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Lepain
et
le
vin
Çaluiallaitbiendes'appelerBriceParain.Cesquatre syllabesontunjenesaisquoidecampagnard,une odeurd'aprèslapluie.Etjenel'aijamaisévoqué,ou regardé,sanspenseràlamiedepain,sonvisageenétait pourainsidirepétri,etsaparole,bonnefarineàsepar-tager.Intarissable,pourpeuqu'ons'accorde,àpartird'un silence,commedeuxinstrumentsprêtsàjouerlemême morceau;dèsquevenaientsurlatoileciréed'unegrosse tablefermière,soitlaRussie,lasienne,soit laguerre, lasienneaussi,celledestranchéesdeVerdunetd'ail-leurs.Cesdeuxévénements,cesdeux«voyages»lui avaientlaisséunchatdanslagorge,etl'éternitén'aurait passuffiàl'expulsiondecechatàtraverslescôtesduquel passaienttantbienquemal,plutôtbien,lesmotsd'undis-coursquelapassionet larageavaientmisenbranle.Mots touràtourraisonnantsetchahuteurs.Ilressemblaitparfois àunpèrefouettardaffectueux,maisrâleur,scrogneugneu, lecrâneébouriffé,leregardenvadrouille,àlachasse,pis-tantlegibierdumensonge.Foudeliberté,etnes'entenant pasauconstatsecduprisonnier,nulgoûtd'unequelconque évasion,ilavaittentéd'êtrepourquelquechose,pour quelqu'un,dans«l'élargissement»deshommes.Plustêtu qu'optimiste,ilnevoulaitpasdémordredecertaines croyancessimplescommebonjour,artisanales,rurales,etla chaleurqu'ildégageaitétaitbiencelled'unhommede guerreéperdument,farouchement,méchammentpartisan
LaNouvelleRevueFrançaise d'unepaixadéquateàcescroyances.Cescertitudes.Hors leursvertus,pointdesalut.Ilseméfiaitdelapoésie,dece quecertainshommesentendentparcemotunpeupasse-partout,etqu'ilredoutaitdanslamesureiln'esttrop souventquelecache-misèred'unenostalgie.Illuifallait dusolide,unebonneassiettéedesoupe, sansjamaistomber danslemisérabilisme,oulepopulaireàtroisoumille sous.Fortd'uneculturedontlespiliersétaientPlaton etKant,ilpouvaitsepermettred'êtrefamilier,bonnefran-quette,enbrasdechemise,sansnulleaffectationoupensée d'arrièrelesfagotsdeladémagogie.Heideggerl'agaçait,je nesuisjamaisparvenuàluifairedireexactementpour-quoiouj'aimalcomprissesraisons.Quantaux«cher-cheurs»actuels,ilmettaittoutesavolontéàtenterd'en saisirlespointsd'efficacitévéritables,maissanspouvoir pousserau-delàd'unefatiguegrandissante.Avouonsqu'il fautunefortesantépouryallervoir. Ilaurapassésavieàinterrogerlesmotsdetouslesjours, àlespousserducoudepouréprouverleurrésistance,pour savoircequ'ilsontdanslapeau.Cherchantcommeun gosseobstinélelieudeneutralisationdetousleursrap-ports,sansjamaisperdredevuelesignequilesoriente. Hommereligieux,hommederespect,persuadéquelapa-roleetseseffetsressemblent,devraientressemblerplusà unarpentdeterreàlabourercourageusementqu'àuncoup deventdansledésert.Neserésignantpas àenfilerles motscommeperlesplusoumoinsfausses,maislesfouil-lant,lesusantjusqu'àcequ'ilsrendentgorge(lechatavec). Quêtepathétique,quiconsisteàvouloirdébarrasserlavie desélémentsthéâtraux.De sacomédie.Demanièreàn'être jamaisdupe,oufloué,commeditMmedeBeauvoir. Stupéfaitd'avoirapprisàmentiràl'école,àsouffriràla guerre,ilauravécuenpoilu,sansjamaiscéderàcequ'il peutyavoirdemagiquedansleverbe,maisaucontraire sanscesseremuant,bouleversantlechampd'unlangage dontiln'acceptaitpasl'ambiguïté.D'oùsonappétit,son goûtdel'autreilseméfiaitdelasolitude,luipréférant
LaNouvelleRevueFrançaise imagedanslarêverieetypenserdixansaprès,avecle langageonpeutparleràDieu,aveclelangageonpeutréflé-chirsurlelangage.Cen'estpasdelatranscendance?La transcendancequiseraitdansl'immanencecommeyres-tantmalgrésafonction,quiestdedominerl'immanence, serait-elletrèsdifférentedelatranscendancetoutcourt?Je comprendsqu'ilimported'éviterDieu,dontonnesaitpas que dire.Maiscommentallons-nousappelernotretrans-cendancepourladistinguertoutdemêmedel'immanence? Autrementdit,quelssontlesrapportsdulangageetdela liberté?Onlescherche.L'idéedel'écritureautomatique suggèrequelessurréalistescroyaientquenosparolesnous viennentdesprofondeursdenotreinconscientetqu'ilfaut lesdélivrerdenotrepersonnagesocialquilesaccapareense formant,ensefaçonnant,ens'éduquantconformément auxpréjugés.Jelecroyaiségalementàcemoment-là. C'étaitsansdoutel'héritageduromantisme,danslaligne delaliberté.Encetendroitdesanaissancenotrelangage senourriraitdenotreintimitéetseraitvéridique.Malheu-reusementj'airenonceràunepareilleconfiance.Pour-quoicettevertudevériténeseconserve-t-ellepas?Qu'on puissementir,délibérément,consciemment,montreque nosparolesnesontliéesànousparaucunenécessiténous n'avonsdoncpasàcherchernotrecapacitédevéritéailleurs quedansnotrevolontédenepastricheraveccequenous pensons.Plusexactementdansnotrevolontéd'atteindre lavérité.Carilfautqu'ilyenaitunepourque nouspuis-sionslasaisir.Sansvéritéiln'yapasdemoralepossible, l'embarrasdenotreépoqueestfondé.Avecladialectique elleparaîtvouloirrenonceràlacroyanceenlapossibilité pourl'esprithumaindeparveniràdesvéritéssolideset universellesendehorsdessciencesditesexactes,dontelles constitueraientleprivilège.Maisl'espritabesoindevérités. Va-t-ilselimiteràcelles,surtouthistoriquesd'ailleurs, qu'ilpeutétabliretquisontétroitementlocales,pourhési-tersurtouteslesautres,quisontbienplusimportantes,et nonseulementhésitermaisenarriveràsebattre,sansmême