Un panier de houblon

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Fable-océan, genèse, saga familiale, cette "verte enfance du monde" tient de tout cela. Certes cette communauté juive alsacienne de l'entre deux guerres, si riche de ses particularismes, de ses traditions et de ses croyances, n'existe plus. La guerre a balayé trois siècles d'histoire. Mais Claude Vigée y est né, y a grandi, et voilà que revivent toutes ces petites gens, merciers, colporteurs, rammasseurs de houblon. Personnages hauts en couleur, récits cocasses, dramatiques, tendres, toute cette vie de l'Alsace , modeste et destinée à l'oubli, nous revient en pleine lumière. De la même manière que Balbec et Méséglise, par la grâce de Proust, ne quitteront plus notre imaginaire, de la même manière Seebach et Bischwiller, par celle de Claude Vigée, appartiendront à notre mémoire.

Ecrivain, poète, professeur, Claude Vigée vit aujourd'hui entre Paris et Jérusalem. Il est originaire de la petite ville de Bischwiller en Alsace où il a passé toute son enfance avant d'émigrer aux Etats-unis, puis en Israël. Il est l'auteur d'une oeuvre considérable, qui l'a établi comme l'un des plus grands écrivains de l'après-guerre.
Publié le : mercredi 23 février 1994
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EAN13 : 9782709641371
Nombre de pages : 500
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TABLE DES MATIÈRES
Dédicace
Avant-Propos
PREMIÈRE JOURNÉE
 
© 1994, Editions Jean-Claude Lattès
978-2-709-64137-1
DU MÊME AUTEUR
L’Été indien (poèmes et journal de l’Été indien), Gallimard, 1957.
(essais critiques), Calmann-Lévy, 1960.Les Artistes de la faim
Révolte et Louanges (essais critiques), José Corti, 1962.
Moisson de Canaan, Flammanon, 1967.
La Lune d’hiver, Flammarion, 1970.
Le Soleil sous la mer (poèmes 1939-1971), Flammarion, 1972.
Délivrance du souffle, Flammarion, 1977.
Du bec à l’oreille (album de textes), Éditions de la Nuée-Bleue, Strasbourg, 1977.
Claude Vigée, par Jean-Yves Lartichaux, coll. « Poètes d’aujourd’hui », Seghers, 1978.
L’Art et le Démonique (essais), Flammarion, 1978.
L’Extase et l’Errance (essai), Grasset, 1982.
Pâque de la parole, Flammarion, 1983.
Le Parfum et la Cendre (entretiens), Grasset, 1984.
Les Orties noires (poèmes et prose), Flammarion, 1984.
Heimat des Hauches, Elster, Baden-Baden, R.F.A., 1985.
Une voix dans le défilé, Nouvelle Cité, 1985.
La Manne et la Rosée (essai), Desclée de Brouwer, 1986.
La Faille du regard (essais et entretiens), Flammarion, 1987.
Association Jean-Baptiste Weckerlin, Strasbourg, 1988.Wénderôwefir,
La manna e la rugiada, Éd. Borla, Rome, 1988.
Aux sources de la littérature moderne I (essais), Entailles — Philippe Nadal, 1989.
Le feu d’une nuit d’hiver (poèmes), Flammarion, 1989.
Leben in Jerusalem, Elster Verlag, Baden-Baden, 1990.
Apprendre la nuit (poèmes), Arfuyen, 1991.
La Terre et le Souffle, Claude Vigée, Actes du colloque de Cerisy, 1988, Albin Michel, 1992.
Menard-King’s College Press, Londres, 1992.Selected Poems,
Dans le silence de l’Aleph (essais), Albm-Michel, 1992.
L’Héritage du feu (essais-poèmes-entretiens), Mame, 1992.
Le Puits d’eaux vives, Albin Michel, 1993.
Un panier de houblon, t. II, l’Arrachement, J.-C. Lattès (à paraître).
TRADUCTIONS
Cinquante Poèmes de R.M. Rilke, « Les Lettres », 1953, et « Jeunes amis du livre », 1957.
Mon printemps viendra, poèmes de D. Seter, adaptés par Claude Vigée, P. Seghers, 1965.
Les Yeux dans le rocher, poèmes de David Rokéah, traduits de l’hébreu par Claude Vigée, José Corti, 1968.
L’Herbe du songe, poèmes d’Yvan Goll, traduits de l’allemand par Claude Vigée, Éditions Caractères, 1971 ; Arfuyen, 1988.
Le Vent du retour, poèmes de R.M. Rilke, Arfuyen, 1989.
Quatre Quatuors, poèmes de T.S. Eliot, traduits de l’anglais, The Menard Press, Londres, 1992.
Toute connaissance est biographie.
William Butler Yeats, Explorations,
p. 397, Macmillan, New York 1962
 
 
 
Et tout est toujours maintenant.
T.S. Eliot, Four Quartets, Burnt Norton V
 
 
 
Ni avant ni après dans la Torah.
Talmud de Babylone, Traité Pesa’chim 6 b.
DÉDICACE
L’arrière-été
 
 
Un soir parmi les soirs volés dans le verger du temps qui fleurit, germe, brûle et meurt entre deux firmaments, j’ai rempli mon panier de rires et de pleurs pour jeter un grand pont sur les jours du malheur vers fillettes et fils de mes petits-enfants juchés très haut dans le pommier qui ruisselle de sève.
 
Prince danseur bercé par l’influx du matin,
une source d’eau vive
entre la brume obscure et la tourbe du rêve
s’élancera demain
du nombril de la terre.
Là mûrira mon fruit
dans la double lumière
de la lune tardive
et du soleil levant
que mon psaume d’arrière-été fiance avec sa nuit.
Avant-Propos
LA PAROLE DES JOURS
A la fois genèse du monde et saga familiale assignée au génie du lieu, cette fable éclaire avec les mots d’aujourd’hui ce que signifia la réalité singulière d’une enfance vécue dans l’Alsace rurale d’avant-guerre maintenant disparue. Je ne me suis pas engagé à édifier pierre par pierre, selon une architecture préconçue, le château fort sans issues de mes souvenirs. Certes, j’évoque au passage les silhouettes de cent personnages hauts en couleur. Me fondant sur l’expérience énigmatique de trois générations de survivants provisoires, je prête ma voix aux histoires surprenantes qui me furent racontées au cours de ma jeunesse. Mais c’est à seule fin d’ouvrir au présent un jardin d’acclimatation vivant dans les terres en friche de notre mémoire.
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