Henry de Montherlant N° 242

De
Jean Grosjean, La voix de Montherlant...
Jacques Borel, Le jeu, la mort
Gabriel Matzneff, Montherlant éducateur
Renauld-Krantz, Le Chevalier du Néant
Martine Cadieu, Montherlant, l'ami
Pierre Kyria, Montherlant, une fidélité à l'exigence
Michel Mourlet, Deux dinosaures
Jean d' Ormesson, L'équinoxe de septembre
Marc Petit, 'Ah! la mort, qui me met enfin hors d'atteinte!'
Alain Clerval, Ce fil de fumée...
Patrick Grainville, Don Juan et le donjuanisme chez Montherlant
Pierre Jean Founau, La mort de l'âme
Alain Bosquet, Sur quelques poèmes de Montherlant
Dominique Descotes, Comédiens et martyrs
Dominique Aury, Un langage vrai
Henri Thomas, La mise à mort des pauvres hommes
Roger Caillois, Plaidoyer pour Tacite
Henry de Montherlant, Proche de ce qui est - Deux histoires - 'Fermez-vous, portes éternelles!'
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072389269
Nombre de pages : 128
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Lavoixde
Montherlant.
LavoixdeMontherlanttantôts'approchetantôt s'éloigne.Ilsaitdirenettementcequenotreâmebégaie, maisparfoisillecrienousnesommespassourds.Puis soudainils'absentequenousfontcescouragesarrogants avecleursfroidesfêtesetleursfauxproblèmesouces veuleriesdéployées?Ilouvreetcélèbre,ennous,undébat entrenosraisonscontradictoires,mais nousreconnaissons-nousàdetellesextrémités?En créantununiversdedia-loguequ'ilopposeauxennuyeusespesanteursmonistes, ildevraitdevenirnotreporte-parole;d'oùvientque nous n'ysouscrivonspasdavantage?Parfois,ilvidelavieau profitdesformulesetnesortdufauxconcretdontrêvent lesautresquepourentrerdansunerhétoriqueunpeuméri-dionale.Puis,lasdevictoiresdites,ilselaisseséduirepar lenaufragetu. Maisn'est-ilpasétonnantqu'ilnousétonnealorsquele malaisedontilatirésonœuvredevraitêtrelenôtre,car ilaétéexemplairementfidèleautroubledesonéducation etcelle-cirestelanôtrepuisqueladémocratisationconsiste àgénéraliserlamaladiedesprivilégiés.Redoutableécole qui,laïqueounon,soufflelefroidetlechaud,comment s'arrangenttesvictimespourvivreàlafoisl'orgueillatin etl'humourévangéliqueoubienlacuriositégrecqueetla transparencechrétienne? Certes,toutevitalitétientàunetensionentredes contraires.MaisRomeetJésuss'opposentbienmoins
LaNouvelleRevueFrançaise qu'ilsnes'ignorent.Est-cequeJésussesoucied'être comprisdePilate?D'ailleursPilaten'écoutepas,ils'en lavelesmains.Etmalgrélecompromisconstantinienil n'yaurajamaisdialoguequedesourdsentrelaculture (sichrétiennequ'ellesedise)etl'évangile. L'immenseméritedeMontherlantestd'affichercette incohérence.Lesbibliothèquess'encombrentdelivresqui lavoilent;ila,lui,lecouragedesemontrerenboiteux. Etquandlevirusgreclepousseàsecomprendreetqu'il aboutitàlanotiond'alternanceparlaquellel'Ecclésiaste, déjà,éludait.lesquestionsstupides,Montherlantjuxtapose deuxserruressansdonnerdepasse-partout. Ainsi,gêneur,ils'estattirébiendesinimitiéset,gêné, beaucoupdesolitude.Maisnotreépoquevoudraitsedéli-vrerd'unmalendémiquedontl'artdeMontherlantaété d'isolerlesymptôme.
JEAN
GROSJEAN
Lejeu,
la
mort
Latentationdelamorttraversedepartenpartl'œuvre deNervaldanslacinquièmelettreàJennyColon,dans Oclavie,etdansAurélia,sanscesse,elleestetunjour, aprèsLesChimères,LesFillesdufeu,aprèsAurélia,après lespèlerinagesàlatombedelamèremorte,confondues,la premièreetdernière,lamort,lamorte,ilyalaruedela Vieille-Lanterne,lacorde,legel.Rongés,lesnouvellesde Pavese,lejournal,lespoèmes,ceslettres,verslafin,quise succèdent,parlemême«viceabsurde»quirongeaitla vie,etunjour,ilestlà,danscettechambred'hôtel,leface àface,ensolitude,aveclaseuleaurendez-vousquisoit venueàquicesappelsautéléphonequisetrompaientde nom,cevaingesteunedernièrefoispourrepousser,pour appeler,ouc'estlemêmec'estbienelle,surcemur,dans cemiroir,quiremonte,aufonddeceverre,elleacesyeux. Chacunesttrahiparcepetitpanthéon,jesuppose quin'enaun?qu'ilporteensoidis-moiquituhantes. Quituhantes.Quitehante.Etc'està ceux-là,d'instinct, quej'aipenséouc'estmonhorreurdesvainqueurs, depuistoujours,detouteslessortes,surtouslesplans,elle n'apascessé,aveclesannées,degrandirenmoi-,àceux-là,dansl'avion,au-dessusduvide,quandj'aiapprisparle grostitredecejournalquelisaitunvoyageurdevantmoi, etaujourd'hui,àquoibon,jen'ensaispasdavantage,le suicidedeMontherlant. JesaisMontherlantn'estpasNerval,iln'estpas
LaNouvelleRevueFrançaise KleistniPavese.Cen'estpaslamêmemortetellen'apas, nonplus,lemêmesens.Pourtant,c'estcemot,ilestde Nervalencore,dansuncarnetToutestdanslafin», « quim'a,dansl'instantaussi,traverséetqui,depuis, commetantd'autresfois,l'ai-jeassez,toutescesannées, tourné,retourné,n'enfinitplusdevibrerenmoi.Roman-tique?Oui,sic'estça,lecontrairedelafuite,cetteexacte fusion,aucontraire,delavieetdel'œuvre,êtreroman-tique,cesceaudesangàl'une,àl'autreconjointement apposé,romantique,alors,follement,etdetoutl'être. Mêmes'ilestvrai,etcela,commentnelesaurais-jepas aussi,quelamort,lafaçondontonmeurtnesuffisentpas, çaseraittropfacile,àfairel'écritureni,inextremis,àla sauver»,etqu'ellesnesauraientauthentifierquecequi « étaitdéjà, qu'ellesnepeuventjamaisluiajouterque cettedimensionmêmeque,depuisledébut,œuvreou ruine,cetteécritureappelaitouàlaquelle,dufonddesa plusfrémissanteopacité,partoutesceslézardesenelle, cachées,avouées,ellen'avaitpascessédes'ouvriren secret. Est-cequecesontleslézardes,alors,danscetteœuvre, lesfissures,commedanstoutêtredésormais,danstoute œuvre,quejechercheàlire,etcommesilecoupderevol-ver,àquatreheuresdel'après-midi,avaitpud'uncoup «Toutestdanslafin»faireéclater,aveclevisage,le masquemêmedel'œuvreetdécouvrirsoudaincetteingué-rissableblessureenelle,jemeledis,j'essayedemeledire, pudeur,hauteur»,que,d'unepasse,ellecachaitouqu'elle « s'évertuait,peut-êtreàsespropresyeux?àceuxdes autres?àtravestir.Iln'estpasjusqu'àcemot,dans Unvoyageursolitaireestundiable,quejen'appellecomme ausecoursQu'onneblâmepluscequ'onappelleune « attitudecen'estqu'uneffortdel'hommequandilse faithonteetpeur àsoi-même,etessayedemettreunpeu d'unitédanssafolleincohérencenaturelle.» Hontedesahonte?Peurdesapeur?Peurdecesravages, danslesprofondeurs,qu'opèrenteneffetdansl'œuvre,dans
LaNouvelleRevueFrançaise J'ailu,etpeut-êtrepensé,etpeul-êtreécritquetouslesêtressont remplaçables.J'aisucellenuit,cepelilmalin,quecelan'estpas. (.) L'incommunicabilitéd'êtreàêtreaexistéetaété dénoncéedetoustemps.Maispasau pointelleexiste aujourd'hui.Cerêveclôtunmondefini.Nonseulement finipourmoi,parcequejevaisfinir,maisfiniensoi.Dans lasociéténouvellequipourracomprendreencoreunecertaine qualitédesensibilité,donttoutemonœuvre,depuismon premierlivre,estimprégnéeetcommeporeuse?Lemonde dedemainn'endurapaslamoindrenotion.Dèsaujourd'hui, quipourraitcomprendre,mêmesijesavaisl'exprimermieux, cequecerêveaétépourmoi?Untelproblèmenem'avait jamaisarrêté.Depuiscematin,cen'estpasle«Ouvrez-vous, porteséternelleque sj'écrivaisdansundemesCarnets. C'est«Fermez-vous,porteséternelles.»
Sij'aireproduiticimanotedu12décembre pourcorrigerl'impressionquepourraitdonnerla decerécit.Jen'aipeut-êtreaiméqu'unefois. fois,c'estdéjàbeaucoup.
1971,c'est conclusion Mais,une
Lesprétorienscernaientlesbosquetssurlesbergesde l'étangd'Agrippa.
d'édition
HENRY
DE
MONTHERLANT Juillet-août1972.
ImprimerieFlochMayenne(11687) 17586.Dépôtlégaltrimestre1973ImpriméenFrance GérantMARCEL ARLAND
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