Esprit février 2014 - La corruption, maladie de la démocratie

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Les scandales de corruption émaillent régulièrement la chronique politique et judiciaire en France et en Europe, et contribuent à la désaffection d'une partie de la population vis-à-vis du régime démocratique. Comment combattre la corruption ? Faut-il s'en remettre uniquement à des mesures de transparence ? En appeler à la vertu civique chère à Montesquieu ? Anne-José Fulgéras, Antoine Garapon, Marcel Hénaff, Fabrice Lhomme, Frédéric Monier, Michèle Rivasi et Céline Spector nous aident à démêler cette épineuse question. A lire également dans ce numéro, deux textes sur la traduction (Pierre Judet de la Combe, Francisco Diez-Fischer), une pratique d'émancipation – pas seulement linguistique – un article d'Alain Ehrenberg sur la santé mentale comme question sociale, des analyses de la situation en Ukraine, de l'affaire Dieudonné et du " phénomène " Hanouna, entre autres sujets.


Publié le : jeudi 5 février 2015
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EAN13 : 9791090270626
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SOMMAIRE
Éditorial : Justice préventive et censure préalable.Esprit Dieudonné : derrièrele Mur, les murs(Nicolas Léger). Formation professionnelle : un pari risqué en temps de crise(Anousheh Karvar). L’émergence du Brésil dans le miroir du modèle français (Olivier Mongin)
LA CORRUPTION, MALADIE DE LA DÉMOCRATIE Un mal d’époque ? Introduction.Alice Béja La peur de l’impuissance démocratique.Antoine Garapon Le discours de lutte contre la corruption est aujourd’hui omniprésent. Mais il est porté par une conception très économique et normative de la corruption ; or cette approche laisse de côté la question politique, qui conduit à sinterrogersurlesrisquesspécifiquesquelacorruptionfaitcouriraurégime démocratique. Montesquieu ou les infortunes de la vertu.Céline Spector Dansl’Esprit des lois, Montesquieu fait de la corruption l’un des concepts majeurs de sa philosophie politique, en refusant pourtant de confondre corruptionmoraleetcorruptionpolitique.Carlacorruption,loindêtreune perversionintrinsèquedelavolonté,estunealtérationduprincipedun régime. Mais c’est bien la volonté politique qui peut seule en empêcher la progressionLe don perverti. Pour une anthropologie de la corruption. Marcel Hénaff La corruption peut être comprise comme une forme pervertie du don, une confusion entre échange généreux et échange marchand, ce qui pourrait permettredesaisirpourquoielleestprésentedansdespaysoùcetteculture du don est encore forte, et se heurte à de nouvelles normes économiques glo-balisées. Les lobbies et le travail politique.Entretien avec Michèle Rivasi Malgré l’institutionnalisation des lobbies au niveau européen, les risques de conflits d’intérêts demeurent nombreux. La forte pression qu’exercent les groupes d’influence sur les parlementaires, associée à une vision strictement économique de l’Europe qui conduit souvent ces derniers à défendre les grandes entreprises de leur pays, rend nécessaire non seulement de nouvelles règles, mais aussi une plus grande responsabilité des élus. Comment lutter contre la corruption ?Table ronde avec Anne-José Fulgéras, Fabrice Lhomme et Frédéric Monier Le système politique français crée des situations structurelles de conflits dintérêts,commelecumuldesmandats,etsouventlesréformesquivisentà lutter contre la corruption ne sont pas assorties de moyens conséquents. Historiquement pourtant, la France est un des pays où les scandales de corruptionontsuscitélesplusvivesmanifestationsdindignation
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Sommaire
ARTICLES La langue et la Cité : mythe, tragédie, épopée. Entretien avec Pierre Judet de La Combe Travailler sur les grandes œuvres de la Grèce antique, tragédies ou épopées, c’est avant tout s’attacher à leur singularité. Il en va de même pour l’étude des langues. Celles-ci ne doivent pas servir au repli identitaire, ni se réduire à la communication ; elles doivent être – à commencer par la langue maternelle – connues, profondément. Et traduites. Ce travail de la langue, qui est aussi travail sur la langue, est la condition de l’ouverture au monde. L’hospitalité langagière. Paul Ricœur et la question de la traduc-tion.Francisco Díez Fischer Traduire, c’est accueillir une autre langue dans la sienne, c’est aussi s’exiler, se faire autre pour comprendre. Cette hospitalité paradoxale, Ricœur l’ana-lyse en l’étendant au-delà du geste du traducteur, transformant la langue étrangère en regard sur l’identité. Santé mentale : l’autonomie est-elle un malheur collectif ? Alain Ehrenberg Dans les sociétés contemporaines, la santé mentale est plus que jamais liée à l’interaction sociale ; les compétences d’aujourd’hui sont tout autant relation-nelles et émotionnelles que professionnelles ou académiques. Dès lors, la dépression, les addictions, l’hyperactivité sont des pathologies qui affectent nécessairement la société dans son ensemble autant que les individus qui en souffrent.
109 Philippe Beck. Le choix d’une « lyre dure ». Poèmes présentés par Jacques Darras
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JOURNAL Le tournant de la vigueur ?(Michel Marian). Le panachage, un outil de démocratie locale à préserver(Alain Daziron). Vouloir la justice, une ambition naïve ?(Antoine Garapon). Psychiatre, un métier à risques(Pierre Micheletti). La révolution tranquille menacéeenUkraine(Marie Mendras). Bulgarie : contestations nationales, espoirs européens(Pauline Gavrilov). Hanouna, un air du temps télévisuel(Jean-Maxence Granier).Einstein on the Beach, 1976-2014(Isabelle Danto)
BIBLIOTHÈQUE 139 Repère – Le numérique n’est pas une évidence, par Benjamin Caraco 143 Librairie. Brèves. En écho. Avis
Abstracts on our website :www.esprit.presse.fr Couverture : © Emmanuel Pierrot/Agence Vu
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Éditorial
Justice préventive et censure préalable
L Acensure préalable a-t-elle été rétablie en France à l’occasion de la décision du Conseil d’État d’interdire le spectaclele Murde Dieudonné M’bala M’bala ? Le débat divise les juristes depuis le jugement rendu dans un temps record le 9 janvier 2014. Pour les uns, le juge administratif a failli à sa mission de protéger le droit d’expression et de réunion, un pilier de nos libertés publiques, en renversant une jurisprudence ancienne (remontant à l’arrêt Benjamin de 1933) qui empêchait d’interdire un propos public avant même qu’il ne soit tenu. Il leur paraît plus prudent de s’en tenir à l’action de la justicea posteriori, chargée de sanctionner des propos tombant sous le coup de la loi, sans bousculer le fragile équilibreentrelibertédexpressionetprotectiondespersonnes.
Pour les autres, la décision n’a rien d’étonnant. Le spectacle le Mura déjà été joué, il est même écrit et suivi sur scène au mot près, il était donc certain, malgré les promesses des avocats de la défense, que le spectacle servirait de prétexte à la diffusion dange-reuse et inacceptable d’insultes antisémites. Au demeurant, sagissantdunrécidivistedéjàcondamnéseptfoisparlajustice pour incitation à la haine raciale, on ne peut feindre la surprise et se réveiller après coup. Quelle serait en effet la valeur pédagogique d’une décision de justice signalant, plusieurs années après les faits, aux spectateurs, peut-être abusés de bonne foi, qu’ils avaient participé à un meeting antisémite alors qu’ils croyaient user d’un (discutable) « droit de rire de tout » ?
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L’avis du Conseil d’État, même s’il fait intervenir de manière inattendue, parmi les motifs de l’interdiction, l’« atteinte à la dignité humaine », que nombre de juristes trouvent trop vague, énonce clai-rement qu’« il appartient à l’autorité administrative de prendre les mesures de nature à éviter que des infractions pénales soient commises ». Indépendamment du cas Dieudonné, c’est bien ici que se tend le rapport de force entre justice administrative et insti-tution judiciaire, entre maintien de l’ordre et principes de justice. L’initiative de l’interdiction vient en effet d’une implication person-nelle du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui a pris de court les autorités judiciaires, étonnamment discrètes dans cette affaire. Peut-on et doit-on étendre la sphère de l’intervention juridique à la suppression anticipée d’un événement qu’on souhaite éviter ? C’est, en d’autres termes, le débat de l’action « préemptive » : celle qui cherche à éviter qu’un acte soit commis, mais qui le fait, à la différence de l’action préventive qui consiste à traiter les causes pour éviter le mal, en supprimant directement l’occasion et le moment où l’événement pourrait survenir. La prévention réclame du temps et se construit par étapes ; la logique préemptive s’impose dans la précipitation et vise l’efficacité du résultat. Or le droit ne peut se plier sans tension à une telle logique, comme on le voit aussi bien dans le domaine de la lutte contre la récidive, où l’on demande désormais aux psychiatres et aux juges de déterminer le niveau de « dangerosité » d’un prisonnier en fin de peine pour décider s’il est libérable ou non, que dans l’utilisation des assassinats ciblés (par drones) dans la lutte contre le terrorisme pour « neutraliser » des terroristes avant qu’ils ne passent à l’acte. On voit immédiatement la force d’« évidence » de ces mesures d’anticipation : préserver l’ordre, c’est éviter qu’un désordre ne soit commis. Mais cela peut être au risque d’une injustice : les drones tuent des innocents et pas seulement des victimes collatérales ; maintenir en détention un prisonnier une fois sa peine effectuée, c’est passer outre le droit fondamental de ne pas être emprisonné sans jugement. Il s’agit, au nom de la sécurité, d’intervenir en amont des faits, et non, comme il convient dans notre tradition juri-dique, d’établir des responsabilités. C’est une logique profondément déstabilisante pour le droit. Si elle devait s’imposer dans le domaine de la liberté d’expression, ce serait un recul spectaculaire pour l’État de droit.
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Dieudonné : derrièrele Mur, les murs
L e Mur: tel est le nom du spectacle de Dieudonné qui a monopolisé l’actualité récente. L’offensive de Manuel Valls a mis en lumière la « dieudosphère » qui était jusqu’alors, sauf épisodes juridiques ponctuels, cantonnée à l’internet. Cet emballement médiatique aura eu le mérite de nous obliger à penser un phénomène prenant de l’ampleur et dont Dieudonné est la figure. L’enjeu n’est plus désormais de s’interroger avec circonspection sur l’antisémitisme de l’intéressé : sa promotion de Robert Faurisson, ses acoquinements avec Alain Soral, les photos de quenelles devant des synagogues et le Mémorial de la Shoah de Berlin, sans compter les attaques antisémites émaillant son dernier spectacle, en sont la marque patente. Ce qui semble ne pas avoir été mesuré pleinement, c’est la dimension politique de la démarche de Dieudonné. Elle prend plusieurs formes : entretiens, sketchs ou réactions à l’actualité mises en ligne sur son site. L’humoriste a fini par confondre ses cari-catures avec les réalités sur lesquelles il fonde son militantisme. De même que le négationnisme ne relève plus de l’historique mais du politique, le rire de Dieudonné n’est plus un rire iconoclaste mais une charge antisémite sous l’apparat de l’antisionisme. Il a été candidat et cofondateur d’une liste antisioniste aux élections européennes, s’est déclaré soutien à Ahmadinejad, lui rendant hommage dans son spec-tacleMahmoud.Le Murserait ainsi la ligne démarquant Dieudonné le « résistant » d’un monde dominé par les sionistes. Toutefois, le spectacle a trouvé un public nombreux, remplissant des Zénith, de même que les vidéos sur Youtube comptant jusqu’à deux millions de vues, et ce, bien avant l’emballement médiatique. Nombre de spectateurs interrogés par les journaux ou d’inter-nautes suivant Dieudonné se défendent cependant d’être antisémites.
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Nicolas Léger
Aveu évidemment problématique : ils se veulent antisionistes ou même « viennent seulement pour rire », quitte à mettre l’anti-sémitisme de l’humoriste « de côté ». Cette picorée idéologique et culturelle est d’ailleurs le propre de l’internet où le mur, cette fois-ci, est celui qui sépare le virtuel du réel, en l’occurrence de la réalité historique. Les faits n’y sont pas seulement interprétables à loisir, mais également niables : l’existence des chambres à gaz est remise en cause, l’homme n’aurait jamais marché sur la lune, aucun avion 1 ne se serait écrasé sur le Pentagone… Le nihilisme tisse une toile nouvelle : les théories du complot y prospèrent, les négationnistes y ont des tribunes et Dieudonné s’inscrit dans cette sphère avec l’humour pour masque. L’adhésion grandissante à ces théories trouve ses racines dans un sentiment d’incompréhension d’un monde complexe, dominé par les marchés et émettant une infinité d’informations. À cela s’ajoute un sentiment d’exclusion et de malaise social : les théories du complot en sont une explication simpliste et scénarisée. En pleine crise, le ressenti d’un mur entre le monde et soi a rencontré ce mur entre les « résistants » et le « système » mis en scène par Dieudonné. Certains ont pu s’éprouver enfin acteurs d’une lutte, comblant ainsi le vide laissé par la défiance et la désespérance vis-à-vis de la politique institutionnelle. Une défiance s’installe, fondée sur l’image d’une société divisée entre la « caste des élites » et les laissés-pour-compte. L’affaire Dieudonné a donc révélé que la conscientisation politique de la jeunesse ne passe plus par les canaux traditionnels (enseignement, lectures scientifiques, expositions…) mais par la construction autonome d’un patchwork idéologique où les faits se plient à la théorie et non l’inverse. Un malaise identitaire profond et le besoin d’un investissement collectif se sont manifestés au travers de ces soutiens au « combat » de Dieudonné, au cours duquel le drapeau français a été brandi etla Marseillaisechantée. Mais comme pour la « quenelle », ce n’est plus tant le contenu sémantique du geste qui importe aux yeux des protagonistes que le geste contesta-taire lui-même. Cette colère contre le monde a pourtant bien pris les traits de la xénophobie, donnant lieu à des images étonnantes, comme ce cliché de Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch faisant la quenelle en compagnie de ce qu’il est convenu d’appeler des « jeunes de banlieue ». Le cliché est pourtant un instantané de la confusion ou au moins de la reconfiguration idéologique inquiétante
1. Sur ce rapport entre nihilisme et théorie du complot, se reporter à l’article de Michaël Fœssel, « Le nihilisme et la clé de l’énigme », dansLibérationdu 10 janvier 2014.
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Dieudonné : derrièrele Mur,les murs
qui règne. La France « black-blanc-beur » sur cette photo n’est plus celle que l’ex-président du FN conspuait il y a quinze ans. De nouveaux murs ont été édifiés, non plus avec le ciment de l’espérance comme en 1998, mais avec celui de l’antisémitisme. Le mur que dresse Dieudonné n’est pas tant celui d’une résis-tance en marge du « système » que celui d’une identité revendica-trice. Se voulant porteurs de « paix » ou d’« égalité et réconciliation », Dieudonné et Soral ne cessent pourtant de souffler sur les braises de la concurrence mémorielle et d’entonner le refrain du « deux poids, deux mesures ». Ils dessinent les lignes de murs identitaires quadrillant et minant la cohésion sociale. Les oubliés de la République et les déçus du système ont cependant été nombreux à y voir un point d’appui dans leur revendication de visibilité. L’interdiction du spectacle de Dieudonné ne doit pas faire oublier cette demande de reconnaissance, mais aussi de réponses à la situation sociale et économique actuelle. Effacer les symptômes ne réduit en rien le sentiment d’injustice et de colère que Dieudonné est parvenu à fédérer sous le signe, hélas !, historiquement récurrent de l’antisémitisme. Faire la démonstration d’une démocratie militante en condamnant l’antisémitisme était nécessaire. Mais la rapidité de la décision du Conseil d’État, la scénarisation d’un duel Valls-Dieudonné et l’invraisemblable torrent médiatique qui a entouré toute cette affaire risquent de se heurter à une perplexité quant à la juste proportion des moyens engagés. L’urgence dans laquelle s’est prise la décision, accordant le temps juridique avec celui des chaînes d’information, expose dangereusement le Conseil d’État à la critique de rendre une justice « à plusieurs vitesses » et de ne pas maintenir son indé-pendance vis-à-vis du pouvoir exécutif. Or amplifier ce sentiment d’une césure entre le politique et le citoyen, l’« élite » et le « peuple » est un des risques pris dans cette démarche. De même, le mur identitaire semble s’être consolidé aux cours des rebondis-sements de cette affaire : l’humoriste désigné dans les médias par le ministre de l’Intérieur n’était plus « Dieudo » mais Dieudonné M’bala M’bala. Celui-ci s’est d’ailleurs fait un plaisir d’apparaître en costume traditionnel pour sa conférence de presse, évoquant la « chasse au nègre » dont il aurait été la victime. L’enjeu est donc de poursuivre une juste lutte tout en prenant garde de ne pas offrir paradoxalementdesterrainspropicesàlaconsolidationdeces murs qui menacent l’édifice commun.
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Nicolas Léger
Position
Formation professionnelle : un pari risqué en temps de crise
e 1 Dson ouvrage consacré ANSau capital auXXIsiècle , Thomas Piketty, tirant les enseignements des expériences françaises et américaines, conclut qu’à long terme la meilleure façon de réduire les inégalités face au travail comme d’accroître la productivité moyenne de la main-d’œuvre et la croissance globale de l’éco-nomie serait d’investir dans la formation. Pour l’auteur, indépen-damment de la valeur en soi de l’éducation, c’est en effet la manière la plus efficace d’augmenter les salaires bas et moyens. Piketty observe par ailleurs que si, dans la plupart des grands pays, un des principaux objectifs assignés à la formation est de permettre une certaine mobilité sociale, la question fondamentale de l’accès à la formation quelles que soient les origines sociales reste largement irrésolue. En France, la démocratisation du système scolaire comme les mécanismes correctifs de la formation continue n’ont pas réussi à réduire les inégalités de qualification et de salaires. Les inégalités d’accès à la formation professionnelle dessinent même, sur une longue période, la carte des exclusions du système productif. Les principauxbénéciairessontlessalariésdesgrandesentreprises, les agents publics, les diplômés et les 30-50 ans. Les salariés les moins qualifiés, ceux des petites entreprises (souvent les mêmes), les plus âgés comme les demandeurs d’emploi en profitent peu. Les
e 1. Thomas Piketty,le Capital auXXIsiècle, Paris, Le Seuil, 2013. Voir notre entretien avec Thomas Piketty, « Le retour du capital et la dynamique des inégalités », dansEsprit, novembre 2013.
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