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1. Le surfeur d’argent
Collection Petite bibliothèques des idées
dirigée par Anne Dufourmantelle
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
© Calmann-Lévy 2000, 2012
978-2-702-15219-5
DU MÊME AUTEUR
Essais
 
LE SENTIMENT D’IMPOSTURE, Calmann-Lévy, 2005 (Grand Prix de l’essai de la Société des Gens de Lettres 2005), Folio Essais n° 515.
LA BÊTISE S’AMÉLIORE, Stock, 2007
LA TENTATION DE PÉNÉLOPE, Stock, 2010
LE BAISER PEUT-ÊTRE, Alma, 2011
 
Journal extime
 
LA CHAIR DU TEMPS, Stock, 2012 (Prix littéraire de la ville de Caen)
 
Romans
 
DERNIÈRES PROMENADES À PETRÓPOLIS, Le Seuil, 1990
L’ ÎLE AU NADIR, Quai Voltaire, 1992
TROIS NUITS D’UN PERSONNAGE, Stock, 1994
LENT DELTA, Verticales, 1998
L’ HOMME QUI JEÛNE, L’Olivier, 2006
ENTRE LES BRUITS, L’Olivier, 2009
 
Esthétique et critique littéraire
 
PHILOSOPHIES DE LA MUSIQUE, 1752-1789, Klincksieck, 1990
LA RÉCEPTION DES OPÉRAS DE MOZART DANS LA PRESSE PARISIENNE, 1793-1829, Klincksieck, 1991
MUSIQUE ET LITTÉRATURE AU 18e SIÈCLE, PUF, « Que sais-je ? », 1998
NARRATIONS DE LA VIE INTÉRIEURE PUF, « Perspectives littéraires », 2001,
L’ŒUVRE DE ZOLA, Gallimard, « Foliothèque », 2002
Ce n’est pas par égotisme que je dis Je ; c’est qu’il n’y a pas d’autre moyen de raconter vite.
STENDHAL, Mémoires d’un touriste
 
 
Celui qui se perd dans sa passion est moins perdu que celui qui perd sa passion.
SAINT AUGUSTIN
1
Le surfeur d’argent
Enfant, je lisais quelquefois une bande dessinée qui mettait en scène un « surfeur d’argent » (ai-je inventé son nom ? je ne le crois pas). Personnage vêtu d’une sorte de justaucorps qui ne laissait voir que ses yeux, il voyageait entre les étoiles sur un surf (d’argent peut-être, à moins que ce ne fût son habit), sans doute redressant les torts dans des affaires de brigands interstellaires (mais de cela, je ne me souviens plus du tout). Pesait sur lui une sorte de malédiction qui le tenait loin de la Terre, triste, si triste, et dérivant lentement dans le cosmos. C’était sa destinée. De même qu’il était réduit à un signe (un corps vertical sur une planche mouvante), sa condition était ramenée à son expression la plus stylisée : glisser seul et sans horizon entre les astres, privé de toute source de joie.
 
Je ne pourrais dire que l’image m’a longtemps hantée. Plutôt qu’elle était là, disponible mais enfouie, comme un souvenir très personnel. Je crois n’en avoir jamais parlé. Puis je l’ai écrite. Deux fois elle s’est glissée dans mes romans, à plusieurs années d’intervalle, et au fil de l’écriture elle a révélé son sens.
La première fois, je m’en suis servie comme d’un emblème de la condition humaine, l’expression de l’absurdité et de la tristesse de nos existences dérivant dans le néant, et le personnage nous représentait parfaitement, homme sans visage, sans vêtements pour le singulariser, personne, nous, tous.