Esprit janvier 2014 - Inattention, danger!

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L'attention, la capacité à se concentrer, semblent aujourd'hui menacées : au travail, les salariés sont sans cesse interrompus. A l'école, les élèves ont du mal à se concentrer sur leurs tâches. Dans le domaine de la culture, on peine à capter l'attention des consommateurs. Et les médecins prescrivent de plus en plus de médicaments contre les troubles de l'attention et l'hyperactivité chez les enfants. Est-ce la " faute " des nouvelles technologies ? Ne faut-il pas plutôt se demander comment on peut reconstruire l'attention avec les outils contemporains ? Textes de Françoise Benhamou, Gil Delannoi, Bruno Falissard, Alain Mathiot, Philippe Meirieu et Bernard Stiegler. A retrouver également dans ce numéro : un article sur la circoncision, débat qui touche à la santé, au droit et à la laïcité, un texte de Dick Howard sur la pensée philosophique d'André Gorz, des analyses de la situation en Ukraine, un bilan des révolutions arabes vues du Liban, et bien d'autres sujets.


Publié le : jeudi 5 février 2015
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EAN13 : 9791090270602
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SOMMAIRE
Éditorial : Faut-il valoriser la solidarité locale ?Esprit Positions – Albert Camus à Kiev(Olivier Mongin). La reconnais-sance du vote blanc, une fausse bonne idée(Joël Roman). Non, l’internet n’est pas un univers parallèle !(Mehdi Arfaoui et Quentin Lafay)
INATTENTION : DANGER ! Comment retenir l’attention ? Introduction.Marc-Olivier Padis À l’école, offrir du temps pour la pensée.Philippe Meirieu La difficulté des enseignants à capter et à retenir l’attention de leurs élèves est aujourd’hui reconnue. Pourtant, on réfléchit assez peu – en dehors de la lamentation nostalgique – à la manière de regagner cette attention, de recréer des conditions qui permettent à l’élève de s’« installer » dans une classe et dans les savoirs que l’on y enseigne. Les médicaments de l’attention : les doutes d’un praticien. Bruno Falissard Les troubles de l’attention existent. Faut-il pour autant les résoudre en pres-crivant des médicaments ? Il ne suffit pas de raisonner en termes de coûts et de bénéfices ; en consultation, les choses sont plus complexes. Le déficit dattentionpeutêtreliéàuncontextefamilial,àunrefusdelaperformanceEt il faut longuement réfléchir avant de prescrire et de transformer un enfant ou un adolescent en « malade psychiatrique ». La rareté et les flux numériques. La valeur de l’attention. Françoise Benhamou On assiste, avec le numérique, à une « inversion de la rareté » ; là où, aupa-ravant, la rareté (notamment dans le domaine culturel) était du côté de l’offre et l’abondance du côté de la demande (l’attention du spectateur), aujourd’hui c’est l’attention qui se fait rare, face à une offre pléthorique. Comment penser, alors, une économie de l’attention ? L’écoute anonyme, une attention particulière.Alain Mathiot Dans une société qui valorise la mise en avant de soi, la communication plutôtqueléchange,quadvient-ildeceuxauxquelsonneprêtepas attention ? L’association SOSAmitié a pour vocation de créer cette attention à travers l’écoute anonyme, une aide à distance dont le développement donne à voir un sentiment d’isolement croissant. L’association SOSAmitié (encadré).Alain Mathiot
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Sommaire
Le numérique empêche-t-il de penser ? Entretien avec Bernard Stiegler Quel est l’impact des nouvelles technologies sur la mémoire et sur l’atten-tion ? Plutôt que de déplorer la « perte » de la mémoire et le risque de dispersiondelapenséeinduitsparlenumérique,mieuxvautsattacherà reconstruire une philosophie et une politique de l’attention fondées sur ces nouveaux outils, qui prennent en compte leur dimension potentiellement toxique mais construisent également une thérapeutique de ces techniques. Éloge de la disponibilité.Gil Delannoi Être attentif, ce n’est pas nécessairement être concentré, focalisé sur un objet. Ce peut être aussi, simplement, se rendre disponible, ralentir, regarder ce qui se trouve autour de nous. Voyager sans but, se laisser porter par le rythme d’un poème ou d’un morceau de musique. Reconstruire notre rapport au temps. ARTICLES La circoncision, un débat impossible ?Marie-Jo Thiel En 2012, un jugement du tribunal de Cologne assimilant la circoncision à une atteinte à l’intégrité corporelle a suscité une vaste controverse en Alle-magne, qui ne s’est que peu répercutée en France, par crainte de stigmatiser les populations juive et musulmane. Comment cette pratique s’inscrit-elle dans le cadre religieux, juridique, médical et social français ? Comment saccorde-t-elleaveclalaïcité? La philosophie charnelle d’André Gorz.Dick Howard Si Gorz est aujourd’hui reconnu comme l’un des inventeurs de l’écologie poli-tique de gauche, le fondement de sa pensée politique était avant tout philoso-phique. Mais cette philosophie – articulée aux idées de nécessité, de rareté et de liberté, influencée par Marx et Sartre – était existentielle, intimement liée à l’expérience même de Gorz, à sa vie, à sa chair. Ariane Dreyfus. Dire merci pour l’amour. Poèmes présentés par Jacques Darras
JOURNAL Nelson Mandela, le guerrier pragmatique(Alice Béja). De la révo-lution orange à la place de l’Europe(Annie Daubenton). Les prin-temps arabes vus du Liban(Antoine Maurice). L’Égypte et le ren-dez-vous constitutionnel(Tewfik Aclimandos). Tangage dans l’exécutif(Michel Marian). Jouer l’histoire roumaine(Isabelle Danto).Lulu femme nue, de Solveig Anspach(Claude-Marie Trémois) BIBLIOTHÈQUE Repère – Promouvoir l’individu : un projet démocratique ?, par François Dubet Librairie. Brèves. En écho. Avis
Abstracts on our website :www.esprit.presse.fr Couverture : ©D’après moi le Déluge. Tube fluo, 2008, Quentin Bertoux/Agence Vu
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Éditorial
Faut-il valoriser la solidarité locale ?
L ESélections locales rassemblent habituellement une participation plus forte que les autres scrutins parce que les électeurs sont réputés avoir davantage confiance dans les maires que dans les autres élus. Question de « proximité », dit-on souvent, comme si la commune avait le monopole du « terrain » et des « vrais gens ». Dans une France en manque de confiance, le local est censé représenter le dernier gisement de crédibilité politique. Pessimisme hexagonal, inquiétude de l’avenir, montée du discours antisystème : le déficit de confiance atteint des sommets. Et l’État semble mal équipé pour y répondre. Comment en effet produire un sentiment collectif qui est juste-ment la précondition d’un projet commun ? Les institutions de la protection sociale garantissent une solidarité concrète, qui est la forme organisée la plus proche de notre idéal de fraternité. Mais pourquoi parle-t-on désormais plus volontiers de confiance que de solidarité ? Avec la crise du travail et de l’État-providence, le lien social n’apparaît plus soutenu et renforcé par la solidarité méca-nique du monde salarial ou par le traitement homogène et égalitaire du service public. On invoque donc, en amont des effets anti-inéga-litaires de la redistribution, un lien prépolitique qui fortifie l’adhé-sion au principe même de la vie collective. Ces glissements de vocabulaire sont le signe qu’on perçoit, sans savoir encore comment y répondre correctement, que des forces d’adhésion collective sont à réinventer. C’est pourquoi on parle de plus en plus souvent de renforcer la « cohésion sociale ». Y a-t-il une stratégie articulée derrière cette expression nouvelle ? Celle-ci témoigne en premier lieu du besoin de dépasser les
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Esprit
confrontationspolitiquessurlarigueurouleretouràléquilibredes comptes sociaux, qui portent pour l’essentiel sur le juste niveau des prestations prélevées et redistribuées. Car le malaise actuel n’est pas seulement dû au ralentissement économique. Il vient surtout du manque de lisibilité des nouvelles inégalités : tout le monde pense porter l’essentiel de l’effort collectif, ou se sent autorisé à s’en plaindre. En effet, le système d’assurance et de mutualisation qui fonctionnait pour un monde salarial stable, inspiré par un modèle industriel, découpant la population en caté-gories homogènes, avec la certitude qu’une croissance indéfinie apaiserait à terme toutes les contradictions, ne permet plus aujour-d’hui de limiter les effets inégalitaires de l’économie. C’est pourquoi l’approche catégorielle du malaise social est d’avance vouée à l’échec. Les transferts de revenus (maladie, chômage, retraite) ne suffisent plus à construire des sécurités valables pour tous car les inégalités dépendent désormais aussi des opportunités ouvertes aux individus et de leurs capacités à les saisir. Se sentir partie prenante du projet collectif, c’est-à-dire accorder de la confiance aux institu-tions, c’est pouvoir vérifier qu’on bénéficie d’un accès à des oppor-tunités de formation, de travail, de reconnaissance à peu près égal à la moyenne de ses concitoyens (ou aux représentations qu’on en a, d’où l’importance de stratégies de lutte contre les discriminations). Or c’est justement au niveau local que la « cohésion » sociale apparaît comme une ressource pour remettre les individus en mouvement. On observe en effet, à l’échelle du territoire, un lien fort entre la vitalité des liens sociaux (appréciée par exemple à travers le nombre d’associations mais aussi un urbanisme accueillant, une architecture qui facilite les relations de voisinage…), la crédibilité des services publics et les opportunités économiques. C’est donc avant tout au niveau local que l’idée de cohésion peut trouver à s’illustrer. L’action publique doit ainsi chercher à favoriser des synergies positives entre civilité locale, mobilisation des acteurs (pas seulement des acteurs publics) et perspectives d’emploi. La mobi-lité ascendante part du local mais n’enferme pas dans le territoire. C’est à partir de ses liens locaux qu’un individu peut se mettre en mouvement et retrouver le sens d’une devise républicaine devenue bien abstraite. Encore faut-il que les pouvoirs publics arrivent à énoncer un projet territorial qui organise clairement les responsa-bilités de chaque niveau représentatif…
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Esprit
Position
Albert Camus à Kiev
Cfeignent d’être surpris du succès rencontré par les célé-ERTAINS brations qui ont accompagné, en France comme à l’étranger, le centième anniversaire de la naissance d’Albert Camus (1913-1960). C’est oublier que, depuis des décennies, Camus est l’auteur du e XXsiècle le plus lu en France et que les jeunes générations appré-cient particulièrement son écriture fluide et déliée qui annonçait à sa manière ce que Roland Barthes devait appeler le « degré zéro de l’écriture ». C’est également oublier qu’il y a dans cette reconnais-sance comme un semblant de revanche contre le mépris et les avanies dont il fut la victime ; dans les années 1970, où le progres-sisme le plus violent et le plus ignare régnait dans les disciplines prétendument philosophiques et vouées au concept, on se gaussait de ce « philosophe pour classes terminales », on ironisait sur son théâtre à message, on n’en finissait plus de célébrer l’existentialisme révo-lutionnaire de Sartre contre l’humanisme mou de Camus. Reste qu’on n’en est plus là ! Certes, le théâtre de Camus a vieilli, mais on redécouvre la force et la lucidité des éditoriaux poli-tiques et des commentaires du journaliste, et l’on reconnaît aussi que 1 le magnifique ouvrage posthume,le Premier Homme ,est pour ceux qui l’ont trop longtemps contournée une entrée inespérée dans cette œuvre littéraire. Vouloir opposer fébrilement Sartre à Camus comme le fait Michel Onfray avec ses gros sabots médiatiques n’a plus grand sens, sauf de se prendre pour Camus dans son cas ! Certes, les polémiques relatives à l’attitude de l’auteur dela Peste durant la guerre d’Algérie reviennent de temps à autre sur le devant de la scène, mais elles paraissent surannées en regard de son acte
1. Albert Camus,le Premier Homme, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2000.
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Olivier Mongin
de foi envers ce qui était de fait « sa patrie algérienne », et le respect dont nombre d’Algériens témoignent envers lui aujourd’hui parle de lui-même. Mais en rester à ce constat ne suffit pas. Reconnaître la place de Camus exige de lui concéder qu’il avait saisi l’air du temps de l’après-guerre, les couleurs sombres de l’histoire européenne et les e crimes duXXsiècle mieux que personne. Loin de consoner avec les envoléesprogressistesetaveclescroyanceshégéliennesdun progrès vers un État mondial, loin d’être un adepte de Kojève et de répéter que le réel est rationnel, Camus avait saisi que les préten-dues bonnes médiations dialectiques n’étaient pas en train de préparer et d’assurer l’avenir du monde, et il avait pressenti qu’elles se porteraient de plus en plus mal. C’est sur ce point, celui de l’affaissement des médiations, qu’il rejoint Simone Weil, cette 2 femme philosophe qu’il a admirée sans l’avoir connue : ne parlant pas comme elle de « la pesanteur » et de « la grâce », n’oscillant pas pour sa part entre la prise en compte de la dureté du réel et la célé-bration de ces moments où l’infini se donne furtivement, il passe du rocher de Sisyphe, de l’absurde quotidien, des mauvais tours de la violence et de la terreur, à la captation d’instants de bonheur, ceux que donnent la nature ou l’amour, ceux que sa plume saisit en plein vol sous une forme non religieuse de la louange. Face à l’absurde et à la dureté, des temps de jouissance existent, qu’il faut prendre à bras-le-corps, mais entre ces deux pôles de l’existence, il est diffi-cile d’imaginer un devenir historique sans médiations. Alors même que l’année 1989 a embrasé les esprits et fait rêver d’une démocratie universelle, l’histoire récente de l’Europe, mais aussi celle qui se déroule dans d’autres parties du monde, conduit à s’interroger sur les événements successifs qui font souffler les vents de la liberté dans des manifestations de rues et surtout sur des places où on dresse des tentes le plus longtemps possible, avant que la police ne les retire, au Caire place Tahrir ou à Kiev place Maïdan. Mais ceux-ci ne sont-ils que des temps éphémères, des émergences passagères qui ne parviennent pas à construire une histoire, à constituer une représentation politique démocratique ? Castoriadis, Arendt, Ricœur se sont interrogés avec des points de vue différents (selon qu’ils les interprétaient comme « instituants » ou non) sur ce type d’événements qui rythment l’actualité depuis Tian’anmen à
2. VoirEsprit, « Simone Weil, notre contemporaine », août-septembre 2012, et plus parti-culièrement l’article de Guy Samama, « Albert Camus et Simone Weil : le sentiment du tragique, le goût de la beauté ».
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Albert Camus à Kiev
Pékin en 1989 jusqu’aux printemps arabes aux lendemains difficiles. Les événements qui ont troublé la ville de Kiev et la place Maïdan recouverte de neige au début du mois de décembre 2013, neuf ans après la « révolution orange » de 2004, donnent à nouveau toute leur force aux interrogations relatives à ces soulèvements contre la domi-nation : mais n’y a-t-il là que des effervescences successives ? Et que fait-on pour soutenir un mouvement pour lequel l’Europe symbolise 3 la démocratie ? Est-il impossible d’inscrire la démocratie dans la durée ? L’histoire se répète aux quatre coins du monde à travers des places provisoirement libérées ou grâce à de rares héros comme Mandela, mais la peste de la domination et de la violence répressive n’en finit apparemment pas de revenir. Cette peste dont Camus a fait un roman qui se déroule dans la ville d’Oran ensoleillée jusqu’à l’aveuglement. Cette peste qui menace toujours, alors même qu’on a cru s’en être débarrassé, comme le docteur Rieux : Écoutant, en effet, les cris d’allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu’on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’ensei-gnement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse. Les combats contre la domination sont plus que jamais néces-saires à la liberté, mais l’institution de la démocratie est une autre histoire : les manifestants de Kiev le savent mieux que personne, qui continuent 2004 en 2013 et ne renonceront pas à de nouveaux soulèvements en cas d’échec. Camus avait un sens du tragique aujourd’hui bien recouvert par les images en boucle d’un monde incestueux qui fait semblant de jouir de lui-même. Parler d’huma-nisme mou à propos de Camus relève de la plaisanterie, il n’est d’autre défi que de répondre à ses inquiétudes et au nihilisme qu’il met en scène ! Ce que font courageusement les « occupants » de Kiev. Olivier Mongin 15 décembre 2013
3. À ce propos, la discrétion politique française, comparée à la fermeté des prises de posi-tion de l’Allemagne et des États-Unis, est fort peu compréhensible, alors même que François Hollande a décidé d’intervenir militairement en République centrafricaine ! Mais il est vrai que l’ouverture européenne à l’Est est peu monnayable en période électorale !
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Position
La reconnaissance du vote blanc, une fausse bonne idée
D EPUISplusieurs années déjà, des voix s’élèvent qui font de la reconnaissance du vote blanc une avancée démocratique décisive. La proposition est apparue aux yeux de beaucoup suffisamment fondée pour qu’un parti politique, l’UDIde Jean-Louis Borloo, l’érige en véritable cheval de bataille et aille jusqu’à présenter une proposition de loi en ce sens par l’intermédiaire d’un de ses élus, François Sauvadet. Celui-ci a gagné une première manche, puisque sa proposition de comptabiliser les bulletins blancs lors des consul-tations électorales a été majoritairement adoptée par l’Assemblée nationale. Il est vrai que les députés en ont repoussé la mise en œuvre au lendemain des municipales et peut-être des européennes. Mais il en va dans ce domaine comme dans d’autres : quand une proposition s’avance parée de tous les atours de l’évidence progres-siste, elle finit par l’emporter un jour ou l’autre. Essayons donc, avant qu’il ne soit trop tard, de discuter une minute du bien-fondé de cette proposition et pour le dire d’un mot, d’en montrer l’ineptie profonde. En effet, la reconnaissance du vote blanc procède d’une confusion entre le vote comme expression de préférences personnelles et le vote comme procédure de décision collective. Dans le premier cas, il est en effet tout à fait légitime de choisir de ne pas se prononcer, parce qu’aucune des propositions disponibles (aucun des candidats, le plus souvent) ne nous convient. Mais ramener le vote à cette seule dimension d’expression indivi-duelle, c’est le confondre avec le sondage, et oublier que le vote est aussi et surtout un moyen de décider collectivement quelle est
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