Un parcours d'historien

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Issu du monde des humbles et né durant la Grande Guerre, élevé au coeur du vieux Saumur (dans la rue qui avait été celle d'Eugénie Grandet), Pierre Goubert a vraiment vécu au cours des années vingt de ce siècle ce que Péguy avait déjà observé sur sa propre enfance: il a " littéralement touché l'ancienne France, l'ancien peuple tout court ". Dans l'Anjou de l'entre-deux-guerres, une voiture était forcément attelée, l'école maternelle se nommait asile, et les enfants portaient des galoches...

Voilà peut-être pourquoi le parcours de l'un des meilleurs historiens de notre temps est aussi peu classique que possible: a-t-on souvent vu un boursier non bachelier revêtir une toge de professeur à la Sorbonne en n'ayant presque jamais mis les pieds dans une université? Il faut dire que Pierre Goubert aura entre-temps écrit quelques-uns des quinze ou vingt livres d'histoire majeurs publiés depuis la Libération, qu'il aura été le disciple, le collègue, le maître des plus grands _ les Bloch, Febvre, Labrousse et autres Braudel _, se sera fait l'ambassadeur de la recherche française dans une bonne quinzaine d'universités étrangères prestigieuses et aura, par ses vues non conformistes sur l'Ancien Régime, fait progresser de façon décisive notre compréhension de ce type de société.

Plutôt qu'un nouvel essai d'ego-histoire, ces Souvenirs sont une plongée dans une succession de mondes disparus: le Saumurois de l'entre-deux-guerres comme le Beauvaisis du XVIIe siècle, l'enseignement sous la IIIe République comme l'Université d'avant 68. Leur saveur particulière tient certes à la truculence d'un homme aux goûts et aux dons multiples mais aussi à ce métier d'historien qui enseigne à séparer la paille et le grain: le destin personnel et ce qui procède de l'expérience collective.
Publié le : mercredi 10 janvier 1996
Lecture(s) : 29
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EAN13 : 9782213649078
Nombre de pages : 320
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Issu du monde des humbles et né durant la Grande Guerre, élevé au coeur du vieux Saumur (dans la rue qui avait été celle d'Eugénie Grandet), Pierre Goubert a vraiment vécu au cours des années vingt de ce siècle ce que Péguy avait déjà observé sur sa propre enfance: il a " littéralement touché l'ancienne France, l'ancien peuple tout court ". Dans l'Anjou de l'entre-deux-guerres, une voiture était forcément attelée, l'école maternelle se nommait asile, et les enfants portaient des galoches...

Voilà peut-être pourquoi le parcours de l'un des meilleurs historiens de notre temps est aussi peu classique que possible: a-t-on souvent vu un boursier non bachelier revêtir une toge de professeur à la Sorbonne en n'ayant presque jamais mis les pieds dans une université? Il faut dire que Pierre Goubert aura entre-temps écrit quelques-uns des quinze ou vingt livres d'histoire majeurs publiés depuis la Libération, qu'il aura été le disciple, le collègue, le maître des plus grands _ les Bloch, Febvre, Labrousse et autres Braudel _, se sera fait l'ambassadeur de la recherche française dans une bonne quinzaine d'universités étrangères prestigieuses et aura, par ses vues non conformistes sur l'Ancien Régime, fait progresser de façon décisive notre compréhension de ce type de société.

Plutôt qu'un nouvel essai d'ego-histoire, ces Souvenirs sont une plongée dans une succession de mondes disparus: le Saumurois de l'entre-deux-guerres comme le Beauvaisis du XVIIe siècle, l'enseignement sous la IIIe République comme l'Université d'avant 68. Leur saveur particulière tient certes à la truculence d'un homme aux goûts et aux dons multiples mais aussi à ce métier d'historien qui enseigne à séparer la paille et le grain: le destin personnel et ce qui procède de l'expérience collective.
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