4-La petite annonce : Cherche l'âme soeur" Tome 2 suite et fin

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De difficultés en moments de pur bonheur, le temps passe et Michèle arrive à surmonter une avalanche de difficultés...Chacune étant prévisible pour toute mère élevant seule ses adolescent, c'est l'accumulation qui fait de la vie de Michèle une expérience peu banale... Mais elle est pleine de ressources, trouvera dans l'amour de son âme sœur l'épanouissement grâce à l'écriture et la peinture...
Publié le : lundi 7 avril 2014
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Deuxième partie et fin du Tome II
 Au laboratoire
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Alors qu’autour de Michèle, chacun se case, elle va perdre sa place… Sa patronne lui annonce en pleurant pour de bon : — « Vous êtes bien la dernière personne à qui j’aurais voulu faire ça… Mais je ne peux vraiment pas faire autrement, je n’y arrive plus financièrement… Vous le voyez bien, le travail n’est pas suffisant, moi-même, je ne sais pas combien de temps encore je vais pouvoir tenir… Michèle trouve la force d’être rassurante, faisant ladure à cuire, c’est elle qui va la réconforter en disant : Ça va aller… J’ai droit au chômage, je ne suis pas sans ressources tout de suite, et j’ai assez de possibilités et d’énergie pour m’en sortir ! Seulement, ça va lui fait drôle de n’avoir plus que le ménage de la boulangerie : une heure et demie d’occupation par jour !… Laureen lui parle de la grand’mère de Sylvain, elle a une amie cherchant une aide-ménagère… Pourquoi pas ? Michèle fait la connaissance de Madame F et de son mari… Une ancienne militaire, grande mince, élégante, et une rigolote, dans son genre… Elle est surprise la première fois où elle emmène les deux copines faire leurs courses dans une grande surface… Sa nouvellepatronne entame une tablette de chocolat dans une des allées et insiste pour que Michèle mange le morceau proposé… Beuh… Elle n’en a pas trop envie, entre les repas, elle fait attention à sa ligne !… Il faut la finir avant d’arriver aux caisses !… Puis Michèle remarque qu’elle garde enfilé à son poignet, un sac plein de légumes qui n’a pas été pesé ni étiqueté, toutefois, ne l’ayant pas vu le préparer au rayon, elle se retient de la rappeler à l’ordre, perplexe… Elle ne la connait pas assez pour réagir… La caissière louche sur le sac, mais n’ose pas réclamer… La dame fait très chic et sérieuse, elle doit avoir une raison pour ne pas le présenter en caisse… L’avait-elle 3
avant d’entrer ?… Ça passe comme une lettre à la poste… En sortant, presque elle me fait la danse des sioux, comme Amélie quand elle était petite, tant elle est triomphante! (Michèle pense : Ce truc, j’ai donné… M’étant faite moi-mêmegaulée, maintenant, je me tiens à carreaux !!!) Un jour, en aparté, la grand’mère de Sylvain lui raconte la dernière blague du genre, de sa grande copine… Elle s’est fait coincer à la caisse du Monoprix avec un stylo de luxe dont l’alarme a fait son boulot de dénonciation… Elle a raconté à la caissière : — «Je n’avais pas l’intention de le voler… Hier je me suis trompée, j’ai acheté le même stylo en le croyant noir, et c’était un rouge… Mais comme j’avais jeté le ticket de caisse, je ne pouvais pas le retourner pour un échange… J’ai reposé l’autre et j’ai pris celui-là, à la place… Mais je comprends bien que vous n’y pouvez rien, alors, je vais le rÀégler,ilnypasdeproblème!»lvain,quilnenexipstaert,praasjoduete,roaumgueÀplumseé,alèreàSygrandmlytsàotiatnuueqécvue… moins d’acheter des cartouches d’encre rouge! La caissière, malgré tout, n’a pas osé faire de scandale… Elle compte la dessus : que les jeunettes aient honte de s’attaquer à une vieille dame élégante !!!… Michèle avait affaire à une bourgeoise cleptomane, car on ne pouvait pas dire qu’elle, elle était sans ressources !!! Mais ça ne l’empêche pas d’être sympathique, Michèle est embauchée pour deux après-midi par semaine… Une, pour le ménage, l’autre pour l’emmener faire ses courses avec sa copine… Elle va être à son service trois ans, jusqu’à la mort de son mari, elle partira dans une maison de retraite, ses enfants ne voulant pas qu’elle reste à demeure dans sa petite villa, même en étant accompagnée… Ce n’est le début de «l’aide à domicile», on a plus l’habitude des maisons de
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retraite, quoiqu’il devienne de plus en plus difficile d’obtenir une place… Puis, c’est la marchande de légumes, l’ayant vu avec ses mémés, qui lui propose le numéro de téléphone d’une dame âgée ayant des problèmes de vue et cherchant une dame de compagnie… Michèle va rencontrer Marthe… Tout comme Norbert, elle a été déplacée de force dans les années soixante, mais à partir de la Tunisie… Là-bas, elle s’occupait de la valorisation de l’artisanat local, un poste de fonctionnaire, mais à responsabilités, car elle était libre de ses décisions… Quand elle lui raconte sa vie là-bas, elle a des étoiles dans les yeux… En arrivant en France, à plus de quarante ans, il a fallu qu’elle se reconvertisse dans l’enseignement, ce sera en travaux manuels, au LEP, comme professeur de couture… Elle n’a jamais été mariée… D’où son caractère très affermi… Michèle va l’accompagner, au début deux après-midi, puis son handicap grandissant, un jour sur deux… Plus de six ans… Pour être en règle avec l’ANPE elle a envoyé son CV et lettre de motivation dans tous les laboratoires à proximité, en commençant par leur nouveau concurrent, celui qui est en partie responsable de les avoir fait couler… Laureen a fait chez eux les remplacements d’été comme coursière, à peine son permis de conduire en poche, elle s’est retrouvée au volant d’une grosse Audi rutilante, pas trop rassurée… Le plus gros laboratoire de Digne propose à Michèle un temps partiel, du style «bouche-trous»… Elle travaille les journées restant vacantes sur le planning, sur un poste qui lui pose souci, car elle ne l’a jamais pratiqué : les numérations et formules sanguines… Une très grosse machine avale les tubes, sans même avoir à les déboucher. Elle en reste baba, elle n’avait pas pu suivre les dernières avancées technologiques ces huit ans passés dans son labo de l’âge de la pierre… Une technicienne a
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juste le temps de lui faire voir, car elle a son propre travail à mener à côté… Elle fait ça, à la va-vite, une main sur chaque clavier… Il y a deux écrans à surveiller de front : un où apparaissent les données du sang en cours de test, sous forme de graphiques très colorés assortis de rangées de chiffres correspondant à chacun des éléments du sang, à savoir, les globules rouges (Les hématies : leur taille, leur richesse en hémoglobine et autres paramètres) les leucocytes, appelés plus familièrement globules blancs (Les polynucléaires neutro, éosino, basophiles, qui nous défendent contre les agressions, et les autres, lymphocytes et monocytes… En tout cinq sortes) les plaquettes (si leur nombre peut convenir, sinon il faut s’assurer qu’elles ne s’agglutinent pas)… Et dans les cas est graves, les éléments anormaux, ou trop jeunes pour se trouver en circulation dans le corps. Là, il lui faut l’aide d’un biologiste confirmé. Aussi, elle angoisse voyant les contrôles de confirmation s’accumuler, réclamant à corps et à cri de l’aide qui ne vient pas… L’autre clavier sert à «valider» les résultats, c’est à dire authentifier les raénstéulctéadtsenstsu,rqleuiblsonsodieonstsieernectorsruérlvaetiilolnerloÉrsvqeuntiulelyleamednets,chercher dans le reste des autres résultats, la cause probable d’une déviation, pour ajouter la conclusion adéquate (Il y en a toute une liste pré formulée)… Écarter un dossier et faire une lame de contrôle si c’est un cas particulier (qui va se rajouter aux cas graves)… Là, ça se complique… Il faut aller piocher le tube concerné dans plus de cent autres… Si la fille l’ayant mise au courant avait été sympa, elle lui aurait fait remarquer le petit numéro accompagné d’une lettre, dans un coin de l’écran qui indique l’emplacement où Michèle pouvait retrouver son client… Ce n’est qu’au bout de plusieurs jours de galère, qu’une autre lui en fera la remarque, la voyant s’énerver devant la machine à retourner les tubes un à un pour pouvoir lire leur identité…
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Michèle reste pour manger sa salade avec les collègues à midi, elles tournent à six techniciennes, tous les jours l’une d’elle est en congé etsur la sellette… Critique générale, chacune ayant son grief perso pour l’enfoncer… Le lendemain, c’est une autre absente qui se fait tailler un costume, et ainsi de suite… Au bout de sa semaine de formation, tout en tenant le poste d’hématologie, sur la corde raide, Michèle connait le tendon d’Achille de chacune… Demain, absente, elle sera la reine de la conversation ! Elles doivent la trouver complètement nulle, portant la tare d’avoir travaillé ces huit dernières années dans le petitboui-bouide la rue Moussière… Pourtant, elle ne ménage pas sa peine pour se faire adopter… Ils travaillent avec l’hôpital local… Ce patron, malin, en a raflé le marché qui auparavant était partagé entre les quatre labos, un mois, chacun son tour… En proposant une close très pénalisante pour les techniciennes : dès qu’un prélèvement est effectué au service des urgences, ils font sonner une ligne spéciale, et l’une d’entre elles court au sous-sol prendre la voiture de service et fonce le récupérer… Pas de répit, ça sonne toutes les dix minutes, ils ne cherchent pas à cumuler… Parfois, Michèle en revient juste pour s’entendre dire qu’il faut y retourner !!!… Comme par hasard, lorsque le téléphone avec sa sonnerie particulière se manifeste, plus personne en vue !… Toutes fouillent baissées, dans les placards, sous les paillasses… Michèle regarde, désespérée, à droite et à gauche dans l’espoir de voir l’une d’elle se décider à prendre le tour, car elle, elle n’a eu le temps de valider qu’une dizaine de dossiers, et l’heure tourne… Les résultats en urgences ne vont pas tarder à être réclamées !… Et la voilà repartie ! Elle est tellement énervée que dans une bifurcation elle rogne le trottoir et manque de se planter !… Lorsqu’elle revient, essoufflée d’avoir couru, elle ne voit pas deux tubes urgents prélevés au labo même, qui lui ont été déposés discrètement sur le côté, presque derrière la 7
machine… Et Michèle, de chercher désespérément où se trouvent les résultats réclamés à hauts cris, espérant bêtement que les tubes lui auront été placés sur l’appareil… Ce n’est rien à faire… Juste les enclencher sur une position restant libre, la machine les identifie par un code barre… Logiquement, cela devrait en être ainsi… Un peu de solidarité, mince ! Elle ne trouve même pas les tubes !!!… Et finit par les apercevoir, posés pratiquement hors de vue… Il y en a une qui doit se marrer, quelque part, dans son dos ! Elle n’en peut plus rapidement, c’est l’angoisse d’y aller… Elle refait des cauchemars… Bizarrement il est toujours question de retourner habiter avec son Ex… Pourquoi revient-il la narguer, alors que le problème d’actualité est son incapacité à surmonter les difficultés que ses collègues s’ingénient à aggraver… Elle ne comprend pas, ce n’est pas dans leur intérêt de l’enfoncer comme ça… Elle est pourtant pleine de bonne volonté, faisant mine de ne pas remarquer que chacune lui refile une part de son propre poste, le truc enquiquinant qui prend du temps et fait finir en retard…. Trop bonne, elle leur donne comme excuse, qu’elles sont totalement dépassées, elles aussi, par une surcharge de travail… Michèle essaie de toutes ses forces de ne pas se décourager, mais elle ne progresse pas vite sur son poste, étant toujours partie chercher les urgences… Elle commence à prendre peur de se louper, d’une erreur gravissime… Et en réaction, cauchemarde de plus belle, se réveillant complètement épuisée… Petit à petit, son emploi du temps, après les remplacements d’été s’allège, elle a deux ou trois jours de travail, puis un jour ou deux sans rien… Parfois une semaine épuisante entière, ou un seul jour dans la semaine… Elle connait son planning quinze jours à l’avance… Du coup, ses grand’mères et la boulangerie qui ne l’avaient pas remplacée voudraient bien qu’elle repense un peu à elles, ses périodes libres… Elle avait jugé prudent de les garder sous le coude, craignant la 8
bourde qui lui ferait perdre la place au laboratoire… Tous les jours de travail, elle entend le patron : — « Et, alors !… Mes résultats !!!… Une urgence c’est une urgence ! Elle doit être faiteaussitôtarrivée !!! …» Michèle voudrait bien, si elle pouvait être devant sa machine pour travailler !!! Norbert la voyant souffrir, la conjure de laisser tomber avant de craquer nerveusement… Pour couronner le tout, son temps partiel lui procure un salaire inférieur à la moitié de ce que lui accordait le chômage jusqu’à présent, mais juste suffisamment pour les dispenser de compléter… Râlant !… Il faudrait qu’elle soit vraiment masochiste pour insister dans une telle ambiance… Elle ne ressent toujours pas la moindre sollicitude de ses collègues et commence à regretter l’époque où elle travaillait seule avec sa patronne… Au bout de six mois de galère sans amélioration notable, elle remarque que se profilent quinze jours sans remplacement du tout, et profite de ces quinze jours de délai pour aller dire au patron de se chercher quelqu’un d’autre, Michèle, elle, ne se sent pas de taille… Elle est honnête, lui disant qu’il risque de perdre l’hôpital, par sa faute !… (Elle a compris que c’est son talon d’Achille : «L’hôpital» !!!… Il l’a toujours dans la bouche, en argument !) Il lui avoue ne pas être surpris… Il a bien vu le manège… (Pour aller chercher les urgences, elle doit passer devant son bureau…) Il lui proposed’aller parler aux filles, leur demander un peu de bonne volonté, que ce ne soit pas toujours la même qui se dévoue pour aller chercher les urgences… Houlà !… Ça risque de chauffer ! Elles vont l’accuser d’avoir cafté ! Et puis Michèle, bien décidée à jeter l’éponge, ne veut rien savoir, surtout pas entendre parler «de rester» ! Il essaie de la retenir en reconnaissant avoir bien apprécié son attitude… Pas fou, il avait bien vu les autres la
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surcharger sans qu’elle rebelle !... Il faut qu’elle insiste, arguant qu’elle n’est pas de taille à supporter une telle charge de travail… À quoi il réplique, de mauvaise foi : — «Si vous vous imaginez que vous allez retrouver un jour un labo commeceluid’où vous venez !… Il faudrait envisager de vous y remettre à bosser ! Faisant allusion au manque de travail, chez son ancienne patronne… Elle trouve la réflexion amère, suggérant un manque de réactivité de sa part, un certain ramollissement… OK… Elle encaisse, mais ne change pas de position pour autant ! Elle rigole en douce, pensant que ce n’est pas chez lui qu’on risque de voir un ‘tricotage’ débarquer !!!… Même au repas de midi, elles ne peuvent pas rester plus d’un quart d’heure, elles retournent vite pour s’avancer afin de ne pas sortir trop en retard !... Il lui était arrivé en début de carrière d’être pareillement surbookée, mais travaillant dans une bonne ambiance, se soutenant entre collègue, elle sautait volontiers le repas de midi pour finir à l’heure pour avoir son train ou pour aider une autre débordée sans se poser de question… Elle reste ferme : qu’il lui fasse son compte, lui faisant remarquer, qu’en plus, elle n’avait pas signé de contrat définitif… Il ne pouvait pas l’obliger à rester…
Mais, décidemment, Michèle n’est pas née pour rester sans travailler… Elle a juste le temps de retourner, soulagée, vers ses mémés et sa boulangerie, contente de respirer un peu… Voilà qu’un autre laboratoire lui propose un remplacement d’un mois… C’est sur place, elle ne peut pas esquiver, et pourtant, elle est encore passablement écœurée de l’ambiance du milieu… Là, par contre, grande solidarité de la part des techniciennes, elles lui expliquent bien le poste, qui est, cette
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fois, son préféré : la bactériologie… Il y a malgré tout là aussi une atmosphère tendue car il y a une place à prendre… Valérie fait depuis un an la route depuis Aix pour tenir le poste d’hématologie, faisant preuve de bonne volonté en apprenant les autres postes, afin de remplacer toute absence au pied levé… Les autres techniciennes sont de pures Dignoises… Il faut habiter depuis un bon moment cette ville, pour se rendre compte comme les Dignois sont chauvins… Michèle va en avoir la démonstration impitoyable ! Une autre remplaçante est là depuis quelques semaines, provenant du labo fermé suite au décès par accident de son directeur et soutenue par les trois autres, elle se sent prioritaire par rapport à Valérie… Qu’elle se cherche un labo à Aix, celle-là, il ne doit pas en manquer, là-bas ! Valérie est inquiète, de nature fragile, elle est persuadée qu’elle n’aura pas gain de cause, et se confie à la seule qui ait l’air neutre dans le coup : Michèle… Celle-ci la rassure en lui disant qu’elle est logiquement la favorite… Elle a l’air d’être bien appréciée… Valérie lui fait remarquer que ce n’est le cas que pour l’une des deux biologistes en tête de ce laboratoire… L’autre ayant versé dans le camp des Dignoises, luibat froiddepuis quelques temps… Pff !… Jamais nulle part la vie ne sera rose et jolie ??? Michèle regarde le crêpage de chignons de loin, ne se sentant pas concernée… Vient, officiellement la décision, qui est prise nettement plus haut dans la hiérarchie, car ce laboratoire dépendant d’EDF, est assimilé à la fonction publique, donc soumis à des conditions particulières, entre autre d’âge, pour les questions de retraite. Elle est convoquée la première dans le bureau de la chef en service ce jour-là… Très sereine, car elle n’attend rien, son contrat fini, elle compte bien reprendre avec ses mémés, qu’elles se bouffent le nez entre-elles, sans elle… Michèle suppose être appelée pour qu’on lui confirme de ne rien attendre pour l’avenir, 11
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