Comment se comporter en mentsh et pas en shmok

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Tout comme shmok, mentsh est un mot yiddish. Fondamentalement, il signifie «personne, être humain» et s'applique à tout individu sur terre. Chacun d'entre nous est une sorte de mentsh : Jean est un mentsh, Marie est un mentsh, même le petit Léo, occupé qu'il est à tirer la queue de son chien Farfel, est un mentsh. Farfel, lui, est une victime innocente qui mérite notre pitié, mais c'est un animal, pas un mentsh. Dans ce sens, nous somme tous des mentshn, indépendamment de nos aptitudes et de notre comportement. C'est une simple question de biologie. Mais le mode de pensée yiddish et la biologie ne font pas bon ménage et cela fait longtemps que mentsh n'est plus utilisé que pour parler de quelqu'un de bien. «Les autres paieront les pots cassés.» C'est le genre de sottise qui peut échapper à tout le monde, mais un shmok, lui, en fait une règle de vie. Et généralement il ne s'en rend même pas compte. Il faut le comprendre, ce n'est pas sa faute : personne ne lui a expliqué que sa mère exagérait un peu à l'époque où elle lui expliquait qu'il était le plus beau, le plus adorable, le plus prometteur et le plus intelligent ; que les autres, tous les autres, n'étaient que des benêts et des jaloux. Dans ce livre, Michael Wex nous livre enfin les clés d'une vie réussie, quelles que soient notre religion ou nos croyances, et nous explique avec une bonne dose d'humour comment le Talmud et les proverbes yiddish peuvent changer notre existence.
Publié le : vendredi 27 avril 2012
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EAN13 : 9782207109229
Nombre de pages : 221
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Comment se comporter enmentshet pas enshmok
DU MÊME AUTEUR AUX ÉDITIONS DENOËL
Kvetch ! Le yiddish ou l’art de se plaindre, 2008
Michael Wex
Comment se comporter enmentshet pas enshmok
Traduit de l’anglais par AnneSophie Dreyfus
Titre original : How to be a Mentsh (and not a Shmuck)
Éditeur original : Harper an imprint of HarperCollins, New York, 2009. © 2009 by Michael Wex
Et pour la traduction française : © Éditions Denoël, 2011.
À la mémoire de ma mère
Note sur la translittération et les traductions, en guise de prologue à toutkvetcheur
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Cher lecteur, vous qui avez lu le titre de cet ouvrage, vous avez aussi regardé la couverture et vous avez sou piré d’un ton moqueur. «Ach, du lieber !Je leDieu !  Mon savais bien. Lekvetcheurprofessionnel, le grand spécialiste du yiddish à l’ego surdimensionné, tu devrais téléphoner à Johnny Hallydaypour lui demander des cours d’ortho graphe.Mentsh, mon œil ! Tout le monde sait que ce mot s’écritmenschSi on parlait tous l’allemand aujourd’hui, on l’écrirait bien ainsi. « Unbagelavec duschmeer» (un bagel tartiné) s’écri raitBegel und Schmier,laxsaumon fumé) donnerait (le lachs, et les trois réunis feraient penser à une gourmandise teutonique directement issue duVaterland — parce qu’un Mensch, unMenschd’âge mûr tout au moins, serait un bon citoyen qui aurait servi dans la Wehrmacht ou à l’arrière et aurait aidé l’Allemagne à conquérir le monde. Lementshqui est décrit dans cet ouvrage serait probablement un objet du passé ; et moi, si j’avais assez de chance pour être encore en vie, j’écrirais un livre — aussi confidentielque
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peut l’être un bestseller — sur une langue qui est née pour kvetcher. Mais n’insultons pas l’évidence : le yiddish et l’allemand sont deux langues à part entière, très différentes l’une de l’autre, avec des alphabets distincts et qui reflètent deux manières totalement différentes de penser. Si vous vous inquiétez de savoir comment s’écrit le motmentshen hébreu, imaginez que la couverture porte le titre suivant :
Comment se comporter enשטנעמet pas enקאמש
Le motmentshen yiddish authentique ne contient aucune trace d’alphabet latin. Le mieux que l’on puisse faire est d’essayer de trouver un substitut aussi proche que possible de l’original, au niveau du sens et du son. Contrairement au mot allemandMensch, le mot yiddishmentsh contient effectivement le sont, entre lenet lesh; cela ressemble à de l’allemand, mais ce n’est pas de l’allemand, tout au plus pourraiton le qualifier de germanique. Il y a autant de dif férence entre la prononciation du mot yiddishmentshet du mot allemandMenschqu’entre la prononciation duistalle mand et duisanglais. Pourtant, là oùisetistsignifient exac tement la même chose, nous allons voir tout au long de ce livre que le yiddishmentsh diffère encore plus deMenschdans le sens que dans l’orthographe ou la prononciation. L’écriture dementshdans l’alphabet latin est une trans littération approuvée par le YIVO, l’Académie française du monde yiddishophone. Elle permet à ce mot d’être utilisé dans toutes les langues qui emploient les caractères latins. ÉcrireMensch, ce serait dénier aux yiddishophones le droit de représenter, le plus fidèlement possible, leur langue dans l’alphabet des autres. En Allemagne, on écrivaitMentsh à
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