Histoires de France - Tome I

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En nous offrant de petites histoires issues de la grande, l'auteur nous invite à se remémorer l'histoire de France de façon plaisante. Il présente un ancien temps rempli de passions, complètement différent de celui traditionnellement présenté dans sa froideur officielle.

Avec cet ouvrage, Jean-Paul Morel nous livre une réflexion originale sur notre passé.


Publié le : jeudi 29 octobre 2015
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EAN13 : 9782332992208
Nombre de pages : 298
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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-99218-5

 

© Edilivre, 2015

 

 

L’histoire me sera indulgente

Car j’ai l’intention de l’écrire

Winston Churchill

Avant-propos

Ce livre ne veut pas être une énième lecture académique de l’histoire de France, écrite à la plume Sergent-Major. Il souhaite seulement avoir la très humble prétention de replonger le lecteur dans cette extraordinaire épopée que fut la construction de ce pays, si mal enseignée dans le système scolaire, si belle à découvrir.

Dans ce premier tome, je propose aux lecteurs un voyage original, plein de surprises au travers de petites histoires parfois cocasses, parfois poignantes autour de La Grande Histoire depuis la Gaule jusqu’en 1870.

Le deuxième tome approfondira la période moderne du XXème siècle. Un exercice difficile. Beaucoup d’évènements sont encore douloureux dans le cœur des familles, volontairement occultés de la mémoire collective. Sa raison d’être sera de tenter de répondre à cette unique question : Pourquoi ?

D’une lecture facile, au rythme toujours soutenu par des questions ou réflexions originales ayant pour seul but d’enrichir ses connaissances dans ce moment si particulier de détente que procure la lecture.

Voici le seul souhait que je me suis fixé en écrivant ce livre.

Introduction

Dès qu’il s’agit d’histoire, on retrouve trop souvent les clichés vantant la légende d’une France éternelle, avec son destin qui n’appartient qu’à elle, ses grands noms, ses victoires prestigieuses. On trouve ainsi des ouvrages qui sont simplement datés. Leurs titres, à eux seuls, sentent déjà la poussière. Je n’ai rien contre les grands noms, contre les victoires prestigieuses, ni même contre la poussière !

Ce livre a la simple ambition de tordre le cou à cette mythologie officielle et de raconter autrement deux mille ans d’histoire. Le plan est simple : il suit pas à pas l’ordonnancement le plus traditionnel, le plus archétypique de notre histoire depuis les gaulois en s’attachant à faire défiler les unes après les autres toutes les figures les plus classiques qui formeraient cette galerie. Puis, en revisiter le tout, mythe après mythe, afin de redonner à l’ensemble un sens général différent.

On considère l’histoire comme une science exacte. Cependant, chaque époque a inventé sa façon de raconter la sienne.

A chaque époque,
sa façon de raconter l’histoire

Sous la monarchie, le lien de l’Autorité est vertical. Celui du Roi à son sujet. Durant des siècles, les Rois continuent à se prévaloir du mérovingien Clovis. Les Francs ont conquis ce pays. Au nom de leur victoire, ils s’adjugent le droit éternel de régner sur cette terre. L’exercice consiste alors à simplement détailler la généalogie des Rois et des Princes en soulignant avec insistance leurs vertus et leur bravoure. D’ailleurs, est-il vraiment concevable que Louis XIV, Le Roi Soleil, ait pour ascendants ces gaulois dépoitraillés !

A la révolution française, ce lien devient horizontal. Un pays où l’ensemble des citoyens veut se sentir un destin commun. Ainsi, se bâtit peu à peu « le Roman National » vendant l’idée de « Nation » issue du fond des âges, possédant son âme propre, son génie propre, ses héros fondateurs. Le Tiers Etat déclara être le descendant du peuple vivant sur cette terre avant l’invasion des francs.

Ce peuple s’appelait « les Gaulois » et le pays « La Gaule ».

Les Gaulois, des ancêtres bien commodes

A la naissance de la République, les gaulois, comme ancêtres, disposaient d’un avantage certain : ils plaisaient à tout le monde. La droite nationaliste considérait « La Race Française » assise sur une souche issue du fond des âges. Pour la gauche anticléricale, l’histoire de France commençait, avec les gaulois, avant l’arrivée du Christianisme. Etudions maintenant cette chronologie.

En 387 avant J.C., les Celtes du nord de l’Italie avec leur chef Brennus mettent à sac la ville de Rome. Les habitants en garderont une peur panique et désigneront ces barbares sous le nom de gaulois !

Au IIème siècle avant J.C., la République de Rome opère une jonction entre l’Italie et sa colonie espagnole. La Provence, le Languedoc sont conquis et forment une des plus grandes provinces romaines : La Gaule Narbonnaise.

En 58 avant J.C., Jules César envahit entièrement la Gaule. L’expédition sera très dure. Des tribus se soumettent, d’autres se révoltent, certaines même se fédèrent autour d’un chef glorieux. Dans ses mémoires de guerre, Jules César lui donne un nom : Vercingétorix. Cependant, comment être convaincu par ce récit raconté par son seul ennemi et vainqueur ?

La gaule romaine

De la civilisation gauloise pourtant riche d’une brillante culture, d’une agriculture prospère, d’un travail élaboré des métaux, d’un art raffiné dans la fabrication des bijoux, on ne connaît que peu de choses car elle n’utilisait que très peu l’écriture. Ainsi, les historiens des différentes périodes l’ont façonné selon la convenance du moment, cette mythologie réussissant à enfoncer dans la tête de nos petits écoliers, pendant des décennies, le stéréotype suivant : nos racines, c’est La Gaule et les Gaulois !

Fait troublant, les historiens de la moitié de l’Europe ont raconté la même histoire aux peuples de leurs pays avec une mention toute spéciale pour les anglais, leur Vercingétorix était une femme ! : Boudicca.

La conquête de la Gaule, in fine, a donné un Nom et une Unité à ce qui n’était qu’une partie d’un monde dispersé en tribus clairsemées. Le XIXème siècle réservera le même sort aux tribus d’Afrique en forgeant de toutes pièces des frontières « rectilignes » décidées par les seuls colonisateurs !

Cette conquête va aussi offrir à ce vaste domaine une période de quatre siècles de paix et de prospérité. Dans les pays conquis, l’empire romain est intégrateur, s’appuyant sur les notables locaux. En 212, l’édit de l’empereur Caracalla accorde la Citoyenneté Romaine à tous les sujets libres de l’empire. Lors des périodes suivantes, les temps gallo-romains restent dans les mémoires comme le souvenir d’un paradis perdu.

Bien que nous soyons à la fin de ce chapitre, la question suivante reste toujours sans réponse :

Si les Gaulois sont « nos ancêtres »

Qui sont donc les leurs ?

Cette Pax Romana célébrée dans nos livres d’histoire fut cependant loin d’être parfaite dans l’ensemble de l’empire. Il y eu des troubles sociaux, des révoltes dans différentes contrées. A l’époque de l’empereur Marc-Aurèle, les légions ramènent la peste de leurs lointaines conquêtes.

Dans nos manuels, la période qui enterre le monde latin a longtemps porté ce titre terrible :

Les Invasions Barbares

Les invasions barbares

Encore de nos jours, on ignore les causes précises de ces invasions. Elles peuvent être nombreuses : pression démographique, nécessité de fuir devant d’autres envahisseurs, appât de gains et de butins faciles. A partir du IIIème siècle, le monde germanique, de l’est du Rhin au nord du Danube, est peuplé de tribus mystérieuses, mal connues des romains qui les dénomment« Barbares ».Les Limes, frontières de l’Empire romain deviennent poreuses, les incursions fréquentes, accompagnées de sanglants pillages sur leurs passages. De cette époque chaotique, nous nous contenterons de relater les faits les plus marquants.

En 410, Alaric, chef des Wisigoths, saccage Rome.

En 451, Attila fonce sur la Gaule, épargne Paris, miracle attribué à Sainte Geneviève, mais est finalement vaincu le 20 septembre aux Champs Catalauniques(vers Châlons-en-Champagne) par le dernier héros de l’histoire romaine, le général Aetius.

Le 23 août 476, Odoacre, roi des Hérules, ancien ministre d’Attila, pénètre dans Rome et dépose Romulus Augustule dernier empereur d’Occident.

C’est la fin de l’Antiquité.

Le début du Moyen Âge.

Ces grandes invasions ont eu pour conséquence d’énormes mouvements de population qui ont marqué à jamais des territoires entiers.

Image 1Prenons le cas de l’Armorique, l’actuelle Bretagne. Après l’invasion de la Gaule, Jules César débarque au sud de l’île de Grande Bretagne alors appelée « Bretagne » ou « Britannia » en latin. La conquête reste incomplète avec l’Angleterre, le pays de Galles et le sud de l’Ecosse car le mur d’Hadrien construit à partir du l’an 122 marque la frontière ou « Lime » de l’occupation romaine, « il n’y a plus de peuples au-delà, rien que des flots et des rochers » d’après l’écrivain Tacite. Long de 117 km, haut de 4,50 m, large de 2,70 m, situé au sud de la frontière actuelle entre l’Angleterre et l’écosse, le mur d’Hadrien est fortification plus symbolique qu’efficace. Une partie importante de cet édifice existe toujours, classé au patrimoine historique mondial de l’UNESCO en 1987.

La raison principale de l’occupation partielle de Britannia est que la difficile soumission des populations celtes exige le maintien de 30.000 légionnaires. A partir duIIème siècle, les échanges commerciaux entre Britannia(essentiellement l’exploitation des métaux, bronze, fer, cuivre, étain)et l’Armorique (vins, huile, matériel en métal pour les légions)sont très importants.

Au début du Vème siècle, la situation se dégrade. En 407, l’empereur local Constantin III décide de transférer ses troupes en Gaule, laissant l’île sans défense. Des incursions sauvages venant d’Ecosse et d’Irlande provoquent un important exode vers l’Armorique. Ces migrants celtes sont accompagnés par les« Saints Fondateurs »comme Saint Pol Aurélien. Cette immigration fut encouragée par l’Eglise dont l’implantation venait tout juste de commencer dans le nord de l’Armorique et par ses nouveaux alliés politiques que sont les rois francs. N’oublions pas le baptême de Clovis.

Au milieu du Vème siècle, Britannia est envahie par de féroces conquérants venus du nord de l’Allemagne et du Danemark : les Jutes, les Saxons et surtout les Angles. Ce territoire devient alors leur possession « la terre des Angles ou l’Angleterre d’aujourd’hui ».La Britannia romaine a vécue, l’Île de Bretagne s’appelle désormais« Grande Bretagne ». Sous la poussée du nouvel occupant, les celtes sont acculés vers l’ouest de l’île. Bientôt, leur seul salut consistera à prendre la mer pour se réfugier massivement sur la terre voisine avec laquelle ils commercent depuis longtemps : l’Armorique.

L’arrivé des Bretons dans la péninsule continentale a plusieurs conséquences. Les migrants amènent avec eux le dialecte celtique du pays de Galles, du comté de Cornwall, de Calédonie ancien nom de l’Ecosse. Dès cette période, la langue bretonne allait naître grâce à l’apport notable de ces langues. Sur le plan religieux, les moines bretons vont donner un souffle nouveau à l’expansion régionale de la religion catholique en Armorique. Ces derniers vont encadrer les populations indigènes en créant des paroisses, d’autres fondent des monastères qui parfois deviendront plus tard sièges d’évêchés comme à St Pol de Léon. Cette nouvelle organisation du territoire due à l’intervention du clergé marque encore de nos jours le nom des lieux commençant par les préfixes :

– Plou(Plouescat), – Plo(Plogoff), – Ploe(Ploërmel), – Plé(Plérin) qui désignent une« paroisse ».

– Lan(Landerneau), –Lann(Lann-Bihoué) qui signifient un lieu sacré comme un ermitage ou un monastère.

Ce petit bout d’histoire nous montre que la proclamation par certains d’une « Bretagne Eternelle » n’a aucun sens. Les Bretons furent, à ce moment donné des siècles, des immigrés. Tous les peuples le furent ou le seront. Ce n’est pas inutile de le rappeler.

Inversement, l’empire romain d’Orient va résister encore longtemps. Il a pour capitale la ville à qui l’empereur Constantin a donné son nom : Constantinople, aussi appelée Byzance. Il perpétue brillamment la civilisation romaine. Au VIème siècle, l’empereur Justinien, aidé par les grands généraux Belisaire et Naises, réussira à reconquérir la moitié de l’Italie, la côte africaine, le sud de l’Espagne.

Ce n’est qu’en 1453, après la prise de Constantinople par les turcs, que l’empire romain d’Occident disparaîtra.

Le mécanisme qui a abouti à ce grand bouleversement a pris deux ou trois siècles. Les univers latins et germaniques se côtoyaient avec des batailles mais aussi des alliances. En effet, le général Aetius était le fils d’un chef barbare. Le propre secrétaire d’Attila était un romain de Hongrie nommé Oreste mais aussi le père de Romulus Augustule !

Autre donnée fondamentale : les barbares vainqueurs étaient de grands admirateurs de l’Empire Romain. Partout où ils imposent leur pouvoir, les nouveaux maîtres cherchent à s’appuyer sur les structures latines non à les détruire. La vieille aristocratie gallo-romaine tient toujours les postes essentiels. Certes, les barbares ont pillé, brûlé, massacré pour asseoir leur royaume mais ils n’ont jamais cherché à éliminer les peuples dominés, à anéantir leur culture. D’où la raison de l’existence de nombreux vestiges romains préservés du temps.

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Sur les décombres de l’Empire romain ont fleuri de nombreux petits royaumes. Les Hérules en Italie du Nord, les Alamans de Bâle à Strasbourg, les Burgondes dans les Alpes, les Wisigoths depuis Toulouse et l’Espagne. De ce puzzle émerge un petit roi d’une grosse tribu : les Francs-Saliens. Selon la tradition, ils élisent le chef par acclamation (coutume encore vivante en Suisse Centrale lors de Landsgemeinde) et le portent sur un bouclier appelé Pavois.

En 480, ce petit chef s’appelait

Clovis.

Clovis, roi des Francs

Résumons les principaux évènements de sa vie :

– En 486, Clovis bat à Soissons le général romain Syagrius qui, en tant que « Roi des Gaulois » tentait, à sa manière, de faire vivre un des derniers lambeaux de l’Empire romain.

– En 496, il vainc les Alamans à Tolbiac près de Cologne. C’est à cette occasion qu’il jure de se convertir à la religion catholique s’il obtient la victoire.

– En 507, Clovis bat les Wisigoths à Vouillé près de Poitiers. Ils doivent ainsi abandonner leur belle capitale de Toulouse. Chassés de la Gaule, ils se réfugient en Espagne.

– En 511, à sa mort, il lègue à ses enfants un immense territoire qui va du pied des Pyrénées au nord de l’Allemagne.

Mais chez les Francs, ce territoire ne constitue pas un état, seulement un patrimoine familial qui sera morcelé par d’incessantes querelles lors de chaque succession. Cela sera l’histoire constante de cette dynastie qui vient de se former en prenant le nom de Mérovée, l’ancêtre supposé de Clovis : Les Mérovingiens.

Si son nom, mille cent ans plus tard, est encore aussi présent, c’est que Clovis a légué à notre histoire le mythe du « Baptême de la France. »

Revenons à l’année 496 et à la victoire de Tolbiac. Doutait-il de ses forces pour jurer de se convertir à la religion de sa femme si le Dieu de celle-ci lui accordait la victoire ? Il l’obtint. Sa femme Clotilde était Burgonde (Genève) et catholique. Clovis tint parole. Par sa conversion au catholicisme, Clovis réussit surtout à s’assurer une carte maîtresse qui explique une victoire si rapide contre les Wisigoths : L’appui essentiel des évêques. Ils représentent la dernière ossature administrative des pays conquis. Il aura aussi le soutien diplomatique de l’Empereur Romain de Constantinople, ce dernier voyant un très gros morceau de l’Europe Occidentale revenir dans le droit chemin.

Cependant, il faudra du temps pour que le mythe de Clovis se constitue. Au long des siècles, la légende ne cessera d’être embellie.

Un siècle passe, puis l’évêque Grégoire de Tours évoque dans ses écrits, source principale de l’événement, qu’il fut baptisé par Rémi, évêque de Reims, futur saint, avec trois mille de ses guerriers. Au IXème siècle, quatre cents ans après les faits, Hincmar, autre évêque de Reims, ajoute un détail jamais mentionné auparavant : celui de la Sainte Ampoule contenant l’Huile Sacrée apportée par une colombe pour le baptême.

Ainsi se forge l’esprit de la dynastie royale. En effet, sans aucun rapport de filiation avec Clovis et les Mérovingiens, les Capétiens se sont fait sacrés à Reims, avec l’Huile de La Sainte Ampoule, pour se placer sous son parrainage et sa divine légitimité. De plus, un certain nombre d’entre eux s’appelleront Louis – une déformation de Chlodowig – c’est-à-dire Clovis. Enfin, les papes des siècles passés désigneront le royaume de France « La Fille Aînée de l’Eglise ».

Aussi, Clovis et les Mérovingiens sont considérés par la plupart des Français comme la première dynastie française : baptisé à Reims, enterré à Paris, il en avait fait sa capitale ! Mais parler de la France au Vème siècle n’a aucun sens. L’idée commencera à apparaître quelques siècles plus tard sous Philippe Auguste.

Par contre, le grand historien du Moyen-Âge Patrick Geary nous rappelle les faits suivants : Pour les historiens allemands du XIXème siècle, les Mérovingiens étaient, à l’évidence, des rois allemands car les fils de Mérovée étaient germaniques.

Conclusion,

Clovis n’était ni français, ni allemand.

Né à Tournai, il était… Belge !

Charles Martel

Au début du VIIIème siècle, le puissant royaume de Clovis a vécu. En raison de querelles familiales, ses ascendants ont dilapidé l’héritage, laissant peu à peu filer le pouvoir entre leurs doigts. Ils ne sont restés dans l’histoire que sous le sobriquet de « rois fainéants » couchés sur des fourrures dans leurs lents chars à bœufs. Il existe des images plus royales !

Dans le même temps, à l’est de la Gaule se trouve un petit royaume appelé Austrasie ayant pour capitale la ville de Metz. Il y règne un roi fainéant, cependant gouverné par le « Maire du Palais » sorte de Premier Ministre de l’époque. Ce dernier, fils d’une famille montante de l’aristocratie franque, capte peu à peu tous les pouvoirs. D’une ambition sans limite, rêvant de restaurer à son profit l’unité perdue du puissant Empire franc, livrant sans cesse batailles contre ses voisins, les gagnant presque toujours,

Il s’appelle Charles.

Cependant, d’autres peuples plus lointains, inconnus hier encore, font parler d’eux au travers de récits terrifiants : Les arabes. De plus, ils veulent convertir les territoires conquis à leur religion enseignée par Dieu et son Prophète : l’Islam. Ils se lancent dans la guerre sainte. Côté levant, ils s’emparent de la Perse, s’élancent en Asie Centrale. Côté couchant (maghreb en arabe.) ils prennent l’Egypte, l’Afrique du Nord, l’Espagne, allant jusqu’à s’installer au-delà des Pyrénées, dévastant même l’Aquitaine que le Duc Eudes n’arrive plus à protéger. Le pauvre homme demande alors le secours du nouveau héros du monde franc.

Il s’appelle Charles.

La confrontation à lieu en octobre 732 près de Poitiers. Les francs infligent une terrible défaite aux cavaliers maures de l’Emir Abd-Al-Rahman qui n’avanceront plus jamais vers le nord. Selon la légende, le chef franc s’étant tellement déchaîné pendant le combat en agitant son « Marteau d’Armes » gagna le surnom que l’on connaît depuis toujours :

Charles Martel.

Maintenant, oublions la légende et regardons l’histoire avec un esprit curieux. La première remarque importante est que, pour les arabes, la bataille de Poitiers est une défaite secondaire voire même mineure. En effet, ils poussaient des pointes à l’intérieur de la Gaule dans une logique de pillage, non de conquête, repartant aussi vite qu’ils étaient arrivés !

Le grand vaincu fut Eude d’Aquitaine. Son autorité sur son grand territoire fut ébranlée par le prestige de Charles Martel. Pourtant, par une alliance avec le gouverneur du nord de l’Espagne, le musulman Munuza, il avait tout tenté pour se passer de son aide. Par malchance, ce dernier fut tué dans un combat. Alors, en ultime recours, il se résout à demander l’appui militaire à son puissant voisin.

Usurpateurs du pouvoir mérovingien, les carolingiens affublent leurs prédécesseurs du sobriquet de « rois fainéants » afin de les ridiculiser pour toujours.

Après cette victoire et plusieurs autres, le simple « Maire duPalais » du royaume d’Austrasie devient maintenant le chef du vaste empire dont il rêvait. En effet, en 737, après la mort du roi Thierry III et n’ayant plus beaucoup de mérovingiens sous la main, Charles Martel laissera le pouvoir royal vacant pendant sept longues années.

Il sera le fondateur d’une dynastie :

son fils Pépin Le Bref sera roi,

son petit-fils Charlemagne Empereur.

Pépin le Bref

Le fils de Charles Martel est de petite taille, raisonpour laquelle il est connu sous le surnom de « Pépin le Bref ». Son ambition est immense. En 743, il place le dernier mérovingien Childépic III sur le Trône. Puis, en 751, avec le consentement papal, il n’hésitera pas à le chasser. Arrivé au pouvoir par la force, il faut asseoir cette dynastie toute neuve sur une légitimité incontestable. Être acclamé par le clergé, les chefs de tribus, les guerriers comme le veut la tradition franque n’est plus suffisant ; il lui faut viser plus haut, autrement. Alors. Pépin le Bref trouve une idée géniale. Il emprunte une coutume des rois wisigoths d’Espagne, qui eux-mêmes, l’avaient copiés des rois hébreux de la Bible. Cette coutume est« la Cérémonie duSacre », pratique alors inconnue en Gaule. Clovis avait seulement été baptisé dans la cathédrale de Reims, il n’avait jamais été « sacré ».

Lors de cette cérémonie, l’évêque touche diverses parties du corps du souverain agenouillé avec de l’huile bénite (le saint chrême). Cette onction est le signe d’un choix divin. Maintenant sous l’aile protectrice de ce parrainage incontestable, Son autorité est absolue.

Pépin le Bref était un homme prudent car en 754, à Saint Denis, avec ses deux fils, il se fait sacrer une seconde fois par le Pape en personne. Le Saint Homme sera doublement remercié :

– Par une campagne militaire au nord de l’Italie anéantissant ses ennemis les Lombards qui le menacent.

– Par le don fait au Trône de Saint Pierre des territoires de l’Italie Centrale devenant, au fil des siècles, les Etats pontificaux. Ils le resteront jusqu’en 1870. Un cadeau qui perdure plus de mille ans est assez rare pour être souligné !

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