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Fès, approche historique toponymique

De
288 pages

Fès, ville ancestrale, patrimoine universel de l’humanité, dépositaire de la civilisation hispano-mauresque, est examinée dans cet ouvrage sous un angle historique et toponymique, ainsi qu’à travers des témoignages et des illustrations sous forme d’encadrés.
Historiquement, la ville a été créée sous la bénédiction de l’eau bienfaisante de ses sources et de la rivière qui la traverse, dont les deux rives subiront à travers les siècles un développement socio-économique considérable, animé par la succession des dynasties, cela jusqu’au XXIème siècle. Tantôt capitale du royaume, tantôt métropole de premier rang, cette alternance bénéficiera à la ville de Fès par l’édification de monuments de culte et d’enseignement, d’avenues, de places, de tertres célèbres, de fondouks et de faubourgs ...


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175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-70752-9

 

© Edilivre, 2014

Avant-propos

A l’origine, Fès était une double ville, une double adoua, en ce sens qu’elle fut construite sur les rives d’une rivière qui la traverse. Très tôt, elle devint une grande ville, une métropole avec ses faubourgs et une population qui grandissait de jour en jour. Ses habitants lui venaient à l’époque de toute part et de toutes origines : arabes, berbères, amazighs, andalous et africains, bref un brassage de races et de couleurs constituait la première génération des habitants de cette ville. Bénéficiant d’un climat tempéré, d’une terre fertile et d’eau courante, elle devint une ville de ryad et de jardins, une ville où l’eau ronronne à volonté dans les sources souterraines, les fontaines murales, les rigoles qui la traverse, dans les mosquées grandes et petites, les zaouia ou sanctuaires, les hostelleries, etc. Ajoutons que Fès est devenue, au fil du temps, une base économique en terre maghrébine et un carrefour obligé de ses routes, allant au Nord vers l’Andalousie, au Sud vers Sijilmassa et Tombouctou et à l’Est vers Tlemcen et Quairouan. Elle devint, après sa fondation, la capitale des rois du Maroc et le centre focal des sciences de l’Islam ce qui lui donna le titre de capitale scientifique jusqu’à l’heure actuelle.

Nous adoptons dans le présent travail une approche historique toponymique en ce sens que nous essayons, autant que faire se peut, de prendre comme point de départ de nos investigations les monuments anciens existant dans la ville pour les présenter dans leur contexte historique étant entendu que pour nous, le terme monument est utilisé dans son sens le plus large afin d’englober mosquées, zaouia, médersa, remparts, borj, palais et jardins y compris les jardins extra muraux. Cette approche toponymique nous permettra d’opérer des recherches, le cas échéant, sur les noms des rues, des places, des tertres, des différents souks et des différents quartiers, qui comme nous le verrons, furent agencés dans la ville en forme d’entonnoirs et que l’usure du temps n’a pas trop ébréché. Quant au contexte historique, disons que nous ne nous sommes pas écartés du système classique des étapes historiques connues pour apprécier les changements survenus dans la ville de Fès parmi lesquels notamment, l’apparition et le développement de la civilisation andalouse au Maroc dans toutes ses formes ou encore le phénomène de l’alternance de la capitale, Fès étant tantôt la capitale du royaume tantôt la métropole de la dynastie régnante.

Nous allons donc envisager les différentes époques que la ville de Fès a traversées en commençant par celle de la fondation et de la formation des adoua des deux rives sur la rivière avec la construction d’une muraille d’enceinte et l’ouverture des portes jusqu’aux périodes de l’alternance, nous ne manquerons pas de signaler à chaque époque les différents apports étrangers dont bénéficie la ville que ce soit d’Andalousie ou d’ailleurs. Enfin, sur le plan formel, nous avons tenu à compléter le texte de base de notre étude par des encadrés dont le but est d’éclaircir ou d’approfondir certaines notions, de présenter des témoignages d’époque, d’ajouter des informations pertinentes, de mettre en exergue certaines situations, ces encadrés étant signés le plus souvent par des spécialistes des questions traitées avec, le cas échéant, notre propre contribution, soit sous forme de texte rédigé par nous-même ou de textes d’encadrés que nous traduisons.

Chapitre un

« Nous avons fait de l’eau toute chose vivante ».

(Coran, Sourate les prophètes, verset 30)

Fès a été construite avec la bénédiction de l’eau ou, si l’on veut, sous le signe de l’eau, ainsi qu’il est attesté par le choix de son site. Cette ville va pouvoir se développer et s’enrichir durant les siècles toujours sous la bénédiction de l’eau.

Paragraphe 1 : le besoin de construire une nouvelle ville

Contrairement à Tanger ou à Sebta, dont l’origine remonte à l’Antiquité phénicienne ou romaine, Fès est une création purement musulmane. C’est peut-être la seconde ville après Quairouan qui a été construite au Maghreb par les arabes venus d’Orient, ces derniers se contentant, le plus souvent, d’occuper et de développer les villes préexistantes. Le site de Quairouan ne devait pas poser de difficultés particulières à Oqba lorsqu’il avait décidé, vers l’année 50 de l’Hégire, de fonder une ville « qui puisse servir de camp et d’appui à l’Islam jusqu’à la fin des temps » (An-nouwaïri). Son choix s’est porté sur une vallée éloignée de la mer afin de se protéger contre d’éventuelles descentes des Grecs sur les côtes tunisiennes. Il a également choisi cette contrée pour ses pâturages abondants, propices à la nourriture des chameaux. De son côté, l’imam Idriss, se sentant à l’étroit à Volubilis (Oualili), a voulu construire une grande ville pouvant abriter les Arabes d’Andalousie et d’Ifriquia, une ville où il pouvait résider avec son entourage, ses troupes et ses fonctionnaires, une capitale d’empire (enc. 1).

Paragraphe 2 : source de vie

Omeir remonte sur son cheval et s’en va solitaire poursuivre ses recherches à travers la grande plaine du Saïss. Il finit par arriver à l’amont de l’Oued Fès, à l’endroit appelé aujourd’hui Rass el-maâ. Il aperçoit plus de soixante sources dont les eaux font des méandres entre tamaris et peupliers. Il boit, trouve l’eau à son goût. Satisfait, il s’exclame : « Que cette eau est douce et légère, ce climat est tempéré et ses pâturages sont plus beaux et plus vastes que ceux du fleuve Sebou ». Il suit le cours de la rivière et arrive à l’emplacement actuel de la ville de Fès. Il examine la vallée sur les deux berges : ce n’est que vaste marécages broussailleux couverts d’arbres et les sources y jaillissent de toutes parts. C’est là, sur ce territoire appartenant à la tribu des Zouagha (connue aussi sous le nom de Beni el-Kheir) et à la tribu Yazgha, deux factions des Zenata qu’Idriss édifie la capitale de son Royaume.

Le récit romancé du choix du site de Fès tel qu’il est rapporté par la chronique révèle que l’emplacement choisi pour édifier la cité n’a pas été le fruit du hasard. L’eau a été l’élément déterminant et essentiel dans ce choix. Omeir a été fasciné par le nombre impressionnant des sources qui forment la rivière des perles (Oued El Jaouahir) ou Oued Fès (enc. 4 a). Il était également fasciné par la pureté et la légèreté de leurs eaux et pour cause, cette plaine a été de tous temps la cuvette qui recueille les eaux des montagnes environnantes ; Oued Fès en constitue le principal collecteur. A cause de sa faible pente, il forme un vaste marécage en amont de la ville. Aussi faillait-il drainer ces eaux d’Ouest en Est et les fractionner à l’entrée de la ville. Un ingénieux réseau de canalisation et de branchements pour séparer les eaux pures des eaux usées d’une complexité inouïe est développé dans les deux rives (enc. 4 b). Cette technique traditionnelle, c’est Fès qui s’en était prévalue depuis les temps anciens. Et ce véritable savoir-faire fut l’apanage de la corporation des quouadssias (enc. 4 c) dont les maâlem ont transmis leurs savoirs de générations en générations et ce, jusqu’à une date récente. Nul n’est besoin de rappeler que ce réseau de canalisations avec son savoir-faire ont suscité l’intérêt et l’admiration par-delà les siècles. Il est patent de relever par exemple que dans les années trente chaque Fassi pouvait disposer quotidiennement de pas moins de 1300 litres d’eau provenant de l’Oued Fès dont le débit abondant et régulier atteint jusqu’à quatre mètres cubes par seconde. De ce fait, les habitants des autres grandes villes n’envieraient-ils pas ceux de Fès ? Et que dire alors de l’époque de la fondation où la population ne devait pas dépasser trois cent feux, soit mille cinq cent âmes ? Fès s’est toujours identifiée à sa rivière au point que l’on se demandait souvent qui de la ville ou de la rivière a emprunté le nom de l’autre. Les vertus de la rivière des perles sont certes nombreuses et les chroniqueurs ne se lassent pas de les énumérer : les habitants de Fès possèdent et jouissent de ses sources pures et limpides « fraiches l’été et tièdes l’hiver » et qui jaillissent un peu partout dans les maisons, les mosquées, les bains publics, les rues… Au début du XIVe siècle, on en aurait dénombré quelques quatre cents dans la ville ancienne ; aujourd’hui, certains toponymes de sources datent de l’époque Idrisside comme Aïn Allou (nom d’un personnage mythologique) ou Aïn Azliten (ancien quartier berbère). Mais d’autres toponymes courants existent comme Aïn Al Khayl (source des chevaux) ou Aïn Lebghel (source du mulet). Quoi qu’il en soit, dans les maisons, les mosquées, les bains publics, les rues, l’eau est partout, apparente ou souterraine. De cette abondance d’eau découle un autre facteur essentiel, à savoir, la fertilité des terres agricoles environnantes. Fès est ainsi pourvue, à sa porte, de cultures considérables, tant sur les terrains irrigués que sur les terrains à céréales ; elles se distinguent par la production de toutes sortes de fruits, par la variété de ses plantes potagères, de ses légumes et par toutes les espèces de fleurs et de plantes d’agrément. Cette région exceptionnellement riche s’étend de la plaine du Saïss au Sud aux pentes de Lamta derrière le Zalagh et le Tghat, connues pour leurs olivettes, leurs vignes et leurs figuiers, se prolongent jusqu’aux berges du Sebou, au confluent de l’Oued Fès (enc. 5 a et b).

Paragraphe 3 : le Sebou, autre source de richesse

Le Sebou, un autre atout retenu par la chronique. Sans doute y pêche t’on la grande alose qui remonte de la Maâmora de Salé jusqu’à la source de ce fleuve et d’autres espèces comme le mulet ou encore, le gros merlan ou l’esturgeon d’après Alfred Bel… mais au Moyen-Âge, l’intérêt de la proximité du Sebou réside surtout dans son utilisation comme voie de navigation (enc. 6).

Al Jizinaaii en parle ainsi : « Citons encore à l’avantage de cette ville, la proximité du Sebou sur lequel peuvent naviguer barques et petits bateaux jusqu’à l’océan (atlantique) et qui peuvent remonter jusqu’au confluent de l’Oued Fès ». Fès disposait en effet, dès l’époque de l’Almohade Abdelmoumen, d’un chantier de construction navale au port de Khaoulane sur le confluent de l’Oued Fès et du Sebou (à trois kilomètres à l’Est de la ville). Et, c’est semble-t-il dans ce port que Abdelmoumen avait construit les vaisseaux utilisés pour la conquête de Mehdia en 1157 JC. C’est également là que le souverain mérinide Abou Inan avait fait construire des vaisseaux, grands vaisseaux à deux mâts, pouvant transporter de cent à deux cents guerriers, voire davantage.

Paragraphe 4 : autres ressources relatives au site de la fondation

Parmi les autres ressources qui ont présidé au choix du site, retenons l’existence de nombreuses essences de bois et en particulier le bois de cèdre qui peut demeurer en des lieux que n’atteint pas l’eau pendant mille ans et plus sans se détériorer et sans être attaqué par les vers. Fourni par les forêts du Moyen Atlas au Sud de Fès, ce bois imputrescible est utilisé comme bois de construction pour les charpentes, les voltiges de plafonds, les vantaux de portes, les linteaux, etc. et comme bois d’ébénisterie et de décoration. Le site de Fès se caractérise également par la richesse de son sous-sol. On y trouve des argiles helvétiennes, des grès, des calcaires lacustres, autant de matériaux qui ont permis de développer très tôt la construction, la poterie et la céramique.

Fès, création purement musulmane sur un site exceptionnel (enc. 8) à proximité de ressources naturelles indispensables n’est-elle pas l’illustration de cette cité idéale décrite par les sages dans ce propos soigneusement transcris par les chroniqueurs de Fès : « La meilleure des villes est celle qui réunit cinq qualité : une rivière d’eau courante, une terre arable, du bois de forêt à proximité, un rempart bien fortifié, un pouvoir puissant qui assure aux habitants la réussite et la sécurité ». De fait, Fès a de tous temps exercé une véritable fascination sur les gens toujours enclins à l’habiter. L’auteur de la Fleur de Myrte, Zahrat al-ass dit à ce propos : « Depuis sa fondation, elle est habitée par une population variée, faite des gens des campagnes et des villes qui ont émigré vers elle de toutes les contrées éloignées ou voisines. Il n’ait pas de pays, de villes, qui n’aient à Fès des représentants de commerce, habitations, industries ou services » (enc. 7).

Chapitre deux
La cité des deux rives

Cité des deux rives, double cité, ville aux deux agglomérations. C’est ainsi que la dualité de Fès est décrite par les auteurs arabes du Moyen-Âge. Les premiers éléments sur la capitale idrisside nous sont fournis vers l’an 870 JC par le géographe oriental Al Yacoubi dans sa description du Maghreb. Cet auteur parle d’une cité nommée Ifriqiya, située sur un grand fleuve appelé Fès, l’un des plus grands du monde ! Mais curieusement, il est le seul géographe à donner à la rive des Quairouanais le nom d’Ifriqiya (Tunisie actuelle), mais il s’empresse d’ajouter que sur l’autre rive, existe une seconde ville nommée, ville des Andalous. De son côté, le géographe andalou Abou Ubeid Al Bakri fait observer un siècle plus tard, vers 1050 JC que Fès se compose de deux villes, l’une à côté de l’autre, séparées par une rivière très rapide qui fait tourner des moulins et que l’on traverse au moyen de ponts. Al Bakri a le mérite de nous renseigner plus sur ces deux cités. L’une de ces villes, appelée Adouat Al Quaraouiyne, rive où quartiers des Quairouanais est située à l’Ouest de l’autre, laquelle se nomme Adouat el Andaloussiyne, rive des Andalous. Al Bakri ajoute que le quartier des Andalous fut fondé en l’an 192 H/808 JC et celui des Quairouanais l’année suivante, sous le règne d’Idriss II, mort en 213 H (enc.10. a et b). Rive des Andalous, rive des Quairouanais, ainsi, dès l’origine, la ville de Fès est fondée sur cette dualité : deux agglomérations indépendantes, mais proches l’une de l’autre, fondées à une année d’intervalle. La version traditionnelle de l’origine de Fès attribut cette double fondation à Idriss II, ainsi qu’il ressort du récit d’Ibn Abi Zaraâ dans Raoud al-qirtass, principale source de l’histoire de Fès : « Selon le récit des historiens les plus avertis, la fondation de la ville de Fès par l’imam Idriss (Idriss II) eut lieu le jeudi 1er jour de Rabia 1e de l’an 192 H /808 JC. L’imam fonda la rive des Andalous sur le site de Fès qu’il entoura d’un rempart. Un an plus tard, la rive des Quairouanais fut fondée à son tour. Le premier jour de Rabia 1 de l’an 193 H/22 janvier 808 JC ».

Des recherches historiques et numismatiques entreprises au début du XXe siècle attribuent la fondation de la rive des Andalous à Idriss Premier, père d’Idriss II qu’il aurait baptisée « madinat Fès » dès 172 H/789 JC ! Selon ces sources, la rive des Quairouanais construite effectivement à partir de 193 H/808 JC à l’Ouest de la rive des Andalous serait l’œuvre d’Idriss II. Quoi qu’il en soit, les deux agglomérations formant la ville de Fès existaient dès les premières années du IXe siècle. Deux enceintes percées de six portes chacune (enc. 9), entouraient chacune des deux cités, lesquelles étaient dotées de deux mosquées avec prône : Jamaâ al-achiakh (dite aussi Jamaâ al-anouar), située au quartier de Keddane et Jamaâ al-achraf dans la rive des Quairouanais, mosquée qui abrite le tombeau du fondateur.

Paragraphe 1 : le quartier arabe et le quartier berbère

La rive des Quairouanais abritait la demeure du Prince (Dar al-qitoune), attenante à la mosquée al-achraf autour de laquelle Idriss II a fait construire la qaïssaria. Dès l’origine, cette rive était le lieu où se fixaient les arabes des tribus Kays, Azd et Yahssoub venus d’Andalousie et d’Ifriqiya grossir les rangs d’Idriss. Ils s’installèrent sur les hauteurs de la ville dans des quartiers avoisinants, Bab Saâdoun, Bab Ifriqiya, Bab al-Hadid et Bab al-Faraj (enc. 9).

La rive droite avait quant à elle, selon certaines chroniques, un caractère essentiellement berbère. Les tribus de Masmouda, Arbaoua, Houara et Guerouaoua, entre autres, sont venues très tôt s’y établir dans les parties sud et sud-est, ainsi que du côté de Bab Fouara, Bab al-qibla et Bab al-kanissa. Cette rive abritait également les contingents d’Idriss II et des officiers berbères. Les toponymes berbères de certains quartiers comme Guerouaoua et Masmouda en témoignent encore aujourd’hui. La rive droite a gardé son architecture et son mode de vie berbère jusqu’en 202 H/817 JC, date à laquelle les réfugiés corduans du Rabad (faubourg), expulsés par l’Emir omeyade Hakam Premier pour avoir pris part à une rébellion était venus s’y établir. L’historien Levi Provençal ajoute dans son histoire de l’Espagne musulmane (Tome 1) qu’un nombre assez important de réfugiés du Rabad de Cordoue sont allés s’établir à Bhalil près de Sefrou, à une dizaine de kilomètres de Fès. Quoi qu’il en soit, de nombreux réfugiés du Rabad de Cordoue se sont établis à cette époque dans la partie est de la ville de Fès ; elle fut grossie en outre de quelques huit mille familles réparties dans les quartiers de Rmila, du Keddane et de Masmouda. La rive droite allait prendre le nom des nouveaux venus : rive des Andalous et devenir plus policée et plus sédentarisée. La venue de ces immigrés donne à cette rive, selon un auteur anonyme, l’aspect d’une ville à part entière.

Il en est de même de la rive gauche, lorsque celle-ci avait reçu, à la même époque, un contingent de deux mille familles Quairouanaises venues chercher refuge à Fès. Plus raffinés que les Arabes formant la suite d’Idriss, ces réfugiés venus de loin, donnèrent leur nom à la Adoua où ils s’établir : Adouat al-quaraouiyne. C’est semble-il à la même époque que les réfugiés juifs se concentrèrent dans la partie Nord de la ville, très exactement au quartier connu de nos jours sous le nom de Foundouk Lihoudi. Brossant le portrait des habitants des deux rives, l’auteur de Raoud al-qirtasse écrit : « Les habitants de Adouat al-Andalous étaient forts et valeureux, la plupart d’entre eux s’adonnaient aux travaux de la terre et des champs. Ceux de Adouat al-quaraouiyne au contraire, aimaient le luxe et le faste dans la construction de leurs maisons, dans leurs manières de s’habiller, dans leur nourriture. Ils s’occupaient principalement d’artisanat et de négoce. Les hommes de Adouat al-quaraouiyne étaient plus beaux que ceux de Adouat al-andalous. Les femmes de Adouat al-andalous étaient en revanche plus jolies ».

Paragraphe 2 : la prospérité de Fès au IXe siècle

Les deux rives ont continué à se développer après la mort du fondateur en 213 H/828 JC. Et, sous le règne de Yahia, petit-fils d’Idriss II (849-863 JC), Fès allait connaître une prospérité sans pareille, ainsi que le signale le géographe de l’époque Al Yaâcoubi : « La cité est considérable et très peuplée. Sur la rive occidentale de la rivière de Fès il y a avait huit cents moulins qui travaillent au profit de toute la région, laquelle comprenait des agglomérations, des propriétés, des terres cultivées, arrosées par ce cours d’eau dont le débit est constant ».

Cette opulence ne devrait pas étonner lorsque l’on sait qu’à l’époque de la fondation, l’iman Idriss avait ordonné de multiplier les constructions et les plantations sur les berges de l’Oued Fès, de sa source dans la plaine du Saïss, jusqu’à son confluent avec le fleuve du Sebou et que pour encourager les gens à s’y établir, il leur avait accordé soit, la pleine propriété des constructions et des plantations réalisées avant l’achèvement du rempart de la ville soit, le cas échéant, l’usufruit (jazaâ) de ces biens. Cela a fait l’originalité de certains quartiers de Fès, où des jardins étaient placés sous le droit de jazaâ, tels les cas de Jazaâ Ben Amer, ou Jazaâ Ben Zekkoune ou Jazaâ Berqouqa (le mot jazaâ a subit une déformation dans la langue dialectale marocaine ; il est ainsi prononcé « gzan »). La prospérité de Fès sous Yahia est également attestée par le grand historien Ibn Khaldoun qui relève, en particulier, la construction de bains publics, d’hostelleries pour le commerce (foundouk), la construction de faubourgs à l’extérieur de la ville. Ibn Khaldoun ajoute que les gens venaient à Fès des marches (toughour) les plus lointaines ; autrement dit, on venait visiter Fès d’Andalousie, de Tunisie et de toutes les régions du Maghreb même les plus lointaines. C’est également à cette époque que Fès fut dotée de ses deux célèbres mosquées.

Paragraphe 3 : la cité des deux grandes mosquées

Fès fut dotée à l’époque de Yahia de deux grandes mosquées : la Quaraouiyne sur la rive occidentale (enc. 11) et la mosquée al-andalous sur la rive orientale. Ces deux lieux de culte ont été construits, respectivement, par Fatima Oum Al Banin et sa sœur Meriem, fille de Mohammed Ben Abdellah Al Fihri, un Quairouanais venu s’installer à Fès avec sa famille.

Ces deux sanctuaires n’étaient que de simples oratoires à l’époque de leur fondation en 857/859. La salle de prière de la Quaraouiyne comportait quatre travées et celle de la Mosquée d’al-andalous six, avec une cour spacieuse plantée de noyers et d’autres arbres. L’eau de la Quaraouiyne provenait d’un puits foré au moment de la construction. La Mosquée d’al-andalous recevait, quant à elle, de l’eau en abondance d’un canal nommé Saqiat Masmouda, toponyme qui existe encore aujourd’hui.

Les deux mosquées ont résisté aux évènements dont Fès fut, au Xe siècle, le théâtre : agonie des Idrissides attaqués à partir de l’Est par les Fatimides ubaydites de Kairouan et, à partir du Nord-ouest, par les Omeyades marouanides de Cordoue.

Paragraphe 4 : guerres et rivalités dynastiques

En 314 H/926 JC, la cité est prise par Moussa Ibn Abi Al Afiya, prince zenet de Miknassa, allié pour un temps des Fatimides et qui entreprend l’expulsion des Idrissides et leur poursuite jusqu’à la citadelle de Hjar el-nesr (rocher des vautours) dans le Rif, où ils ont continué malgré tout à exercer le pouvoir, tantôt au nom des Fatimides, tantôt en celui de Marouanides. Dès 338 H/949 JC, la cité d’Idriss est soumise au Souverain andalou, Abderrahmane III (al-nacer) qui nomme les gouverneurs de la ville parmi les Zénètes, ses alliés.

La cité est reprise en 347 H/958 JC par les Fatimides de Kairouan conduits par le Général Jaouhar qui réinstaure leur autorité sur tout le pays. Toutefois, le Général Ghalib va pouvoir faire débarquer les Omayades en 362 H/973 JC et occuper la ville où il installe un gouverneur dans chacune des deux rives… durant cette longue période marquée par les guerres et les rivalités dynastiques, Fès, bien qu’éprouvée, n’en continue pas moins de se développer. Les deux agglomérations édifiées de chaque côté de la rivière des perles ne cesse de s’étendre englobant les faubourgs extérieurs. Chacune d’elle se dote de fortifications en pisée ; la Quaraouiyne voit sa salle de prière agrandie, son sahn (cour intérieure) réaménagé, et son célèbre minaret zenet construit suivant une architecture alliant l’art andalou et l’art ifriqiyen, ainsi qu’on peut l’admirer aujourd’hui encore dans la forme andalouse de la tour et le tracé ifriqiyen du bandeau, en relief, surmonté de la coupole hémisphérique à la place du traditionnel lanternon. A ce propos, il n’est pas sans intérêt de rappeler ici le modèle du minaret marocain qui a pris sa forme traditionnelle depuis maintenant dix siècles, forme que nous connaissons déjà en Andalousie musulmane au Moyen-Âge. Il s’agit d’un minaret de forme carrée, contrairement aux minarets de l’Orient qui sont plus souvent de forme circulaire. Le minaret marocain se termine au sommet par une plateforme carrée au milieu de laquelle émerge un lanternon également de forme carrée et qui ressemble curieusement à un petit minaret surmonté d’une petite coupole. Il s’ensuit que le minaret de la Quaraouiyne peut être considéré comme une exception historiquement heureuse.

Paragraphe 5 : opulence et développement

Le développement urbain dont bénéficie Fès à cette époque se double d’une certaine aisance des Fassi dans les deux rives. Ibn Haouqal qui a visité l’Occident musulman vers 950 JC nous a laissé un témoignage intéressant sur la propreté de la cité : « Fès est une ville dont les rues sont pavées. En été, on déverse dans les marchés l’eau de la rivière qui lave le sol et rafraichit les dalles ». A lire cet auteur, Fès apparaît au Xe siècle comme une cité opulente avec un arrière-pays riche en céréales, en fruit et en denrées alimentaires de toutes sortes. C’est une ville, note Ibn Haouqal, où « les marchandises et le produit des impôts et taxes surpassent en quantité ce qui se trouve dans les agglomérations urbaines du pays ».

A la fin du Xe siècle, Fès, capitale des princes zénètes, ne cesse de s’étendre et de s’embellir malgré les rivalités devenues traditionnelles entre Fatimides et Omayades puis entre Amérides d’Andalousie et Zenet du Maroc. Chacun des antagonistes entendait marquer sa présence dans la ville tant convoitée dès qu’il en devenait le maître. Ainsi, poursuivant l’œuvre de l’Omeyade Abderrahmane III Al Nacer, l’améride Abdelmalek Al Modafar, aménage, dès son entrée victorieuse à Fès en 998 JC, un bassin pour les ablutions à la Quaraouiyne pour lequel il fait venir l’eau par canalisations à partir d’une prise sur l’Oued Fès près de Bab Al Hadid. Ces travaux utilitaires sont complétés par des travaux d’embellissement consistant en la construction d’une coupole à l’entrée de la nef axiale de la grande mosquée.

De même, l’émir zenet Dounas Al Maghraoui consacra tout son règne à ériger des constructions et à embellir Fès. Son règne, écrit l’auteur de Raoud al-qirtasse « fut une période de prospérité durant laquelle le peuple connut la paix, la tranquillité et une grande aisance. Sous son gouvernement, Fès devint une grande ville, elle se peupla, les maisons se multiplièrent, les négociants et autres gens s’y rendaient venant de toutes les régions et de tous les pays ».

Dounas entoure tous les faubourgs de la ville de solides remparts. Il fait bâtir des mosquées, des bains publics, et des hôtelleries. Mais il se distingue particulièrement par la construction des plus vieux ponts de la ville reliant les deux rives (enc. 12). Ses deux fils, Foutouh et Ajissa qui lui ont succédé, le premier sur la rive des andalous et le second sur la rive des Quairouanais, n’ont pas réussi à assurer aux habitants de la ville, paix et sérénité, qu’ils avaient connus au temps de leur père. Leur rivalité était telle qu’elle a entraîné de longues guerres entre les habitants des deux rives. Foutouh a construit une kasbah à Queddane sur la rive orientale ainsi qu’une grande porte à l’emplacement de Bab al-Qibla qui a pris, on le sait, par la suite le nom de Bab Ftouh. De son côté, Ajissa a édifié a l’endroit de l’ancienne porte de Hiçn Saâdoune une kasbah et une nouvelle porte qu’il a baptisée de son nom. Aujourd’hui les deux kasbah ont disparues mais les deux portes restent témoins des luttes intestines que se sont livrées les fils de Dounas et dont Fès a été le théâtre sous le règne de ces deux princes. Foutouh a eu raison de son frère Ajissa qu’il a tué mais il n’a pas tardé à être emporté par la vague déferlante des Lemtouna, ces Almoravides qui vont unifier la ville pour toujours.

Chapitre trois
La cité unifiée

1070, Youssef Ibn Tachfine rentre à Fès l’épée à la main. Il vient à peine de conquérir le pays des Ghoumara, du Rif à Tanger. Bien qu’il ait conquis du pays cette année-là et qu’il ait installé dans la ville un gouverneur descendant comme lui de la tribu des Lemtouna, Fès continue de lui échapper. C’est que la fortune souriait encore aux tribus Zenet qui avaient repris Fès en 1063, année où justement Youssef était occupé ailleurs, à Marrakech, dont il parachevait la construction commencée au début de l’année. Infatigable, il s’employait à soumettre les Ghomara sur tout le Nord marocain. Il assiégea donc Fazzaz et conquis la vallée de L’Ouargha. Fès ne fut finalement reprise qu’après la soumission totale du pays aux Almoravides et au prix d’un long siège auquel avaient participé toutes les troupes almoravides.

Paragraphe 1 : la démolition des remparts

Prenant possession de la ville, Youssef Ibn Tachafine ordonna la destruction des remparts séparant les deux rives. Grand évènement que l’on trouve consigné par tous les chroniqueurs. Curieuse initiative en fait qui donne à penser qu’il répugne probablement de voir des murailles entourer les villes, accoutumé qu’il est à vivre dans l’immensité du désert. N’a-t-il pas laissé Marrakech sans remparts, ne se souciant pas le moins du monde, pas plus que son fils plus tard, de l’en doter. Finalement, c’est sur le conseil du jurisconsulte Ibn Rochd, grand-père du philosophe Averroès, en visite à Marrakech en 1130 JC que Ali, fils de Youssef Ibn Tachafine se décida à construire les remparts de la capitale almoravide.

Paragraphe 2 : rencontre entre Youssef Ibn Tachafine et Al Mouâtamid Ibn Abbad

En 1070 JC, les deux villes idrissides ne forment donc plus qu’une seule cité. La chronique nous apprend que Youssef s’est employé à fortifier Fès ainsi unifiée, de la peupler de sahraouis de la souche des Senhaja et de l’embellir, à l’instar de ses prédécesseurs Zenet. Mais très tôt, Youssef quitte Fès pour Marrakech, où il établit sa résidence « afin d’être plus proche de ses origines sahraoui », diront certains. En fait, Youssef est pris dans le tourbillon des conquêtes et des guerres au Maghreb et en Andalousie, et, s’il préfère Marrakech pour résider avec les siens, il ne s’est nullement dérobé pour autant à la ville qu’il a conquise à la pointe de l’épée.

C’est d’ailleurs à Fès où il se trouvait, en août 1084 JC, qu’il reçut de son fils la nouvelle de la prise, par les Almoravides, de ce dernier bastion rebelle qu’était Sebta. C’est encore à Fès que selon Ibn Khaldoun, le roi de Séville Ibn Abbad, le fameux Al Mouâtamid, vint spécialement pour rencontrer Youssef Ibn Tachafine, en vue de l’informer de la situation en Andalousie à cette époque et lui confirmer les faits qui lui furent retracés dans ses différentes correspondances écrites par ses scribes et transmises de Séville, correspondances qui brossaient des tableaux d’épouvante, de confusion et d’instabilité que vivaient les populations d’Andalousie face à la détermination des Chrétiens envahissants. Il l’exhorta encore une fois de voler rapidement au secours des Musulmans andalous. On connaît la réponse de Youssef Ibn Tachafine : « Regagne ton pays et soit près à agir, j’arrive sur tes traces ». En effet, Youssef Ibn Tachafine se transportera en Andalousie, ses troupes rencontreront les troupes andalouses et, à leur tête, celles d’Al Mouâtamid Ibn Abbad ; elles remporteront la victoire à la bataille de Zallaqa. Cependant, et comme cela est connu, les choses iront autrement : les troupes de Youssef Ibn Tachafine se succèderont en Andalousie, les unes après les autres dans le but d’extirper la présence des reyes de Tarifa et de mettre fin à leur système de gouvernement, extirpation dont le plus visé n’est autre que le roi de Séville, Al Mouâtamid Ibn Abbad. De fait, la ville de Séville fut le théâtre d’une attaque par les troupes almoravides. Al Mouâtamid sortit pour se défendre malgré les conseils de ses ministres lui recommandant de se soumettre. C’est à propos de ces conseils que le poète Al Mouâtamid avait dit :

« Lorsque les larmes se raffermirent et que le cœur dressé se tint en éveil

Ils dirent que la soumission n’était qu’une politique ; montre-leur ta soumission

Or, plus agréable à mon goût que la soumission est le poison fatal.

J’apparus n’ayant qu’une seule et unique chemise sur mon corps rembourré pour assurer ma défense ».

Arrêté en 484 H / 1085 JC, Al Mouâtamid fut enchaîné, ce qui lui causait toutes sortes de souffrances atroces. Aussi, s’écria-t-il : « Ma vie a basculé de la gloire à l’ombre des étendards, à l’humiliation des fers et au poids des chaînes ».

Il fut conduit avec sa famille à sa prison d’Aghmat où il demeurera avec les siens jusqu’à la fin de leurs jours. A Aghmat, Al Mouâtamid restera enfermé, seul, jusqu’à l’arrivée d’un groupe de délinquants que Youssef Ibn Tachafine avait emprisonnés à la suite de son implication dans des émeutes et des actes de corruption dans la ville de Fès. Al Mouâtamid trouva quelque distraction à côtoyer ces Fassi jusqu’au jour où Youssef Ibn Tachafine leur accorda sa grâce et les libéra. Al Mouâtamid, de nouveau isolé et, lorsque les gens de Fès vinrent le saluer à l’occasion de leur départ, il leur répondit les larmes aux yeux :

« N’est-ce pas un repos que de verser des larmes sur les joues

Il est temps que les larmes tarissent et que le visage se meurt

Prononcez ô gens de Fès une invocation à un affligé

De ce que l’Eternel vous a procuré pour assurer votre guérison

Vous avez échappé de la prison d’Aghmat

Pendant que les entraves continuent de m’enchevêtrer et je ne puis dire que leur démantèlement est pour bientôt ».

Son humiliation s’exacerba à la vue de ses filles, venues lui rendre visite dans de vielles guenilles un jour de fête, alors qu’elles pratiquaient la filature pour les gens d’Aghmat. Il s’écria en les voyant dans cet état :

« Au temps passé, tu te réjouissais lorsque les fêtes arrivaient

Aujourd’hui, la fête à Aghmat est un porte-malheur pour l’enchaîné que tu es

Tu voies tes filles dans les haillons affamées

Elles font du filage pour les gens et ne possèdent aucune ressource

Elles marchent dans la boue les pieds nus

Comme si elles n’avaient pas marché naguère, sur le musc et le camphre ».

Tandis que le roi de Séville se morfond à Aghmat durant quatre années avant d’y mourir en 488 H / 1089 JC, ne recevant la visite que de très peu de gens parmi les siens et parmi les poètes de son ancienne cour comme Abou Bakr Addâni et Ibn Hamdîss Assiqilli, l’empire almoravide envahit la péninsule d’Andalousie, faisant d’elle une partie intégrante des provinces soumises à la puissance almoravide.

Paragraphe 3 : la ville hispano-mauresque

Fès a reçu toutes les faveurs de Youssef Ibn Tachafine bien qu’elle ait cessé d’être capitale d’empire, celle-ci ayant été transférée, comme on le sait, à Marrakech. Youssef s’emploie à accroitre le nombre d’oratoires, de fontaines monumentales, de bains publics, de caravansérails et pourvoit assidûment à leur entretien. A la faveur de la réunification de l’Andalousie avec le Maroc qui forme désormais un seul et même territoire, les relations entre Marocains et Andalous sont devenues beaucoup plus directes, voire plus intimes au point où on a parlé de « symbiose » entre l’Espagne et le Maroc (Henry Terrasse). Dans cette ambiance nouvelle, Youssef Ibn Tachafine pouvait aisément faire appel à des artisans et des architectes de Cordoue pour construire ou restaurer nombre d’édifices publics et mettre en œuvre...