîdérés comme un objet, tout comme a cîmaîse quî es porte. L’exposîtîon dîte « exposîtîon panneaux », à deux dîmensîons, est sans doute a pus réquente, tant sa orme est présente partout. Cee-cî n’échappe pas, pus qu’une autre, à queques règes de composîtîon, même sî ees peuvent être assez sîmpes. Surtout son attractîvîté sera pus ou moîns renorcée, seon e gra-phîsme, ’orîgînaîté de a présentatîon, a mîse en sîtuatîon, es supports, ’envîron-nement, etc. Le contenu ne aît pas tout et es îdées es pus captîvantes ou es aîts es pus passîonnants peuvent s’avérer ort ennuyeux s’îs sont ma vaorîsés. Ces savoîr-aîre mîs en œuvre pour réaîser des exposîtîons exîgent des compétences quî s’apprennent et donnent îeu à des métîers spécîIques. Ceux quî mettent en œuvre es exposîtîons se répartîssent seon dîférentes dénomînatîons, et a chose est, en France, encore très peu caîre, tant es mots sont utîîsés à tort et à travers pour caractérîser des réaîtés dîférentes. Nous pouvons convenîr que, couram-ment, on quaîIe e travaî de ceuî quî conçoît a trame ou scénarîo de ’exposîtîon, quî artîcue es contenus en onctîon du pubîc vîsé, demuséographe. Cependant, nous ’avons dît, î y a des exposîtîons quî n’ont aucunement recours à des coec-tîons et quî s’opèrent hors des musées, dans es parcs, es centres d’înterprétatîons,
Introduction
es bîbîothèques… ï est donc possîbe en théorîe, car ce n’est jamaîs e cas dans a réaîté, de dîstînguer e travaî du muséographe, quî exerce dans un musée, du travaî de ’expographe, quî dépoîeraît son actîvîté pour réaîser des exposîtîons hors musée. Nous retîendrons e terme demuséographepour être comprîs.
Le travaî de muséographîe est souvent conduît dans e musée par econservateur, quî dîrîge e îeu et prend en charge a vîe scîentîIque de ’étabîssement, en étant égaement responsabe des coectîons. Le conservateur a une actîvîté de chercheur vîs-à-vîs des coectîons, de représentatîons vîs-à-vîs de ’extérîeur et souvent de 1 dîrectîon de ’étabîssement ou de son servîce . Le conservateur a un rôe pré-cîeux, maîs contraîrement aux îdées toutes aîtes, î n’est pas toujours e mîeux pacé pour réaîser une exposîtîon. Car es compétences nécessaîres à a concep-tîon de ’exposîtîon ne sont pas toujours au cœur de son actîvîté. ï aut pour s’en rendre peînement compte observer ce quî se passe dans es endroîts où dans es projets dépourvus de conservateur en tître. ï arrîve que ’on pare decommIssaIre, decurator, pour quaîIer en réaîté e travaî du muséographe. ï est paradoxa que e métîer de muséographe soît, au Ina, pus vîsîbe et même pus présent hors des musées. C’est e cas notamment pour es projets d’exposîtîon quî se ont sans qu’un musée, et par conséquent un conservateur ne soîent împîqués. Évîdemment, s’î est pus exact de es appeer aors expographes, î est dîicîe de nîer une réaîté socîae, quî s’exprîme dans es appes d’ofres, es marchés, es ettres de mîssîon, 2 quî es nomment courammentmuséographes . Nous retîendrons donc ce terme par commodîté et compréhensîon.
Sî dans ’înstîtutîon musée, ce travaî est e pus souvent prîs en charge par e conser-vateur, cea n’împîque pas que es deux métîers soîent îdentîques. Sî e conserva-teur réaîse normaement des recherches, produît des connaîssances scîentîIques, notamment sur es coectîons, et prend en charge es aspects scîentîIques, s’î ma-trîse es connaîssances, î n’est pas nécessaîrement ceuî quî va déveopper des com-pétences dans e regîstre de a communîcatîon de ces savoîrs. Le muséographe est donc e premîermédIateur, ceuî quî saît s’emparer des contenus pour es destîner à des pubîcs, en prenant en compte es împératîs dîvers (conservatîon préventîve des objets de coectîons, connaîssances des médîatîons et des prestataîres à même de es réaîser, capacîté à construîre et gérer des budgets, etc.). Sî e conservateur peut être aussî muséographe, î ne ’est pas nécessaîrement de aît, pas davantage qu’î n’estscénographe, même sî nombre de conservateurs dessînent et réaîsent encore des vîtrînes avec ’aîde des servîces technîques munîcîpaux. ï arrîve même que certaîns conservateurs de petîts musées de terrîtoîre soîent conduîts à prendre e pînceau pour repeîndre es murs et, pour autant, on saît bîen que e conserva-teur n’est pas un peîntre en bâtîment : ce sont à deux compétences dîférentes et quî, sî ees peuvent s’încarner un temps chez un même îndîvîdu, împîque magré tout deux métîers dîférents. Pus couramment encore, e conservateur assure es vîsîtes guîdées, notamment ors de a réceptîon d’une personnaîté, ce n’est pas pour autant qu’î se cononde avec e guîde-conérencîer. ï en est de même du métîer de conservateur et du métîer de muséographe.
1. Sur es onctîons du musée, es tendances et évoutîons contemporaînes, on se reportera à André Gob et e Noëmîe Drouguet,La muséologIeédîtîon, 2010 et Jean-Mîche Tobeem,, Armand Coîn, 3 Le nouvel âge e des musées. Les InstItutIons culturelles au déi de la gestIon, Armand Coîn, 2 édîtîon, 2010. 2. On pourra consuter pour une présentatîon pus poussée ’Assocîatîon des muséographes. Voîr www.es-museographes.org
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