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JEAN MARCEL
Fractions 5
DE COURBERON
Les données de catalogage avant publication sont disponibles à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada.
Les Éditions De Courberon 500, rue Principale Saint-Patrice-de-Beaurivage (Qc) Canada G0S 1B0 info@decourberon.com Téléphone : 418 609-3458 Télécopie : 1 866 596-3873 www.decourberon.com
Œuvre en couverture :Verre à volte, Lasiate.
ISBN 978-2-922930-60-3
© Éditions De Courberon et Jean Marcel, 2012. Tous droits réservés pour tous pays.
Les édîtîons De Courberon remercîent a Socîété de déveoppe-ment des entreprîses cuturees (SODEC) du soutîen accordé à eur programme de pubîcatîon.
A Yves et Eliane, pour plus de quarante ans d’amitié où que nous fussions à travers le vaste monde.
• Les lecteurs dèles (ça existe !) sauront à quoî s’en tenîr pour a composîtîon de ces carnets par ce quî en est dît dans es Fractîons îmînaîres des tomes 1 et 2. Les autres s’y reporteront. Nous en sommes au cinquième, et je croîs que e pî prîs ne sauraît pus s’arrêter… Je ne sors jamaîs sans un boc-notes dans ma poche. Comme dans les carnets antérieurs, j’en prote pour répondre à des questions que l’on me pose parfois — par exemple celle-ci : pourquoi j’écris mes textes longs sans paragraphes. D’abord, parce que tout comme la nature, j’ai horreur du vide; aussi, peut-être suîs-je un peu radîn de papîer. Maîs surtout parce que je me souviens qu’en ma jeunesse, ecteur de manuscrîts pour queque maîson d’édition ou revue littéraire, je me suis souvent retrouvé devant des manuscrîts de débutants entièrement composés de paragraphes d’une seule phrase — avec force points de suspensions, évidemment; j’estimai qu’il en était ainsi parce qu’on n’avaît pas grand-chose à dîre et qu’on
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étalait par complaisance, pour gagner de l’espace et faire croire au génie prolique. J’en ai conçu dès lors une sorte de saine aversion pour cette dîsposîtîon typographîque.
• Chose certaine : la mort ne fait de mal à personne.
• L’esprit critique est une croyance démesurée en a toute-puîssance satîsFaîte dusoi. Il s’achève et s’accompît dans e rîctus de Votaîre.
• X me dit : « Quand je regarde cette superbe jeune lle et sachant ce qu’elle sera devenue dans dix ans, je perds immédiatement le désir de convoer ». S’î est juste et vraî qu’î Faut vivre dans le présent, un coup d’œil sur l’avenir a quequeFoîs du bon.
• Tout à coup, un ton oscille puis résonne et s’embrase au fond du ciel, présageant que bientôt la lumière aura tout envahi. Ai toujours préféré le crépuscule du matin à celui du soir; ceuî-cî est de a nature de ’îcône et se peînt putôt aîsément (une descrîptîon parmî es pus saîsîssantes a été Faîte par Caude Lévî-Strauss dansTristes Tropiques). Surtout vibratoire, l’aube s’écoute, elle est d’essence musicale. Voilà sans doute pourquoi, à son approche, mon
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oreille est aux aguets, plus que mon regard. Il n’y a qu’une yre pour en rendre bîen compte. Le monde recommence, souverain et serein, jusqu’à cet utîme matîn quî n’aura pus de soîr.
• Le gaspillage, la nature ne semble faire que ça : chaque jour des myriades de milliards de graines, d’ovules, de spermatozoïdes qui ne vîendront jamaîs à a vîe.
• Les divinités du temps : Chronos qui dévore ses propres enfants, Kali qui détruit tout par îngurgîtatîon. I Faut en retenîr que e temps est un avaeur.
Avez-vous vu Pétra ?I me Faut m’y résoudre : je n’auraî pas vu Pétra… que je désîraîs ardemment visiter depuis ma vingtième année. I vîent un temps où î Faut savoîr renvoyer de vieux rêves. J’aurai du moins passé des heures sur les lithographies qu’en t l’Écossais David e Roberts vers e mîîeu du 19 siècle. Cette mystérîeuse cîté trogodyte antîque se dresse comme une déîcîeuse absurdîté dans e désert de la Jordanie actuelle. À même le roc en falaise, stratié de rose et d’indigo, les Édomites d’abord (– 800), puis les Nabatéens (– 400) avaient fait surgîr comme des mîraces de mutîpes tempes et de nobes habîtatîons. La cîté Fut pendant
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des siècles le carrefour commercial obligé des caravanes venant de ’Orîent porter à ’Ouest l’encens, la myrrhe et les épices. Aujourd’hui le désert a reprîs ses droîts sur ce quî a été une cité grouillante et prospère, comme nissent toujours par e Faîre es grands ééments de a nature sur ’îngénîosîté humaîne. I est dîicîe d’imaginer, si loin de la Grèce, des proportions sî grecques que ces tempes et édîcues dîvers orent au soleil avec leurs frises en dentelles, contrastant avec cette austérîté qu’înspîre e désert tout autour. Non, je n’aurai pas vu Pétra. Peut-être en un autre monde, d’où elle semble sortie tout entière…
• Lise G., qui a vu tout ce qu’il faut voir de villes et de gens à travers le monde, dans la belle carrière internationale qu’elle mène, s‘est arrêtée pour la première fois à Bangkok en transit, 48 heures à peine; c’était peu, mais susant pour qu’ee me dîse en partant qu’ee ne s’étaît jamaîs trouvée dans une cîvîîsatîon aussî heureuse et rainée.
• Le « mal du siècle » ce n’est pas l’ennui, c’est ’agîtatîon...
• Spectacle exceptionnel d’une troupe de Taïwan : danse sur percussions. Une véritable
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poésie sans paroles, qui ne retient du langage poétîque que e rythme comme sîgne à ’état pur. D’une modernîté à Faîre pâîr nos avant-gardes, sans assaut de provocation, ni baroud de grotesque. Le naturel mesuré au plus précis, en quoî consîste e pus grand art.
• Altiste lui-même, Paul Hindemith est e probabement e composîteur du 20siècle qui a le plus et le mieux écrit pour cet instrument. S’il est ls de Wagner, par Mahler et Strauss, c’est du Wagner du chœur des dix-huit enclumes accordées de la scène 3 del’Or du Rhin. I a quelque chose, en musique, du grincement industriel du monde contemporain. Une illustration singulière se trouverait dans le quatrième mouvement de sa sonate pour alto seul, op.25 no 1. Son œuvre orchestrale est souvent dominée par cette voix; c’est comme sî toute son orchestratîon avaît pour tîmbre de référence l’alto, tous les instruments étant tournés vers son chant lumineux.
• Donner la vie pour transmettre la mort...
• Je n’ai jamais été déçu par un lm iranien. Plutôt même, chaque fois, fasciné, sinon înteroqué. Je ne saîs s’î se trouve dans ce pays une înstîtutîon quî donne à tous ces cînéastes
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leur homogénéité, mais j’ai trouvé quelque chose de commun à tous ces lms que j’ai pu voir : il y a certainement une « école » iranienne (dans e sens des écoes de peînture à a Renaîssance) — on reconnaîtrait un lm iranien à un seul fragment d’image — et cette « école » sedénirait comme unemystique de ’îmage. Non pas de l’image comme cadre esthétique, maîs comme une vérîtabeéthique. Tous les personnages aînsî créés par ce cînéma sont « aimés » — par leur réalisateur, leur caméraman, eurs spectateurs — c’est un cînéma de a compassion, de la complicité — d’où l’intention politique qu’on pourrait lui prêter, mais qui en Faît va beaucoup pus oîn que ce nîveau d’anayse. Les cînéastes îranîens savent raconter une « histoire » comme nous ne savons plus le Faîre. Shîrîn Neshat a pourtant été Formée à Berkeley, mais elle n’en est pas moins héritière de la tradition persane. Son lmFemmes sans hommes est à la frontière du surréalisme par l’image et la syntaxe et du classicisme par la netteté de ses cadrages et de ses coueurs. Le récît est proustien et ne se laisse pas « raconter », n’est pas même une « histoire », mais une chronique surnaturee sur Fond d’événements poîtîques troubes des années 50. On en retîent qu’î est une somptueuse caîgraphîe d’îcônes.
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