Désordre et désirs

De
Réagissant aux propositions culturelles qu'elle croise, réfléchissant aux choix qu'elle fait, mais aussi aux aléas de son parcours, Catherine Voyer-Léger offre de courts textes où l'intime est fait d'expériences partagées. Explorant des sujets comme le rapport au corps, la puissance du théâtre ou les différents visages du désir, la chroniqueuse visite Port-au-Prince ou évoque son enfance, toujours dans l'espoir de développer une réflexion sensible sur son monde. Ce livre est le témoin d'une pensée foisonnante et éclatée: l'auteure revendique des chemins de désir qui naissent au milieu du désordre de toute vie en mouvement.
«Je revenais à la maison heurtée. Usual suspect: on ne voulait pas jouer avec moi. On ne me prenait pas dans les équipes de sport. On riait de mes goûts. On riait de mon linge qui ne ressemblait à rien ni personne. On me trouvait grosse. On me trouvait laide. On riait de mon lunch. […] Histoire, au moins, d'avoir des desserts comme tout le monde, j'ai milité pour les gâteaux Vachon. J'ai fini par gagner. Je confirme qu'avoir des gâteaux Vachon dans son lunch ne change rien pour se faire des amis…»
Catherine Voyer-Léger a publié le recueil de chroniques Détails et dédales (Hamac) et l'essai Métier critique (Septentrion). Elle collabore à plusieurs périodiques et projets collectifs et tient une chronique mensuelle au Journal de Montréal. Elle poursuit un projet d'écriture en ligne baptisé corps dedans/dehors (dedans-dehors.ca).
Publié le : vendredi 13 mai 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782896649594
Nombre de pages : 218
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Catherine Voyer-Léger
Désordre et désirs
Désordre et désirs
De la même auteure
Détails et dédales, HamacCarnets, 2013.
Métier critique, Septentrion, 2014.
Catherine Voyer-Léger
Désordre et désirs
h a m a c ca r n e t s
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À ma mère Élisabeth Pour la confiance au désir comme force de (sur)vie Pour les désordres aussi (eh oui !) et les traces inspirantes qu’ils nous laissent
Are you going with me moi qui suis désordre et désirs macine à mots en dérive dans les villes bipède ambulant dans les fantasmes de vous j’allais d’amour fou en amour fou pour fuir l’amour fou que j’avais pour vous sur la Dufferin ou la Cameron sur l’Arcibald ou sur la Lutz où je vous retrouve dans caque recoin de mon âme je vous porte en moi dans les parcours électriques d’une errance à jamais sonore
Gérald Leblanc,Mouvance, 1986
Avant-propos : Comme des avions en papier
Quand j’ai décidé de mettre fin à mon blogueDétails et dédalesen avril 2014, c’était surtout en raison d’une surdose d’opinions. Toute personne qui s’adonne, par métier ou par plaisir, à communiquer régulière-ment ce qu’elle pense de ceci ou de cela connaît ces moments de mou où vient l’envie de se taire. Pour ma part, je ressentais surtout le besoin de dire autrement. Je venais tout juste de voir le merveilleux spec-tacle de Virginie Brunelle,Complexe des genres, et j’étais marquée par sa dernière image : des avions en papier. Un cimetière d’avions en papier sur le plan-cer de danse. En entrant dans la salle, j’avais pourtant été pré-venue qu’il y aurait une collision. Un de ces avions m’attendait sur mon siège et il avait le nez un peu cabossé. On voyait bien que cet avion avait vécu, que ce n’était pas un avion frais plié par un enfant tentant de se désennuyer. C’est une bonne cose puisque les avions en papier sont un peu vains et ils provoquent souvent la déception des enfants. C’est qu’ils ne volent guère, planent à peine et ennuient très vite. S’ils sont
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magiques, c’est plus dans l’anticipation que dans la démonstration. Dans cette scène finale duComplexe des genres, les danseurs de Virginie Brunelle se retrouvent donc sur scène à lancer contre un mur des avions en papier qui rebondissent et viennent aussitôt s’étendre à leurs pieds. C’est avec une grande émotion que j’ai observé cette cérémonie improbable, ce rituel kamikaze dans lequel il a déjà été admis qu’un avion en papier ne va jamais trop loin. L’avion lancé. L’avion au mur. L’avion rebondit (au lieu d’exploser). L’avion s’étend au sol (au lieu de s’écraser). Et l’on recommence. N’est-ce pas un peu ce que j’ai fait caque semaine pendant trois ans et demi : envoyer un avion en papier contre un mur, le voir s’étendre à côté d’autres, sem-blables, me dire qu’il y a une certaine beauté à toutes ces tentatives de communication parfois sévères, par-fois frivoles, qui s’accumulent à mes pieds, la plupart du temps sans avoir obtenu de réponse ? Souvent les gens nous demandent pourquoi écrire. Je ne dirai jamais que ce n’est que pour moi. C’est pour vous parler, d’abord et avant tout. Mais encore ? Au-delà ? Dans les débats qui ont bouleversé mes petits mondes dans les dernières années, j’en suis venue à me dire que je cerce à cerner quelque cose qui serait juste. Le modèle, caque fois réduit, d’une pensée qui apparaîtrait vraie, bien qu’incomplète.
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