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La France en 2050

De
122 pages

Nous sommes à un carrefour des civilisations. L'étude des différents facteurs démographiques peut nous permettre d'envisager des solutions sur le long terme aux défis du XXIème siècle. Nous pouvons encore choisir ; choisir entre un monde avec 22 milliards d'humains sur une planète exsangue ou un monde où nous défendons la nature en maîtrisant la démographie.

Presque une naissance sur deux est non désirée à l'heure actuelle et ce taux ne fait qu'augmenter d'année en année. Cela représente la moitié de l'augmentation de la population mondiale par an. Nous avons le devoir d'empêcher ces millions de drames humains à répétition en favorisant une meilleure diffusion de la contraception, car la première des libertés est celle de pouvoir disposer de son corps.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-87425-2

 

© Edilivre, 2015

Dédicace

 

 

Dédicacé au fils de la forêt, Nahele.

Préface
Définition de l’extrémisme

L’extrémisme, ce n’est pas une maladie génétique. On ne naît pas extrémiste. Ce sont les conditions objectives qui amènent ce type de comportement. L’extrémisme est dans la nature. Concernant les humains, on le considère comme un comportement déviant, souvent violent mais pas forcément et surtout imprévu. Dès que l’on sort du cadre défini par les hommes eux-mêmes, on touche plus au moins la frontière de l’extrémisme. Au musée du château de Good Hope à Cape Town se trouve une toile au second étage représentant un massacre d’animaux organisé au 18ème siècle par les Boers en l’honneur de la visite d’un monarque hollandais ; 300.000 animaux sauvages seront rabattus dans une cuvette et tués méthodiquement par des hommes armés tout autour. En ce lieu et à cette date, cet événement n’était pas considéré comme un acte extrême mais plutôt comme un excès. De nos jours, il serait inimaginable.

De plus en plus d’humains basculent dans l’extrémisme précisément parce que ce cadre est mouvant et change rapidement. Ceux qui ont cette capacité d’adaptation pour y rester à l’intérieur ne rencontrent pas de problèmes, mais ceux qui ne savent pas ou ne peuvent se soumettre à cette évolution rejoignent vite les rangs des déshérités et des mal-compris.

Dans la nature, la survie est fortement liée à la capacité d’adaptation à son environnement. Pour nous, il en va de même. Dans un Monde en échauffement démographique avec des ressources qui se réduisent comme une peau de chagrin, de plus en plus de nos concitoyens vont être rejetés dans les bras de la déviance et de la violence.

L’eugénisme est un de ces comportements malsains et désespérés. Lorsque la part du gâteau se rétrécit, une élite se met en place pour dicter ceux qui auront le droit de vivre et tant pis pour les autres. Cela commence par le nationalisme « l’amour de la patrie », puis tourne vite à l’amour de la Nation, puis à l’adoration des membres à l’origine de cette Nation. Le pas est vite franchi, même si beaucoup n’ose pas le franchir définitivement. C’est ce qui est arrivé en Allemagne en 1933 et c’est aussi ce qui arrive en Russie aujourd’hui. Les similitudes sont claires pourtant. Un régime autoritaire nationaliste avec à sa tête un chef charismatique pratiquant le culte de la personnalité organise des Jeux olympiques et annexe un territoire européen sous prétexte qu’il est constitué d’un peuple de même sang. L’annexion se fait dans le silence des autres puissances européennes et l’Histoire se répète indéfiniment tant que l’être humain n’en tire pas les leçons, en l’occurrence celles de la surpopulation à l’origine des deux Guerres mondiales. En Ukraine aussi, on cherche à mettre la main sur les énormes ressources en charbon du Donbass tout comme les Allemands l’ont fait en Pologne.

Lorsque l’extrémisme des conditions de vie est érigé en idéologie, on peut se dire que l’on va assister à un nouveau désastre humain. L’extrémisme, ce n’est alors pas de prôner la modestie démographique partout dans le Monde, mais bien de laisser les peuples démunis face au fléau des surnaissances et, pire encore, des surnaissances non désirées dans un environnement de pénuries généralisées.

Les estimations de l’ONU tiennent compte d’une baisse régulière du taux de fécondité dans le Monde. En effet, dans l’hypothèse haute, qui se base sur un taux de fécondité de 0,5 enfant en plus par femme par rapport à l’hypothèse médiane, la population mondiale atteindrait 16,6 milliards en 2100 (chiffres 2012 revus à la hausse). Pire ! Si les taux actuels restaient sensiblement les mêmes, la population mondiale dépasserait le chiffre énorme de 22 milliards en 2100 ! En France, on fait l’autruche, on refuse de voir la réalité du Monde du 21ème siècle et l’on poursuit cette politique de la natalité complètement obsolète. Notre cadre de vie a changé et nous refusons de nous y adapter.

Introduction

7 milliards d’humains

Le savez-vous ? Nous sommes 7 milliards d’humains sur Terre, même un peu plus d’ailleurs. Il y a ceux qui le savent pertinemment, ceux qui pensent que nous sommes toujours 6 milliards, ceux qui ne veulent pas le savoir et tous ceux qui ne se sont jamais intéressés à la question de notre nombre. D’ailleurs, le chiffre 7 est un chiffre emblématique et mystique parfois. Le Septième Jour de la bible, c’est le jour du repos. Repos dans la surnatalité schizophrène de notre espèce invasive ?

Notre biotope, lui, ne sait compter que jusqu’à sept. Depuis 1991, le préfixe maximal dont le symbole est “Y” (pour yotta) du système international d’unités et noms des nombres correspondants : 1.000.000.000.000.000.000.000.000 se nomme 1 Septillion en échelle courte pour les pays de langue anglaise. La France considère ce nombre comme étant 1 Quadrillion… Là où les Anglais voient sept milliards d’humains sur Terre, les Français n’en verraient-ils que quatre ?

Pour des raisons historiques, le chiffre « 7 » est porteur d’un message fort. Le chiffre 7 a souvent été confondu avec le chiffre 1. La confusion à l’écrit entraîne pourtant des conséquences énormes. Et l’on aurait trouvé l’origine de notre erreur démographique ? 7 est aussi le deuxième nombre premier chanceux. Pourtant, un heptagone ne peut être construit par la règle et le compas seuls. 7 est également un nombre pyramidal hexagonal. Un nombre pyramidal hexagonal est un nombre figuré qui est représenté par une pyramide (des âges ?) dont la base est un hexagone régulier.

L’Hydre de Lerne, une créature de la mythologie grecque, comportait 7 têtes : tuer l’Hydre de Lerne était le deuxième des douze travaux d’Héraclès. Sept ans, c’est aussi l’« âge de raison », dit-on. Le nombre de péchés capitaux est de 7 : luxure, avarice, envie, orgueil, paresse, gourmandise et colère. On dénombre également 7 continents sur Terre. Dans l’Apocalypse selon saint Jean, la « bête de l’Apocalypse » est une bête à 7 têtes et 10 cornes, qui représente un système politique dont le pouvoir, conféré par Satan, s’étend sur tous les hommes qui y adhèrent en recevant la marque de la bête. Cette marque est le 666 (Nombre de la Bête). La particularité de ce système politique — et donc de la Bête — est de s’opposer fortement à Dieu et à tout ce qui le représente, principalement l’Évangile.

Revenons à des choses plus terre-à-terre. L’arc-en-ciel compte 7 couleurs. Le nombre d’unités du Système International (ex-MKSA) est de 7 : mètre, kilogramme, seconde, ampère, kelvin, mole, candela. L’hydrogène 7 est l’isotope le plus riche en neutrons jamais observé. En psychologie cognitive, l’article scientifique The Magical Number Seven, Plus or Minus Two (Le nombre magique sept, plus ou moins deux) de George Armitage Miller établit que le nombre 7 correspond approximativement au nombre maximal d’éléments qu’est capable de traiter l’esprit humain. Tiens ! Les 7 gros orifices du visage sont les yeux, la bouche, les narines et les oreilles. Septentrion représente le Nord. Ce terme vient de la Petite Ourse, appelée par les Romains Septem Triones (les sept bœufs). Cette constellation, qui contient l’Étoile Polaire, indique le Nord et contient sept étoiles. Dans Le Petit Prince « La septième planète fut la Terre ».

Les orphelins de l’Humanité

Il y a encore quatre ans en arrière, je n’avais aucune idée de ce qui se cachait derrière le mot « démographie », du grec « peuple et écriture », soit la « description des peuples ». A la base statistique, cette science est devenue une science humaine par l’accroissement démesuré de notre giga-nombre sur Terre. Personne ne s’y intéresserait si le nombre des autres êtres vivants augmentait parallèlement et les ressources naturelles s’accumulaient d’autant. Mais la physique a décidé qu’il n’y aurait pas de place pour tout le monde. L’humain empiète le territoire séculaire des animaux et des forêts. Plus il se reproduit, plus il se répand et plus les animaux et les forêts disparaissent. Le droit de la propriété du sol dont s’est arrogé l’homme a destitué le droit des autres à vivre tout simplement.

Une équipe internationale a publié en mai 2013 dans la revue Intelligence un article qui affirme que les hommes étaient plus intelligents à l’époque victorienne que ne le sont les populations modernes. La fin du XIXe siècle en Occident a correspondu avec une explosion de l’innovation et du génie humains, écrivent les chercheurs, qualités qui semblent avoir depuis décliné. Ils ont même mesuré cette perte, qu’ils estiment être de 1,23 point de QI par décennie, soit 14 points au total.

Il est donc plus qu’urgent de porter sur la place publique la question démographique afin de clarifier pas mal de notions et d’idées préconçues. Il est de notre rôle d’agir de manière responsable et de porter le débat vers l’acceptation d’une démographie plus responsable pour deux raisons simples.

La première, pour que nos enfants puissent eux-mêmes avoir la liberté de procréer dans un environnement sain et sécurisé. Nombre de scientifiques prévoient la fin de notre espèce pour la fin du siècle. La seule issue serait de limiter fortement la fécondité des prochaines générations. Qui pourra faire un enfant ? Les intellectuels ? Les politiques ? Les scientifiques ? Les industriels ? Lorsqu’on en arrive à prendre de telles mesures, on peut se dire que notre évolution est un échec.

La seconde, parce que les responsables de l’apocalypse écologique, de la shoah verte, du génocide naturien, ce sont tout simplement nous et nous seuls, enfants des années 80’ et 90’, promoteurs d’un Monde de surabondance excessive vidant la planète de sa sève et condamnant les générations suivantes à se restreindre. Pire encore ! A payer nos dettes astronomiques accumulées et à nettoyer la planète de nos déchets. Qu’avons-nous fait ? A part nous gaver et boire le calice de nos excès jusqu’à la lie, nous avons manqué l’essentiel, celui du partage de la connaissance vers nos filles et nos fils. Nous avons fait de nos enfants des orphelins sans planète.

Chapitre 1
Moins d’humains et plus d’humanité

Environnement et nature intérieure

La sélection naturelle a poussé notre espèce à dominer une partie du Monde. L’habileté de nos mains nous a permis de forger des outils. Une fois redressés sur nos membres postérieurs, nous avons donné libre cours aux possibilités que nous offraient nos doigts agiles. Il eût été également possible que nous n’eûmes rien fait de nos dix doigts. Mais le destin de notre espèce en a décidé autrement. C’est un malencontreux concours de circonstances qui nous a fait saisir un bout de bois la première fois et frapper violemment sur un autre animal ou sur un congénère. Il aurait peut-être mieux valu qu’on se frappe soi-même la tête afin de ressentir la douleur que cela procure. L’homme ne comprend la souffrance que s’il la vit lui-même. Avant cela, il la distribue allègrement autour de lui sans vraiment trop y réfléchir. Il n’est pas mauvais par nature, mais par ses actes, il fait du mal inconsciemment. La notion de mal chez l’homme est équivalente à la notion de bien. Tout s’agglomère dans les événements de la vie courante. Seule notre vision nous fait dire si tel acte est bien ou mal.

Si nous sommes tristes du massacre des éléphants ou des rhinocéros, c’est parce que nous jugeons que ce massacre est mal. D’autres trouveront cela bien, car le prix de l’ivoire augmentera encore et encore et ils pourront ainsi nourrir leur famille. Le seul moyen de ne pas devenir fou, c’est de changer notre jugement sur les événements autour de nous. Les animaux sont des êtres sensibles et à ce titre ils ressentent eux aussi la douleur et la joie. Mais comme leur niveau de conscience est encore peu développé parce que l’Homme les a laissés confinés dans un environnement de plus en plus stérile et restreint, ils n’ont pas acquis la capacité du détachement de Soi, la faculté comme disait Rousseau d’abstraction, sa liberté d’agir ou de ne pas agir.

Dans la peur d’un Monde sans repères, le réflexe immédiat est de s’accrocher au passé, de retourner en quelque sorte en enfance dans les jupons protecteurs de sa maman. Tout ce qui est « rétro » redevient alors à la mode et les événements extrêmes de notre histoire resurgissent tels des démons que l’on avait cru engloutis à jamais. L’homme refuse d’affronter son avenir, car il ne le connaît que trop bien. Sans conscience et sans amour, il rejette les évidences et les données scientifiques. Devant la tâche à accomplir et les efforts considérables à entreprendre, il tourne les talons et offre son plus beau sourire à la mort. Malgré tout, l’ascenseur de nos civilisations a depuis longtemps plongé dans le vide et ne va plus tarder à s’écraser.

Les catastrophes et autres bouleversements sont arrivés par le passé, arrivent encore aujourd’hui et arriveront à l’avenir également. Nous n’y pouvons rien, car nous ne maîtrisons pas les paramètres qui déterminent ces événements. Ils arrivent de manière imprévue et sont souvent incontrôlables. Il est donc inutile d’en être surpris ou d’en être effrayé. On ne peut agir ni sur le passé, ni sur l’avenir. Le seul moment où l’on peut changer les choses, c’est le présent. Vu notre surnombre pléthorique, les actes se succèdent à travers le Monde à une vitesse considérable et un massacre d’orangs outans remplace vite celui de dauphins dans la baie de Taiji le jour même. Puisqu’il n’est souvent pas en notre pouvoir de changer ces actes, il est inutile de se larmoyer et nous devons changer notre jugement sur ceux-là même. Ces épisodes sont conformes à l’évolution de la matière. La mort fait partie de la vie et en annihilant son environnement, l’Homme s’annihile lui-même.

« Personne ne t’empêchera de vivre selon la raison de ta propre nature ; rien ne t’arrivera qui soit en opposition avec la raison de la nature universelle*. »

L’homme fait partie du biotope, tout comme le rhinocéros, le loup ou la vache. A ce titre, il suit, sans même le savoir, les millénaires d’évolution qui l’ont amené jusqu’ici en passant par le paléolithique, le néolithique, l’antiquité, le Moyen-Âge, le capitalisme/communisme (sur ce point parfaitement identiques). Comment nommera-t-on la prochaine phase ? Personne ne peut le dire, car il semble bien que l’Humanité ait pris la voie sans issue qui se termine dans un gouffre profond emportant avec elle des milliers d’espèces animales et végétales malgré elles.

Qu’est-ce qui a fait que les nageoires des mammifères marins ou que les pattes du lion n’ont pas évolué afin de leur offrir à eux la possibilité de tenir un bâton ? Sont-ce en fait les espèces les plus fragiles qui réussissent le mieux ? Est-ce le fait que le bébé singe nécessite des précautions extrêmes alors que le petit lion se déplace déjà au bout de trois semaines qui a fait que notre espèce s’est organisée en groupe social ?

La maturité sexuelle et sociale des lions est atteinte à l’âge de trois ans et leur maturité physiologique à deux ans, alors que l’humain est encore très dépendant de sa mère. Pour exercer leur appétit sexuel, les mâles sont munis d’un organe qui se trouve sur le palais sous la surface intérieure nasale : l’organe de Jacobson. Le lion relève alors sa lèvre supérieure et ouvre la gueule (flehmen). Mais même le mâle dominant ne se reproduira pas avec une femelle qui se refuse. Lorsque madame est disposée, elle tourne autour de lui, se roule par terre et frotte sa tête contre le cou de monsieur. Puis elle prend la pose (lordose) : à plat ventre et croupe relevée. C’est alors que le mâle la mord au cou tout en la pénétrant. En se retirant, le mâle occasionne une légère douleur à la femelle du fait que son pénis est garni d’épines, ce qui génère un rugissement de douleur. Elle se retourne alors en position défensive. Seule la pénétration déclenche la ponte des ovules à féconder. L’acte merveilleux qui dure environ trente secondes se reproduit chaque quinze minutes jusqu’à cinquante fois par jour et ce jusqu’à la période de l’œstrus de la femelle qui se termine après quatre jours.

Après quatre mois de gestation, la maman donne naissance à un, deux, trois, voire quatre lionceaux. Elle s’écarte pour cela du groupe pour se cacher. Les bébés sont tous aveugles et pèsent environ 1,2 kg chacun. Durant six semaines, elle les allaite, au début toujours cachée dans les hautes herbes. Chaque bébé a, à sa disposition, une glande mammaire, puisqu’elles sont au nombre de quatre. Comme la maman doit se nourrir durant cette période, elle part chasser seule, laissant ses petits sans défense aucune, parfois pendant deux jours entiers. Les hyènes, buffles et autres prédateurs sont toujours à l’affut des cris des lionceaux esseulés. La délivrance arrive enfin après quatre semaines, lorsque maman amène ses petits dans le groupe où tous se mélangent.

Toutes les espèces se valent, sauf quand l’homme a décidé de changer les règles en cours de jeu. Il n’y a pas d’espèces inférieures à d’autres. Si l’on pense cela, c’est une déformation de l’esprit. Homo Sapiens s’est affranchi des règles naturelles lorsqu’il a définitivement tourné le dos à son environnement originel. Sa capacité d’adaptation lui a effectivement souvent sauvé la mise, mais, à présent, c’est sa capacité à adapter l’environnement à ses désirs et à ses délires qui menace son existence même. Il est alors devenu Homo Surnumerus et a donc, en toute logique, décidé d’éliminer tout ce qui le gênait, puis Homo Cupidus dans le sens du désir violent et immodéré de posséder quelque chose.

Son surnombre est à l’origine de l’inégalité. Plus le Monde est plein, plus les inégalités augmentent. Chez les peuples Premiers, le chef de tribu était l’égal du commun des mortels. Dans une société d’abondance totale, le libre accès à toutes les ressources ne pose pas de problème. Il le devient quand les ressources deviennent limitées. Il faut alors fixer des règles et régir des priorités, et c’est souvent le plus fort et le plus malin qui passe devant la masse. Contrairement à ce que disait Rousseau et sa vision anthropocentrée de la Vie qui montrait du doigt « la propriété privée » dans son Contrat Social, l’origine de toute inégalité est le surpeuplement.

L’inégalité est née avec l’apparition de la pénurie des ressources. Evoquer des pénuries 6.000 ans avant JC. peut paraître pour le moins cocasse. Pour l’époque, on estime à 7 millions le nombre d’humains sur Terre. Les premières grandes cités sumériennes Ur, Uruk et Lagash ont compté jusqu’à 40.000 habitants ! Ce qui correspond à 0,3 % d’une population mondiale évaluée à 14 millions d’âmes vers 3.000 av JC. Si on applique ce rapport à la population actuelle, on obtiendrait une ville de 21 millions d’habitants ! Néanmoins, les Sumériens de par leur surnombre par rapport à l’accès immédiat de ressources locales ont été amenés à définir les premières lois de l’histoire de l’Humanité. N’oublions pas que, à cette époque, les moyens de transport étaient extrêmement limités et les connaissances techniques, notamment relatives à la pêche, également.

« L’administration, le commerce, l’armée occupent des effectifs croissants, que l’agriculture doit nourrir. Difficile d’augmenter les superficies cultivées dans une région entourée de déserts. Il faut intensifier les cultures, irriguer ; les sols s’épuisent ; la salinisation progresse ; peu à peu, on remplace le blé par l’orge, moins exigeant. (…) Lagash et Umma s’affrontent pendant 150 ans vers-2500 pour le contrôle de l’eau*. »

Une fois atteint le seuil critique entre nombre de membres de la société et ressources immédiatement accessibles, un système dirigiste s’est imposé afin de favoriser une élite par rapport à la masse de la population. Les connaissances techniques évoluant, une nouvelle vague d’êtres humains apparaissait et rattrapait rapidement les progrès du savoir. A chaque fois, le nombre d’hommes a toujours eu un « coup d’avance » par rapport à la modernité.

L’esclavage est, selon toute vraisemblance, apparu dans la société sumérienne précisément**.

L’inégalité suprême parmi les inégalités, celle de ne pouvoir disposer librement de son corps, témoigne justement du besoin de main d’œuvre gratuite dans un Monde de pénuries inapte à subvenir aux besoins principaux des membres de la société : nourriture, logements, vêtements, infrastructures. L’être humain n’a pas réduit en esclavage d’autres hommes pour acquérir plus de propriété privée, mais c’est le conflit entre le surnombre d’hommes et le manque de ressources immédiates qui a amené ce système d’organisation sociale. L’injustice ici n’est pas dans l’homme lui-même, elle est dans le constat clairvoyant et malheureux des dirigeants de l’époque.

Le clivage s’est intensifié avec l’apogée de la civilisation égyptienne. Les pyramides alors ne font pas partie des besoins fondamentaux des humains. Elles servent à asseoir le pouvoir absolu de l’élite sur une surpopulation démentielle disposant de ressources insuffisantes de par son faible niveau technique.

Depuis rien n’a changé. L’esclavage existe toujours au 21ème siècle du fait même que la croissance de la population est toujours supérieure à la croissance de production de ressources immédiatement disponibles.

Tout, dans la Nature, est régit par des lois. La symétrie des êtres vivants, les couleurs, les molécules, la rondeur des planètes, le mouvement permanent de la matière du Big Bang au Big Crunch1.

Et tout sur Terre répond à ces mêmes lois naturelles. L’humain en fait partie aussi. Aussi cruel soit-il parfois, ses actes sont conformes à sa propre nature, à sa nature profonde. La cruauté existe aussi dans le Monde animal, tout comme la compassion d’un lion pour un jeune gnou filmé...