La Cérémonie cannibale

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L’homme d’État se présente désormais moins comme une figure d’autorité que comme quelque chose à consommer ; moins comme une instance productrice de normes que comme un artefact de la sous-culture de masse. Après avoir révélé dans Storytelling. La machine à fabriquer des histoires les clefs du discours politique contemporain, Christian Salmon analyse la nouvelle condition politique à l’âge néolibéral. Pour cela, il la resitue au cœur des quatre révolutions enchevêtrées qui ont changé notre époque : 1. dans l’histoire du capitalisme, le néolibéralisme ; 2. dans l’histoire de la communication, l’explosion d’Internet et du numérique ; 3. dans l’histoire sociale, la crise du fordisme et l’essor du management qui soumet les individus à une obligation de performance ; et 4. dans l’histoire de la subjectivité, le nouvel idéal-type qui privilégie les valeurs de mobilité et de flexibilité à celles de loyauté et d’enracinement.

L’État désacralisé, profané par les médias, ridiculisé par les marchés, soumis à la tutelle des agences de notation et des institutions internationales, est désormais un trou noir qui aspire ce qu’il reste du rayonnement du politique. C’est le cas des campagnes électorales où se rejoue le simulacre d’un débat public. L’homo politicus y apparaît non pas comme le porteur d’un changement annoncé, mais comme un spectre éclairé par les flammes de sa propre dévoration. Politique cannibale !

Publié le : jeudi 2 mai 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782213679242
Nombre de pages : 160
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L’homme d’État se présente désormais moins comme une figure d’autorité que comme quelque chose à consommer ; moins comme une instance productrice de normes que comme un artefact de la sous-culture de masse. Après avoir révélé dans Storytelling. La machine à fabriquer des histoires les clefs du discours politique contemporain, Christian Salmon analyse la nouvelle condition politique à l’âge néolibéral. Pour cela, il la resitue au cœur des quatre révolutions enchevêtrées qui ont changé notre époque : 1. dans l’histoire du capitalisme, le néolibéralisme ; 2. dans l’histoire de la communication, l’explosion d’Internet et du numérique ; 3. dans l’histoire sociale, la crise du fordisme et l’essor du management qui soumet les individus à une obligation de performance ; et 4. dans l’histoire de la subjectivité, le nouvel idéal-type qui privilégie les valeurs de mobilité et de flexibilité à celles de loyauté et d’enracinement.
L’État désacralisé, profané par les médias, ridiculisé par les marchés, soumis à la tutelle des agences de notation et des institutions internationales, est désormais un trou noir qui aspire ce qu’il reste du rayonnement du politique. C’est le cas des campagnes électorales où se rejoue le simulacre d’un débat public. L’homo politicus y apparaît non pas comme le porteur d’un changement annoncé, mais comme un spectre éclairé par les flammes de sa propre dévoration. Politique cannibale !
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