L'Unité bretonne

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Dans cet essai publié avec le concours de l’ONG bretonne, Breizh ImPacte, Jean Ollivro passe en revue tous les arguments en faveur et contre la réunification de la Bretagne. Qu’ils soient historiques, le pays nantais a été séparée du reste de la Bretagne par un décret de Vichy, économiques, la Loire-Atlantique est l’un des poumons de la Bretagne ou bien encore stratégiques, sans Nantes, pas de véritable vision maritime, ces arguments mènent au même constat : la réunification de la Bretagne est à la fois une évidence et une nécessité.

Jean Ollivro constate que la Bretagne perd beaucoup aujourd’hui à être séparée de sa capitale historique. Il constate aussi que malgré une propagande omniprésente, la Bretagne historique existe toujours. Enfin il répond aussi aux sceptiques de toutes espèces en réfutant les arguments avancés par les adversaires de la réunification qui parlent de repli identitaire ou bien encore d’une supposé guerre des capitales entre Nantes et Rennes.



L’auteur


Jean Ollivro est professeur à l’université de Rennes 2 et enseigne également à l’institut d’études politiques de Rennes. Spécialiste de l’aménagement du territoire et du développement régional, il a fait des transports, de la vitesse et de la Bretagne ses principaux thèmes de recherche.

Fonctionnant naturellement au plan scientifique avec une Bretagne comprenant la Loire-Atlantique, Jean Ollivro est l’un des initiateurs de l’Appel à la Bretagne toute entière lancé chez le célèbre restaurateur le Divellec en février 2009. Décoré de l’ordre de l’Hermine en 2005, il est depuis 2004, président de l’association Bretagne Prospective / Breizh Diawel.

Parmi la dizaine d’ouvrages qu’il a fait paraître, on remarquera plus particulièrement, La nouvelle économie des territoires, Apogée, 2011 – Projet Bretagne, Apogée, 2010 – La Machine France. Le centralisme ou la démocratie ?, éditions du Temps, 2006 et La Bretagne réunifiée, une véritabler région européenne ouverte sur le monde, Les Portes du large, 2001.
Publié le : mercredi 9 avril 2014
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EAN13 : 9782363120151
Nombre de pages : 48
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Construisons ensemble
Qu’un territoire ait telle ou telle surface ne change parfois pas grand-chose à sa perti-nence. Des terres désolées peuvent être inutiles voire une charge. Des unités politiques relative-ment factices telles l’URSS ou la Yougoslavie ont explosé pour laisser place à des entités plus co-hérentes, souvent fondées sur un sentiment d’ap-partenance et une culture commune.  L’enjeu de la réunification de la Bretagne n’est pas une fin en soi mais s’inscrit dans une dyna-mique de projet. Pour certains Bretons, le fait que la Loire-Atlantique soit ou non en Bretagne est le cadet des soucis. Toutefois, on leur a appris à re-jeter cette réalité, notamment dans l’éducation nationale. Surtout, le pouvoir central a tout fait pour contrer cette éventualité car, en raison de son identité et de sa masse démographique, la Bretagne est la seule à pouvoir orienter Paris vers davantage de régionalisation et de démocratie. Bien sûr, les tenants d’un Etat directif et jacobin claqueront définitivement les portes de ce livre.
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En revanche, nous espérons que d’autres s’y en-gouffreront. Et si le sujet de la réunification, appa-remment futile, était en réalité une clé pour dé-verrouiller la « machine France » et lui permettre enfin d’avancer ? Le sujet, parfois perçu comme mineur, est en réalité majeur, polymorphe et complexe. Il combine bien sûr des questions de droit et de gouvernance. Cependant il interroge bien plus sur une question globale touchant à l’avenir de nos sociétés et de nos territoires. Les souhaitons-nous régis, inféodés, démembrés par des directives descendantes n’ayant parfois ni queue ni tête ? Les désirons-nous à l’inverse comme des promoteurs d’un autre modèle éco-nomique et de société ? L’enjeu de la réunifica-tion de la Bretagne est tout sauf une question si-bylline. Elle est le maillon permettant d’entraîner l’ensemble de la France vers une autre démo-cratie.
La Bretagne aujourd’hui, ce que l’on perd
 En 1941, un décret signé par le gouvernement de Vichy a décidé que la Loire-Inférieure, l’ac-tuelle Loire-Atlantique, ne faisait plus partie de la
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Bretagne. Chacun le sait, cette décision était une forme de négationnisme d’une réalité culturelle et incontestable plus que millénaire. Dire que la Loire-Atlantique n’est pas en Bretagne, c’est déjà un problème de culture. Des communes comme Fay-de-Bretagne, le Temple-de-Bretagne, Mon-toir-de-Bretagne ne sont pas en Bretagne.
« Une réalité historique et culturelle incontestable »  C’est un peu comme si du jour au lendemain on décrétait qu’Aix-en-Provence appartenait à la région Rhône-Alpes ou que Strasbourg n'était pas en Alsace. Chacun sourirait. Toutefois, c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui pour Nantes et son château. Orchestrée par la région dite des Pays de la Loire, une invraisemblable propagande a nié l’indéniable réalité historique et culturelle d’un territoire. Certains voudraient même nous faire croire que Nantes serait mi-bre-tonne, mi-vendéenne. A la façon dont les Algé-riens devaient se référer à des ancêtres gaulois,
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on a tenté de pilonner les mentalités pour que les habitants de Loire-Atlantique deviennent des « ligériens ». Des budgets inouïs et inutiles ont été alloués à la création d’une région artificielle et inodore courant du Mans à Nantes. Il fallait en quelque sorte faire le bonheur des gens malgré eux. « Tu seras ligérien ». La négation d’une réali-té et des cultures est en revanche une abomina-tion et un contresens. On prétend à une popula-tion qu’elle est autre. On tente de la convertir en gommant son passé et par conséquent son futur. On bâtit à brûle-pourpoint des artifices pour en-lever à un réel pays environ un tiers de son éco-nomie, de sa démographie, de ses entreprises. Bien sûr, ce projet illustre une France qui a sou-haité avancer en détruisant ses identités. Le mouvement s’inscrit à l’inverse de tout ce que préconisent des grands géographes et scienti-fiques qui évoquent précisément la diversité ré-gionale comme constitutive et féconde. Mais le pouvoir parisien a tout fait pour que cette réa-lité achoppe. Il fallait démembrer la Bretagne, le seul espace vaillant capable de freiner Paris. Ils l’ont fait. Ils ont osé le faire. Depuis 1941, la Loire-
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Atlantique n’est a priori plus en Bretagne. On a souhaité par un simple décret effacer des siècles de culture et l’existence d’une civilisation. Cet inacceptable diktat est une des seules mesures encore actives du gouvernement de Vichy.
La Bretagne existe encore
 Cela dit, les territoires ont la peau dure. On n’efface pas par un décret un sentiment d’ap-partenance.
« Un sentiment d’appartenance qui existe encore »
 Aujourd’hui, même si de nombreux citoyens de Loire-Atlantique ne militent pas activement pour l’union ou ont une conscience faible des réels enjeux, 71 % d’entre eux continuent de se sentir Bretons. L’action de l’association Bretagne réunie n’est d’ailleurs pas étrangère à ce résultat.  Dans les différents sondages, cette propor-tion reste fort stable et l’on ne constate donc pas d’érosion du sentiment d’appartenance.
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