Chroniques de Bolivie

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Certains voyages changent le regard que l’on porte sur la vie. Dans la Cordillère des Andes, la puissance de la nature égale l’extrême rigueur des conditions de vie de ses habitants. Ils sont mineurs luttant contre le roc en quête de maigres pépites d’or, paysans oubliés dans les âpres montagnes de l’Altiplano ou orphelins dans les quartiers populaires de La Paz. Parti à leur rencontre, Georges Maria-Fabry éprouve l’ampleur du fossé culturel qui sépare l’Europe de la Bolivie. Récit de voyage, et surtout carnet de rencontres, Chroniques de Bolivie nous entraîne à la découverte d’un pays en pleine mutation, tiraillé entre ses traditions et les défis de la modernité.
Publié le : dimanche 19 juin 2011
Lecture(s) : 304
EAN13 : 9782304033762
Nombre de pages : 209
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Chroniques de Bolivie
Georges Maria-Fabry
Chroniques de Bolivie El cielo mas puro del mundo
Récit
Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2010 ISBN : 978-2-304-03376-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304033762 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03377-9 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304033779 (livre numérique)
PROLOGUE
J’étais parti pour le Vanuatu sans trop savoir * où ça se trouvait et on sait ce qu’il advint . Alors que notre séjour dans le Pacifique prenait fin, Myriam, que j’avais épousée à Port Vila trois ans plus tôt et qui s’était mise en disponibilité suite à l’expulsion de l’Ambassadeur, avait demandé sa réintégration. Nous attendions le bon vouloir du ministère des Affaires étrangères pour savoir ce qu’il adviendrait de nous. En effet, à cette époque là, les agents du ministère ne postulaient point pour quelques affectations relevées sur « la transparence » c'est-à-dire sur la liste des postes vacants ou susceptibles de l’être, car cette dernière n’avait pas encore été mise en place. Non, c’est directement de Paris qu’une proposition arrivait ! L’agent devait l’accepter ou la refuser…
*  CfVanuatu, le pays des hommes habillés tout nus, éditions Le Manuscrit, 2007, 183 p.
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En cas de refus, on lui proposait autre chose, à moins qu’il ne se résigne à rentrer à l’administration centrale, à Paris. C’est assez tard, vers la mi-novembre 1990, qu’arriva une proposition de poste pour Myriam comme secrétaire à l’Ambassade de France à La Paz en Bolivie…. Je me pris à rêver. L’Amérique du sud ! C’était une lubie, une envie d’exotisme qui n’était jamais allée plus loin que mes rêves de gosse. Je devais quant à moi réintégrer l’Education Nationale française sur un poste dans les Bouches du Rhône à partir de Février 1991. Je dus me dépêcher de faire ma demande de mise en disponibilité pour suivre mon conjoint : à mon tour de vivre aux crochets de mon épouse (sic)… Rapidement nous avons essayé de collecter des documents sur ce pays perdu au centre du continent sud-américain. Tout d’abord des renseignements pour nous-mêmes, afin de savoir à quoi ressemblait l’endroit où nous allions vivre… Mais surtout pour notre fils Frédérick. Car pour lui, quitter le Vanuatu allait être un véritable déchirement…
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Pour lui expliquer les raisons du départ et lui faire admettre ce bouleversement, la tâche s’avéra très délicate. Il pleurait souvent dans son lit et quand Myriam venait le consoler il implorait : « Laissez-moi ici avec Béatrice (notre employée)… je préfère ! » Pauvre petit garçon arraché au monde qu’il s’était bâti au fil des six années passées à Port-Vila.Quitter sa maison, son chien, son chat, et surtout ses copains avec qui il avait usé ses fonds de culotte sur les bancs de l’école primaire française. Changer de vie et oublier ses plages favorites où il passait tous ses week-ends à jouer… c’était au dessus de ses forces. Imaginez ce que pouvait ressentir ce gamin qui, arrivé à l’âge de quatre ans au Vanuatu, avait construit tout son monde autour de Port-Vila. Il fallait donc lui trouver des points de repères pour lui permettre de se projeter sans peur dans l’avenir. Nous avons donc battu le rappel de nos amis et de nos relations pour obtenir des informations concrètes sur la Bolivie… Par chance, un coopérant travaillant pour l’ORSTOM (Office de la Recherche Scientifique et Technique d’Outre Mer, qui
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s’appelle aujourd’hui IRD : Institut pour la Recherche et le Développement), chercheur en vulcanologie, revenait de… Bolivie. Il possédait une magnifique collection de photos diverses sur le pays et accessoirement des adresses d’hôtels à La Paz… On verra plus tard qu’elles nous ont bien été utiles. Nous avons pu ainsi aider Frédérick à mettre des images sur cette Bolivie où il allait émigrer et qui lui semblait certainement tellement abstraite et mystérieuse… Et pourquoi le nier, à moi aussi ! Je n’avais qu’une très vague idée de ce continent : la preuve, j’avais choisi Port-Vila en pensant que c’était un port d’Amérique du sud ! L’étendue de mes connaissances se bornait à de maigres références cinématographiques. Comme beaucoup d’adolescents des années soixante, j’avais vuL’homme de Rio, ce film de Philippe de Broca avec Jean Paul Belmondo, jeune héros, qui par un coup de baguette magique changeait de continent : … Le deuxième classe Adrien Dufourquet, témoin de l'enlèvement de sa fiancée Agnès, fille d'un célèbre ethnologue, part à sa recherche. Il se retrouve au Brésil, et il met au jour un trafic de statuettes indiennes.… Combien de fois me suis-je dit : « J’aimerais bien prendre sa place ! »
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