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Assis au bord du néant...

De
104 pages

Écrit en 2011, cet abécédaire traite avec humour divers thèmes comme Dieu, l’environnement, la politique, DSK, l’Union européenne, le cannabis, et bien d’autres !


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-334-20132-2
© Edilivre, 2016
Tout a commencé le jour où je me suis réveillé en pleine nuit, des larmes plein les yeux. Je venais de faire un de ces rêves idiots dont on essaie ensuite d’en comprendre le sens. J’avais devant moi un gros dictionnaire illustré, exactement le même que mes parents m’avaient offert pour mes dix ans, dans lequel il y avait un petit mot à mon intention. Quand j’ouvris le dictionnaire, les pages de ma vie défilèrent une à une à toute allure, pareilles à ces images que j’avais vues lorsque j’ai cru mourir dans un accident, j’avais dix-neuf ans. Etait-ce un signe ? Un mauvais présage ? L’heure du bilan aurait-elle déjà sonné ? Ce fut pour moi une révélation. J’eus une apparition, non pas mystique, mais celle d’un bouquin que j’allais écrire. Je ne pus me rendormir. Impossible de libérer mon esprit, accaparé par cette vision. J’attendis que le jour se leva le premier. Je décidai donc d’entrer dans le dictionnaire, ou plutôt un abécédaire, non pas à une page bien précise, on verra plus tard, mais dans toutes les pages, de A jusqu’à Z.
A
– A boire ? Un café, merci. – Atchoum ! – A vos souhaits, dis-je à mon voisin de la table voisine. Oui, je suis en fait dans un petit bistrot de quartier, peu fréquenté à cette heure-ci, où je suis venu m’inspirer tout en respirant l’arôme de mon café. Revenons donc à notre alphabet. Pour la lettre A, je sais mesdames que vous auriez choisi le verbe aimer, le mot amour ou amant, amitié peut-être. Au feu pour les pompiers, à vos marques pour les sportifs, Allah pour ali ou à poil pour les nudistes. Pour moi, ça sera antisocial, anarchisme, absolu. Remontons le temps pour nous arrêter sur une période si délicate, qu’est le passage du monde de l’adolescence à celui des adultes. Ce moment où l’on bascule dans un univers encore inconnu, disons, qui n’est pas le nôtre, où l’on hésite à franchir le pas, même s’ils ont essayé de nous y préparer, en nous formatant dès la naissance pour entrer dans le moule de cette société. Soit on l’accepte, soit on le refuse avec toutes les conséquences que cela implique. De cette décision peut dépendre le reste de notre vie. En ce qui me concerne, ce passage fut une traversée mouvementée, chaotique, douloureuse, en équilibre instable sur une corde raide au dessus du vide, sans filet, pour un funambule débutant, maladroit. Je faisais partie de cette jeunesse qui n’acceptait pas cette société dans laquelle elle ne s’y reconnaissait pas, ne s’y sentait pas appartenir. Elle avait envie d’autre chose, besoin de montrer sa différence, d’exprimer son désaccord, sa colère, son dégoût ou ses goûts. Avant de devenir un adulte consentant, il me semblait qu’il fallait dire non aux conventions, à l’éducation existante, la bien-pensance, aux institutions, à la société de consommation, non à l’autorité, l’armée, la politique du meilleur menteur, non aux inégalités, aux guerres, aux famines, à ce monde qui se bouffe la queue et se suicide à petit feu. Pas question de marcher au pas, de vivre en troupeau et de faire comme tout le monde. Je pensais à ce moment-là que seule une révolution pouvait changer profondément cette société. Je tiens d’ailleurs à remercier le lycée qui m’a aidé à ouvrir les yeux encore plus grands et à développer, à multiplier par cent cette envie d’autre chose, tellement je m’emmerdais. Je n’aimais pas et trouvais inutile, sans grand intérêt, les trois quarts de ce que l’on y faisait. J’ai préféré plonger, m’immerger dans un autre monde, antisocial, subversif, hors norme, pimenté d’idéologie, d’esprit anarchiste, où je cultivais un certain mépris pour tout le reste. J’avais tellement ouvert les yeux que plus tard, j’ai fini par les fermer pour ne plus rien voir du tout. J’étais dans une sorte de refuge, de bulle, mais ô combien fragile et dangereuse. Je détestais autant le prolétariat que les riches, ce monde ouvrier jamais content mais toujours consentant, dont j’étais pourtant issu, ces esclaves modernes auxquels mon père faisait partie et avec qui j’étais entré en conflit, ce fameux conflit des générations. Cette petite vie étriquée ne m’intéressait pas. L’exploitation des travailleurs, imposée par le système, me dégoûtait. Cette routine et cet ordinaire, je n’en voulais pas, ni même avec un bac en poche pour espérer des jours meilleurs, même pas en rêve. J’étais persuadé que le travail n’était pas fait pour moi et comme, en plus, il n’y en avait pas pour tout le monde, je cédais volontiers ma place, ce n’était pas mon destin. En fait, je savais ce que je ne voulais pas, mais est-ce que je savais vraiment ce que je voulais ? Je fuyais ce monde, à la recherche de l’inaccessible : l’impossible quête de l’absolu.
* * *
Ah, ah, ah, ah, ah !! Chers lecteurs, je ne sais pas si vous êtes amateurs d’andouilles et d’andouillettes, ce message s’adresse donc aux profanes. Il ne faut pas confondre le quintuple
A de l’andouillette avec le triple A ou la triple andouille. Un point commun cependant. Comme dit le proverbe : « La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir la merde, mais pas trop. » En matière de triple A, on est en plein dedans, les deux pieds dans le caca, cocorico ! En politique comme ailleurs, les triples andouilles ne manquent pas. Il y en a pour tous les bords, choisissez votre candidat. Je n’en pense pas moins de ces distributeurs de lettres. Je ne parle pas des facteurs mais des agences de notation. Pour ne prendre que l’exemple français, on sait très bien que notre pays est endetté jusqu’aux cou… depuis des décennies, et c’est seulement fin 2011 que l’agence Ducond et Ducont s’en rend compte, et met en garde le gouvernement de nous rétrograder s’il ne prend pas les mesures qui s’imposent pour éponger les dettes. Je suis désolé, mais quand un malade a quarante de fièvre, mieux vaut le soigner de suite que d’attendre l’extrême-onction. Alors, messieurs, soit vous êtes des triples andouilles, ou bien c’est vous qui nous prenez vraiment pour des triples andouilles. Vous attendez qu’un Etat soit bien enlisé, en pleine période de crise, puis, dans un but spéculatif, vous décidez de réagir. Mais non, honte à moi ! Vous êtes trop bons, trop sérieux, totalement désintéressés pour élaborer un plan aussi misérable. Vous êtes tout simplement les anges-gardiens du système, l’allié et la terreur des gouvernements, les instigateurs des plans de rigueur. Les spéculateurs ont encore de beaux jours devant eux.
B
Tiens, la bouffe, parlons-en. Je suis arrivé à un stade où je préfère en parler qu’en manger. Je ne sais pas si c’est à cause de l’âge ou de mon boulot mais j’en suis écœuré. Des plats raffinés au steak-frites, j’en ai ras l’assiette. Cette odeur de bouffe tout juste après le café du matin me donne envie de gerber. Si l’appétit vient en mangeant, il disparaît en cuisinant. C’était un plaisir de préparer des p’tits plats pour les copains, la copine, la famille ou le chien, mais le boulot a transformé cette passion en corvée. Le coup de feu, comme on dit, est une vraie course à la connerie. Gens friqués ou prolos, j’aimerais les étrangler avec un chapelet de saucisses. Je préférerais encore mieux engraisser des porcs, au moins eux, on peut les bouffer après. Et que dire du gaspillage de nourriture, d’eau et d’énergies. Quant aux déchets, c’est sidérant tout ce que l’on peut jeter dans la poubelle d’un restaurant, et il n’y en a pas qu’une. On ne pense qu’à se remplir la panse et on donne des leçons sur l’environnement, on s’indigne contre la disparition des espèces, les pesticides, la déforestation, la pêche ou l’élevage intensif. D’un côté, on développe la bonne agriculture biologique pour les privilégiés et de l’autre, on refilera bientôt des OGM aux affamés, paraît-il que c’est la solution. Si ça continue, on va planter des patates sur la Lune car la Terre a ses limites, d’autant plus que des milliers d’hectares sont réservés aux biocarburants pour nos chers véhicules. Manger ou conduire, il va peut-être falloir choisir ou alors, on va finir par bouffer nos bagnoles. Peut-on nourrir toute la planète, de plus en plus peuplée, et en même temps remplir des réservoirs, de plus en plus nombreux eux aussi ? Et tous ces p’tits chefs en herbe qui s’amusent avec la nourriture dans ces émissions-spectacles à la télé en se prenant pour Bocuse, les artistes de la tambouille, quelle bande d’idiots. Je ne supporte pas les concours, et ceux-là sont gratinés. Remarquez, ça permet aussi de montrer aux pauvres ce qu’ils n’auront jamais dans leur assiette. Manger avec les yeux ne remplit pas l’estomac mais en même temps, ça ne vide pas le porte-monnaie. Et l’autre, qui nous a inventé la semaine de la gastronomie, après l’année du pouvoir d’achat et des fins de mois difficiles, qui commencent de plus en plus tôt, en janvier on aura droit au mois de la gastro. La semaine du goût suffit, à condition qu’elle soit bien exploitée. Apprendre et préserver la culture du bien-manger, à faire connaître les produits frais et savoir les cuisiner, certes, est une bonne initiative, que je partage, mais tomber dans des excès de bêtises comme cette campagne commerciale « Mangez cinq fruits et légumes par jour », c’est à la limite du mauvais goût, de l’indécence envers ceux qui ne peuvent même pas en manger un par jour, et ils sont nombreux. C’est tout juste si on ne nous dit pas que c’est absolument indispensable, que c’est une question de vie ou de mort. Pour les producteurs de fruits et légumes, probablement, mais cette pub ne les sert même pas puisqu’ils sont obligés de brader leur production aux centrales d’achat. De plus, si tout le monde suivait ce prodigieux conseil, il faudrait produire plus, avec tous les inconvénients que cela impliquerait, ou importer 1 encore plus. Va-t-on fabriquer nos fruits et légumes à la chaîne, façon Tricatel ? Est-ce qu’on va finir par bouffer nos vieux pour résoudre le problème de la faim dans le monde ? Quand pourra-t-on enfin déguster une bonne pilule de cassoulet ou de côte de bœuf ? Amis du genre humain, bon appétit !
1. usine à bouffe dans le film de C.Zidi « l’aile ou la cuisse »
C
Que ce soit pour le travail, le sport ou d’autres activités, l’Homme s’est toujours lancé des défis par le biais de la compétition. On en voit de toutes les couleurs, que l’on joue à celui qui pisse le plus loin ou pète le plus fort, l’important est que l’on soit le meilleur. C’est curieux tout de même ce besoin de se mesurer aux autres, de soulever des trophées, des coupes, des scalpes, des têtes, des montagnes. Le dépassement de soi est une bonne gymnastique philosophique avec lequel on peut trouver sa dose d’adrénaline, trouver un certain épanouissement et une satisfaction personnelle, mais attention. Il faut respecter les règles et ne pas offenser l’adversaire sinon, le moindre pet de travers peut déclencher une salve d’insultes, une bagarre, une émeute, une révolution, une guerre ! Le but de la compétition n’est pas de participer mais bien de gagner. En sports, la culture de la gagne a rarement fait partie de l’équipement des sportifs français. Au foot par exemple, on veut bien jouer, surtout quand c’est bien payé et qu’on peut en tirer un tas d’avantages, mais pour ce qui est de gagner, c’est une autre affaire. C’est peut-être pour ça que l’on veut obliger les footeux à chanter la Marseillaise, cet hymne guerrier, sorte de Aka à la française pour effrayer l’adversaire. Comme l’a si bien dit un célèbre président de club : « La différence entre des amateurs et des professionnels, les uns aiment le foot, les autres aiment l’argent. » On a l’impression que les préparateurs, les entraîneurs, ont perdu le mode d’emploi. C’est un état d’esprit que nous n’avons jamais cultivé. Il a fallu que certains partent à...