L'Anticonformisme à démystifier

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L'anticonformisme à démystifier est un essai sur un phénomène contemporain: l'idolâtrie de l'individu, aux dépens de l'essence même de l'être, et l'auteur attribue ce fait de société aux magouilles des combinards à demeure dans les institutions culturelles. À la différence de "Poètes ou imposteurs", oeuvre à caractère pamphlétaire, Michel Muir s'emploie, ici, à pourfendre non des personnes désignées nommément, mais une idéologie qu'il agonit et qui menace l'innocence de L'Homme éternel.
Publié le : jeudi 1 octobre 2015
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EAN13 : 9782342042825
Nombre de pages : 212
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Michel Muir L’ANTICONFORMISME À DÉMYSTIFIER
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120614.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
À Angie Ô Toi, ma plus belle raison de vivre
Avant-dire L’anticonformisme à démystifierune tentative représente d’explication d’un phénomène social et culturel qui intéresse aussi bien l’individu que la collectivité : l’importance démesurée que l’on accorde à l’attitude censée contestataire de l’artiste, privilégiée par l’imagination populaire, et qui n’est, quand on l’examine avec lucidité, que réactionnaire. Les textes rassemblés, pour former ce présent volume, gravi-tent autour de ce thème commun. Pareil à tous les essayistes qui ne peuvent résister à leur tempérament exubérant, j’ai conféré à mon propos une coloration pamphlétaire qui justifie, du moins à mes yeux, la relation constante que j’ai voulu établir d’un cha-pitre à l’autre. Toutefois, si observer le monde culturel contemporain, dans la pluralité de ses manifestations, amène à vilipender un com-portement stéréotypé, générateur d’idées préconçues, de poncifs et des clichés, difficilement acceptables, en ce début du troisième millénaire, il m’a semblé important de rappeler des principes immuables qui régissent notre univers mental et spiri-tuel, en vue de suggérer l’infinie possibilité d’accomplissement de l’âme humaine. Chacun des chapitres qui composent ce livre se propose d’aborder ce sujet sous un angle inédit, la plupart du temps, dans une perspective historique, avec l’intention expresse de divertir un lectorat, tantôt initié à la production artistique et littéraire, tantôt curieux et avide d’entendre un discours qui sache préserver ses distances, par rapport à des institutions cul-
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L’ANTICONFORMISME À DÉMYSTIFIER
turelles préoccupées uniquement de sauvegarder les apparences des mystificateurs et des mythomanes.
L’auteur
L’art de l’insignifiance mystérieuse. Il est convenu une fois pour toutes que dans ces néants brumeux, des catastrophes sublimes sont en gestation.
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Marcel Aymé
Frémissements d’éternité des modes qui passent
Que l’on me permette, d’entrée de jeu, de paraphraser un aphorisme d’un écrivain que j’aime, Julien Green, dont je goûte la prose toujours ennoblie par un cachet d’atticisme, précisé-ment par la finesse de sa pensée : la culture, c’est savoir lire. (Que l’on ne s’attende pas à des annotations infrapaginales ou des références érudites en annexe, délices des parangons de fatuité : mon propos ne consiste nullement à étaler un savoir livresque, ni à convaincre quiconque du bien-fondé de mes opi-nions, mais à exprimer un point de vue, sur la littérature contemporaine, que j’adresse sinon à des intimes, du moins aux amis des lettres, restés friands du paradoxe nécessaire à la com-préhension du réel objectif. Les noms des écrivants que je mettrai entre parenthèses, qui ont le mérite d’avoir écrit des pensées pertinentes, sont destinés à alimenter une saine curiosi-té.) D’abord, il importe qu’on se souvienne qu’il a existé, au Ca-nada français, une génération d’intellectuels nés au milieu du e XX siècle, soumis aux diktats associés aux structuralistes nour-ris d’existentialisme (« excrémentialisme », épigrammatisait un François Mauriac gorgé de fiel), qui ont été exposés, depuis cette époque heureusement révolue, aux émanations délétères du roman expérimental, ignoré du public ; une population étu-diante universitaire qui s’est identifiée, à cri et à cor (la gradation normale logique de l’époque présuppose que l’on commence par les cris), à la « philosophie » des tenants et aboutissants du
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L’ANTICONFORMISME À DÉMYSTIFIER
marxisme-léninisme, étudiants transformés au Québec, fin des années soixante, début soixante-dix, en Ernesto « Che » Gueva-ra aux petits pieds mais aux discours tonitruants, contestataires opiniâtres à persévérer dans la logorrhée protestataire (gonor-rhée verbale ?) – les nostalgiques se reconnaîtront dans ce descriptif – ; pis encore, qu’on songe à une strate socio-économico-culturelle assimilée, à son insu (des observateurs professionnels doublés de sociologues diplômés l’ont affirmé, avec force statistiques et recensements des particularités carac-téristiques), au groupuscule d’individus qui représentent ce que l’on s’accorde à appeler la génération « X », la mal-aimée – Guil-laume Apollinaire, un joyeux drille, l’avait illustrée en son temps ! –, la sous-traitée, l’exilée, l’enfant dépravée, et autres clichés ; ou bien que l’on considère, phénomène relativement récent et facile à observer, puisqu’il faut tenir compte des mésa-daptés socio-affectifs qui prolifèrent, une jeunesse qui aborde le troisième millénaire, riche de ses vingt ans, dans la fraîche inno-cence d’une inculture généralisée, si appétissante et si chère aux adultes (?) inconscients des devoirs qui leur incombent – si chère, parce que vulnérable aux manipulations des propagan-distes désireux d’établir leur hégémonie dictatoriale, d’inspiration matérialiste, grâce à un espace social étale, et si appétissante, parce que cespépèresmenregard libidineux et à au mentalité de proxénètes, pauvre image de la culture moderne, veillent à perpétrer leur abjection, sous le masque de la complai-sance intéressée et de la désinvolture anticonformiste – ; sans oublier de jeter un œil sur les ouistitis encéphaliques scotchés devant leurs écrans extra-plats, devenus eux-mêmes catho-diques par cette symbiose, dans une sorte d’envoûtement halluciné, qui s’abreuvent aux sources jaillissant de tous les ho-rizons culturels confondus (de préférence, venus d’ailleurs). Oui, moi qui ai connu toutes ces époques, que je viens d’esquisser à grands traits, qui ai côtoyé les fantoches qui les ont peuplées, pathétiques marionnettes assoiffées de gloriole qui
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