Esprit juin 2014 - Apocalypse : l'avenir impensable

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Notre époque semble engluée dans son présent et dans l'angoisse d'un avenir impensable. De la menace nucléaire aux conditions de circulation le dimanche soir sur le périphérique parisien, tout est qualifié d'" apocalyptique ". Ce dossier, réalisé en partenariat avec le musée du Louvre, se propose de revenir sur des figures passées et présentes de l'apocalypse et de la prophétie, pour se demander comment penser un monde dans lequel la fin des temps n'annonce pas le salut. Avec les contributions de Michaël Ferrier, Michaël Foessel, François Hartog, Pierre Gibert, Christian Jambet et Monica Preti. A lire également dans ce numéro, un article sur la question de la spiritualité dans le domaine médical, un texte sur l'avenir des pays andins, une introduction à ce qu'est la psychologie évolutionniste. Retrouvez aussi des articles sur les nouveaux patrons de presse, la violence dans les établissements pénitentiaires pour mineurs, le film Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu et bien d'autres sujets.


Publié le : jeudi 5 février 2015
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EAN13 : 9791090270688
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SOMMAIRE
Éditorial : La fin du territoire jacobin.Esprit Positions – Les nouveaux patrons de presse(Marc-Olivier Padis). A-t-on encore besoin d’un « modèle » français ?(Lucile Schmid). Canonisation des papes contre misère du monde(Jean-Louis Schlegel)
APOCALYPSE : L’AVENIR IMPENSABLE Le fin mot de l’histoire. Introduction. Marc-Olivier Padis et Monica Preti L’imaginaire de la catastrophe. Encadré.Monica Preti L’apocalypse, une philosophie de l’histoire ?François Hartog Tout semble aujourd’hui être « apocalyptique », des tourments des voyageurs lors d’une grève des transports à l’annonce d’une catastrophe écologique. Mais comment s’est forgé le genre apocalyptique ? Quelle est la différence entre le prophète et l’apocalypticien ? Et comment s’articulent apocalypse et histoire ? Fukushima ou la traversée du temps : une catastrophe sans fin. Michaël Ferrier Nul ne peut se promener au Japon aujourd’hui sans constater l’intense réflexion en cours, à travers l’art, sur l’événement que nous nommons « Fuku-shima » et que les Japonais désignent sous le nom du « 11 mars ». L’exploration de quelques œuvres interroge la relation à la nature, à la poli-tique et surtout le rapport au temps. Y a-t-il encore la place pour un temps émancipateur, chargé de sens, à l’époque du nucléaire ? La Fin des temps selon l’islam shî’ite et l’apocalypse coranique. Christian Jambet La prophétie muhammadienne est une apocalypse. Mais les shî’ites ont intro-duit dans ces révélations la thématique essentielle du Sauveur eschatolo-gique. Pour les shî’ites ismaéliens, la fin de l’histoire est entendue comme instauration par le Résurrecteur de la religion spirituelle définitive. Dans le shî’isme duodécimain, le combat spirituel se mène dans la perspective du retour de l’imâm caché et de l’affrontement final avec l’Antéchrist. Prophétisme et désespérance. Léon Bloy, Charles Péguy et Georges Bernanos, des prophètes selon la Bible ?Pierre Gibert Bloy, Péguy et Bernanos ont tous trois puisé leur inspiration dans la Bible, et leurs œuvres résonnent du message prophétique, dans leur ferveur comme dans leur désespoir et dans leur dénonciation du dévoiement de la foi par lÉgliseelle-même. Apocalypse et consolation.Michaël Fœssel Longtemps, on s’est consolé de l’injustice du monde en pensant à l’avenir et au salut. Mais à l’heure où les crises écologiques font craindre une disparition pure et simple du monde, et que celui-ci est tout ce qui nous reste, en l’absence d’au-delà, l’urgence prend le pas sur l’attente, l’accélération sur le progrès, et la consolation menace de disparaître.
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Sommaire
ARTICLES Quelle place pour la spiritualité dans le soin ?Nicolas Pujol, Guy Jobin et Sadek Beloucif De plus en plus d’hôpitaux proposent à leurs patients un accompagnement spirituel. Mais celui-ci pose de nombreuses questions : comment définir la spiritualité dans un contexte médical ? Qui doit se charger de cet accompa-gnement ? Comment s’assurer que celui-ci répond à une volonté du patient et ne risque pas de se transformer en abus de sa vulnérabilité ? À quoi tient le succès de la psychologie évolutionniste ? Steeves Demazeux Tous nos comportements sociaux sont-ils issus de la sélection naturelle et de l’adaptation ? C’est en tout cas ce que défend la psychologie évolutionniste, dont les fondements scientifiques sont assez vacillants, mais qui rencontre un véritable succès populaire, surtout aux États-Unis. Comment résister à un discours qui vous explique aussi bien l’origine de l’agressivité que la raison pour laquelle les hommes préfèrent les blondes… Les pays andins : fragilités d’une zone émergente. Entretien avec Jean-Joinville Vacher La région des Andes demeure mal connue en France, et l’Amérique du Sud est souvent un point aveugle des relations internationales. Pourtant, des pays comme le Venezuela, la Colombie, l’Équateur ou le Pérou se transforment, investissent dans l’enseignement et dans la recherche, et cherchent à valori-ser, non sans heurts politiques, leurs ressources naturelles sans sacrifier leur indépendance. Anne Portugal. Le travail sur les cadres. Poèmes présentés par Jacques Darras JOURNAL La droite débordée ?(Michel Marian). Irlande du Nord : le passé ne passe pas(Michel Savaric). Mineurs emprisonnés, un système de violence(Julia Garau). Djihadisme et tueurs fous(Olivier Hassid). Sauter dans le vide(Isabelle Danto).Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?L’illusion d’un consensus(Nicolas Léger) BIBLIOTHÈQUE Repère – La démocratie et les progrès de l’ignorance, par Benjamin Caraco Librairie. Brèves. En écho. Avis
Abstracts on our website :www.esprit.presse.fr Couverture : © Nick Moir/Oculi//Agence Vu
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Éditorial
La fin du territoire jacobin
P OURQUOIle chantier de l’organisation territoriale des pouvoirs reste-t-il indéfiniment ouvert en France ? Plus de trente ans après les lois de 1982, François Hollande a annoncé un « troisième acte de décentralisation » et Manuel Valls a décidé la réduction du nombre des régions et la suppression des départements (ou plutôt des conseils généraux, c’est-à-dire leur instance élue). Ces annonces, arrivées par surprise et dont la mise en œuvre reste à préciser, s’inscrivent dans une longue suite de controverses et dhésitationsoùleconitgauche-droitesesuperposeàlopposition centre-périphérie, dans un jeu de neutralisation réciproque au nom de l’héritage républicain et de la réponse à la défiance électorale par la « proximité ». On a bien là un concentré du mal politique français : diagnostic et consensus introuvables, confusion des responsabilités, impulsions centrales irrégulières et incohérentes. L’impression de surplace est renforcée par l’aller-retour presque comique du législateur sur la clause de compétence générale, dont le Premier ministre a annoncé la fin dans son discours de politique générale alors que les socia-listes venaient de la réintroduire après sa suppression par la droite en 2010… Cet activisme brouillon et contradictoire traduit un sentiment d’urgence : il s’agit de mettre en scène le tranchant d’une volonté publique contre l’enchevêtrement des niveaux administra-tifs et de contribuer à la baisse de la dépense publique. Le tout doit favoriser un regain de dynamisme économique par les territoires puisque le colbertisme et les grandes industries (n’en déplaise à Arnaud Montebourg) ne garantissent plus, et de loin, le plein-emploi.
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Esprit
Comment en est-on arrivé là ? La décentralisation, qui repré-sentait un fer de lance de la modernisation française, semble aujour-d’hui en symboliser tous les blocages. La question ne s’adresse pas seulementauxexpertsdumanagementpublic,maistoucheànotre conceptiondelasouverainetépopulaire.Etlanotiondecompétence générale en exprime précisément un aspect central. Par cette clause, il n’y a aucun sujet qu’une collectivité ne puisse traiter, dès lors que l’intérêt public local est concerné. Car toute assemblée élue, parce qu’elle est issue du suffrage, jouit de la plénitude de la souveraineté et ne saurait recevoir de limitation de l’extérieur, même si chaque collectivité est responsable de domaines spécifiques (les trans-ports pour la région, le social pour les départements par exemple). Pour des raisons historiques (la force de l’État centralisateur), il a fallu protéger les collectivités locales de l’emprise de l’État. Mais on ne peut plus en rester là. Avec l’émergence des métropoles, il convient désormais de dépasser l’organisation homogène des terri-toires et d’amplifier la différenciation des régimes territoriaux en fonction des situations locales (comme c’est prévu à Lyon). En outre, une redistribution des rôles ne doit pas donner lieu à un énième redécoupage jacobin du territoire ou à une querelle d’élus sur leurs prérogatives : elle doit être l’occasion de penser une autre valorisation du pouvoir d’agir des citoyens au niveau local. Finalement, se demander qui fait quoi revient aussi à dessiner une stratégie adaptée à la transformation géographique liée aux échanges mondiaux, à l’œuvre à l’échelle locale même dans nos communes rurales, qui ne sont pas coupées du monde. Pays centra-lisateur, la France n’est pas familière du débat sur la répartition des compétences, à l’opposé des pays fédéraux pour lesquels c’est un sujet de délibérations et de transactions permanentes. Ce défaut limite notre contribution au débat européen, comme on l’a vu à nouveau à l’occasion des élections européennes, puisque la recherche de la bonne articulation entre les nations et l’Union est le plus souvent supplantée par un débat abstrait sur l’identité. Les élus doivent montrer à cette occasion qu’ils sont capables de débattre de leurs compétences. Cela bousculera les équilibres poli-tiques locaux, le rôle du Sénat, le poids des barons locaux au sein des partis. Mais c’est à eux de se montrer à la hauteur de la situa-tion en dépassant les arrangements politiciens…
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Esprit
Position
Les nouveaux patrons de presse
P OURle lecteur, jamais autant d’information gratuite n’a été dispo-nible que depuis le passage des journaux en ligne ou le dévelop-pement des médiaspure players (Slate,Huffington Post). Plus exactement, jamais l’impressionde gratuité n’a été plus forte qu’aujourd’hui ni plus aisée la possibilité dese tenir au courant(en ayant l’impression, le plus souvent à tort, de comprendre une infor-mation, de « tenir ensemble » les dimensions multiples de l’actua-1 lité ). Pourtant, la contrainte économique reste une donnée structurante de l’offre d’information et l’heure des comptes a main-tenant sonné pour la presse. Les nouvelles structures de propriété qui se dessinent nous font entrer dans un paysage incertain et inédit, dont l’indépendance de l’information ne sortira pas néces-sairement renforcée. Après avoir mis à mal le modèle économique de la presse papier, la diffusion numérique a ouvert de nouvelles opportunités et donné naissance à de nouveaux formats en ligne. Il n’existe cependant toujours pas de vrai modèle économique pour la presse en ligne en France (Atlantico, qui s’est lancé comme un gratuit, propose une formule payante,Rue 89a été rachetée parLe Nouvel Observateur,Mediapartcherche à s’adosser à un fonds de dotation indépendant…). La presse écrite, de son côté, doit s’adapter aux 2 nouvelles habitudes de lecture qui se sont installées , ce qui suppose de réorganiser les rédactions et en particulier de surmonter
1. Robert Maggiori, « Le quotidien papier, une singularité, un avenir »,Libération, 12 décembre 2013. 2. Nicolas Clément, « La presse survivra-t-elle à ses crises ? »,Esprit, mai 2014.
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Marc-Olivier Padis
la coupure entre les rédactions papier et web, ce qui semble avoir multiplié les tensions auMonde, provoquant le départ de la direc-trice Natalie Nougayrède. ÀLibération, la redéfinition du travail de la rédaction, de manière très floue, dans un projet de média global, a cristallisé la crise et provoqué le départ de Nicolas Demorand, puis entraîné un long conflit, qui n’est toujours pas dénoué, entre la rédaction du journal et son propriétaire, Bruno Ledoux. Toutes ces évolutions bousculent bien sûr le métier des journa-listes, dont beaucoup manquent de perspectives sur l’avenir de leur profession. Elles mettent en outre une nouvelle fois en évidence le sous-financement chronique de la presse française. Or l’adaptation au numérique suppose, plus que jamais, des investissements impor-tants, difficiles à mobiliser au moment même où la publicité passe en ligne et où le soutien public, à l’heure des restrictions budgé-taires, se fait plus rare. La recherche de nouveaux actionnaires est donc ouverte un peu partout, comme auNouvel ObservateurClaude Perdriel a choisi le trio constitué de Xavier Niel (Iliad-Free), Matthieu Pigasse (banque Lazard) et Pierre Bergé pour reprendre ses parts, après avoir été en rivalité avec eux en 2010 pour le rachat duMonde. Du même coup, Laurent Joffrin laisse la direction de l’hebdomadaire à Matthieu Croissandeau. Mais quelle sera la stratégie de ces nouveaux propriétaires vis-à-vis de leurs journaux ? L’engagement politique de Claude Perdriel pour une gauche démocratique et libérale était connu et constant, il motivait ses projets de presse, même si les logiques de la commu-nication ont plus d’une fois banalisé l’identité du titre.Le Mondea privilégié la constitution d’un groupe pour consolider une indé-pendance à laquelle la rédaction est légitimement très attachée. La parution dansLe Monde, le 30 avril dernier, d’une double page de portrait de Xavier Niel, qui dessinait précisément les limites que l’homme d’affaires fondateur de Free ne souhaitait pas voir aborder (sa vie privée), ne laissait pas clairement comprendre le fait dactualitéquiimposaitquelactionnairefûtainsilonguement 3 présenté dans son propre journal . Déjà chargé du portrait de Pierre Bergé dansLe Mondeen 2010, Jérôme Fenoglio s’est vu confier cette 4 « mission passionnante ». Il a été nommé directeur des rédactions duMondele 19 mai 2014 aux côtés du directeur par intérim Gilles van Kote.
3. Jérôme Fenoglio, « Xavier Niel, le triomphe duhacker»,Le Monde, 30 avril 2014. 4. Selon la formule du médiateur du journal, Pascal Galinier, « Jeu(x) de piste »,Le Monde, 9 mai 2014.
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Les nouveaux patrons de presse
Simultanément, les salariés deLibérationont appris, après plusieurs semaines de flou, que l’apport de capital susceptible de garantir la pérennité de leur titre venait de Patrick Drahi, actionnaire principal de Numéricable (lancé dans le rachat de l’opérateur de télé-5 phonie SFR). Il n’est pas surprenant que ces nouveaux patrons (Xavier Niel et Patrick Drahi) viennent du secteur de l’internet et, plus précisément, qu’ils aient construit leur prospérité comme fournisseurs d’accès, avant de se développer désormais dans la téléphonie mobile, où se renforcent les nouveaux usages de la presse. Le changement des pratiques de lecture a en effet déplacé la valeur économique de la création de contenu aux infrastructures de diffusion : les ménages qui ne sont plus prêts à payer un abonnement papier à la presse (ou à des revues…) ne peuvent en effet absolument pas se passer de leur connexion internet et de leur abonnement téléphonique. Ces inves-tissements constituent-ils un retour de la valeur vers la création de contenu ? Cela pourrait signifier l’invention d’un nouveau modèle de financement, où l’opérateur technique investit dans le métier denquêteetdeplume,parcequilsaitquildoitpouvoirproposerune offre de qualité, et pas seulement le tout-venant du gratuit. Mais le rapport de force qui s’instaure entre propriétaires et titres de presse, sans préjuger trop vite de l’avenir, sera difficile à maîtriser par les rédactions. Claude Perdriel était un homme de gauche engagé, qui s’est lancé par conviction dans plus d’une aventure téméraire, comme Le Matin de Paris. Les fournisseurs d’accès à internet sont les acteurs clés du secteur numérique, pour lesquels la presse, affaiblie et déstabilisée,nestquundesélémentsdelacréationdecontenu. Libération,Le Monde,Le Nouvel Observateur: en quelques mois, c’est un pan essentiel de la presse de gauche qui a changé de physionomie. Une nouvelle génération entrepreneuriale a fini de bousculer un paysage qu’on savait mouvant depuis plusieurs années. Leturn overrapide des rédactions en chef laisse deviner l’ampleur de difficultés d’ajustement en cours entre actionnaires et équipes rédactionnelles. Comment imaginer maintenant des lieux d’analyse de l’actualité et de critique intellectuelle qui reposent sur une totale indépendance ? Les revues généralistes peuvent-elles garder leur place singulière dans un paysage de plus en plus intégré ? Ce sont, en définitive, les lecteurs qui ont la réponse en main.
Marc-Olivier Padis 21 mai 2014
5. « Patrick Drahi : les 4 millions, c’était lui »,Libération, 15 mai 2014.
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Position
A-t-on encore besoin d’un « modèle » français ?
Ejanvier 2013, Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministr Ne, publiait dans les colonnes duMondeune tribune intitulée « Pour un nouveau modèle français ». Les contours de ce modèle étaient tracés en quelques phrases – rappel de la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » et de la globalité du modèle embrassant le politique, le social et l’économique – pour décrire ensuite longue-ment les voies d’une adaptation. Respect des valeurs républicaines, autour d’une meilleure gestion des finances publiques et du rôle de l’État, transition écologique, renouveau industriel, priorité à la lutte contre les inégalités scolaires et territoriales, concertation entre collectivités locales, entreprises et puissance publique. Mais ce texte passait sous silence une question essentielle : alors qu’Europe et mondialisation transforment profondément les règles et les usages politiques, sociaux et économiques, peut-on continuer de parler de modèle français sans rester dans la rhétorique ? Au-delà du souci de notre dignité nationale et du volontarisme du discours, peut-on imaginer un avenir concret à cette théorie de la France ? Ce sont les réalités de la situation économique et sociale qui peuvent permettre de trouver une réponse, après avoir tenté une définition de ce fameux modèle français pour sortir d’un exercice tautologique – il y a un modèle français car la France est un modèle… L’expression renvoie à des éléments connus mais qui ne s’articulent pas si simplement : c’est l’importance donnée au rôle de l’État dans le cadre d’une République qui promeut l’égalité entre les personnes et les territoires par la redistribution et la péréquation.
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