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De la population au genre

De
198 pages

« De la population au genre » étudie comment un paradigme fort de la globalisation des biopolitiques étasuniennes durant la Guerre froide fut lentement subverti de l'intérieur par des femmes inspirées par la critique féministe et comment le genre devint norme de politiques internationales.

Publié par :
Ajouté le : 01 août 2014
Lecture(s) : 3
EAN13 : 9782336353371
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Mathieu Caulier
De la population au genre
Philanthropie, ONG et biopolitiques dans la globalisation
ANTHROPOLOGIE C R I T I Q U E
De la population au genre
CollectionAnthropologie critique
dirigée par Monique SELIM Cette collection a trois objectifs principaux :- renouer avec une anthropologie sociale détentrice d’ambitions politiques et d’une capacité de réflexion générale sur la période présente,- saisir les articulations en jeu entre les systèmes économiques devenus planétaires et les logiques mises en œuvre par les acteurs,- étendre et repenser les méthodes ethnologiques dans les entreprises, les espaces urbains, les institutions publiques et privées, etc. Dernières parutions Marie BONNET,Anthropologie d’un service de cancérologie pédiatrique, 2011.Bernard HOURS, Monique SELIM,Anthropologie politique de la globalisation, 2010.Michela PASIAN,Anthropologie du rituel de possession Bori en milieu Hawsa au Niger- Quand les génies cohabitent avec Allah, 2010.Antoine HEEMERYCK,L'importation démocratique en Roumanie, Une perspective anthropologique sur la construction d'une société post-dictatoriale, 2010.Patrick HOMOLLE,D’une rive à l’autre. Associations villageoises et développement dans la région de Kayes au Mali, 2009.Laurent BAZIN, Bernard HOURS & Monique SELIM,L’Ouzbékistan à l’ère de l’identité nationale. Travail, sciences, ONG, 2009.Claire ESCOFFIER,Transmigrant-e-s africain-e-s au Maghreb. Une question de vie ou de mort, 2008.Charlotte PEZERIL,Islam, mysticisme et marginalité. Les Baay Faal du Sénégal, 2008.Rodolphe GAILLAND,La Réunion : anthropologie politique d’une migration, 2007.Fernandino FAVA,Banlieue de Palerme. Une version sicilienne de l’exclusion urbaine, 2007.Julie DEVILLE,Filles, garçons et pratiques scolaires. Des lycéens à l’accompagnement scolaire, 2006
Mathieu Caulier
De la population au genre
Philanthropie, ONG et biopolitiques dans la globalisation
© L'HARMATTAN, 2014 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-30259-1 EAN : 9782336302591
À Brigitte, Éloïse et Jeanne
Sommaire
Introduction .............................................................................................9Chapitre 1 La population : objet de gouvernementalité globale ...............................15Eugénisme et altérité ................................................................................16Malthusiens, néo-malthusiens et héritages eugénistes ............................22
Chapitre 2 L’origine du contrôle, De la « qualité » à la quantité ..............................37Les biopolitiques de la Guerre froide et les femmes .................................56
Chapitre 3 Du « contrôle » de la population à la santé des femmes ..........................83Alliances et défiances ................................................................................84L'IWHC : base pour une révolution ............................................................88DAWN et WEDO : l'ascension des réseaux globaux ................................110Les arènes du genre globalisé .................................................................115La consécration des normes de genre : Pékin, 1995 ...............................128
Chapitre 4 Alliances improbables .......................................................................... 141Des ONG entre Mexique et États-Unis ....................................................146
Conclusion ........................................................................................... 175Bibliographie ........................................................................................ 183
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Introduction
La globalisation n’est pas uniquement un phénomène économique. La globalisation n’est pas non plus uniquement un phénomène culturel structuré et produit par les grands groupes de la communication et des médias. Tout d’abord pourquoi penser la « globalisation » plutôt que la « mondialisation » ? Le linguiste Claude Hagège (2012) en donne une illustration stimulante, en s’inspirant de Dollfus (2001) et Carroué (2002). Contrairement à l’analyse qui est fréquemment faite de la mondialisation, nous ne pouvons analyser sous le même rapport une mondialisation historique, produit de l’expansion européenne et de la colonisation, d’une part, et la globalisation qui « désigne la diffusion mondiale de marchandises industrielles et culturelles à partir de certaines régions du monde grâce à une meilleure infrastructure dans les domaines des transports et des télécommunications » (Hagège, 2012 : 88).
Pour mieux saisir les diverses formes de la globalisation utilisée dans cet ouvrage, il est nécessaire d’étendre cette définition aux concepts et idées politiques, ainsi qu’aux normes de l’action étatique, telle que promues par les États-Unis. La globalisation entendue ainsi se pense comme diffusion et comme projet. Un projet politique durant la Guerre froide fit de la culture, de la langue, de la musique et du cinéma, une arme de lutte idéologique en réponse au développement d’un monde bipolaire opposant les États-Unis à l’Union soviétique. Il était, par exemple, symbolisé parRadio Free Europe et ses émissions destinées aux Européens de l’Est vivant sous domination soviétique. Dezalay et Garth évoquent fréquemment l’ensemble plus ou moins cohérent d’influences légales, politiques, économiques, scientifiques et philanthropiques projeté depuis les États-Unis vers l’Amérique latine, notamment dans les années 1970 (Dezalay & Garth, 2002 ; Dezalay, 2004). Cette globalisation fut un projet de conversion « soft » des alliés politiques en sociétés réceptrices de productions culturelles et devant adhérer à la culture étasunienne (Nye, 2004). Si l’on perçoit ainsi la
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