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Colportage I. Lectures

De
168 pages
Des rues d'Istanbul à un théâtre au bord de la mer, et de la pantoufle de verre à un signe de ponctuation peut-être inventé par Jean Paulhan, ce volume réunit des essais brefs inspirés par vingt ans de lectures, mais aussi par des rencontres et des amitiés. Les écrivains célèbres y côtoient des auteurs méconnus. On y voyage avec Segalen, mais la Chine est celle de Bartoli, qui fit de l'empire du Milieu une contrée imaginaire et plutôt baroque ; on s'interroge sur le rêve avec Mandiargues, sur la poésie avec Bounoure, sur les mirages à propos de Fata Morgana ; on y rencontre des morts qu'on a connus vivants, des vivants à qui l'on souhaite d'écrire encore, Lewis Carroll en barque sur l'Isis et même un bibliophile dont l'existence est incertaine.
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couverture
 

Gérard Macé

 

 

ColportageI

 

Lectures

 

 
 

La bibliothèque des rues

Aux salles de lecture qui rappellent trop la lampe et l'étude, à la salle des catalogues où je me suis perdu deux ou trois fois, oubliant presque aussitôt ce que j'étais venu chercher, j'ai toujours préféré la bibliothèque des rues. Avec l'illusion que j'allais trouver là, dans ce dédale à ciel ouvert, un fil d'Ariane et le fin mot de ma propre histoire. Avec l'espoir de rencontrer la chance, cette passante éphémère dont on rêve à chaque instant d'emboîter le pas.

J'ai craint parfois qu'elle ne se retourne à l'improviste, et n'ait rien d'autre à m'offrir que son visage à jamais fermé ; mais j'ai cru reconnaître son sourire, dans ces moments propices où l'érudition se conjuguant avec le désir, le savoir lui-même a des vertus poétiques : grâce à des échos dans le temps, des égarements suivis de reconnaissances, des enjambements et des analogies...

Plutôt que les fatigues de la recherche, c'est l'inspiration qui permet la vraie trouvaille : comme tout bonheur imprévu elle vient alors combler le cœur, autrement dit se loger à la place vide où le désir réclamait un objet ; elle permet du même coup d'abolir la distance, infranchissable si souvent, qui nous sépare du monde.

 

C'est ainsi que derrière le bazar aux épices à Istanbul j'ai trouvé un livre de comptes encore vierge, un registre ancien recouvert de toile noire, dont j'ai fait le soir même le « grand livre de la dette », afin d'y inscrire, plutôt que des pertes et des profits, les chances offertes par le temps, et prolonger ainsi le jeu à somme nulle de la mémoire. Un jeu dont la donne peut encore changer, jusqu'à l'échéance dont la date est inconnue.

Après quoi j'ai pris l'un de ces autobus collectifs, les dolmus, qui ne consentent à partir que lorsque toutes les places sont occupées, mais dont on peut avancer le départ en payant le prix des places encore libres.

En tapant sur l'épaule du chauffeur pour partir un peu plus tôt, j'ai imaginé un instant que je payais la place de Nerval, car c'était forcément lui le voyageur absent, égaré dans sa mémoire ou marchant sur les traces de l'abbé de Bucquoy, quelque part entre Mortefontaine et les cafés du Caire. À moins qu'il ne soit revenu parmi nous pour traverser encore une fois l'Achéron, dans l'un de ces véhicules brinquebalants qui ont remplacé la barque des Anciens.

Si Nerval m'accompagne, et plus souvent qu'à son tour, c'est que j'ai cru le voir jadis en grande tenue de soupirant, sur la route qui le rapprochait de ses souvenirs en l'éloignant du théâtre incendié de ses rêves. Et c'est grâce à lui que j'ai appris, en lisant Les filles du feu, jusqu'où peut mener la recherche d'un livre dans une ville étrangère.

En demandant son chemin comme on prononcerait un mot de passe, on remonte le temps, et l'on prend alors la moindre page blanche pour le livre de la mémoire, un journal grand ouvert pour le livre des morts.

 

Pierres de touche

« Ce qu'on ne peut atteindre en volant, il faut l'atteindre en boitant » : cet avertissement de Rückert, ou ce conseil oublié trop longtemps, me rappelle que la chute est toujours proche de l'envol, au point d'en être la forme humaine et gauche, mais il me rappelle aussi qu'un brusque hasard, grâce à la vigilance endormie nous fait sortir de l'ornière où l'on s'enfonçait malgré soi : la moindre entorse à nos habitudes réveille alors d'anciens désirs, et sur le pavé mal équarri l'attention un instant relâchée nous permet parfois de retrouver la mémoire.

J'y pensais l'autre jour en traversant le chantier du nouveau Louvre ; et du Carrousel au Palais-Royal, puis de la rue Morgue à l'hôtel de Guermantes j'avais l'impression de suivre en pensée le cygne de Baudelaire et ses incarnations successives, comme si la littérature était proche ici de la métempsycose, ou comme si je n'avais pas d'autres souvenirs que des souvenirs de lecture.

Dans un Paris qui change, selon la formule fameuse entre toutes, « plus vite que le cœur d'un mortel », Baudelaire en marchant se met à vouvoyer Andromaque, et commence un soliloque où le bric-à-brac confus de la rêverie s'organise en strophes régulières, pour donner un poème tardif des Fleurs du mal, et peut-être le plus beau : non pas « L'albatros » alourdi par le symbole, dont le vol est emprunté dans tous les sens du terme, puisqu'il vient d'Angleterre où le vieux marin de Coleridge l'avait laissé dans un piteux état ; mais le grand « Cygne » évadé d'une ménagerie, cet exilé qui boite sur le sol inégal, et qui tend le cou vers le ciel en adressant des reproches à Dieu.

C'est en suivant ce cygne éclopé, « ridicule et sublime » comme un dandy vieillissant, que Baudelaire, grâce aux ailes de géant que donne le songe, passe d'un chantier moderne aux ruines de l'Antiquité ; des fûts et des chapiteaux ébauchés à la ville de Troie mise à sac par les guerriers de l'Iliade. Mais ce que Baudelaire ne dit pas, parce que la vérité qui affleure se passe d'un langage trop clair, c'est que les pleurs d'Andromaque et ses douleurs de veuve lui rappellent un autre deuil, et le fils d'Hector un orphelin qui lui ressemble : c'est sa propre mère, voilée de noir et sublimée par le souvenir, qui lui revient sous les traits d'une fatale héroïne, d'autant que Caroline Dufaÿs épousant en secondes noces le général Aupick a connu en moins glorieux le même sort qu'Andromaque,

 

...] des bras d'un grand époux tombée,

Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus.

 

Si Baudelaire ne prononce pas le nom d'Astyanax, dans ce long poème autobiographique où les images se superposent, au point que les personnages les plus familiers se dissimulent sous des figures de légende (et dans ce sens, les dieux se nourrissent vraiment de notre chair), c'est que l'orphelin dont la silhouette est si floue dans sa mémoire est un autre lui-même, et que le flot des souvenirs est d'abord un invisible filet d'eau, comme tout grand fleuve à sa naissance, le « Simoïs menteur » aussi bien que la Seine.

 

Quinze ans plus tôt, Baudelaire avait emboîté le pas d'Edgard Poe en traduisant Double assassinat dans la rue Morgue : d'une langue à l'autre il avait suivi les traces d'un détective à l'âme double et de son alter ego le narrateur, dans un Paris nocturne où déjà, de l'imaginaire passage Lamartine à la rue Morgue inventée elle aussi, c'étaient des pavés inégaux qui donnaient le branle à la rêverie, c'est-à-dire aux pensées divagantes et silencieuses de deux promeneurs amoureux de la nuit, au point de tirer les rideaux pendant le jour, dans la maison où ils vivent ensemble au milieu des livres.

Le narrateur n'a pas de secrets pour Dupin qui peut lire dans ses pensées comme si c'étaient les siennes et retracer à voix haute, un par un, les accidents d'un monologue intérieur pourtant décousu ; mais c'est grâce à des facultés d'analyse hors du commun qu'il peut ainsi remonter de l'effet à la cause, en étalant devant nous les anneaux d'une chaîne où la logique a des airs de magie. Entre le premier de ces anneaux et le dernier le narrateur, qu'on vient de bousculer, qui marchait les yeux rivés au sol pour éviter la chute, a repris le dessus : il a levé les yeux au ciel en pensant à la nébuleuse d'Orion, et s'est redressé grâce à des pavés de bois tout neufs, aussi bien ajustés que les répliques d'un dialogue où tout s'enchaîne alors comme par miracle. La rêverie retrouvant son assise, on a même l'impression qu'Edgar Poe en personne a rétabli l'équilibre, lui dont la hantise fut si souvent de rouler dans le caniveau, où on le trouva ivre mort en effet, un jour d'octobre 1849.

 

Dans la cour de l'hôtel de Guermantes, c'est un wattman qui fait faire un écart avec sa voiture au narrateur de la Recherche, et l'on se souvient que, par analogie, le sol inégal de Saint-Marc lui revient en mémoire à l'instant où il titube. Le doute alors levé sur la réalité de ses dons littéraires, il entrevoit enfin la possibilité d'un livre immense qu'il va méditer dans la bibliothèque des Guermantes, une bibliothèque aux portes battantes puisqu'elles donnent sur le bal du Temps retrouvé. Car il faut que le temps revienne sur lui-même pour redonner vie aux saveurs, aux bruits, aux parfums, à toutes les sensations endormies qui attendaient à leur rang, « dans la série des jours oubliés ».

Trois fois la littérature a donc fait trébucher ceux qu'elle aime, mais à chaque fois contre une pierre de touche, et sur le chemin d'une vérité intérieure qui leur permet de lever les yeux au ciel, une fois la chute évitée de justesse, comme si leur âme prenait enfin son envol.

 

Verre et vair

Ce qu'on ne peut atteindre en volant... il faut l'atteindre en boitant. Boiter n'est pas un péché, nous enseigne l'Écriture.

RÜCKERT

Oui, c'est bien une pantoufle de verre que porte Cendrillon, et non une pantoufle de vair, malgré une hésitation prolongée pendant plus d'un siècle, et une erreur que l'on pourrait dire attestée, par Balzac et Littré entre autres.

C'est dans l'une de ses Études philosophiques intitulée « Sur Catherine de Médicis » que Balzac, sûr de son bon droit, consacre une digression à cette orthographe douteuse, à cet objet du désir qui a décidément troublé bien des esprits :

 

« En France comme dans les autres royaumes, non seulement des ordonnances réservaient le port des fourrures à la noblesse, ce qu'atteste le rôle de l'hermine dans les vieux blasons, mais encore certaines fourrures rares comme le vair, qui sans doute était la zibeline impériale, ne pouvaient être portées que par les rois, par les ducs et par les seigneurs revêtus de certaines charges. On distinguait le grand et le menu vair. Ce mot, depuis cent ans, est si bien tombé en désuétude que, dans un nombre infini des contes de Perrault, la célèbre pantoufle de Cendrillon, sans doute de menu vair, est présentée comme étant de verre. »

 

Littré, qui se veut positif comme toujours, commence par nous rappeler (après Furetière) que le vair est fait de la peau d'une espèce d'écureuil « qui était colombine par-dessus et blanche par-dessous » (vair vient du latin varius), fourrure qu'on nomme aussi petit-gris. Puis il précise, à la suite de Balzac : « C'est parce qu'on n'a pas compris ce mot maintenant peu usité qu'on a imprimé dans plusieurs éditions du conte de Cendrillon souliers de verre (ce qui est absurde), au lieu de souliers de vair, c'est-à-dire souliers fourrés de vair. »

En fait, l'érudition est ici fallacieuse, et c'est une pantoufle de verre qu'on trouve dans l'édition originale de 1697, ce qui ne serait pas une preuve suffisante (on pourrait croire à une coquille dès l'origine) si d'autres versions du conte, dans des langues où l'homophonie ne joue pas, et ne prête donc pas à la confusion du français, ne venaient nous assurer définitivement que le vair est un avatar dû à des esprits pour une fois trop logiques.

C'est d'ailleurs avec résignation, et même un certain désenchantement, que Pierre Larousse adoptait quant à lui la nouvelle orthographe :

 

« Beaucoup de ceux qui n'ont lu le joli conte de Cendrillon que dans les livres qu'on mettait entre leurs mains pour les amuser quand ils étaient enfants seront surpris sans doute de ne plus retrouver ici cette pantoufle de verre qui avait frappé, plus que tout le reste peut-être, leur imagination naissante. Quoi de plus joli qu'une pantoufle transparente qui laissait voir, comme s'il eût été nu, ce charmant petit pied dont le fils du roi se montre si amoureux ! Et quelle devait être la légèreté de cette jeune fille, qui pouvait marcher et danser avec des pantoufles si fragiles sans qu'elles se brisassent ! Il semble que le conte de Perrault perd beaucoup de son prix dès que la pantoufle de Cendrillon n'est plus qu'une pantoufle de vair, c'est-à-dire une pantoufle ornée de fourrure. »

 

D'une citation à l'autre, l'écrit vacille et devient aussi incertain que la tradition orale. C'est peut-être pourquoi Larousse nous donne la source la plus ancienne de Cendrillon, d'après les Histoires diverses d'Élien : pendant qu'une courtisane égyptienne était au bain, et que ses femmes gardaient ses vêtements, un aigle s'empara de l'un de ses souliers et le porta au prince occupé à rendre la justice, qui fit chercher ensuite à travers toute l'Égypte la femme à qui appartenait ce soulier.

Plus nostalgique et moins précis que Balzac et Littré, moins acharné qu'eux à défendre une version qui n'est pas la sienne, Larousse est plus sensible à la féerie du conte, à la magie de l'objet, à ce que le désir autant que la fortune trame entre les êtres, et du même coup il nous laisse entrevoir les raisons de ce qui ressemble fort à une censure involontaire : d'autres que moi, à propos de cette inadmissible pantoufle, parleraient de la fragilité du phallus ; mais je préfère, instruit par tant de mésaventures, m'en tenir comme Pierre Larousse à moins de certitude. Et je lui sais gré au passage d'avoir confirmé sans le vouloir ce qu'on pressent dans l'enfance : c'est bien dans le dictionnaire, grâce au hasard dirigé qui nous fait passer d'un mot à l'autre, qu'il faut chercher les secrets de l'amour – une façon de les nommer à défaut de lever le voile.

 

Le Cabinet des lettrés

Ceux qui aiment ardemment les livres constituent sans qu'ils le sachent une société secrète. Le plaisir de la lecture, la curiosité de tout et une médisance sans âge les rassemblent.

Leurs choix ne correspondent jamais à ceux des marchands, des professeurs ni des académies. Ils ne respectent pas le goût des autres et vont se loger plutôt dans les interstices et les replis, la solitude, les oublis, les confins du temps, les mœurs passionnées, les zones d'ombre.

Ils forment à eux seuls une bibliothèque de vies brèves. Ils s'entrelisent dans le silence, à la lueur des chandelles, dans le recoin de leur bibliothèque tandis que la classe des guerriers s'entre-tue avec fracas et que celle des marchands s'entre-dévore en criaillant dans la lumière tombant à plomb sur les places des bourgs.

Gérard Macé est né le 4 décembre 1946 à Paris. Il a publié depuis 1974, principalement aux éditions Gallimard, des livres qui sont autant d'interrogations, de rêveries sur les lieux et les signes, sous la forme du poème en prose (Bois dormant), de l'essai (Le manteau de Fortuny) ou de la narration (Le dernier des Égyptiens).

 

Du même auteur, Le Promeneur publie également Colportage II, qui réunit des textes traduits de l'italien.

NRF

GALLIMARD

5, rue Gaston-Gallimard, 75328 Paris cedex 07

www.gallimard.fr
 
 
Projet graphique :
Pier Luigi Cerri.
Document de couverture : École française (XVIIe siècle), Le colporteur, détail.
Musée national des arts et traditions populaires, Paris. Photo © RMN-Jean-Schormans.
© Éditions Gallimard, 1998, pour la présente édition. Pour l'édition papier.
© Éditions Gallimard, 2016. Pour l'édition numérique.
 
 
Couverture : École française (XVIIe siècle), Le colporteur, détail. Musée national des arts et traditions populaires, Paris.

DU MÊME AUTEUR

Aux Éditions Le Promeneur

Colportage II, 1998

 

Aux Éditions Gallimard

Le jardin des langues, 1974

Les balcons de Babel, 1977

Ex Libris, 1980

Bois dormant, 1983

Les trois coffrets, 1985

Le manteau de Fortuny, 1987

Le dernier des Égyptiens, 1989

Vies antérieures, 1991

La mémoire aime chasser dans le noir, 1993

L'autre hémisphère du temps, 1995

 

Aux Éditions Fata Morgana

Leçon de chinois, 1981

Rome ou le firmament, 1983

Où grandissent les pierres, 1985

Les petites coutumes, 1989

Choses rapportées du Japon (photographies de Pierre Alechinsky), 1993

Cinéma muet, 1995

 

Aux Éditions Marval

Rome, l'invention du baroque (photographies d'Isabel Muñoz), 1997

Gérard Macé

Colportage I

Des rues d'Istanbul à un théâtre au bord de la mer, et de la pantoufle de verre à un signe de ponctuation peut-être inventé par Jean Paulhan, ce volume réunit des essais brefs inspirés par vingt ans de lectures, mais aussi par des rencontres et des amitiés. Les écrivains célèbres y côtoient des auteurs méconnus. On y voyage avec Segalen, mais la Chine est celle de Bartoli, qui fit de l'empire du Milieu une contrée imaginaire et plutôt baroque ; on s'interroge sur le rêve avec Mandiargues, sur la poésie avec Bounoure, sur les mirages à propos de Fata Morgana ; on y rencontre des morts qu'on a connus vivants, des vivants à qui l'on souhaite d'écrire encore, Lewis Carroll en barque sur l'Isis et même un bibliophile dont l'existence est incertaine.

Cette édition électronique du livre Colportage I de Gérard Macé a été réalisée le 28 juin 2016 par les Éditions Gallimard.

Elle repose sur l'édition papier du même ouvrage (ISBN : 9782070750733 - Numéro d'édition : 83365).

Code Sodis : N20191 - ISBN : 9782072201233 - Numéro d'édition : 195415

 

 

Ce livre numérique a été converti initialement au format EPUB par Isako www.isako.com à partir de l'édition papier du même ouvrage.