Eczema : maladie d'amour ?

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"Née en 1956 d’un père travaillant pour Air France et d’une mère sage-femme, Magali Bourrel Bouttaz passe son enfance en Allemagne, puis en Algérie au moment de l’indépendance, de 1962 à 1964. La famille rentre alors en France et s’installe en banlieue parisienne.

 Elle passe son Bac C en 1973, à l’âge de seize ans, et suit des études de médecine à l’université de Créteil de 1973 à 1980, date à laquelle elle est admise à l’internat des hôpitaux de Paris, jusqu’en 1984.

 Après une installation en tant que dermatologue en 1986 en Savoie, elle découvre  peu à peu l’importance de l’histoire du patient dans sa pathologie et le manque de  formation adaptée dans le cadre des études. Formation qu’elle va trouver grâce à l’Ecole Freudienne Rhône Alpes qui l’intègre dans un groupe de travail pendant environ 15 ans, lui permettant de découvrir la richesse du langage et la particularité de l’écoute

 En 2003, elle valide le diplôme universitaire de dermato-psychologie à Marseille dans le service du Professeur Rufo, à qui elle voue une profonde admiration. Ce travail, tant privé que professionnel, lui permet de passer de l’empathie auprès des patients à une attitude plus thérapeutique.

 En 2009, elle intègre le service d’immunologie clinique de l’hôpital Lyon Sud, en tant qu’attachée de recherche clinique, et participe au développement de l’éducation thérapeutique dans la dermatite atopique.    

 Les années passant, un besoin de transmission vers le collectif s’impose à elle, en complémentarité du colloque singulier de la consultation.  

 Pourquoi l’eczéma ? Parce qu’il s’agit d’une maladie du monde moderne qui nous amène à nous questionner sur notre mode de vie, et notre monde relationnel, bien au-delà de la simple prescription des pommades. Si le stress est facilement reconnu à l’origine d’un bon nombre de pathologies, l’amélioration franche de l’eczéma dès la prise en charge de ce facteur plaide en faveur du lien «épidermique» qui les unit. D’où l’envie d’en parler et d’échanger avec  le plus grand nombre de patients et de soignants.   "



Publié le : jeudi 18 avril 2013
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EAN13 : 9782362528101
Nombre de pages : 82
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Magali BOURREL BOUTTAZ


Eczema :
maladie d’amour ?

Éditions Mélibée

 

 

 

 

 

 

 

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Qu’y a-t-il de plus brillant que l’or ?

La lumière.

Qu’y a-t-il de plus éclatant que la lumière ?

La parole échangée.

 

Goethe

 

 

 

 

 

À tous ceux qui ont compté pour la réalisation de ce livre Anne Marie qui apprend à écouter l’insondable mystère des mots La famille, lieu de l’expérience

Les patients, rencontres à chaque fois si uniques Le groupe avec qui je partage le même plaisir au travail :

Claire, Marie, Françoise, Marie Claude, Catherine Et bien sûr Jali qui me supporte depuis 25 ans.

Merci du fond du cœur

 

 

 

 

 

Ce livret s’adresse à tous ceux qui souhaitent réfléchir à leur maladie en confrontant leur histoire à celles d’autres patients.

Ces cas cliniques ne sont pas décrits sous l’angle médical, mais sous l’angle de la question : la dermatite atopique est-elle une maladie d’amour, un amour qui empêche la séparation ?

Ce livret trouve son origine dans la pratique quotidienne au cabinet

Il a pour but d’éveiller vos questions et de vous aider à les travailler

Il se justifie par les observations suivantes : manque de support de réflexion, manque de transmission, manque de recul et de questionnement, manque de parole (la vôtre) tout simplement.

1

La rupture de transmission

Faire la queue dans une file d’attente dans un supermarché : quoi de plus banal, anodin et a priori sans grand intérêt : on attend son tour, on repasse en revue ses achats pour savoir si on n’a rien oublié, on regarde sa montre pour savoir si on n’est pas en retard, on- si, on- si… En rajouter ainsi jusqu’à son tour où un simple sourire ou un bonjour, ou parfois rien du tout vient faire irruption dans cette absence de présence. Et pourtant c’est dans cet espace nontemps qu’un phénomène de société m’a ce jour-là, sauté à la figure. Car une prise de conscience commence par une prise, comme en judo, en karaté ou en ce que vous voulez, mais « ça » prend au corps, la respiration se raccourcit, « ça alors ! » se dit-on au fond de soi, et en plus à la figure car la tête fait un petit écart en arrière ou de côté, le front se plisse ou se déplisse, les yeux n’en reviennent pas de ce qu’ils voient…

Donc, ce jour-là, je faisais la queue dans une file d’attente et mon regard se pose interrogateur sur les achats du couple devant moi : jeune couple avec un bébé dans les bras. Sur le tapis de la caissière, cinquante barquettes de couleur, bleue, rose, violette, jaune… J’étais médusée par l’arc-en-ciel qui se déclinait ainsi en barquette alimentaire pour Bébé. Toutes de la même taille, faciles à ranger dans le placard.

Respectueuse autant que sidérée dudit phénomène, je n’ose m’adresser qu’à la caissière après le départ du couple et de Bébé.

—Vous en voyez beaucoup des gens qui achètent autant de barquettes pour leur bébé ?

—Ça arrive, me répond-elle, mais vous savez, moi j’ai fait pareil jusqu’aux deux ans de ma fille, parce que je ne sais pas cuisiner !

Ah bon, alors il ne s’agit pas d’une exception, deux exemples en moins de cinq minutes ! C’est moi qui ne suis plus du tout dans le coup ! La prise se resserre et mon rythme cardiaque s’accélère, j’ose pourtant un :

—Mais vous n’avez jamais fait vous-même la soupe de votre fille ?

—Mais non, puisque je vous dis que je ne sais pas cuisiner ! me répond-elle sur un ton un peu agacé devant mon incapacité à comprendre.

Je clos notre entretien par un simple sourire d’excuses mais depuis, cette conversation me sert de moteur à ces quelques lignes : nos filles, ou certaines de nos filles, ou déjà certaines de leurs mères non seulement n’ont jamais appris à cuisiner, mais en plus n’ont jamais essayé de faire cuire ne serait-ce qu’une pomme de terre. Quel serait pourtant l’enjeu, le risque du plongeon dans le grand inconnu : prendre une pomme de terre et essayer de la faire cuire… ? En cherchant à visualiser les scénarios catastrophes, je vois effectivement une casserole pleine de boue si les pommes de terre ne sont pas lavées, ou encore une purée avec des bouts de peau si ladite pomme de terre n’est pas épluchée… Mais l’erreur n’est-elle pas une magnifique façon d’apprendre ?

Les émissions culinaires de la télévision ne combleront jamais cette rupture de transmission qui se faisait dans la cuisine, au jour le jour, foyer après foyer, parfum après parfum… Vous souvenez-vous encore du parfum de la cuisine de votre grand-mère ?

Vous avez un problème, achetez la solution

Ne pensez pas, dépensez

Surtout ne prenez pas de risque !

Voilà les maîtres mots moteurs de notre société

Où sont passées les connivences des fourneaux, les doigts trempés dans la pâte à gâteau, les nez brûlés sur la porte du four, les parties de ping-pong avec les crêpes, mais aussi les « attends, ce n’est pas prêt » les « tu as dix ans maintenant, tu viens m’aider ! » les « non, tu ne vas pas jouer, tu fais le ménage… » Évanouis dans l’emploi du temps surchargé des mères, des parents, des grands-mères, dans les normes de sécurité européenne qui interdisent d’amener à l’école les gâteaux faits maison au profit de ceux de l’industrie alimentaire en raison de leur traçabilité, évanouis dans les réponses toutes prêtes que notre société de consommation nous propose, nous impose, nous monnaie serait-il plus juste de préciser.

Il suffit d’une génération pour casser une transmission.

Ainsi en va-t-il pour des domaines aussi variés que l’orthographe, l’histoire, le savoir faire médical… Et tous ceux que vous connaissez et dont vous pourrez faire l’analyse.

Mon propos est donc de partir de ce constat, constat qui me force à réagir à trois titres complémentaires : Au titre de la mère de famille, car au-delà du plaisir de manger, savoir cuisiner transmet des racines culturelles, une place dans la ligne des générations, mais aussi une capacité à découvrir des saveurs nouvelles donc une rencontre avec la différence, laquelle se fait en règle dans la joie et la convivialité.

Au titre de la citoyenne, car ce sont malheureusement les populations les plus défavorisées financièrement qui ont recours à l’alimentation industrielle, alimentation bien plus onéreuse que celle réalisée soi-même.

Au titre du médecin, car l’alimentation industrielle est trop salée, trop sucrée et remplie de mauvais corps gras : un bon cocktail pour tout un tas de maladies, tout cela est connu depuis des années.

Alors j’ai eu envie de mettre ma blouse de médecin, mon tablier de cuisinière de maison et ma bannière de militante du droit au bon sens et d’écrire ce fascicule.

 

 

2

Quel lien entre la rupture de transmission et la dermatite atopique ?

Les statistiques nous donnent des chiffres intéressants à considérer : en moins de cinquante ans, le taux d’enfants atteints de dermatite atopique est passé de 3 % à plus de 20 %, dont 10 % ont des dermatites atopiques graves. Pourquoi ?

Les explications sont : soit génétiques, soit non génétiques,c’est-à-dire liées à l’environnement

La génétique ne peut pas répondre à cette question, car l’adaptation génétique s’opère à l’échelle du millénaire et non de la décennie. Le capital génétique, c’est comme le disque dur de l’ordinateur. Si dans votre bureau vous...

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