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L'Écharpe de la douleur

De
64 pages

Ce récit vient tenter d'analyser comment vivre avec cette compagne si particulière qu'est la douleur chronique. Loin du pathos, ce texte ouvre des portes qui vont vers la lumière, vers la vie, dénouant ainsi au fil du temps l'écharpe qui enserrait le cou, devenue accessoire, légère.


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Couverture
Copyright
Cet ouvrage a été composér Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-332-94676-8
© Edilivre, 2015
Du même auteur
Traversée, partitions à quatre mains, Edilivre 2009
Andréï P., Edilivre 2010
Huis clos, Editions Yellow Concept 2012
Recueils poésies : Solitude, Sensualité, Liberté
, Editions Yellow Concept
site de l’auteur :www.marie-robin-expressions.fr
Remerciement
Remerciements à Sylvain Augier et David Le Breton pour leur bienveillante attention.
Citation
« C’est un texte fort sur l’expérience de la douleur, remarquablement pensé et écrit. » David Le Breton, socio-anthropologue
« Merci Marie, de ce témoignage intense et poignant. Vous m’avez donné beaucoup de force et j’en fais profiter mes proches en relativisant ce qui est grave et ce qui ne l’est pas. Merci encore ! Avec toute mon amitié. » Sylvain Augier, journaliste et animateur radio
Elle se nomme et ne peut se dire. Singulière et plurielle. La douleur chronique. Elle fait entrer dans le champ immense du paradoxe. Dans ce pays inconnu, cette sphère infernale, ce cercle vicieux qui la cultive, engrais puissant renouvelé à l’infini. La prison du corps a un goût d’amertume, et pour quelle faute commise ? L’injustice assaille et meurtrit la chair, chaque parcelle de l’être. Dans cette cage fermée posée en suspension sur le monde, les questions se cognent contre les murs, rebondissent, résonnent à faire hurler, ne trouvent jamais de réponse. Non-sens absolu. Et pourtant, le choix est limité de faire avec ou pas, puisque sans ne fait pas partie du jeu… Le duel s’impose, incontournable, inégal, épuisant à mener. Le temps changera quoi à l’affaire ? Permettra-t-il de comprendre quelque chose à cette douleur venue un jour et pour toujours, habiter le corps devenu souffrant ? Non. Il n’y a rien à comprendre. Vraiment rien. C’est ainsi. C’est assez pour que ce soit. Elle est là, vit en moi, il faut l’accepter. Impossible ! Et pourtant… Quelle autre perspective ? Composer avec elle, apprendre à vivre d’une autre façon. Impensable, et pourtant… Elle ne peut ni se panser, ni disparaître dans ses profondeurs abyssales. Juste un voile léger pourra la recouvrir, qui se soulèvera au moindre souffle. Toute la vie, chaque jour, chaque heure, chaque minute sont à penser. La vie est à ce prix. Inestimable et follement humaine. A moins que quelque chose ne se passe, encore ignoré, une lumière à allumer pour éclairer un autre chemin. Témoigner de ce vécu, bien évidemment, peut contribuer à aider l’autre qui s’y reconnaîtra. Tenter d’écrire l’indicible, le balancement infernal entre les sentiments, les émotions, résonnera en empathie, soulagera un petit temps. Ce sera l’écrit (les cris) sur la douleur, un pansement sur l’âme, un baume à renouveler sans cesse. Mais écrire de la douleur, tenter d’approcher ce qui permet de s’en sortir, d’en sortir, d’oser le mot guérison comme une indécence, c’est ce travail que j’ai tenté de réaliser à travers ce récit. Au-delà de l’espoir, la certitude que cette douleur chronique peut être traversée, pour aller vers la lumière qui hier s’était éteinte. Certes, l’entreprise est difficile, tant il semble impossible de saisir ce basculement vers la guérison. Je l’ai cependant entrepris après dix ans de vie commune, reprenant le chemin d’hier à aujourd’hui, riche de la connaissance intime que j’ai pu analyser à ma mesure, pour aller vers demain, dénouer l’écharpe de la douleur.
La lésion…
Il m’a semblé nécessaire de préciser ce dont il s’agit, d’où vient cette douleur chronique et de décrire à minima ses incidences dans la vie de tous les jours. Les médecins ont leur vocabulaire un peu abscons, qui nomme ce qui s’est inscrit dans la chair, sur la moelle épinière. Parfois même, ils dessinent sur une feuille le trajet du nerf sciatique, de sa racine dans la région lombaire, au bout du gros orteil, en passant par la fesse, la cuisse, le genou, le mollet, la cheville, la malléole, le pied tout entier. Sciatalgie, pour dire cette douleur. Pas de doute, c’est bien ça. Lorsqu’une hernie discale très calcifiée, une vieille hernie rabougrie sur elle-même, passe son temps à gratter à la porte du nerf, acharnée, elle vient alors le léser. Le langage médical devient plus étayé, le territoire s’étend. Il ne s’agit plus d’une simple sciatique qui ne nécessiterait qu’un peu de patience. Le nerf est agressé, il le fait savoir. Douleurs proprioceptives, perte de sensibilité, paresthésies, plus simplement, fourmillements, décharges électriques, névralgie, douleurs de désafférentation. A nouveau, pas de doute à l’intervention chirurgicale, le nerf est noir à jamais. Sa racine est atteinte, il ne reprendra pas couleur. Le tableau est complet, d’un point de vue scientifique, le tour de la question est fait. Ce qu’il ne dit pas, ce sont les incidences au quotidien, dans cette douleur qui ne se voit pas, présente sans cesse, sans aucun répit. Tous les domaines de la vie sont perturbés et demandent créativité, dépassement de soi. Bien évidemment...