Brice Parain N° 223

De
Brice Parain :
Georges Perros, Le pain et le vin
Emmanuel Berl, Une odeur de sérénité
Pierre Leyris, Premières rencontres avec Brice Parain
Alfred Kern, Un puritain dans le domaine des mots
Pierre Pascal, Le sage de l'assemblée
Pierre Oster, Les abeilles
Michel Mohrt, Dans les coursives
Claude Roy, 'Je continue...'
Jean Clair, La mort de Socrate
Étienne Gilson, Un philosophe du langage
Yvon Belaval, Brice Parain, philosophe du dialogue
Jean Blot, La dissertation de Brice Parain
Roger Munier, Le silence
Marc Petit, Le philosophe et les poètes
Manuel de Diéguez, Par miracle
Maurice Blanchot, Une nouvelle raison?
Brice Parain, La morale?
Anonymes, Les revues
Publié le : lundi 13 avril 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072389443
Nombre de pages : 126
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Lepain
et
le
vin
Çaluiallaitbiendes'appelerBriceParain.Cesquatre syllabesontunjenesaisquoidecampagnard,une odeurd'aprèslapluie.Etjenel'aijamaisévoqué,ou regardé,sanspenseràlamiedepain,sonvisageenétait pourainsidirepétri,etsaparole,bonnefarineàsepar-tager.Intarissable,pourpeuqu'ons'accorde,àpartird'un silence,commedeuxinstrumentsprêtsàjouerlemême morceau;dèsquevenaientsurlatoileciréed'unegrosse tablefermière,soitlaRussie,lasienne,soit laguerre, lasienneaussi,celledestranchéesdeVerdunetd'ail-leurs.Cesdeuxévénements,cesdeux«voyages»lui avaientlaisséunchatdanslagorge,etl'éternitén'aurait passuffiàl'expulsiondecechatàtraverslescôtesduquel passaienttantbienquemal,plutôtbien,lesmotsd'undis-coursquelapassionet larageavaientmisenbranle.Mots touràtourraisonnantsetchahuteurs.Ilressemblaitparfois àunpèrefouettardaffectueux,maisrâleur,scrogneugneu, lecrâneébouriffé,leregardenvadrouille,àlachasse,pis-tantlegibierdumensonge.Foudeliberté,etnes'entenant pasauconstatsecduprisonnier,nulgoûtd'unequelconque évasion,ilavaittentéd'êtrepourquelquechose,pour quelqu'un,dans«l'élargissement»deshommes.Plustêtu qu'optimiste,ilnevoulaitpasdémordredecertaines croyancessimplescommebonjour,artisanales,rurales,etla chaleurqu'ildégageaitétaitbiencelled'unhommede guerreéperdument,farouchement,méchammentpartisan
LaNouvelleRevueFrançaise d'unepaixadéquateàcescroyances.Cescertitudes.Hors leursvertus,pointdesalut.Ilseméfiaitdelapoésie,dece quecertainshommesentendentparcemotunpeupasse-partout,etqu'ilredoutaitdanslamesureiln'esttrop souventquelecache-misèred'unenostalgie.Illuifallait dusolide,unebonneassiettéedesoupe, sansjamaistomber danslemisérabilisme,oulepopulaireàtroisoumille sous.Fortd'uneculturedontlespiliersétaientPlaton etKant,ilpouvaitsepermettred'êtrefamilier,bonnefran-quette,enbrasdechemise,sansnulleaffectationoupensée d'arrièrelesfagotsdeladémagogie.Heideggerl'agaçait,je nesuisjamaisparvenuàluifairedireexactementpour-quoiouj'aimalcomprissesraisons.Quantaux«cher-cheurs»actuels,ilmettaittoutesavolontéàtenterd'en saisirlespointsd'efficacitévéritables,maissanspouvoir pousserau-delàd'unefatiguegrandissante.Avouonsqu'il fautunefortesantépouryallervoir. Ilaurapassésavieàinterrogerlesmotsdetouslesjours, àlespousserducoudepouréprouverleurrésistance,pour savoircequ'ilsontdanslapeau.Cherchantcommeun gosseobstinélelieudeneutralisationdetousleursrap-ports,sansjamaisperdredevuelesignequilesoriente. Hommereligieux,hommederespect,persuadéquelapa-roleetseseffetsressemblent,devraientressemblerplusà unarpentdeterreàlabourercourageusementqu'àuncoup deventdansledésert.Neserésignantpas àenfilerles motscommeperlesplusoumoinsfausses,maislesfouil-lant,lesusantjusqu'àcequ'ilsrendentgorge(lechatavec). Quêtepathétique,quiconsisteàvouloirdébarrasserlavie desélémentsthéâtraux.De sacomédie.Demanièreàn'être jamaisdupe,oufloué,commeditMmedeBeauvoir. Stupéfaitd'avoirapprisàmentiràl'école,àsouffriràla guerre,ilauravécuenpoilu,sansjamaiscéderàcequ'il peutyavoirdemagiquedansleverbe,maisaucontraire sanscesseremuant,bouleversantlechampd'unlangage dontiln'acceptaitpasl'ambiguïté.D'oùsonappétit,son goûtdel'autreilseméfiaitdelasolitude,luipréférant
LaNouvelleRevueFrançaise imagedanslarêverieetypenserdixansaprès,avecle langageonpeutparleràDieu,aveclelangageonpeutréflé-chirsurlelangage.Cen'estpasdelatranscendance?La transcendancequiseraitdansl'immanencecommeyres-tantmalgrésafonction,quiestdedominerl'immanence, serait-elletrèsdifférentedelatranscendancetoutcourt?Je comprendsqu'ilimported'éviterDieu,dontonnesaitpas que dire.Maiscommentallons-nousappelernotretrans-cendancepourladistinguertoutdemêmedel'immanence? Autrementdit,quelssontlesrapportsdulangageetdela liberté?Onlescherche.L'idéedel'écritureautomatique suggèrequelessurréalistescroyaientquenosparolesnous viennentdesprofondeursdenotreinconscientetqu'ilfaut lesdélivrerdenotrepersonnagesocialquilesaccapareense formant,ensefaçonnant,ens'éduquantconformément auxpréjugés.Jelecroyaiségalementàcemoment-là. C'étaitsansdoutel'héritageduromantisme,danslaligne delaliberté.Encetendroitdesanaissancenotrelangage senourriraitdenotreintimitéetseraitvéridique.Malheu-reusementj'airenonceràunepareilleconfiance.Pour-quoicettevertudevériténeseconserve-t-ellepas?Qu'on puissementir,délibérément,consciemment,montreque nosparolesnesontliéesànousparaucunenécessiténous n'avonsdoncpasàcherchernotrecapacitédevéritéailleurs quedansnotrevolontédenepastricheraveccequenous pensons.Plusexactementdansnotrevolontéd'atteindre lavérité.Carilfautqu'ilyenaitunepourque nouspuis-sionslasaisir.Sansvéritéiln'yapasdemoralepossible, l'embarrasdenotreépoqueestfondé.Avecladialectique elleparaîtvouloirrenonceràlacroyanceenlapossibilité pourl'esprithumaindeparveniràdesvéritéssolideset universellesendehorsdessciencesditesexactes,dontelles constitueraientleprivilège.Maisl'espritabesoindevérités. Va-t-ilselimiteràcelles,surtouthistoriquesd'ailleurs, qu'ilpeutétabliretquisontétroitementlocales,pourhési-tersurtouteslesautres,quisontbienplusimportantes,et nonseulementhésitermaisenarriveràsebattre,sansmême
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