Conflits intérieurs

De
« Savez-vous que notre planète est peuplée de virus bienveillants, coopérant à notre bien-être ? » C’est ce qu’affirme depuis des années, de façon étonnante, le Pr. Beaubien, biologiste mondialement connu. Ses travaux suscitent le mépris de son irascible rival, le Pr. Hatch, considéré par beaucoup comme le plus grand spécialiste de la compétition dans le monde vivant… et des coups tordus. D’ordinaire, les deux hommes se détestent et s’ignorent. Sauf que cette année, le prestigieux prix Crafoord, l’équivalent du Nobel, paraît promis à l’un d’entre eux. Hatch est prêt à mettre en œuvre toutes les ruses de la lutte pour la vie pour s’en emparer. Et Beaubien, auteur d’une découverte imprévue, aussi révoltante pour notre espèce que révolutionnaire, doit également absolument l’emporter. C’est une question de vie ou de mort pour l’humanité. Les deux scientifiques pensent pouvoir compter sur l’aide de leurs étudiants les plus dévoués pour parvenir à leurs fins; pourtant, le lauréat du prix Crafoord et notre avenir dépendront peut-être d’autres acteurs, bien plus implacables, qui tirent les ficelles de l’Histoire en coulisse. Car c’est peut-être une « loi » de la nature?: il faut toujours se méfier des plus petits que soit…


Fable philosophico-­biologique, Conflits intérieurs exploite les connaissances contemporaines sur la coopération et la compétition dans le monde vivant, des virus aux animaux, pour offrir à tous les lecteurs curieux une manière originale de se familiariser avec les arcanes de la recherche scientifique et plusieurs des dernières découvertes de l’écologie et de l’évolution. Biofilms microbiens, antibiotiques naturels, virus mutualistes, symbiose chez les animaux, les champignons et les plantes, course aux armements entre les virus et leurs hôtes, influence des microbes sur les macrobes que nous sommes, et quelques notions d’épistémologie et de théorie des jeux sont ainsi intégrées à une intrigue qui permet de (re)découvrir la biologie.
Publié le : mercredi 1 juillet 2015
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EAN13 : 9782919694952
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Chapître 1 Le Cyclone
Rapport du e 8 569 425 789 324 562 178 comité de supervision
Les humaîns dîsent que a connaîssance, c’est e pouvoîr. Même s’îs se trompent encore argement sur ’essentîe de eur condî-tîon, îs en savent toujours pus, bîentôt trop, sur a nature. ïs traversent de nouvees rontîères technoogîques, écoogîques, bîoogîques au pas de charge, avec une précîsîon nanoscopîque. ïs sont à deux doîgts d’înventer a Nouvee Scîence, cee quî eur permettra d’obtenîr une vue d’ensembe, compète, précîse, de prendre un jour e contrôe de eurs vîes. Et chacun d’entre eux, quand î commence à y voîr sî caîr, sî grand, représente aujourd’huî une menace mortee. &&& er Montréa, 1 mars. Au pîed de a pus prestîgîeuse des unîversîtés canadîennes, dans a pus grande vîe du Québec, deux bouquetîns de bronze s’afrontent, Igés à jamaîs dans eur éan destructeur. Surpombant cette utte întense et sîencîeuse, John Hatch exute dans son bureau. !cette nouvelle ! C’est que j’aî Faîllî attendre EnIn, les choses avancent ï s’entretîent au tééphone avec son vîeî et exceent amî, e proes-seur Grandcîe. L’homme sîège dans toutes es commîssîons scîentîIques
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quî comptent. Par conséquent, cet anîma poîtîque hors du commun est probabement ’un des chercheurs rançaîs es pus înluents au monde ! Bîen sûr, quand Hatch y pense, e mérîte uî en revîent argement. Avant de venîr étudîer chez uî à Montréa, Grandcîe n’étaît encore qu’un jeune amateur de scîences tîmoré. À ’époque, Hatch uî avaît mîs e pîed à ’étrîer en ’embarquant dans ses ormîdabes travaux. ï uî avaît transmîs sa convîctîon que a seue réussîte quî vaîe est d’être reconnu comme e meîeur scîentîIque de sa dîscîpîne. Cea peut aîre sourîre, maîs c’étaît î y a pus de vîngt-cînq ans. Leurs carrîères étaîent encore un peu babutîantes ; eux, nas. Depuîs, au contact de ses coègues amérîcaîns, Hatch a înteîgemment révîsé son mot d’ordre à a hausse. ï vît presque entîèrement pour a scîence, concentrant ’essentîe de son énergîe à a recherche, qu’î se trouve au aboratoîre ou en dehors de ses murs. ï s’entoure autant que possîbe de scîentîIques, consacre a majorîté de ses repas et de ses conversatîons à dîscuter des dernîers travaux. Même en voyage, John Hatch ne aîsse jamaîs ongtemps sa passîon dévorante de côté. Son soucî de progresser est permanent. Ce quî uî împorte désormaîs, c’est d’être e meîeur scîentîIque de tous es temps, tant pîs pour Grandcîe s’î se contente de moîns ! Sa orce de travaî, son taent manîeste, sa vîve înteîgence et queques întrîgues çà et à, ont permîs au Cycone – comme on sur-nomme paroîs e savant montréaaîs – de se taîer à bees dents a part du îon en bîoogîe, împosant ses îdées et ses projets à ’échee înternatîonae. Pendu au tééphone, John Hatch rugît de paîsîr, secouant dan-gereusement son auteuî de cuîr au gré de ses excamatîons. Le sîège grînce maîs tîent bon. Pourtant, e proesseur est un coosse. Âgé de 60 ans, e Cycone est dans une orme physîque împressîonnante. ï aîme d’aîeurs encore jouer des poîngs à ’occasîon. Maîs probabement pas aujourd’huî : ce n’est pas tous es jours qu’on apprend sa séectîon pour ’équîvaent du prîx Nobe. En ’occurrence, e prîx Craoord, car î n’exîste pas de prîx Nobe d’évoutîon. Son înterocuteur e uî conIrme :
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— Bîen sûr, cette sélectîon n’est qu’une premîère étape, maîs je ne doute pas que dans un peu moîns d’un an, c’est toî quî l’emporteras. La réponse use, dénuée d’îronîe. — Pas Faux, Luc. ïl ne me manquaît plus que le CraFoord pour entrer dans l’hîstoîre des scîences à la place quî m’est due ! Grandcîe, quî ’a personneement nomîné auprès du comîté, a bîen travaîé une oîs encore. Sur un dernîer échange tonîque, e Cycone écrase e combîné sur son soce, conIant. Sourîre ravageur, coîfage de ses cheveux pour un pubîc vîrtue. À ’heure où pusîeurs songeraîent à se retîrer, î a encore de brîantes années devant uî ! En efet, John Hatch est certaîn qu’î va décrocher e prîx. Cea e pacera au moîns à ’éga des Woese, Maynard-Smîth, Mayr, etc., une courte îste des auréats passés, a crème des chercheurs du domaîne. Et, même s’î ne ’avouera jamaîs, cette consécratîon aura avant tout un ort parum de revanche. Bîen sûr, ses coègues se contenteront de a ver-sîon oicîee, cee que John Hatch gîsse toujours avec déectatîon à tous ses înterocuteurs, quand îs ’înterrogent sur sa motîvatîon hors du commun. L’hîstoîre des scîences retîendra que John Hatch a toujours passîonnément cru à a compétîtîon, nécessaîre, îndîspensabe, înévî-tabe, împîtoyabe, car î n’y a pas assez de ressources pour tout e monde, et qu’î trouve a compétîtîon par-dessus tout superbe ! Au contraîre de a pupart des phîosophes, efrayés par cette réaîté qu’îs ont décrîte comme une tragédîe, au contraîre de ceux quî ont soutenu que ’homme est perpétueement menacé de mort vîoente, que a vîe est « soîtaîre, besogneuse, pénîbe, bestîae et courte », John Hatch savoure a dîmen-sîon a pus essentîee de a compétîtîon. Ce n’est pas un drame qu’ee écrît en ettres de sang et de luîdes ceuaîres, c’est toute ’hîstoîre, or-mîdabe, de ’évoutîon de a vîe sur Terre. La compétîtîon est e prîncîpa moteur de ’exîstence, e ondement et a mesure de toutes choses. Cette opînîon et cette obsessîon sont argement partagées par ses étudîants. Marchant dans es pas de eur mentor, de açon carîcaturae, deux d’entre eux dîscutent d’aîeurs à bâtons rompus des dernîères
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nouvees, transormant eur courte pause autour de a machîne à caé du aboratoîre en une sessîon de travaî împrovîsée. Henry Jones, un jeune doctorant roux tape e papîer duGlobe and Maîldu revers de a maîn. Le magazîne rend un petît bruît roîssé. — Tu as vu les résultats du 100 mètres ? « Quîck » Kenzîe a encore mîs deux dîxîèmes de secondes dans la vue à tous ces concurrents. J’adore l’athlétîsme ! C’est complètement împartîal. Tout le monde a le même objectîF et tu ne peux pas savoîra prîorîquî est le plus rapîde. SauF qu’à la In, la compétîtîon permet îmmanquablement d’îdentîIer un seul champîon. Davîd Mat, son concurrent dans e aboratoîre, puîsqu’î travaîe presque sur e même sujet que Henry, maîs dans e but d’obtenîr e résutat opposé renchérît, avec un sourîre un peu crîspé : — Moî je préFère le judo. Chaque partîcîpant peut dîrectement anéantîr les chances de réussîte de ses concurrents avec une bonne cleF de bras. Henry recue împerceptîbement, croyant déceer une menace voîée dans a répartîe de son coègue. Leur reatîon n’est pas sîmpe depuîs cette îdée de Hatch. Le pro-esseur eur a demandé à chacun de travaîer sur es conséquences de a même hypothèse. Maîs toute a suîte des travaux de Davîd suppose que cette hypothèse orîgînee soît ausse, tandîs que toutes es études de Henry reposent sur e postuat înverse. Or, travaîer sur une hypo-thèse încorrecte revîent à bâtîr un château sur des sabes mouvants. L’un des deux rîsque donc de repartîr du aboratoîre bredouîe, une oîs que ’autre aura prouvé que ses travaux sont sans ondement. En revanche, e Cycone en sortîra toujours gagnant. ï est certaîn que Davîd et Henry vont aîre de eur mîeux pour prouver que ’autre a tort. Dans tous es cas, son aboratoîre sera îmmédîatement à a poînte de a recherche sur e sujet. Son secret, une oîs encore, c’est a compétîtîon : on ne pourraît mîeux révéer es compétences de chacun que dans une tee conronta-tîon sans mercî. D’aîeurs, dernîèrement, es résutats de Henry se sont révéés putôt décevants… Davîd enonce e cou, poîntant du doîgt e gros tître sur ’économîe :
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— La concurrence, mec, îl n’y a que ça de vraî ! C’est l’émulatîon au seîn des socîétés et entre les socîétés quî amène les îndîvîdus et les entreprîses à se dépasser constamment. Elle les Force à înnover sous peîne de dîsparatre Face à un compétîteur plus eicace. Et voîlà le monde d’aujourd’huî, déjà vîeîllîssant et bîentôt vermoulu, remplacé par celuî de demaîn, tout en audace et en modernîsatîon ! Henry s’enthousîasme. — Exactement comme dans la nature ! Sans compétîtîon, pas de sélectîon naturelle, avantageant les Formes de vîe les mîeux à même de se reproduîre, de trîompher dans la lutte pour l’exîstence ! La seule manîère de survîvre pour les espèces est de changer perpétuellement pour se maîntenîr au dîapason des changements des autres. Elles doîvent courîr pour rester sur place, sous peîne d’être débordées par les progrès de leurs concurrentes. C’est aînsî que toutes les espèces ne cessent de se transFormer pour rester dans la course. Voîà que ’étudîant se met à parer comme John Hatch. Norma : e Cycone est son îdoe. ï uî a tout apprîs ! Hors de questîon qu’î se aîsse dépasser par son rîva ! &&& Dans son bureau, eur patron songe pour sa part à bîen d’autres avantages de a utte pour a vîe. Remporter a compétîtîon conère du pouvoîr. Et es vaînqueurs dîctent eur oî. Dans ’hîstoîre humaîne, es vues domînantes sembent rapîdement împartîaes. La possessîon pro-ongée du pouvoîr socîa et înstîtutîonne permet d’écarter, sans même es consîdérer, es optîons aternatîves des vaîncus… et ceux quî tente-raîent de es déendre. Le bonheur des uns aît e maheur des autres. D’autant pus que es îndîvîdus ayant du succès dans un domaîne ont tendance à être aussî consutés, tes des oraces, dans d’autres. C’est ça e prestîge ! Les vaînqueurs devîennent des modèes unîverses. — C’est un peu étrange, maîs qu’împorte : ce quî compte, c’est la survîe des plus Forts, pas des plus moraux, nî des plus rîgoureux. Et, je suîs à deux doîgts de devenîr un de ces grands hommes. À sa grande surprîse, es mots jaîîssent de sa bouche :
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— Je doîs remporter le prîx CraFoord ! ï y tîent par-dessus tout. ï ne se demande pas d’où uî vîent cette convîctîon. Car î soupçonne qu’î s’agît surtout de guérîr une oîs pour toutes ses petîtes bessures întîmes dont î ne pare pas voontîers. En efet, depuîs ’enance, John Hatch s’est toujours battu pour s’îm-poser. Pour devenîr e avorî au seîn des deux amîes recomposées, puîs pour contrôer son entourage. Bîen sûr, durant ’adoescence, sa conIance en uî, son pouvoîr de séductîon se sont consîdérabement accrus. ï s’est rapîdement rendu compte que ce quî e satîsaît e pus, c’est sa capacîté à prendre possessîon des cœurs et des corps. Même orsqu’î s’agît de s’emparer de a emme d’un autre ! ï ne s’en prîve pas. Agressî, rapîde, voage, î connat toutes es technîques pour atteîndre son but. Facîe pour uî : î s’înspîre de a nature. Généraement, ce que John Hatch veut, John Hatch ’obtîent. Son statut socîa et înteectue n’étant pas pour rîen dans ses nombreux succès, î est évîdemment împortant qu’î demeure ostensîbement au sommet de son art. Son œî pétîe : — Ce prîx « Nobel » Fera son petît efet ! Pourtant, même dans ce moment partîcuîèrement gratîIant, une pensée désagréabe traverse ugacement son esprît. Le Cycone ronce es sourcîs, ses battements cardîaques s’accéèrent un peu sans qu’î s’en aperçoîve, aors qu’î tape du pîed sur e so et aît de son mîeux pour évacuer cette préoccupatîon récurrente. Ce quî e dérange, bîen que personne ne s’en souvîenne pus aujourd’huî, c’est que sa carrîère a démarré sur un tragîque maentendu. ïnîtîaement, ’Unîversîté McGî, dont î dîrîge désormaîs e département de bîoogîe, n’avaît pas retenu sa candîdature. Jeune chercheur, î avaît été cassé second pour e poste dîsponîbe. Son orgueî en avaît prîs un coup : î s’étaît sentî rejeté, jugé et condamné. Meurtrî, î avaît aîî renoncer à étudîer a bîoogîe et quîtter e monde scîentîIque. Pourtant ’Académîe ’avaît rappeé. EnIn, unîquement parce que queques jours avant de sîgner son contrat d’engagement, e concurrent qu’on uî avaît prééré avaît été vîctîme d’un învaîdant accîdent vascuaîre cérébra. John Hatch bîen sûr n’y
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étaît pour rîen. Maîs chaque auteuî rouant, chaque bonhomme cau-dîquant pénîbement dans a rue uî rappee crueement e souvenîr de son premîer échec : « împosteur, perdant, second choîx ». L’émînent pro-esseur éprouve donc réguîèrement e besoîn de réairmer sa égîtîmîté : î est e meîeur des évoutîonnîstes vîvants, î ’a toujours été. « Oubîe cette vîeîe hîstoîre ! C’est e taent, e combat, pas a chance quî t’ont amené à où tu es ! Mangé ou être mangé. C’est comme cea que e monde marche, qu’î court même ! Et ce sera bîentôt à mon tour de bénéIcîer des tout meîeurs morceaux ! » Le Cycone, gavanîsé, sort en trombe de son bureau. ï traverse e couoîr menant à son aboratoîre à grandes enjambées. ï veut partager a nouvee avec ses étudîants. ï once dans eurs ocaux, non sans s’ex-tasîer pour a mîîème oîs en son or întérîeur du génîe avec eque î a organîsé ’ensembe du H’ab. Puîsque toute a bîoogîe est afectée par a compétîtîon, des pus petîtes moécues aux espèces, î doît tout étudîer ! Le aboratoîre est donc conçu en pîèces thématîques concentrées sur des phénomènes de taîe croîssantes : de ’înInîment petît au vîsîbe à ’œî nu. Dans a premîère sae que John Hatch traverse, on étudîe a compétîtîon entre moécues au seîn des ceues. Chaque être vîvant est en efet constîtué grâce à de mînuscues înstructîons, es gènes, quî sont des successîons de 4 ettres portées sur ’ADN. L’ADN est a moécue mère du vîvant. Quand ces înstructîons sont ues, eurs commandes sont réaîsées dans ’organîsme quî es héberge, transormant aînsî a matîère bîoogîque en înduîsant dîférentes réactîons ceuaîres. À chaque oîs qu’une ceue exprîme des gènes, son apparence physîque, ou sa composîtîon înterne se modîIent. Depuîs queques années, des artîstes se sont emparés de ce méca-nîsme pour scupter à eur guîse certaîns êtres vîvants. Par exempe, Eduardo Kac a créé un étrange apîn abînos quî phosphoresce en vert à ’obscurîté, en însérant dans son ADN des înstructîons suppémentaîres, un gène codant cette caractérîstîque brîante. Résutat, ’anîma génétî-quement modîIé s’aume tee une ucîoe quand on éteînt a umîère !
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Le Cycone est bîen pus sérîeux. ï n’étudîe pas es gènes pour aîre de ’art ! Je recherche les înstructîons quî permettent aux cellules d’aicher les caractérîstîques les plus perFormantes, de s’adapter, de prévaloîr dans la lutte pour la vîe. Je détecte les combînaîsons d’ADN quî Fabrîquent les meîlleurs !, s’enthousîasme John Hatch, quand on ’înterroge sur ses objectîs. C’est un travaî dîicîe, puîsqu’au seîn d’une même ceue de nom-breuses înstructîons génétîques sont présentes, ormant une grande bîbîothèque de mîîers, voîre de dîzaînes de mîîers d’înstructîons qu’î aut étudîer une à une. Pusîeurs types de ceues et des êtres bîoogîques encore pus petîts, comme es vîrus, ont ’objet de ces expérîmentatîons. Dans e H’ab, chacun de ces êtres dîspose de sa sae d’étude. On y trouve une pîèce « Mîcrobes », consacrée à ’étude des organîsmes mîcroscopîques constîtués d’une seue ceue, comme es bactérîes et esarchaea. Bîen que eurs taîes oscîent généraement entre un mîîèmeet un centîème de mîîmètre, c’est-à-dîre un mî-îmètre coupé en cent morceaux égaux, ces créatures mînuscues sont es deux prîncîpaux types d’êtres vîvants présents sur a panète. ï en 30 exîste pus de 5 x 10 (5 suîvî de 30 zéros) sur Terre ! Être sî petîts ne es empêche pas d’arborer des ormes très dîférentes. Certaînes bactérîes ressembent à des poîs, d’autres à des massues, d’autres encore à de Ins poîs torsadés, à des spermatozodes, à des bâtonnets, à des araîgnées îîputîennes aux extrémîtés gracîes, à des vers coîfés d’une toufe de radîcees de poîreaux… Comprendre comment ces êtres unîceuaîres tîrent eur épînge du jeu, c’est comprendre ’évoutîon de a majorîté de a vîe. C’est acquérîr a recette du succès ! Sîgne seuement percep-tîbe aux înîtîés, es étudîants de a pîèce « Mîcrobes » sont égaement parmî es pus petîts du aboratoîre. Depuîs queques années, John Hatch s’amuse en efet à orîenter une bonne partîe des candîdats à a vertîcaîté contrarîée vers cette thématîque de ’înInîment réduît. Pour e moment, aucun n’a encore déceé a dîmensîon physîque de ses crî-tères de séectîon…
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Les organîsmes mutîceuaîres, comme es champîgnons, es anî-maux et es pantes, quî appartîennent à une troîsîème grande casse du vîvant, sont étudîés dans a pîèce « Modèes ». Derrîère a porte de cette sae, une dîzaîne d’étudîants putôt éancés – John Hatch ne comprendtoujours pas comment ce aît-à ne eur saute pas non pus aux yeux – et pusîeurs mîîers de petîtes guêpes s’actîvent. Ees pîquent et repîquent de maheureuses chenîes, y înjectant des œus prêts à écore et à devenîr des arves quî dévoreront eurs hôtes vîvants, de ’întérîeur. Les œus sont même enrobés de venîn ! Ce poîson reîne a croîssance des chenîes, ce quî évîte que cees-cî ne gaspîent de ’énergîe pour eur propre repro-ductîon. Progressîvement, un tapîs de ceues sort des œus de guêpes, ormant un tîssu nourrîcîer pongé dîrectement dans e corps de eur vîc-tîme. Puîs d’autres ceues s’extraîent de ce pacenta parasîte, se dépacent dans es chenîes, îbèrent des substances quî dégradent ’întérîeur eurs proîes, devenues à a oîs hôte et garde-manger pour des petîts însectes gouus nîchés en eur seîn. Entre ces guêpes et ces chenîes, a compé-tîtîon sembe avoîr atteînt un te paroxysme que Chares Darwîn voyaît dans cet împîtoyabe cyce de vîe et de morts vîoentes a preuve de a non-exîstence de Dîeu ! Dans ses conérences, John Hatch aîme d’aîeurs à rappeer ’efroî du père de a théorîe de ’évoutîon : « Comment un Créateur omnîpotent et bîenveîant auraît-î déîbérément créé des êtres au mode de vîe aussî révotants et crues que ces guêpes ? » Heureusement que es étudîants de John Hatch sont moîns sensîbes et geîgnards que eur céèbre précurseur. ïs ne s’encombrent pas de tes états d’âmes. Comme on e saît au H’ab : « ï n’y a pas de ma à aîre du ma ! » Et î est rare qu’on s’y înterroge sur a morae de ses actîons… &&& Le Cycone pénètre dans es pîèces es unes après es autres, ouvrant es portes à a voée pour rassember ses ouaîes au pus vîte. Son entrée dans a pîèce «
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Le génie du sarkozysme

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