Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 14,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

La Leçon de Jérusalem

De
304 pages
Le 6 juillet 2013, Monique LaRue assiste à une projection du film de Margarethe von Trotta, « Hannah Arendt », centré sur la controverse suscitée par le livre « Eichmann à Jérusalem », rapport sur la banalité du mal. Elle en sort métamorphosée. Elle qui résistait depuis des années à se pencher sur une controverse dans laquelle elle avait été impliquée – la fameuse « affaire LaRue », où l’un de ses textes avait fait l’objet d’une lecture aberrante – retrouve sa liberté de parole. « Je suis infiniment reconnaissante à Margarethe von Trotta et à son film d’avoir fait en sorte que soit un jour représentée sous mes yeux […] la mésaventure intellectuelle d’une femme intelligente et imparfaite, qui se sert de son intuition, se fie à son jugement, développe sa réflexion et dit ce qu’elle pense dans sa langue naturelle et avec confiance, en se plaçant dans les conditions du dialogue cohérent et de la liberté de pensée. »
Cette « leçon de Jérusalem » n’est que le point de départ d’un propos beaucoup plus vaste. Monique LaRue se demande pourquoi elle a eu tant de difficultés à mener ce qu’elle appelle « une authentique vie de l’esprit ». Cela l’amène d’abord à s’interroger sur le rapport complexe qu’entretiennent les Québécois avec la langue. En outre, sa pensée prend continuellement en compte les conditions concrètes dans lesquelles une femme qui a choisi la maternité mène une carrière intellectuelle.
Mariant réflexion et fiction, faisant éclater à chaque phrase le plaisir de penser et d’écrire, voici un livre hors norme qui est une véritable fête de l’intelligence.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

La Leçon de Jérusalem

de editions-du-boreal

Heidegger, mon voisin

de editions-edilivre

Mes mémoires

de bnf-collection-ebooks

mONiqUE làrUE là lEcON DE JÉRUSàLEM
mONiqUE làrUE Monique LaRue
la leçon de Jérusalem
là lEcON DE JÉRUSàLEM
BORÉàL
BORÉàL
Les Éditions du Boréal 4447, rue Saint-Denis Montréal (Québec)H2J2L2 www.editionsboreal.qc.ca
l a leçon de Jérusalem
DUMÊMEAUTEUR
La Cohorte fictive,L’Étincelle,1979; Les Herbes rouges,1986.
Les Faux Fuyants,Québec Amérique,1982.
Copies conformes,Lacombe/Denoël,1989; Boréal, coll. «Boréal com-pact»,1998.
Promenades littéraires dans Montréal(en collaboration avec Jean-François Chassay), Québec Amérique,1989.
La Démarche du crabe,Boréal,1995.
La Gloire de Cassiodore,Boréal,2002; coll. «Boréal compact»,2004.
De fil en aiguille,Boréal, coll. «Papiers collés»,2007.
L’Œil de Marquise,Boréal,2009.
Monique LaRue
LALEÇONDEJÉRUSALEM
Boréal
© Les Éditions du Boréal2015 e Dépôt légal:3trimestre2015 Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Diffusion au Canada: Dimedia Diffusion et distribution en Europe: Volumen
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et de Bibliothèque et Archives Canada LaRue, Monique,1948-La leçon de Jérusalem Comprend des références bibliographiques. isbn 978-2-7646-2387-9 I. Titre. ps8573.a738l422015 c848’.54 c2015-941657-4 ps9573.a738l42 2015 isbn papier 978-2-7646-2387-9 isbn pdf 978-2-7646-3387-8 isbn epub 978-2-7646-4387-7
1
là LEcON DE JÉRUSàLEM
7
8
Ce n’était pas de la stupidité, mais un manque de pensée…
HANNAHARENDT
Novembre 2013, retour de Jérusalem
Le 6 juillet 2013, au cinéma Excentris à Montréal, j’ai vu le filmde Margarethe von Trotta,HannahArendt,filmcentré sur la controverse suscitée par le livreEichmann à Jérusa-lem, rapport sur la banalité du mal.Je ne suis pas sortie de ce film remuée mais métamorphosée. Je résistais depuis des années à me pencher sur une controverse survenue dans mon existence,comme on évite de repenser à un acci-dent fâcheux. En deux heures, j’ai franchi une étape et quand je suis sortie du cinéma je n’étais plus la même qu’en y entrant.Des «affects»,comme dit la psychanalyse, avaient été libérés. J’ai été happée par le personnage interprété par Bar-bara Sukowa,une femme aux traits plus fins,au visage plus
9
moderne et séduisant, au corps plus élégant que ce que montrent les photos d’Arendt à cinquante-cinq ans. J’ai adhéré à cette Arendt qui n’est pas Arendt, emportée à l’écran vers un «Idéal du Moi» datant de l’époque oùj’ai découvert la philosophie, au collège Marie-de-France, quand j’ai pour la première fois formé une image cohé-rente de moi comme femme intelligente,sans soupçonner à quel point ce nouvel «Idéal» qui s’offrait par la vertu de la Révolution tranquille aux Québécoises de ma généra-tion était et resterait problématique.J’aurais pu me définir comme «belle femme», mais cela ne s’est pas produit. Depuis que l’intelligence des filles et son égalité à celle des garçons est clairement établie, cette intelligence s’af-firme de génération en génération, parce que la qualité de l’éducation qu’on donne aux filles augmente – ce qui n’était pas chose très difficile à réaliser. Mais on ne sait toujours pas vers quoi et comment la diriger. On n’a pas encore pensé entièrement, ni suffisamment, son rapport avec le corps féminin. Non seulement le divorce, non nécessaire, entre l’intelligence d’une femme et la beautéde son corps reste-t-il terriblement délétère, comme en témoigne le destin de Nelly Arcan et de tant d’autres, mais le rapport entre le cerveau d’une femme et l’intérieur de l’enveloppe qui la distingue reste encore moins exploré.Ce corps interne,réglé par un programme complexe de cycles et d’intermittences, nid d’invisibles incrustations, siège de lourds parasitages, d’expulsions violentes, d’écoulements de tout ordre, et sa «servitude volontaire» dans la repro-duction biologique ne s’arriment pas encore à des récits de vies réelles ou fictives qui seraient aussi puissants par leur forme que le grand schéma de la quête,élaboré par des
10