En Amérique

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Voici près de vingt ans, Laurent Chalumeau laissait l’Amérique dans un drôle d’état, entre jubilation rock et gueule de bois, dans un livre qui s’intitulait Fuck et avait fait un peu parler de lui. Celui-ci pourrait en être la face B, comme dans les vinyles d’antan ; il aurait pu aussi s’appeler Fuck II : le retour. Retour aux sources (« toute la musique qu’il aime-eu… ») ; retour, après un détour par le détournement du polar à la française, au pays d’élection, l’Amérique fantasmée – c’est-à-dire la vraie –, celle qu’inventèrent Robert Johnson, Chuck Berry, Elvis, Dylan, les Stones et quelques autres encore… Retour enfin sur vingt ans de carrière journalistique. Car avant de s’occuper de siffleurs, d’arnaqueurs et autres mecs sympas du même acabit, Laurent Chalumeau fut, d’abord et surtout, grand défricheur et déchiffreur de l’Amérique rock. En témoigne aujourd’hui cette « playlist » de textes vintage, publiés à la fin du siècle dernier dans des magazines comme Rock & Folk ou l’Echo des savanes. On croise, dans ce texte aux allures de Route 66 sentimentale rythmée par une langue toute en riffs, des rappeurs mythomanes, des guitar heros accros à l’héro, des joueurs de billard rabelaisiens, des fantômes vaudous et des Navajos ravagés, Tom Waits et Bruce Springsteen, Lou Reed et Jerry Lee Lewis, des vallées de larmes blues et des monuments du « wok’n’woll » mangés aux mythes, enfin le Diable et sa musique, bande-son imparable dans laquelle chacun se reconnaîtra. « Il y a des regards étriqueurs, qui rendent tout ce qu’ils voient mesquin, courant. C’est le point de vue le plus répandu, celui de l’impuissance et de l’amertume, écrit Virginie Despentes dans sa préface. Et puis à l’inverse il y a la prose rock : le cinémascope, le grand format, le long travelling, le gros plan chiadé, l’éclairage sublimant. Une façon d’envisager les choses qui ne craint ni la générosité, ni l’enthousiasme. Méticuleux travail de cross-over, brutal autant que sensible. Il a fallu abattre quelques cloisons, entre la littérature, le sport, le sexe, le cinéma, l’urbanisme, la politique et les musiques, pour donner aux sujets l’ampleur qu’ils méritaient. »
Publié le : mercredi 4 novembre 2009
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EAN13 : 9782246811510
Nombre de pages : 400
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Voici près de vingt ans, Laurent Chalumeau laissait l’Amérique dans un drôle d’état, entre jubilation rock et gueule de bois, dans un livre qui s’intitulait Fuck et avait fait un peu parler de lui. Celui-ci pourrait en être la face B, comme dans les vinyles d’antan ; il aurait pu aussi s’appeler Fuck II : le retour. Retour aux sources (« toute la musique qu’il aime-eu… ») ; retour, après un détour par le détournement du polar à la française, au pays d’élection, l’Amérique fantasmée – c’est-à-dire la vraie –, celle qu’inventèrent Robert Johnson, Chuck Berry, Elvis, Dylan, les Stones et quelques autres encore… Retour enfin sur vingt ans de carrière journalistique. Car avant de s’occuper de siffleurs, d’arnaqueurs et autres mecs sympas du même acabit, Laurent Chalumeau fut, d’abord et surtout, grand défricheur et déchiffreur de l’Amérique rock. En témoigne aujourd’hui cette « playlist » de textes vintage, publiés à la fin du siècle dernier dans des magazines comme Rock & Folk ou l’Echo des savanes. On croise, dans ce texte aux allures de Route 66 sentimentale rythmée par une langue toute en riffs, des rappeurs mythomanes, des guitar heros accros à l’héro, des joueurs de billard rabelaisiens, des fantômes vaudous et des Navajos ravagés, Tom Waits et Bruce Springsteen, Lou Reed et Jerry Lee Lewis, des vallées de larmes blues et des monuments du « wok’n’woll » mangés aux mythes, enfin le Diable et sa musique, bande-son imparable dans laquelle chacun se reconnaîtra. « Il y a des regards étriqueurs, qui rendent tout ce qu’ils voient mesquin, courant. C’est le point de vue le plus répandu, celui de l’impuissance et de l’amertume, écrit Virginie Despentes dans sa préface. Et puis à l’inverse il y a la prose rock : le cinémascope, le grand format, le long travelling, le gros plan chiadé, l’éclairage sublimant. Une façon d’envisager les choses qui ne craint ni la générosité, ni l’enthousiasme. Méticuleux travail de cross-over, brutal autant que sensible. Il a fallu abattre quelques cloisons, entre la littérature, le sport, le sexe, le cinéma, l’urbanisme, la politique et les musiques, pour donner aux sujets l’ampleur qu’ils méritaient. »
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