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Calculs et cailloux - Calendriers à Carnac

De
138 pages
En raison de leur trop lointaine origine, de l’amnésie qui touche les sociétés humaines, des détériorations et usures qu’ils ont subies au fil du temps, il est des monuments dont on ne peut que postuler la signification. Pour les alignements mégalithiques armoricains, l’on a ainsi pu postuler une fonction sacrée… Ne peut-on toutefois les lire autrement? Et s’ils jouaient un autre rôle? Et si ces alignements rendaient compte d’une maîtrise du temps? Et s’il s’agissait de calendriers? Formulant, analysant et vérifiant ces hypothèses de travail, "Calculs et cailloux" constitue dans le même temps un ouvrage audacieux. À la frontière de l’archéologique et de l’astronomique, de l’enquête et des mathématiques, située entre terre et cieux, la réflexion proposée par Bernard Guiollot se confronte aux secrets du passé et tente de donner un sens à ce qui demeure encore mystère. Pouvant tout autant intéresser les historiens que les amateurs éclairés des civilisations qui ne lassent pas de nous questionner, "Calculs et cailloux" s’essaie à un décryptage inédit des sites du Ménec, de Kermario et de Kerlescan.
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Calculs et cailloux Calendriers à Carnac
Bernard Guiollot Calculs et cailloux Calendriers à Carnac
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IDDN.FR.010.0115030.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2010
Préface Les ensembles mégalithiques formés de pierres alignées sur une ou plusieurs rangées sont assez nombreux en Ar-morique. On en dénombre près de soixante pour lensemble de la région. On ignore leur fonction, et lon est mal renseigné sur leur datation. Tout au plus peut-on dire quils sont plus récents que les grandes sépultures collectives (cairn de Barnenez, tumulus de lîle Carn, tu-mulus de lîle Guennoc) Si on recherche la fonction de ces monuments, on peut évoquer tout dabord lusage romain des cailloux (calculi) quon plaçait dans des abaques. On plaçait les cailloux dans les différents registres de labaque, les registres cor-respondant à des valeurs croissantes, augmentant par exemple avec les puissances de dix. Chaque nombre dé-cimal pouvait sécrire avec un petit nombre de cailloux, et les additions ou les multiplications pouvaient sy faire très vite, et sans risque derreur. Il est vraisemblable que les calculs avec des arrangements de cailloux ont précédé la mise en place des alignements mégalithiques, avec toute-fois cette différence que les monuments ne sont pas un calcul en train de se faire : les valeurs ne sont pas en mou-vement, mais elles sont arrêtées définitivement. Ces calculs arrêtés définitivement peuvent faire penser à une mémoire du temps écoulé, donc à uncalendrier. En ce cas chaque pierre doit avoir une valeur invariable, liée à sa position dans une séquence. Les alignements devaient se subdiviser en séquences indépendantes, comme les co-
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lonnes des abaques, afin que telle ou telle valeur puisse être attribuée à une pierre, suivant sa position dans un sous-ensemble. Quels arguments évoquer, allant dans le sens de lhypothèse « calendriers » ? Il y a tout dabord des tradi-tions orales recueillies ici ou là, suivant lesquelles les pierres ont un rapport avec les solstices dété et dhiver. La nuit du solsticeles pierres se mettent en mouvement. Ou bienon ajoute une pierre plus à chaque solstice de dété. Comme si le temps figé dans le monument redeve-nait du temps vivant, du temps qui coule, au moment des échéances de lancien calendrier. On doit penser ici au calendrier athénien, dont les années commençaient au solstice dété. Ces traditions relatives aux solstices sont dautant plus remarquables quen général les alignements ne sont pas orientés vers les points où se lève (ou se cou-che) le soleil en sa position du solstice, mais sur des directions intermédiaires : la tradition ne peut pas sêtre formée par le simple examen des monuments. Un autre argument est la forme générale donnée aux alignements, qui évoquent des sillons parallèles, donc un labour et des semailles. On peut penser que linvention des alignements est en rapport avec les débuts de lagriculture, et notamment avec lapparition de laraire, et des semailles de céréales. Sans doute voulait-on déterminer la date des travaux agraires les plus importants. LArmorique est bien éloignée du monde grec ancien. Il se peut quon ait fait dans cette région des découvertes menues ou importantes en matière dastronomie ou de calendrier, à linsu du monde grec. Il y a toutefois ce texte bien connu de Diodore de Sicile où il est question des Hy-perboréens (livre 2, chapitre 17). Diodore mentionne un cycle de dix-neuf ans, cycle qui ramène les astres dans la
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