Jean Schlumberger N° 195

De
Jean Schlumberger :
Marguerite Yourcenar, Ébauche d'un Jean Schlumberger
Auguste Anglès, Aux origines de la N.R.F. et du Vieux-Colombier
Alfred Grosser, Jean Schlumberger, l'Allemagne et la morale politique
Ernst Jünger, Deux visites
Guy Rohou, Un romancier mesuré
Claude Michel Cluny, Une lumière vraie
Jean Lambert, Notre vieil ami
Jacques Brenner, Notes pour un portrait
Henri Thomas, Le dernier livre
Édith Boissonnas, Lieux
Henri Thomas, La Relique
Chroniques :
Claude Esteban, Le regard de Baudelaire
Florence Delay, Vies picaresques
Jean Duvignaud, Vivent les sauvages!
Notes : littérature générale et essais :
Sylvie Técoutoff, Œuvres, I, d'Anton Tchekhov (Gallimard)
Pierre Oster, Le 'converti' Paul Claudel, par Henri Guillemin (Gallimard)
Roger Judrin, La gloire de Béranger, par Jean Touchard (Colin)
Robert Abirached, Sur le corps romanesque, par Roger Kempf (Le Seuil)
Notes : les arts :
Marcel Arland, Gravures de Picasso (Galerie Louise Leiris)
Notes : les spectacles :
François-Bernard Mâche, Le Domaine musical
Robert Abirached, Beaucoup de bruit pour rien, de William Shakespeare (Théâtre de la Ville) - L'Amante anglaise, de Marguerite Duras (T.N.P.) - Le Bureau, de Jean-Paul Aron (Théâtre de l'Épée-de-Bois) - La grande enquête de François-Félix Kulpa, de Xavier Pommeret (dans les quartiers de Nanterre)
Jacques-Pierre Amette, Le jeune cinéma soviétique (1965-1968) - Chronique d'Anna-Magdalena Bach, de Jean-Marie Straub
Michel Gresset, Télévision : Le menton de Rostropovitch
Lu et vu :
Marcel Arland, Mon village et moi, par Pierre Gaxotte (Flammarion)
Jean Duvignaud, Marthe Hanau, la banquière des années folles, par Dominique Desanti (Arthème Fayard)
Lionel Mirisch, Ces profondeurs qui nous habitent..., par Simonne Fabien (Gallimard)
Sophie Savary, Le petit matin, par Christine de Rivoyre (Grasset)
Jean-Claude Schneider, Un amour malheureux, par Wolfgang Koeppen (Albin Michel)
Jean-Marc Bordier, Les arbres naissent droits, par Vladimir Solooukhine (Gallimard)
Marcel Arland, Léonor Fini, par Constantin Jelenski (Guilde du Livre)
Patrick de Rosbo, Hop Signor!, de Ghelderode (Théâtre Daniel-Sorano)
Dominique Noguez, La tombe de Ligéia, de Roger Corman - Juliet à Paris, de Claude Miller - Les contrebandières, de Luc Moullet
Claude Michel Cluny, Un mur à Jérusalem, de Frédéric Rossif
Jean Grosjean, Mémento
Publié le : lundi 13 avril 2015
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EAN13 : 9782072389306
Nombre de pages : 160
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i<)}6.JeanSchlumberger,danssonappartementparisiendelarued'Assas, lejourdesonquatre-vingtièmeanniversaire.(PhotoJacquesNaville).
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ifi}-AprèsunepartiedetennisJeanSchlumberger,JacquesCopeau, AndréGide,EdmondGosse. 1922.DécadedePontignyJeanSchlumberger, AndréGide,JacquesRivièreetRogerMartindu Gard. 1922.AColpachAndréGideetJeanSchlumberger.
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'• ipJeanSchlumbergerreçoit leGrandPrixNationaldesLettres.
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Décembre1966.JeanSchlumbergerdanssonappartementdelarued'AssasàParis. (PhotoP.Berenger,photothèqueE.D.F.). 1966.JeanSchlumbergerqui,en1908,avaitdessinélemonogrammeNRF, leretracepourl'expositiondeMontréal(1967).(PhotoJacquelineGorne).
LANOUVELLE REVUEFRANÇAISE
EBAUCHE
D'UN
JEAN
SCHLUMBERGER
J'avaisvingt-quatreansquand,parunfraisetâcre printempssuisse,uneamiehollandaise,lacomtessede Bylandt,quiconnaissaitJeanSchlumberger,meprêta presqueconfidentiellementsonrécitdesderniersmoisde laviedesafemme,chef-d'oeuvredegravité,demaîtrise desoi,etpourtantd'indicibleémotionenprésencedela mortd'unêtre,queSchlumbergerlui-mêmen'aconsenti àrendrepublicquebiendesannéesplustard.Acette époque,jevivaisaujourlejouruneexpériencedecegenre, etvenaisdepercevoirleséchosd'uneautre,touterécente lelivremetoucha,commeJeanSchlumbergersouhaitait, j'ensuissûre,qu'iltouchâtlelecteur,etmefutuneleçon deluciditéetdecourage.Detouteslesœuvresqu'ilnous alaissées,jen'enconnaispasdeplusparfaitesquece » «tombeauàlafoisstoïqueetpuritain,quiluiapermis plustarddetraiterd'assezhaut(etpeut-êtreàmongré avecunepointed'injustice)leEtnuncmanetinted'André Gide,consacréluiaussi,plusoumoinsconfidentiellement, àlamémoired'unefemmedisparue. Etantainsientréed'embléeaucœurmêmedel'oeuvre d'ungrandécrivaindontj'ignoraistout,jusqu'aunom,je fisensuited'autreslecturesLesYeuxdedix-huitAns d'abord,etsurtoutLeDialogueavecleCorps endormi,qui
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
répondaittropàmesproprespréoccupationspourn'être pasrestépourmoicommeunebornemilliaireoucomme uneflècheindicatricelelongdecheminsparlesquels j'allaisensuitepasseretrepasser.Plustardencore,La MortdeSparte,dontj'admiraid'abordassezpeulabeauté rugueuse,l'appareilrêcheetpresquerustiqueremplaçantle marbrelisseetsouplementtaillédePlutarque,maisqui demeurel'undesplusnoblestextesinspirésdel'antique écritsànotreépoque.Jen'allaipasplusloin,maisj'en avaisluassezpoursavoirquemesrapportsavecJean Schlumbergerneseraientjamaiscesrapportsimmédiats etviolentsqu'onaaveccertainsécrivainsquiincarnenten euxlespassionsoulesprédilectionsd'uneépoque,etqu'on rejette,puisaccepte,puisrejetteànouveaupourles accepterensuite,etsurunautreplan.Ilseplaçaitdeprime abordparmicesvaleurssûresetquipeuventattendre. C'estvers1930quejerencontraipourlapremièrefois dansunsalonparisiencethommevif,sec,etd'unecour-toisiecommeiln'enestplus.Cenefutpasàproprement parleruneentréeencontact;j'imaginequ'ilremarquaà peinemaprésence,d'ailleurspeusignificative.Ilrentrait deBraffyilvenait,disait-il,depasserdebonnesheures àtaillersesifs(ouétait-cedesbuis?).«Taillersesifs, c'estcequ'ila faittropettropsouvent»,murmurascepti-quementquelqu'un.Jenedonnaipasraisonàcecritique. J'aimaisderrièreJeanSchlumbergercesalléesdejardinà lafrançaise.Beaucoupplustard,quandj'eusluSaint-Saturnin,j'aicomprislapoésiequasitragiquequisedégage danssonœuvredecesbellesordonnancessiviteravagées, etsouventparceuxmêmesquilesontétablies.Dansce romanconstruitcommeunoratorio,lesvoixdesdifférents âgesdelaviealternent,maisdominéesparlesourdgron-dementdelavieillesseetsescraquementsd'arbremort1.
1.Dupointdevuedelaseuleconstructionmusicale,peut-êtren'a-t-onpasencoreditquelesaimablesQuatrePotiers,situéscomme Saint-Saturnindanslebocagenormand,fontàcesombrelivreune
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
DOMINIQUEDESANTI ~Mt'~cdesAnnéesfolles
MartheHanau,laBan-(ArthèmeFayard).
Ilestmalaisédedirequellefutlapartdel'imprudenceou celledujeudanslesentreprisesdela<mèreHanaumais deuxcertitudess'imposentàtraverscelivrevifetparfois cruell'arrestationdelabanquièrefutillégaleetvolontaire-mentconfiéeàuninterrogateurquelquepeusadique,lapoli-tiquel'emportesurlafinance. Dansuneautresociété,enAmérique,MmeHanaunesefût pointtuéeenprison,ellesefûtimposéeparlesuccès.Du moinslacrisequ'elleprovoquainvolontairement,plusquecelle deStavisky,authentiqueescroc,est,commetouteslescrises, révélatricedesproblèmesvéritablesd'uneépoqueetquelavie normaleprétendcacher. «
SIMONNE habitent.
FABIEN (Gallimard).
Ces
JEANDUVIGNAUD
Profondeursqui
nous
Enlittérature,lecriducœurbrouillelescartes.Est-ceun livrequi,parsonart,noustouche,oulepathétiquedel'his-toirequ'ilraconte?DansCesProfondeursquinoushabitent. SimonneFabienasunousémouvoirsanstricherieendon-nantauxsouffrancesd'unjeunegarçonmaladeetdesamère unprolongementhumainetphilosophique.Lerécitestdense, lestylesobre.Unromandumalheur surmontéparlecou-rageetparl'Amour. LIO N ELM IRISCH
CHRISTINEDERIVOYRE set).
LePetitMatin(Gras-
Unepetitefille.Uncousin. LesLandes.Unpèrequiprotège bien.Deschevaux.Unsoldatallemand.Carilyalaguerre, aussi.Etlesoldatallemandaimeleschevaux,etlapetitefille. MaisNinan'enfinitpasavecsonadolescence;c'estsilourd, quandonaimeuncousinquiveutjoueràlaguerreplutôtque
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