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Découvertes, inventions et innovations

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56 pages
Dans le modèle schumpétérien de l’économie, l’innovation est un moteur essentiel de la croissance. Cependant, l’histoire est jalonnée d’exemples de convergence entre découvertes, inventions technologiques et innovations. Qu’il s’agisse des travaux pionniers de Charles Babbage et d’Ada Lovelace en informatique au xixe  siècle ou de la découverte des microémulsions et de leur utilisation dans le contexte des crises pétrolières, on a assisté à de fertiles allers-retours entre recherche fondamentale et recherche appliquée, les approches scientifique et technologique s’enrichissant mutuellement.
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© Librairie Arthème Fayard et Collège de France, 2017. ISBN : 978-2-213-70716-7 Dépôt légal : juin 2017.
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Table des matières
Les Leçons inaugurales du Collège de France
Leçon inaugurale prononcée le jeudi 2 mars 2017 par Didier Roux, professeur invité
Les Leçons inaugurales du Collège de France
Depuis sa fondation en 1530, le Collège de France a pour principale mission d’enseigner, non des savoirs constitués, mais « le savoir en train de se faire » : la recherche scientifique et intellectuelle elle-même. Les cours y sont ouverts à tous, gratuitement, sans inscription ni délivrance de diplôme. Conformément à sa devise (Docet omnia, « Il enseigne toutes choses »), le Collège de France est organisé en cinquante-deux ch aires couvrant un vaste ensemble de disciplines. Les professeurs sont choisis librement par leurs pairs, en fonction de l’évolution des sciences et des connais sances. À l’arrivée de chaque nouveau professeur, une chaire nouvelle est créée q ui peut ou bien reprendre, au moins en partie, l’héritage d’une chaire antérieure, ou bien instaurer un enseignement neuf. Plusieurs chaires annuelles thématiques permettent également d’accueillir des professeurs invités pour une année (Création artist ique, Développement durable, Informatique et sciences numériques, Innovation technologique). Le premier cours d’un nouveau professeur est saleçon inaugurale. Solennellement prononcée en présence de ses collègues et d’un large public, elle est pour lui l’occasion de situer ses travaux et son enseignement par rapport à ceux de ses prédécesseurs et aux développements les plus récents de la recherche. Non seulement les leçons inaugurales dressent un ta bleau de l’état de nos connaissances et contribuent ainsi à l’histoire de chaque discipline, mais elles nous introduisent, en outre, dans l’atelier du savant et du chercheur. Beaucoup d’entre elles ont constitué, dans leur domaine et en leur temps, des événements marquants, voire retentissants. Elles s’adressent à un large public éclairé, soucie ux de mieux comprendre les évolutions de la science et de la vie intellectuelle contemporaines.
Leçon inauguraleprononcée le jeudi 2 mars 2017par Didier Roux, professeur invité
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Monsieur le Ministre, Monsieur l’Administrateur, Madame et Monsieur Meyers, Chers collègues, chers amis, Mesdames, Messieurs, La leçon inaugurale, dans cette prestigieuse maison, est un de ces rites initiatiques dont le monde universitaire est friand : les sujets et les mots doivent être pesés avec soin. De ce point de vue, parler du lien entre la r echerche fondamentale et l’innovation technologique, comme j’ai choisi de le faire dans cette leçon, c’est un peu faire le choix du risque. C’est en effet un sujet d ont les connotations politiques sont évidentes, surtout en ces temps mouvementés de campagne électorale, et si tout le monde (ou presque…) s’accorde sur l’importance du rôle que joue l’innovation dans le progrès économique, la recherche fondamentale es t le sujet de débats souvent passionnés, parfois contradictoires. Certains, dont je fais partie, ont à cœur de défendre son côté universaliste et humaniste. Le progrès dans la compréhension du monde qui nous entoure est un bien inaliénable et un bénéfice collectif. Le partage de la connaissance nous enrichit tous et n’appauvrit p ersonne. Pour autant, certains prônent une vision utilitariste de la recherche qui , selon eux, devrait être mise au service de l’innovation pour participer à la croiss ance collective. Nous verrons que ces visions ne sont pas incompatibles, loin de là, mais que nous devons respecter la démarche spécifique qui guide la recherche fondamentale, comme celle qui guide les innovations, afin de pouvoir tirer le meilleur part i de leur enrichissement mutuel. J’aime bien prendre des exemples pour asseoir mon raisonnement et je n’y dérogerai pas aujourd’hui. Lorsque vous cherchez un restaurant pour déjeuner e t que vous utilisez votre téléphone portable – qui non seulement vous permet de choisir ce restaurant, mais vous indique aussi le chemin pour vous y rendre –, vous utilisez les résultats de recherche de plus de quinze prix Nobel ; vous utili sez aussi de nombreuses inventions et tout autant d’innovations. Pour ne me ntionner que le plus célèbre, ce sont les travaux d’Albert Einstein sur la relativité restreinte et générale qui, bien qu’il n’ait pas obtenu le prix Nobel pour cela, permetten t de faire les corrections relativistes qui affinent la localisation à partir des satellites du système GPS. Sans ces corrections, vous risqueriez de rentrer au Collège de France au lieu du restaurant voisin… Pour pouvoir suivre, au cours de cette leçon, le ch eminement entre découvertes, inventions et innovations, j’utiliserai les définit ions suivantes. Dans mon esprit, les découvertes sont liées à la science fondamentale, l es inventions aux dispositifs techniques (machines) opérationnels et les innovati ons technologiques aux dispositifs opérationnels ayant trouvé leur marché.