Esprit mars-avril 2014 - Notre nihilisme

De
Publié par

Il n'y a plus de valeurs, on ne croit plus en rien. Notre époque serait-elle nihiliste ? Ce numéro spécial explore une notion philosophique, son histoire, son actualité dans des domaines divers (économie, religion, politique, art), notion qui nous permet de ne pas nous enfermer dans notre présent et d'interroger aussi bien la destruction du sens qui semble caractériser notre époque que l'appel aux valeurs qui trop souvent prétend y répondre. En écho au grand entretien avec Jean-Luc Nancy, aux textes de Bruce Bégout, Gaël Giraud, Yves Pichaud, Pierre Zaoui et d'autres, nous avons mené une grande enquête auprès de nombreux intellectuels (Michaël Foessel, Jean-Joseph Goux, Jean-Claude Monod, André Orléan, Philippe Raynaud, Patrick Royannais...) pour saisir, de Nietzsche à Blanchot en passant par Tourgueniev et Camus, comment le nihilisme nous aide à penser le contemporain. A lire également dans ce numéro, un texte d'Anne-Laure Delatte qui analyse les scénarios de sortie de l'euro et leurs conséquences économiques, des articles sur la constitution tunisienne, les quarante ans de la révolution portugaise, l'émission de télé-réalité Top Chef, et bien d'autres sujets.


Publié le : jeudi 5 février 2015
Lecture(s) : 12
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791090270640
Nombre de pages : 240
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
4 6
13
16
27
47 52
68
75
SOMMAIRE
Éditorial : Une atmosphère inflammable.Esprit Positions – Refus de l’école : fausses raisons et vrai malaise (Joël Roman: une chance pour). Les langues minoritaires en France l’intégration (Marc-Olivier Padis)
NOTRE NIHILISME D’un siècle à l’autre (1914-2014) : toujours face au nihilisme. Introduction.Michaël Fœssel et Olivier Mongin Pourquoi le nihilisme ?Michaël Fœssel Face au mot « crise », si souvent employé depuis quelques années qu’il ne renvoie plus à grand-chose, il est utile de redonner sa place au « nihilisme ». Issue d’une histoire, cette notion nous permet de ne pas nous enfermer dans notre présent, et d’interroger aussi bien la destruction du sens qui semble caractériser notre époque que l’appel aux valeurs qui trop souvent prétend y répondre. Quand le sens ne fait plus monde.Entretien avec Jean-Luc Nancy Le constat de la crise du sens ne date pas d’aujourd’hui ; ni même peut-être d’hier. À y bien réfléchir, ne faut-il pas remonter à la Rome antique pour trou-ver l’image d’un « monde » cohérent et sensé ? Mais le monde romain lui-même est entré en crise, crise que le christianisme a révélée, et dans laquelle, à bien des égards, nous sommes toujours.
1. GÉNÉALOGIES:UNE HISTOIRE EUROPÉENNE? Introduction.Olivier Mongin Enquête : Olivier Abel, Rémi Brague, Jérôme de Gramont, Daniel Lindenberg, Jean-Loup Thébaud Les récidives de la gnose.Entretien avec Bruce Bégout Le gnosticisme, qui identifie le monde au mal, et en un sens le refuse, renaît aujourd’hui non plus comme une doctrine mais comme une réalité objective. Le déni du monde s’incarne dans des espaces urbains sans lien avec leur environnement, dans des produits de la technologie moderne qui rendent l’homme étranger au monde qu’il habite. Nietzsche : un inactuel qui parle encore.Paul Valadier La notion de volonté est au cœur de laGénéalogie de la morale. Ce texte, sans doute l’œuvre la plus sombre de Nietzsche, s’intéresse aux ressorts de la volonté, de la faiblesse et de la force chez les individus. Et résonne encore dans la société contemporaine.
1
Mars-avril 2014
80 88 112 117 124
131 132 137 164 173
Sommaire
2. RELIGIONS ET NIHILISME:ADVERSAIRES OU COMPLICES? Introduction.Jean-Louis Schlegel Enquête : François-Xavier Bellamy, Ami Bouganim, Daniel Lindenberg, Denis Moreau, Patrick Royannais Al-Qaida et le nihilisme des jeunes.Olivier Roy On parle souvent, au sujet des terroristes islamiques, de « nihilisme du croyant ». Bien souvent, ceux qui commettent des attentats suicides ne le font guère pour des raisons théologiques ; ils sont la plupart du temps jeunes, par-fois convertis, en quête d’appartenance. Et si finalement ce nihilisme était davantage une question de génération que de religion ? Une perspective extrême-orientale.Bernard Stevens Le bouddhisme est parfois perçu comme une sagesse nihiliste. Or l’œuvre du penseur japonais Keiji Nishitani, qui s’articule justement autour de la notion de nihilisme, montre bien que celle-ci est un produit de notre époque, de notre modernité, ce dont la catastrophe de Fukushima a été la tragique métaphore. Les athées ont-ils tué Dieu ? Dialogue entre Camille Riquier et Pierre Zaoui Si la « mort de Dieu » est l’acte de naissance du nihilisme, l’athéisme en est-il le synonyme ? Les choses sont plus complexes, d’une part parce que, chez Nietzsche, le christianisme est aussi l’une des sources du nihilisme, d’autre part parce qu’être athée ne signifie pas nécessairement refuser de prendre la foi au sérieux.
3. OBSESSION DES VALEURS,TRIOMPHE DU RIEN Introduction.Joël Roman « Les eaux glacées du calcul égoïste. »Jean Vioulac Dans l’analyse de Karl Marx, la logique capitaliste dévalorise toute réalité par son évaluation marchande. En effet, c’est la valeur d’échange qui prime, dans un système où l’on définit toute chose par sa capacité à être vendue et tout travail par sa capacité à produire cette valeur. Car le capital n’est autre que la valorisation de la valeur elle-même. Le nihilisme n’est pas loin… Enquête : Rémi Brague, Jean-Philippe Domecq, Jean-Joseph Goux, Jean-Claude Monod, André Orléan, Philippe Raynaud, Camille Riquier, Joël Roman, Pierre Zaoui Le nihilisme de l’après-pétrole.Gaël Giraud L’énergie est le moteur de nos sociétés. Mais peut-être n’avons-nous pas suffi-samment vu à quel point elle pouvait aussi être, liée au progrès social ou à la régression. Le développement de la société de consommation a largement été lié au pétrole. À l’heure où les énergies fossiles se raréfient, comment recons-truire le sens, pour ne pas céder à la peur du rien ? Le nihilisme gris contemporain.Yves Michaud Nous ne sommes plus aujourd’hui dans le nihilisme barbare, sauvage, du e XXsiècle, mais dans un nihilismesoft. On ne veut pas le néant, mais on ne sait pas bien ce que l’on veut ; alors, on veut ce que les autres veulent. Le nihilisme contemporain est conformiste et hédoniste : on se laisse déterminer par la volonté des autres ou par son propre plaisir.
2
180 184 185 196
Sommaire
« Croire dans ce monde-ci ».Michaël Fœssel et Olivier Mongin Présentations des auteurs ARTICLES Faut-il abandonner l’euro ?Anne-Laure Delatte Des économistes et des politiques en appellent à la sortie de l’euro, qui serait responsable de la crise actuelle. Si l’euro demeure une monnaie incomplète, une sortie de l’Union monétaire, quel que soit le scénario envisagé, aurait des conséquences économiques catastrophiques.In fine, c’est au politique qu’il faut en appeler, à la veille des élections européennes, pour relancer l’intégra-tion budgétaire et faire ainsi de l’euro une véritable monnaie unique. Valérie Rouzeau. La grâce et la gravité. Poèmes présentés par Jacques Darras
JOURNAL 199 Querelles de familles (Michel Marian). Istanbul, la fin du système Erdogan ? (Guillaume Perrier). L’espoir de la constitution tuni-sienne (Édith Lhomel). Le Portugal, la démocratie et l’Europe (Guilherme d’Oliveira Martins). Mourir dans la rue (Véronique Nahoum-Grappe).Top chef, l’excellence à la française ? (Alice Béja)
219 225
BIBLIOTHÈQUE Repère – Le théâtre et ses spectateurs,par Selim Lander Librairie. Brèves. En écho. Avis
Abstracts on our website :www.esprit.presse.fr Couverture : © Sophie Chivet/Agence Vu
3
Éditorial
Une atmosphère inflammable
U NEsimple rumeur peut désormais conduire à déscolariser des enfants, un appel de groupuscules mal identifiés jeter des mani-festants dans les rues, un sketch inquiéter les autorités, un livre pour enfants affoler des responsables politiques… Une surenchère d’in-dignation bruyante conforte l’ambiance de panique morale. Que penser de cette atmosphère inflammable où le moindre fait divers peut accaparer l’attention et les commentaires ? La contagion virale favorisée par les nouvelles technologies offre bien sûr une force de diffusion et une vitesse de propagation inouïe aux idées les plus farfelues. Mais la technologie n’explique pas tout : la réception favorable accordée aux théories du complot les plus grotesques montre une montée de la crédulité et un affai-blissement inquiétant du sens commun. Avant le développement de l’internet, la presse et la télévision étaient tenues pour respon-sables de ces emballements médiatiques à répétition. Mais l’affai-blissement de la presse et le désintérêt croissant pour le journalisme dans les médias télévisuels font émerger une nouvelle réalité : un recul de la discussion informée au profit de querelles demi-savantes et de polémiques bouffonnes. Le journalisme a longtemps constitué un bouc émissaire pratique : c’est lui qui était considéré comme responsable de la dégradation du débat public. La surenchère commerciale imposée par la concurrence du marché prostituait l’esprit civique. Mais ce procès est-il encore d’actualité, alors que le modèle économique de
Mars-avril 2014
4
Éditorial
la presse papier s’est effondré et que des titres aussi emblématiques de la presse française queLibérationrisquent de disparaître ? Au demeurant, ce procès se trompe souvent de cible, en se focalisant sur quelques éditorialistes, alors que le travail de la presse consiste dans une activité collective, organisée dans une rédaction : vérifier, recouper, hiérarchiser, contextualiser… Entendu ainsi, le journalisme peut très bien migrer du papier au numérique. Mais, quoi qu’en disent les pionniers des nouveaux médias, le modèle économique des sites d’information n’est pas mûr : le consentement à payer du consommateur y est plus faible, la concurrence du gratuit plus directe, les revenus publicitaires dix fois inférieurs. Comme le montrent les mésaventures récentes de Libération, la diversification des modes de financement peut rapi-dement mettre en péril la force du titre : monétiser une marque « branchée » en vendant des journées de colloque « clé en mains » aux grandes villes françaises ou en transformant la rédaction en salon gastronomique et culturel, c’est masquer un peu plus au lecteur la réalité du travail journalistique qui permet d’assurer l’in-cessante tâche d’un quotidien. N’anticipons pas trop vite le discours rétrospectif : un autre modèle naîtra sans doute de cette crise. Mais garantira-t-il une infor-mation indépendante ? Et à quelle échéance ? Entre-temps, des titres disparaîtront. Or un titre de presse, c’est aussi une manière de fédérer des lecteurs, de donner forme à des ambiances sociales, de coaliser des préférences ou des curiosités. Et surtout de surprendre ce lectorat, de lui apporter ce qu’il n’attend pas. À une échelle plus modeste et dans une économie moins directement concurrentielle (seulesEspritetCommentairesont véritablement des revues indé-pendantes avec une équipe réduite de salariés), les revues généra-listes participent à cette construction d’un débat public éclairé. Le principal bouleversement d’une communication en réseau, désin-termédiée, c’est l’éclatement de ce type de rencontre entre un lectorat et un projet éditorial et, de ce fait, l’impression que les mouvements d’opinion peuvent s’agréger de manière imprévisible, brutale ou irrationnelle. La qualité du débat public s’en ressent déjà. Comment continuer à défendre sur la scène publique des outils de rationalisation des passions ? La diffusion virale d’élans émotionnels ou de colère rageuse ne constitue pas un espace public. Derrière les marques, n’oublions pas l’enjeu démocratique.
5
Esprit
Position
Refus de l’école : fausses raisons et vrai malaise
L Emouvement du refus de l’école qui a affecté fin janvier quelques établissements scolaires est révélateur du profond malaise de certains secteurs de l’opinion, déstabilisés dans leurs représenta-tions traditionnelles des identités sexuées (de genre), mais aussi d’un changement d’attitude de certaines familles, notamment celles issues de l’immigration, vis-à-vis de l’école, et de convergences idéo-logiques surprenantes, mais qui n’en sont qu’à leurs débuts. Ce refus d’envoyer les enfants à l’école, sur la base de rumeurs infondées (on habillerait les garçons en filles et vice versa, prélude à un ensei-gnement obligatoire de la « théorie du genre » qui prônerait une indistinction entre les sexes), a beau n’avoir touché qu’un nombre limité de parents et d’établissements scolaires, il a néanmoins suscité une intervention du ministre qui a dû démentir cette rumeur et qui a demandé aux directeurs d’établissements scolaires de convoquer les parents pour leur expliquer ce qu’il en était et pour leur rappeler l’obligation scolaire. Cette affaire va au-delà de la manipulation mensongère par des courants extrémistes où se retrou-vent côte à côte des catholiques et des musulmans intégristes, habilement associés par des militants chevronnés de certains courants d’extrême droite. Le débat sur le mariage pour tous, en faisant de celui-ci un acte d’état civil entre deux personnes quel que soit leur sexe, est venu
Mars-avril 2014
6
Refus de l’école : fausses raisons et vrai malaise
ébranler en profondeur la conception traditionnelle de la famille comme union entre un homme et une femme afin d’avoir et d’élever des enfants. Certes, cette conception de la famille n’a pas attendu ce débat pour voler en éclats : elle a surtout été mise à mal par une série d’évolutions sociologiques et juridiques qui ont progressive-ment relativisé la famille traditionnelle, la faisant passer du statut de norme à celui de choix de conduite parmi d’autres. Citons pêle-mêle l’égalité de statut entre les enfants, qu’ils soient nés hors mariage ou dans le mariage, l’autorité parentale conjointe, pour les évolutions juridiques les plus notables, et surtout les changements des mœurs avec la généralisation de l’union libre parmi les familles, qui a fait que le mariage est progressivement devenu une option parmi d’autres, à tel point que le mariage pour tous, malgré l’oppo-sition virulente de ses détracteurs, apparaissait curieusement comme venant sortir le mariage de la désuétude dans lequel il semblait être tombé. C’est dans ce contexte qu’un programme scolaire somme toute banal, initié semble-t-il par le prédécesseur de droite de Vincent Peillon, Luc Chatel, a été mis en œuvre : il est destiné à promouvoir l’égalité entre les sexes et se propose de lutter contre les stéréotypes en la matière qui assignent les petites filles à des activités privilégiant la sensibilité, à des disciplines artistiques ou littéraires, ou qui véhiculent les images de femmes investies dans le soin, l’entraide et les activités domestiques, tandis que les garçons seraient par nature tournés vers des disciplines scientifiques et abstraites et plus enclins à se vouer à la conquête du monde et à sa transformation. Un tel programme fait évidemment référence à la notion de « genre » (gender), qui est reçue depuis plus de vingt ans dans les sciences sociales (aux États-Unis mais aussi en Europe) pour distinguer le sexe biologique du rôle social et des imaginaires qui lui sont associés, ce qui soit dit en passant a tout d’une évidence triviale.
Ce qui l’est moins, c’est de penser que la déconstruction des stéréotypes puisse passer en premier lieu par l’éducation, et notam-ment l’éducation scolaire. Ce qui est en cause, ce n’est donc pas une mal nommée « théorie du genre », laquelle n’existe que dans l’es-prit confus de ses détracteurs, mais une idéologie politique de l’in-différenciation, défendue dans quelques cercles militants, qui ferait du genre et même du sexe le résultat d’un choix individuel. Ce n’est pas faire insulte à ses partisans que de relever qu’ils sont militants d’une cause qui n’est pas encore tout à fait consensuelle dans la société et que certains d’entre eux ont pu voir dans l’initiative de
7
Joël Roman
l’Éducation nationale une fenêtre de tir pour diffuser leur message. De telles assertions trouvent leur justification dans des théories comme celle qui veut que le partage communément admis entre deux sexes relève d’une assignation à la naissance et d’une violence sociale tout à fait discutable. Sur ces questions de mœurs, il importe que la législation et l’État, notamment à travers l’Éducation natio-nale, soient à la remorque des évolutions sociologiques, mais qu’ils ne les précèdent pas, encore moins qu’ils les anticipent. Déstabilisées dans leurs représentations des identités de genre, de nombreuses familles, en particulier issues de l’immigration, ont accordé foi aux rumeurs et ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, témoignant ainsi d’une rupture profonde du lien de confiance avec l’institution. Cette rupture, ici spectaculaire, est plus ancienne et de nombreux signes avant-coureurs la laissaient entrevoir : multiplication d’altercations et d’incidents entre des parents et des représentants de l’institution scolaire, absentéisme aux réunions et aux rencontres avec les professeurs, trop de signaux hâtivement interprétés par l’institution comme la marque d’un désintérêt des parents. Et s’il s’agissait d’autre chose ? De lexpériencecontinueetrépétéeduméprisetdelhumiliation,que véhicule trop souvent une bonne conscience enseignante ? La ferveur mise par certains enseignants à pourfendre les foulards de mères accompagnant les sorties scolaires est ici emblématique, mais ce n’est pas le seul exemple. Combien de décisions d’orienta-tion incomprises, parce que mal justifiées (et parfois injustifiées) ? Combien de réflexions anodines, mais blessantes, tant vis-à-vis des jeunes que vis-à-vis des familles ? Le mouvement de refus de l’école, pour limité qu’il soit encore, doit certes être vivement combattu, mais il ne saurait exonérer l’institution scolaire de toute réflexion autocritique sur ses propres attitudes. On n’a pas pu ne pas remarquer dans ce mouvement la conver-gence de milieux catholiques traditionalistes et plutôt conservateurs, habituellement hostiles à l’immigration, avec des courants musul-mans pratiquants, unis dans la même défense des valeurs. Belle aubaine pour les « laïcards » de service, heureux de constater la convergence des religions dans l’obscurantisme. Pas si sûr, car l’un des mots d’ordre de cette mobilisation est « nous demandons à l’école d’instruire, pas d’éduquer », soit très exactement celui qui avait été au cœur de l’offensive instructionniste conduite contre la rénovation pédagogique, dans les années 1980, par plusieurs idéo-logues dont Jean-Claude Milner, Alain Finkielkraut, etc., qui avait
8
Refus de l’école : fausses raisons et vrai malaise
trouvé une oreille complaisante dans la personne de Jean-Pierre Chevènement et qui a servi ensuite de ciment idéologique au para-digme laïciste cherchant à bannir de l’école toute manifestation d’appartenance ou de convictions. Nous nous réservons donc bien des surprises dans le constat des convergences idéologiques ! Or l’école publique se doit d’éduquer, car sa tâche n’est pas d’abord (et de moins en moins, il y a l’internet pour cela) de trans-mettre des connaissances, mais de former des esprits libres et critiques. Et cela ne passe pas par la mise entre parenthèses des appartenances et des convictions, mais par un patient travail de distanciation, d’acceptation du point de vue de l’autre, et de réflexion sur la construction des identités. Y compris de genre… Joël Roman
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.