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La Nouvelle Nouvelle Revue Française N' 14 (Février 1954)

De
217 pages
Marcel Jouhandeau, Réflexions sur le Vieillesse et la Mort
Eugčne Ionesco, Oriflamme
Louis Massignon, Le Martyre de Hallâj ŕ Bagdad
Martin Heidegger, Sur l'Expérience de la Pensée
Lucien Becker, Počmes
Louis Guilloux, Parpagnacco (II)
Chroniques : la littérature :
Marcel Arland, Drieu la Rochelle (III)
Chroniques :
Roger Caillois, Contestation d'une contestation
Wladimir Weidlé, Une Théologie rustique du Dieu impuissant
Marie Delcourt, Mythopoétique
Notes : lettres étrangčres :
Dominique Aury, Dylan Thomas
Michel de M'Uzan, Strinberg et Van Gogh, Hölderlin et Swedenborg, par Karl Jaspers (Éditions de Minuit)
Roger Judrin, Vie et passion d'u Jésuite élisabéthain, par John Gerard (Plon)
François Nourissier, La Prise du Pouvoir, par Czeslaw Milosz (Gallimard)
Guy-Noël Rousseau, C'est un champ de bataille, par Graham Greene (Robert Laffont)
Gabriel Veraldi, La Petite Arche, par Jan de Hartog (Julliard)
Roger Judrin, L'Heure d'Iris, par Frédéric Morton (Stock)
Notes : les essais :
Marie Delcourt, Dulce Bellum inexpertis, par Érasme (Éditions Latomus)
Maurice-Jean Lefebve, La Voix vive, par Pierre Schneider (Éditions de Minuit)
Notes : le roman :
Georges Perros, Apprentis et Garçons, par Marcel Jouhandeau (Gallimard)
Roger Judrin, Le Trésor des Contes, IV, par Henri Pourrat (Gallimard)
Notes : les spectacles :
Marcel Arland, Les Fausses Confidences, de Marivaux, et Les Caprices de Marianne, de Musset (Comédie-Française)
François Nourissier, Les Éléphants et les petits garçons
Jean Texcier, Vertus du cirque
Notes : les arts :
André Berne-Joffroy, Lorenzo Lotto, Lucca Signorelli, Pablo Picasso
Notes : la musique :
Boris de Schlzer, ŤLe nouvel opérať
Marina Scriabine, Le Réveil des Oiseaux, d'Olivier Messiaen
De tout un peu :
Georges Perros, Les Gazettes, par Adrienne Monnier (Julliard)
Gilbert Villars, La vie de Jacques Chardonne et son art, par Ginette Guitard-Auviste (Grasset)
Georges Perros, Le Renard et la Boussole, par Robert Pinget (Gallimard)
France Ermin, Sortie de secours, par Jacques Croisé (Plon) - Feu et Flammes, par Maurice Raphaël (Denoël)
Jean Duvignaud, Le Désir sous les Ormes, d'Eugčne O'Neill (Comédie des Champs-Élysées) - Crainquebille, d'Anatole France (Salle Luxembourg) - Dardamelle, d'Émile Mazaud (Salle Luxembourg) - La Dame de Trčfle, de Gabriel Arout (Gallimard)
André Berne-Joffroy, Guillaumin (Galerie Metthey) - Gromaire (Galerie Carré)
Les revues, les journaux :
Jean Guérin, Les plus belles phrases françaises - Une école de journal intime - ŤRencontreť disparaît - Le nationalisme ŕ l'appui du vers régulier - Divers
Le temps, comme il passe :
Henry Miller, Vive la France
Roger Judrin, Grains de fable
Roger Nimier, Le froid jeune homme
Jacques Audiberti, L'hiver en France
Jacques Chardonne, Un sujet de roman
Textes :
Benjamin Constant, Lettres inédites ŕ sa cousine Rosalie
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BULLETIN DE FÉVRIER 1954
SUPPLÉMENT A LA NOUVELLE N. R. F.
DU Ier FÉVRIER 1954
N° 14
PUBLICATIONS DE JANVIER
Les ouvrages analysés dans cette rubrique sont ceux dont la mise en vente a
été prévue pour le courant du mois. Il.est cependant possible que, pour des raisons
techniques, la mise en vente de certains d'entre eux se trouve reportée plus tard.
POÉSIE
GROSJEAN (Jean) FILS DE L'HOMME.
Le Fils de L'Homme est n'importe qui de ceux qui ne se croient pas quelqu'un
ou quelque chose. La seule originalité qu'il se permette est de parler en français
et sur les bases de la métrique traditionnelle. Il laisse aux techniciens les
expériences de langage et se contente de vieux outils. S'il joue avec les césures, c'est
par amour d'une diction longue. S'il persuade, c'est par l'intonation.
Voici d'ailleurs quelques vers de ce beau poème de Jean Grosjean
Ton jour est tel qu'un poète osa le prévoir,
Ton jour est tel que sous le dernier des bucranes
Ce poète s'est assis oisif sur les mots
D'un langage périmé. Il tourne le dos
Mais tu reconnais, chus à ses pieds, les silex
Fiévreux dont il fait étinceler les ténèbres.
,JACOTTET (Philippe) L'EFFRAIE ET AUTRES POÉSIES.
Collection « Métamorphoses ».
Ces poèmes de Philippe Jacottet, ingénieux et délicats, d'une extrême fraîcheur,
ont une vraie grâce et parfois beaucoup de puissance.
S'il faut rechercher dès parentés au poète, on peut citer Francis Jammes,
OdilonJean Périer; mais L'Effraie «. l'oiseau nommé effraie qui nous appelle au fond
de ces bois de banlieue. » L'Effraie de Philippe Jacottet est d'un accent et d'un
art absolument personnels.
ROMANS
BOSCO (Henri) L'ANTIQUAIRE.
L'aventure du héros de ce livre, Alexandre Baroudiel, naît et se développe
dramatiquement en des lieux divers, Marseille, une petite ville de Provence, le désert.
Les événements y sont nombreux. Des confrontations, des conflits tragiques
mettent continuellement cet homme aux prises avec d'étranges personnages, tous
agités de violentes passions. Chacun d'eux le sollicite, l'attire, en fait veut l'asservir.
Il se débat.ainsi entre les plus dangereuses tentatives de possession, Elles prennent
des formes si extraordinaires que souvent la présence même du Mal y projette
son ombre. Ainsi la devine-t-on incarnée tant chez Surac, le pur esprit, que chez les
terrifiants antiquaires. Ceux-ci dans leur mystérieux magasin abrité sous la terre,BULLETIN DE FÉVRIER 1954
labyrinthe où l'on s'égare, ouvrent à Baroudiel un monde de choses occultes
proprement diaboliques. L'âme court le risque de s'y perdre.
Mais Baroudiel, tout sensible qu'il est aux influences, ne cède à ces séductions
que pour se reprendre à la fin. Il s'arrache toujours aux tentateurs.
Toutefois ces luttes le déchirent. Aussi, vainqueur mais épuisé, prête-t-il l'oreille
à un autre appel. L'aventure en effet a eu un témoin invisible. Sans qu'il s'en doute;
depuis le début quelqu'un l'a regardé, Celui qui attend la fin des combats.
CHAPLIN (Charles) LIMELIGHT (LES FEUX DE LA RAMPE).
Roman de Roger Grenier,
d'après le scénario original de Charles Chaplin.
De toutes les œuvres de Charles Chaplin, Limelight est certainement la plus
romanesque. Dans un Londres encore très victorien, avec ses vieux théâtres, ses
pubs, ses pensions meublées, ses musiciens des rues, un comique déchu, sur son
déclin, traîne son désespoir. Il s'appelle Calvero. Il a été l'idole de l'Angleterre,
car là-bas il n'existe pas de personnage plus populaire, plus aimé, qu'un comique de
music-hall, ni d'être plus abandonné le jour où il a cessé de faire rire.
On se trouve au début de I 9 I 4. Un soir qu'it'rentre ivre, Calvero sauve du suicide
une jeune fille, une danseuse des Ballets de l'Empire. Et toute sa vie en sera
bouleversée.
Dickens, qui écrivit les mémoires de Joe Grimaldi, le plus grand clown anglais,
aurait aimé cette histoire pleine de charme romantique et où s'épanouissent la
noblesse et la dignité du cœur humain. C'est toute la vie du music-hall et des ballets
d'autrefois qui resurgit, servant de fond à la sublime figure de Calvero. La
tendresse cocasse de ce personnage, le drame du comique qui ne fait plus rire, celui
de l'homme mûr amoureux d'une femme-enfant, le goût amer du renoncement
et de la solitude font de Limelight un chef-d'œuvre aux ressources infinies. On y
découvre sans cesse de nouvelles richesses.
Les derniers mots de Calvero mourant sont « Le cœur et l'esprit. quelle
énigme! » Le cœur et l'esprit trouvent leur satisfaction dans Limelight. Le roman,
transcription fidèle du film, en conserve la saveur inoubliable. On y reconnaît
tout entier le prodigieux chef-d'œuvre de Charles Chaplin, le créateur qu'Henry
Poulaille a appelé « le premier écrivain de l'écran, donc le premier de tous les
écrivains ».
THÉÂTRE
TRADUCTION
PIRANDELLO (Luigi) THÉATRE, V. (LA FABLE DE L'ENFANT ÉCHANGÉ-LES GÉANTS
DE LA MONTAGNE CE SOIR ON IMPROVISE L'AUTRE FILS.)
Version française de Benjamin Crémieux et M.-A. Comnène.
Les quatre pièces de Pirandello que contient ce cinquième tome de son théâtre
comptent parmi les plus poétiques et les plus fantastiques du grand dramaturge
italien. Comme toujours, le vrai et l'imagiraire s'y mêlent intimement, l'apparence
et la réalité profonde des êtres ou des choses y figurent toujours comme un
passionnant problème.
Dans La Fable de l'Enfant échangé, on voit un paysan et un prince. En réalité,
c'est le paysan qui est noble et fin, et le prince qui est ignoble et vulgaire.
Les Géants de la Montagne sont la suite de la fable et ils en démontrent l'échec.
Cette fable ayant été jugée trop simple par les gens du monde trouvera-t-elle
un meilleur accueil auprès de gens aussi primitifs que ces « géants de la montagne »
qu'aucune civilisation n'a jamais gâtés ? Pas du tout ils la trouvent aussi trop
simple et massacrent l'actrice qui n'a pas su les égayer avec quelques couplets
grivois.
Ce Soir on improvise est une éblouissante variation sur un thème similaire des
acteurs sont sur la scène; mais il n'y a pas de texte. Voilà donc des hommes et des
femmes qui incarnent une vie qui n'est pas la leur. Ils le font avec une sincérité si
entière que l'un d'eux, entraîné par la « situation », manque d'en mourir.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
Enfin, la dernière pièce du recueil, L'Autre Fils (un acte), évoque le cas d'une mère
qui préfère rester misérable plutôt que d'accepter le secours de son fils. Celui-ci
pourtant n'a rien fait de mal, il n'est que le portrait vivant de son père un bandit,
qu'elle n'a pas choisi et qui l'a violée en période de terreur le jour même où on lui
assassinait son mari.
ESSAIS LITTÉRATURE
PÉGUY (Charles) UN POÈTE L'A DIT.
Un poète l'a dit. semble la suite de la dernière Situation (octobre 1907). Le
texte contient une date précise « Aujourd'hui 1907, au seuil de 1908. »
L'argument est très varié Mme de Noailles, Halévy, souvenirs militaires, le
fonctionnarisme, Pascal, la philosophie bergsonienne, le monde moderne, l'ancien régime
français et la liberté, la métaphysique du monde moderne (Renan, Michelet, Lavisse);
comme quoi le jugement historique est une contrefaçon du jugement dernier, etc.
On trouvera également évoqués, dans Un poète l'a dit, les débuts de l'affaire
Dreyfus.
Ce fragment rappelle des œuvres antérieures telles que Zangwill, ou les
Situations, et annonce des cahiers postérieurs comme Notre Jeunesse ou L'Argent
même condamnation du monde moderne, d'une certaine méthode historique,
de la sociologie. Mêmes admirations.
Un Poète l'a dit. s'accompagne de deux autres textes Nous sommes des Vaincus
(juin 1909) et Variations anciennes sur le début du Drame de Jeanne d'Arc ( I 905).
SCIENCES S
MEDICUS DE LA CORTISONE AU BOGOMOLETZ.
Collection « L'Air du Temps »,
dirigée par Pierre Lazareff.
Medicus fut le premier en France à traiter comme les nouvelles de « dernière
heure» des informations médicales exactes. Depuis près de sixans, il fait le
commentaire quotidien de tout ce qui intéresse la santé. Ancien chargé de cours dans une>
université de Grande-Bretagne, médecin praticien parisien, il demeure en contact
étroit avec les travaux scientifiques des pays anglo-saxons, tout en connaissant les
problèmes de tous les jours des malades de clientèle.
Au cours de nombreux voyages à l'étranger, il a rencontré, personnellement,
les grands savants, les chercheurs infatigables, tous les faiseurs de miracles de notre
temps, dont beaucoup sont devenus ses amis. Dans ce livre, il a raconté plusieurs
de ses entrevues avec ces hommes illustres. Les notions scientifiques ne sauraient
être séparées de la vie de tous les jours et, en passant, Medicus décrit le décor où
se jouaient les drames et les comédies auxquels il a assisté. De l'hospice sordide
de Harlem à l'extraordinaire clinique Mayo de Rochester, en passant par l'Institut
Rockefeller, il a vu la misère des uns, la grandeur des autres.
Il est un slogan qui lui est cher et qu'il voudrait bien faire adopter à tous « La
recherche scientifique est devenue une véritable colonie intérieure. » C'est le
thème essentiel de la seconde partie de cet ouvrage.
Dans la bagarre qui oppose les deux camps politiques en présence et qui les
oppose, hélas! en médecine comme ailleurs, malheur au pays qui ne soutient pas ses
savants, qui n'investit pas dans les laboratoires. A ce propos, et après tant d'autres,
Medicus jette un véritable cri d'alarme.
Mais sera-t-il entendu ?
N'est-ce pas déjà trop tard ?
Son livre essaie de fournir une réponse à ce problème angoissant, qui peut-être
domine tous les autres.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
DOCUMENTS
HAUSER (Gayelord) MEILLEURE HUMEUR, MEILLEURE SANTÉ.
Traduit de l'américain par Hélène Kern.
Depuis plus d'un quart de siècle, tant par ses conférences, ses cours et ses livres
que par le moyen de la radio et de la télévision, Gayelord Hauser n'a cessé d'exhorter
son public à tirer le plus de profit et de plaisir possibles de l'existence. Pour ses
millions d'adeptes, le nom de Gayelord Hauser signifie alimentation rationnelle,
jeunesse prolongée, beauté çorporelle et vie heureuse.
Son dernier livre Look Younger, Live Longer a été traduit en dix-neuf langues.
C'est un best-seller international dont la vente a dépassé 800.000 exemplaires.
f Dans le présent volume, Meilleure Humeur, Meilleure Santé, Gayelord Hauser
expose pour la première fois la véritable façon de construite sa santé et son bonheur.
Il vous enseignera comment
Faire un inventaire complet de vos forces. Vivre1mois dans une année
qui n'en comporte que12. Vous servir de vos émotions et non les subir.
Trouver le souffle de la vie dans l'air pur que vous respirez.
-.Transformer vos défauts en qualités. Utiliser le potentiel de santé contenu
dans l'air, le soleil, la terre et l'eau. Résoudre les problèmes de régime.
Vous reposer en dépit de tout.
De plus, de nombreuses pages qui touchent aux recherches modernes ou qui
nous rappellent les coutumes de nos ancêtres présentent un intérêt scientifique.
PUBLICATIONS
DU15 AU 3 1 DÉCEMBRE 1953
(Renseignements bibliographiques)
On trouvera ici tous les renseignements bibliographiques sur les ouvrages
effectivement parus du 15 au 31 décembre 1953 et dont l'analyse a été publiée
dans l'un de nos précédents bulletins ou dans le présent bulletin.
POÉSIE
FOMBEURE Maurice. Pendant que vous dormez. 144 p. in-16double
couronne. Collection blanche. 350 fr.
40 ex. numérotés sur pur fil Lafuma Navarre.1.200 fr.
ROMANS
CHAPLIN Charles. Limelight (Les Feux de la Rampe). Roman de
Roger Grenier, d'après le scénario
original de Charles Chaplin. 300 p. in-8° soleil,
8 hors-texte recto seul. Collection L'Air du
Temps. 650 fr.
TRADUCTION
MILOSZ Czeslaw La Prise du Pouvoir. Traduit du polonais par
Jeanne Hersch. 296 p. in-16 double couronne.
Collection Du Monde Entier 500 fr.
80 ex. numérotés sur pur fil Lafuma Navarre. 1.300 fr.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
LITTÉRATURE ESSAIS
LARBAUD Valéry Œuvres Complètes, VIII. Sous l'Invocation de
saint Jérôme. Introduction de Robert
Mallet. Notes bibliographiques dues à
G.J. Aubry et Robert Mallet. 408 p. in-8° carré.
Tirage limité à
50 ex. numérotés sur vélin d'Arches. (épuisé) 5.200 fr.
150 ex. sur vélin pur fil Lafuma
Navarre. 3.700 fr.
1.300 ex. numérotés sur vergé à barbes
des Papeteries Navarre de Voiron. 2.200 fr.
TRADUCTION
MILOSZ Czeslaw La Pensée captive. (Essai sur les Logocraties
populaires.) Préface de Karl Jaspers. Traduit
du polonais par André Prudhommeaux et
l'auteur. 336 p. in-16double couronne.
Collection Les Essais. 650 fr.
HISTOIRE BIOGRAPHIE
TRADUCTION
FRANK Waldo Bolivar et ses Peuples. (Naissance d'un monde.)
Traduit de l'américain par Hélène
Boussinesq. 360 p. in-8° soleil. Collection Leurs
Figures 690 fr.
SOUVENIRS MÉMOIRES
TRADUCTION
PENIAKOFF Wladimir. Mon Armée privée. Traduit de l'anglais par
S. Desternes et A. Chalufour. Avant-propos
de Jean Caneri. 464 p. in-8° soleil. Collection
L'Air duTemps. 750 fr.
• SÉRIE NOIRE
Mc GIVERN William P. Coup de Torchon. Traduit de l'américain par
Janine Hérisson.
CAMERON Owen. Dans la Gueule de l'Agneau. Traduit de
l'américain par Alain Glatigny.
Chacun de ces deux volumes. 220 fr.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
PUBLICATIONS
DU Ier r AU 15 JANVIER 1954
(Renseignements bibliographiques)
On trouvera ici tous les renseignements bibliographiques sur les ouvrages
effectivement parus du Ier au 15 janvier 1954 et dont l'analyse a été publiée dans
l'un de nos précédents bulletins ou dans le présent bulletin.
POÉSIE
GROS JEAN Jean. Fils de l'Homme. 128 p. in-16double couronne
Collection blanche. 320 fr.
30 ex. numérotés sur pur fil Lafuma Navarre. 950 fr.
JACOTTET Philippe. L'Effraie et autres Poésies. 64 p. in-16jésus
Collection Métamorphoses. 180 fr.
»
RÉCIT
BRISSON Pierre Les Lunettes vertes. 168 p. in-16 double
couronne. Collection blanche. 290 fr.
70 ex. numérotés sur pur fil Lafuma Navarre. 900 fr.
13 ex. numérotés sur Hollande. 2.500 fr.
SOUVENIRS MÉMOIRES
GIONOJean Voyage en Italie. 264 p. in-16 double couronne.
Collection,blanche 450 fr.
30 ex. numérotés sur Hollande. (épuisé) 3.000 fr.
200 ex. sur pur fil Lafuma
Navarre (épuisé) 1.500 fr.
TROTSKY Ma Vie. Traduction de Maurice Parijanine.
Introduction et Appendice d'Alfred Rosmer.
664 p. in-8° carré, horssérie. 1.150 fr.
THÉATRE
CLAUDEL Paul Œuvres Complètes. VI. Théâtre I. Dédicace
(poème). L'Endormie. Fragment d'un Drame. Tête d'Or
(première et seconde versions). Textes établis par
Robert Mallet sous la direction de l'auteur.
416 p. in-8° carré. Portrait de Claudel à22 ans,
en frontispice.
Tirage limité à
50 ex. numérotés sur vélin d'Arches (épuisé). 5.800 fr.
150 ex, sur vélin pur fil Lafuma
Navarre 3.600 fr.
1.300 ex. numérotés sur vergé labeur. 2.250 fr.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
PIRANDELLO Luigi. Théâtre, V. (La Fable de l'Enfant échangé. Les Géants
de la Montagne. Ce Soir on improvise. L'autre Fils.)
Vérsion française de Marie-Anne Comnène
et Benjamin Crémieux. 216 p. in-16
double couronne. Collection blanche. 475 fr.
LITTÉRATURE
PÉGUY Charles. Un Poète l'a dit. 320 p. in-16 double
couronne. Collection blanche. 550 fr.
100 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.500 fr.
500 ex. sur pur fil Lafuma
Navarre, réimposés in-8° carré 2.100 fr.
SÉRIE NOIRE
LE BRETON Auguste.. Du Rififi chez les Hommes.
CHASE J.H. Douze Balles dans la Peau. Traduit de l'anglais
par Alain Glatigny.
Chacun de ces deux volumes. 220 fr.
TIRAGES LIMITÉS
HÉRIAT (Philippe), de l'Académie Goncourt LES NOCES DE DEUIL.
Pièce en 3 actes et 6 tableaux.
224 p. in- 166 double couronne. Tirage limité (édition originale) à
30 ex. numérotés sur pur filLafumaNavarre 1.500 fr.
3.000 ex. sur vélin labeur 490 fr.
On sait tout ce qui contraria le sort des Noces de Deuil à la Comédie-Française.
Retards répétés, caprices et coups de tête de comédiennes, puis le lock-out des
théâtres nationaux, qui recula la première à un mois de la répétition générale.
Précédée d'un tapage que l'auteur n'avait pas voulu, la pièce vit enfin la critique
dramatique l'attaquer avec une brutalité sans précédent et qui étonna l'opinion.
Sans s'en rendre compte peut-être, cette critique se mettait ainsi au service d'une
cabale, dirigée il est vrai moins contre un auteur et un ouvrage que contre la
Maison de Molière, les réalisations de son administration et de son comité actuels.
Mais, à la réouverture de la salle, le public de la première réagit et, surpris par
un spectacle qui ne lui semblait pas mériter cette violence, salua d'une ovation
l'annonce du nom de l'auteur. La pièce n'avait été allégée par lui que de son propre
chef et de quelques minutes, et non pas remaniée d'après les conseils de la critique
comme elle le prétendit alors pour se sauver la face; un mois plus tôt, elle avait
dénoncé l'extravagance des Noces de Deuil, leur ridicule, leur mauvais style, leur
ton désuet, sans se plaindre de leur longueur. Il est du reste plaisant de souligner
que ce furent les feuilles les plus conservatrices qui crièrent à la « désuétude »,
et qu'une pièce si délibérément romantique fut soutenue par des esprits avancés.
Le public payant lui fait désormais à chaque représentation un accueil chaleureux,
et voici maintenant le texte de la pièce en librairie. Le lecteur y retrouvera les
caractères communs aux autres ouvrages de l'auteur de Famille Boussardel et
de L'Immaculée l'audace et la franchise, la volonté d'aller « jusqu'au bout », le
dédain des concessions et la liberté d'un écrivain qui ne craint pas de s'engager
à contre-courant, enfin la rigueur et l'honnêteté de l'exécution. Quant aux thèmesBULLETIN DE FÉVRIER 1954
z~oh
NOUVELLE l~~
REVUE MENSUELLE DE«
Rédacteurs en chef: JEAN PAULHAN, MARCEL A
publiera
JULES SUPERVIELLE Le Jeune Homme des autres Jours.
DOSTOIEVSKI Carnets inédits.
ANDRÉ MALRAUX. La Métamorphose des Dieux.
MARCELPROUST. Carnets inédits.
ALBERT CAMUS. La Pierre qui pousse.
ANDRÉSUARÈS. Le Paraclet.
ANTONIN ARTAUD. Fragmentations.
MIRCEA ELIADE. Le Mythe du bon Sauvage.
VALERY LARBAUD. Gaston d'Ercoule.
R. LERICHE. La Conscience végétative.
PAUL LÉAUTAUD. Journal littéraire.
HENRI MICHAUX Témoin, qu'as-tu fait de tes Yeux l
RENÉ DAUMAL. La Transmission de Pensée.
GEORGES POULET. Fénelon et le Temps.
NOEL DEVAULX. Bal chez Alféoni.
JEAN PAULHAN. Les Douleurs imaginaires.
BRAQUE. Nouveaux Propos.
MAXJACOB. Trois nouveaux Figurants.
ETIEMBLE. Mots d'enfant.
JULIENBENDA. De la Critique.
JEAN GROSJEAN. Le Livre de Job.
JEANGRENIER. Lexique.
GEORGES BATAILLE Le Non-Savoir.
ANDRÉ CHAMSON. L'École de Malivert.
ROGER G!LBERT-LECOMTE. Rêves.
CONSTANTIN BRUNNER. Pages de Notre Christ.
GALILÉE. Lettres.
des poèmes, essais et récits de
Paul Claudel. St-John Perse. Jean Schlumberger. Roger Martin du Gard. Marcel
Jouhandeau. Raymond Guérin. René Char. Pierre Gascar. Julien Gracq. Juiien
Green. Jacques Chardonne. Henry de Montherlant. André Dhôtel. Jean Rostand.
Adamov. Jean Tardieu. Crommelynck. Béatrix- Beck. Marcel Bisiaux. Léon Bopp.
Nathalie Sarraute. Albert-Marie Schmidt. Henri Bosco. Franz Hellens. Roger
Nimier. Armen Lubin. Georges Limbour. E.-M. Cioran.
des textes de
Alexis Remizov. Rainer-Maria Rilke. G. Ungaretti. Borges. Faulkner. Gottfried Benn.
de vieux textes français, et des inédits de
André Gide. André Suarès. C.-F. Ramuz. Antoine de Saint-Exupéry. Paul Valéry..BULLETIN DE FÉVRIER 1954
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Adr. télégr. Enerefene Paris. R. C. Seine 35-807.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
familiers à l'auteur la vie imaginaire régnant sur les instincts, la fatalité intérieure,
la difficulté d'être et de rester un couple, jamais il ne les a poussés si loin que dans
cette pièce dont l'un des personnages donne le mot-clef quand il prononce « Les
grandes amours vivent d'empêchement. »
Philippe Hériat a tenu à faire suivre le texte des Noces de Deuil des extraits
de presse les plus significatifs. Ils exposent sous son vrai jour ce petit événement
de la vie théâtrale un auteur qui fait appel de la critique sur le public et qui gagne
son procès, une pièce qui fait échec à l'échec.
RELIURES '.D'ÉDITEUR
d'après la maquette de Mario PRASSINOS
GASCAR Pierre Les Bêtes. Le Temps des Morts. 1.500 ex.
numérotés sur vélin labeur 1.380 fr.r.
€>
EXTRAITS DE PRESSE
HÉRIAT (Philippe), de l'Académie Goncourt Les Noces de Deuil. Pièce en 3 actes
et 6 tableaux. Tirage limité (édition originale) à
30 ex. numérotés sur pur fil Lafuma Navarre 1.500 fr.
3.000 ex. sur vélinlabeur 490 fr.
COMPTES RENDUS APRÈS LA « GÉNÉRALE »
On a le vertige en songeant que c'est le Comité qui, d'enthousiasme, a reçu
Les Noces de Deuil (.). Ne pouvait-on offrir un dédit de un million, s'il le fallait ?
Robert KEMP, Le Monde,Ioctobre 1953.
Chaque réplique semblait faite pour susciter la franche gaîté de l'auditoire.
Jean-Jacques GAUTIER, Le Figaro, 17octobre 1953.
Un enterrement de première classe.
Paul GORDEAUX, France-Soir, I7 octobre 1953.
C'est ce que j'appelle le style en zinc.
Guy VERDOT, Franc-Tireur, 17octobre 1953.
Inimaginable l'écriture alambiquée, pompeuse, ridicule.
Marcelle CAPRON, Combat, 17octobre 1953.
M. Philippe Hériat nous a servi le navet le plus étonnant du dernier quartde
siècle.
Nice-Matin, 25 octobre 1953.
Une vingtaine de galopins, trop visiblement appointés, ont sifflé, le soir de
la générale, la pièce de M. Philippe Hériat.
A.-P. ANTOINE, L'Information, 17 octobre 1953.
Par la dignité de leur écriture et la solidité de leur architecture, Les Noces de
Deuil me paraissent mériter des éloges et non point les blâmes obscènes qui les
accueillirent..
Jacques AUDIBERTI, Arts, 22 octobre 1953.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
COMPTES RENDUS APRÈS LA PREMIÈRE
Les invités de la première eurent des réactions différentes de celles enregistrées
à la générale, et la soirée se termina sur un succès pour Philippe Hériat et ses
interprètes.
R. D., France-Soir, 20 novembre 1953.
Têtes de rechange aux Noce de Deuil. (.) Moi, je salue le succès.
Pierre MACAIGNE, Le Figaro, 19novembre 1953.
L'oeuvre de M. Philippe Hériat, après avoir été mise plus bas que terre à la
« générale », a été saluée à la « première » par des applaudissements nombreux
et six rappels à la fin du dernier acte. Il est parfois de ces retournements, mais
ils sont généralement moins rapides et ne donnent pas de si vifs et si prompts
démentis aux critiques.
Gérard BAUER, Le Soir (Bruxelles), 28 novembre 1953.
plus qu'un succès, plus qu'un échec une espèce d'événement théâtral.
Pierre FOURNIER, France-Soir, 8 janvier 1954.
MARCEAU (Félicien) BERGÈRE LÉGÈRE,
roman.
280 p. in-16double couronne. 450 fr.
40 ex. numérotés sur purfil 1.400 fr. (épuisé)
Un auteur dont le talent s'affirme à chaque livre avec plus d'éclat. Avec une
liberté d'imagination charmante, une richesse d'observation inépuisable et cette
sorte de lyrisme impassible qui est un de ses dons majeurs.
Bernard de FALLOIS, Revue de Paris, Ier octobre 1953.
Félicien Marceau est un écrivain, et il ne cessera de le confirmer.
Gérard BAUER, Journal d'Alger, 21 octobre 1953.
Qu'est-ce qui domine dans l'œuvre de Marceau, la dégradation ou la poésie,
la vérité ou le fantastique, la morale ou la crapule ?. Il ne faut pas, à tout prix,
saisir, classer, définir ce tempérament; sa diversité est garantie de richesse. Félicien
Marceau est l'un des premiers romanciers de sa génération.
Alain BOSQUET,' Combat, 5 novembre 1953.
De quoi réconcilier le lecteur avec le roman moderne.
G. B., Tribune de Genève, 7 novembre 1953.
Peu d'écrivains procurent à l'heure actuelle cette impression d'une sorte de
maîtrise accomplie. Un des plus authentiques écrivains de ce temps.
Pierre DESCAVES, Nouvelle Gazette de Bruxelles, 8 novembre 1953.
Que surgisse un seul Marceau et nous voilà ragaillardis, réconciliés avec la
littérature, prêts au rire et à la chanson.
Michel VIVIER, Aspects de la France, 133 novembre 1953.
Ici, les adolescents sont bien les maîtres du monde. Ils sont beaucoup plus vrais
que les héros de quinze ans que les romanciers nous présentent généralement.
Félicien Marceau s'est placé parmi les trois ou quatre meilleurs romanciers de sa
génération.
François VILMAIN, Elle, 23 novembre 1953.
Livre brillant, chatoyant, drôle, tendre et vengeur aussi. Après tant de livres
amers et moroses, dans un temps où « le bonheur n'a pas bonne presse» comme le
dit l'auteur justement, celui-ci fait plaisir à lire; et soyez d'avance rassurés ce
plaisir (littérairement) est de qualité.
Émile HENRIOT, Le Monde,16décembre 1953.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
Ce roman se lit comme un roman. Cet auteur va vite, joue franc jeu, voit juste.
Par les temps qui courent, ces qualités méritent d'être signalées comme autant
d'extravagances.
Jacques LAURENT, Carrefour, 17décembre 1953.
ORCIVAL (Claude) TON PAYS SERA MON PAYS,
roman.
3122p. in-8° soleil. Collection blanche. 625 fr.
Tout ce terrible et minutieux roman décrit les phases d'un duel qui culminera
sur une catastrophe. Tant de dialogues et de mots si cruels, une gradation si
vraisemblable que l'épilogue en devient fatal.
La Libre Belgique, 144 octobre 1953.
Voici un livre qui amuse, puis qui intrigue, et finalement qui émeut. Est-ce assez
dire qu'il s'agit d'un bon livre ?. Ce « premier» roman témoigne d'une adresse
extrême. Récit mené avec tant de vivacité, peint de radieuses couleurs en dépit
du drame souterrain qui s'y développe. Le problème central est traité avec
beaucoup de tact, et un sérieux qui n'exclut pas l'humour.
Pierre de BOISDEFFRE, Combat, 17octobre 1953.
Un plaidoyer ardent en faveur de l'accusée de l'affaire Chevalier.
Pierre FOURNIER, France-Soir, 23 octobre 1953.
Le roman de Claude Orcival a, comme Le Disciple, été inspiré par un retentissant
fait divers et son sujet ne manque pas d'évoquer L'Étape. Vojlà bien des rencontres
dont l'auteur de Ton Pays sera mon Pays se tire d'ailleurs avec honneur. Voici un
roman à thèse fort bien fait; il révèle par ailleurs une vivacité de style, un sens du
dialogue et une causticité qui en rendent la lecture attrayante.
Alain PALANTE, La France Catholique, 6 novembre 1953.
Une intrigue bien menée, non moins habile que solide, et culminant en quelques
'scènes dont l'intensité dramatique s'impose, pour s'achever dans l'éclat de la
catastrophe finale.
Les deux protagonistes ont une présence étonnante, et l'auteur a réussi
un effet aussi saisissant que vrai. C'est là un drame poignant.
Michel VIVIER, Aspects de la France, 6 novembre 1953.
Dès les premières pages, j'ai su que je le lirais jusqu'au bout. J'ai été pris par cette
tragédie du quotidien, par ce malheur qui se tisse jour par jour. Comme la vie est
cruelle, quand on a un cœur pour la vivre! Et quelle ménagerie qu'un monde policé!
Parfois, en lisant Ton Pays sera mon Pays, je pensais au-monde de Proust. Je mettais
ce livre sous le titre « A la recherche de l'avenir gâché ». Et les dialogues si vifs sont
des duels incessants. L'esprit est une pointe qui jamais, chez Claude Orcival, ne
dévie.
Gaston BACHELARD, 9 novembre 1953.
Un roman féminin des plus remarquables. Mme Claude Orcival a un vrai talent
de romancière, âpre et ému, profond et sans bavures; pour son coup d'essai, c'est
un coup de maître, et quand on l'a commencé, on a peine à le quitter.
L'admirable de ce roman, c'est qu'il est vrai.
Henriette CHARASSON, Dépêche Tunisienne, 144 novembre 1953.
[Ce schéma] ne rend compte d'aucun des mérites du récit, qui va pas à pas,
détaille avec soin, semble compter les petits cailloux du calvaire que gravit
Catherine. Une conscience sans faiblesse ni répit. Un « adagio sostenuto ».
Robert KEMP, Les Nouvelles Littéraires, 3 décembre 1953.
Claude Orcival a eu pour son héroïne les intentions les plus délicates. avec
cette sensibilité devant les humbles passions humaines, si rare chez les romanciers,
et qui fait précisément de ce roman une œuvre plus belle qu'un simple livre à
détour plus ou moins politique.
André ULMANN, Tribune des Nations, 18 décembre 1953.BULLETIN DE FÉVRIER 1954 4
SÉRIE NOIRE
CAMERON (Owen) DANS LA GUEULE DE L'AGNEAU.
N° 184. Traduit de l'américain par Alain Glatigny.
Johnny Meath, nouvellement installé dans la petite ville, est jeune, beau, et son
bon sourire franc semble irrésistible à sa petite voisine Dorothy.
Pourquoi le facteur, un vieil impuissant, jaloux et aigri, fatigue-t-il Jake Brown,
l'adjoint du sherif, de ses dénonciations rocambolesques ?. Jake Brown est convaincu
que le facteur n'est qu'un dangereux « corbeau », dont le suicide prouve la folie.
Mais s'est-il bien suicidé ?1
Patiemment, Jake rôde autour de Johnny, cherchant à s'assurer qu'un loup n'est
pas caché sous la peau de l'agneau. L'intérêt (paternel ?) qu'il porte à Dorothy y est
pour beaucoup.
La Série Noire virerait-elle au rose ? On en jugera. En tout cas, Dans la gueule de
l'agneau rend un son tout nouveau dans la littérature policière.
CHASE (J. H.) DOUZE BALLES DANS LA PEAU.
N° 186. Traduit de l'anglais par Alain Glatigny.
Les durs eux-mêmes ont parfois besoin de vacances; Paradise Palms, plage du
Pacifique, que Chaster Cain a choisie pour venir se détendre un peu, semble un
lieu de villégiature idéal. Chacun y accueille le touriste à bras ouverts, notamment
la grisante Miss Wonderly dont les cheveux dorés ne tardent pas à se répandre
comme une nappe de miel sur l'oreiller de Cain.
Mais, au réveil, Cain découvre un cadavre en tiers entre sa maîtresse d'un soir et
lui. Du coup, la police locale se retourne contre le touriste. Et le touriste se voit
contraint de décrocher sa panoplie de « dur ».
Chassez le naturel, il revient au galop!
CHASE (J. H.) UNE MANCHE ET LA BELLE.
N°I 87. Traduit de l'anglais par Jeanne Witta.
Si Chad Winters ne s'est jamais inscrit au cours de perfectionnement « La
timidité vaincue en dix leçons », c'est qu'il n'en avait nul besoin. Il s'est installé devant
le tapis vert de la vie avec tous les atouts en main l'ingéniosité, l'allant, la confiance
en soi, l'intelligence et le physique agréable.
Première manche. Chad gagne la fortune.
Deuxième Chad gagne l'amour.
La belle. Chad devrait gagner encore, puisqu'il tient les cartes maîtresses. Mais
le hasard vient brouiller le jeu.
LE BRETON (Auguste) DU RIFIFI CHEZ LES HOMMES.
N° 185.
T'es un cadavre ambulant, Tony! Cinq ans de placard, ça marque son homme.
Tes poumons y ont dégusté dur. C'qui t'en reste, tu les craches en même temps
que ta rage meurtrière. Car le milieu a drôlement changé pendant ton
emprisonnement. Où qu'elle est la mentalité d'avant guerre ?. Va falloir bousculer tout ça,
Tony!Peut pas durer. Jusqu'aux diams que tu fauches, que l'équipe des frères Sora
te reprend. Et par quels moyens!
T'es pas homme à laisser ça là, Tony! Toi, le Stéphanois ?1
Plus souvent.
Si t'as plus de poumons, t'as tes tripes.
Fonce, mec, fonce! Tant pis pour le sang et les larmes.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
DIOGÈNE
REVUE INTERNATIONALE DES SCIENCES HUMAINES
SOMMAIRE DU NUMÉRO CINQ
(Vient de paraître.)
D. W. BROGANHaute Culture et Culture de Masse.
Jean FOURASTIÉ La Prévision de l'Évolution économique contemporaine.
Alphonse de WAEHLENS Signification de la Phénoménologie.
O. W. RICHARDS Agression et Coopération chez les Insectes.
Wilhelm KOPPERS. Remarques sur l'Origine de l'État et de la Société.
Gordon CHILDE. Découvertes récentes en Préhistoire.
Études de Claude LEVI-STRAUSS sur l'Art de déchiffrer les Symboles, d'après divers ouvrages;
et de Louis RENOU sur Orient et Occident,propos d'une Histoire indienne de la Philosophie.

RAPPEL (numéros déjà parus)
SOMMAIRE DU PREMIER NUMÉRO
E. BENVENISTE Communication animale et Langage humain.
KarlJ ASPERS Liberté et Autorité.
Gilbert MURRAY. Les Leçons de l'Histoire.
Jean PIAGET De la Psychologie génétique à l'Épistémologie.
C.-M. BOWRA La Poésie en Europe de 1900 à I9S0.
Alf. SOMMERFELT. Tendances actuelles de la Linguistique générale.
Darsie R. GILLIE. Découvertes et Controverses.
John U. NEF Lettre ouverte à «Diogène».

SOMMAIRE DU NUMÉRO DEUX
Colin CLARK. L'Avenir du Prolétariat.
Heinrich FICHTENAU Naissance de l'Empire médiéval.
Pierre DEFFONTAINES Valeur et Limites de l'Explication religieuse en Géographie
humaine.
Lionello VENTURI Piero della Francesca, Seurat, Gris.
Louis RENOU. L'Indianisme en 1952.
Claude LEVI-STRAUSS. Panorama de l'Ethnologie1950-1952.
Paul RIVET r»» L'Origine de l'Homme.

SOMMAIRE DU NUMÉRO TROIS
Dwight MACDONALD. Culture de Masse.
Mircea ELIADE La Nostalgie du Paradis dans les Traditions primitives.
Alfred SAUVY La Domination et le Nombre des Hommes.
Harcourt BROWN Science et Littérature au XVIIe Siècle.
Karl O. PAETEL. Typologie de l'Ordre Noir.
Darsie R. GILLIE. Pour une Politique de l'Humanisme.
Olof GIGON L'Étude de la Philosophie antique.

SOMMAIRE DU NUMÉRO QUATRE
G. A. BORGESE Dante et son Temps.
Fritz SCH ACHERMEYR La Formation de la Cité grecque.
Gaétan PICON L'Esthétique et l'Histoire.
Momolina MARCONL. La Passion des Dieux dans la Religion méditerranéenne.
J. B. S. HALDANE. Rituel humain et Communication animale.
André CHASTEL Problèmes actuels de l'Histoire de l'Art.
Stefan KOLAR Après la Disgrâce de Lyssenko.
Lettre du Rédacteur en Chef sur le rôle de DIOGÈNE
et les Conditions d'un Humanisme rénové.
Prix du N° 200 fr. Abonnement annuel (4 nos): France 700 fr. Étranger: 875 fr.
Les abonnements sont reçus au « Service Abonnements Diogène », Librairie
Gallimard, 5, rue Sébastien-Bottin, Paris (7e). C. C. P. Paris169-33,
et chez tous les libraires.BULLETIN DE FÉVRIER 1954
ÉCHOS PROJETS
• Pour le mois de décembre 1953, les membres anglais du Franco-British Book
Selection Committee ont porté leur choix sur le roman de Danielle Hunebelle
Philippine.
Pour la même période, la Société des Lecteurs a signalé, dans sa sélection
mensuelle, deux traductions celle de Labyrinthes, de Jorge-Luis Borges, traduction
de Roger Caillois et celle des Lettres de Van Gogh à son frère Théo,
de L. Roelandt, avec une préface de Marcel Arland.
• Le Livre et la Scène.
La troupe du Théâtre Hébertot vient de donner à Lille, dans la salle de spectacle
de l'Université catholique de cette ville, une représentation du Maître de Santiago,
d'Henry de Montherlant.
Robinson, de Jules Supervielle, donné pour une seule représentation au Royal
Court Theatre de Londres, a obtenu un vif succès, et sera repris prochainement
en spectacle régulier.
Monsieur Bob'le, de Georges Schehadé, vient d'être créé en suédois au Gambla
Stan Teatret, de Stockholm. Il a été joué en portugais, l'an dernier, à Sao-Paulo;
en hollandais, il y a deux mois, par les étudiants de l'Université de Delft il va être
prochainement représenté, dans une traduction allemande deWinter, en Suisse
allemande, Allemagne et Autriche. Quant à la nouvelle pièce de Georges Schehadé
La Soirée des Proverbes, elle ouvre la première saison du Petit Théâtre Marigny
et paraît en même temps en librairie.
Quand la vie fait des scènes. Des récits de Jean Duvignaud, chroniqueur
dramatique de La Nouvelle N. R. F., vont paraître sous ce titre Le Piège. Leur sujet
porte sur le double jeu de la vie et de l'imaginaire l'homme cache un comédien
qui joue toujours un cinquième acte dont la mort est la rançon. Le titre est emprunté 'é
à cette réplique d'Hamlet « Le spectacle, voilà le piège où je prendrai la conscience
du roi. »
• Le Livre et l'Écran.
Deux romans à paraître en février, d'après les scénarios originaux d'André
Cayatte et Charles Spaak d'une part, Avant le Déluge, qui va sortir à l'écran
prochainement, autorisé par la Commission de Censure après de longues
hésitations, dans l'adaptation romanesque de François Chalais d'autre part, dans une
adaptation de Jean Meckert, le célèbre film Justice est faite, qui vient d'être désigné
par les critiques de cinéma de New-York comme la meilleure production étrangère
présentée aux États-Unis en 1953.
Julietta, le film de Marc Allégret; d'après le roman de Louise de Vilmorin
(adaptation et dialogue de Françoise Giroud), vient d'être proposé au
Gouvernement par la Commission de Sélection du Centre national du Cinéma pour
participer au Festival de Sao-Paulo.
• Le Livre et la Radio.
On annonce pour février, dans la série des émissions consacrées à la prose
française, quatre entretiens avec Armand Salacrou. L'auteur dramatique, comme avant
lui Marcel Arland et Raymond Queneau, aura Robert Mallet pour partenaire.
Salacrou étudiera d'abord la prose de Flaubert (déjà analysée par Queneau, autre
écrivain normand), puis celle de Beaumarchais et, en général, les problèmes que
soulève la prose de théâtre. Ces Entretiens auront lieu sur la Chaîne Nationale,
vers 20 h. 30, les mardis 2, 9, 16 et 23 février les deux interlocuteurs auront certes
maintes occasions de s'y référer aux Notes de Théâtre par lesquelles Salacrou a relié
ses diverses pièces dans l'édition de son Théâtre Complet.
Dans « L'Heure de Culture française », six émissions de Lucienne Delforge ont
été consacrées en janvier à «Stéphane Mallarmé et la Musique » six autres,BULLETIN DE FÉVRIER 1954
« Paul Valéry et la Musique », ont commencé en janvier et se poursuivront les
2 et 9 février à 8 heures sur la Chaîne Nationale, et les 7et 14 février à Ilheures
sur Paris IV, 312 m.
Paul Claudel; le 17 janvier, dans une émission hors série présentée par Francine
Leullier, a évoqué des souvenirs sur le Canada et adressé un message aux Canadiens.
# Prochaines publications.
Jean Guéhenno va publier deux volumes l'un, sous le titre Aventures de l'Esprit,
est une suite d'essais sur Voltaire, Renan, Rousseau, la France et le monde.
L'autre est le récit du voyage qu'il fit, l'an passé, en A. O. F. Son titre est La France
et les Noirs, et c'est une autre aventure de l'esprit.
Le nouveau roman de Louis Guilloux Parpagnacco ou La Conjuration, qui paraît
en ce moment dans La Nouvelle N. R. F., sera bientôt publié en librairie. Pour la
première fois, Guilloux semble abandonner ses propres souvenirs pour entrer
dans le domaine de l'imaginaire. Parpagnacco est un chat qui donne son nom au
roman, dont les scènes se succèdent à Venise, la Ville Incomparable.
Jacques Perret a terminé son prochain livre de chroniques. Titre Cheveux
sur la Soupe. Texte de la bande « Encore des bâtons dans les roues. »
De Dakar, Lucien Becker a donné le bon à tirer de son prochain livre de poèmes.
Il en a abandonné le titre primitif Le Règne des Corps, pour le suivant Plein
Amour.
# Rééditions.
Édition revue et mise à jour de l'ouvrage désormais classique de Georges
Friedmann Où va le Travail humain ? Un nouvel appendice apporte des compléments
d'information sur les plus récentes expériences faites dans le monde pour améliorer
le « climat » des entreprises. La bibliographie a été considérablement augmentée
et mise à jour jusqu'à la fin de l'année 1953. L'auteur procède à la même mise au
point sur les Problèmes humains du Machinisme industriel, en vue d'une prochaine
réedition.
# Conférences.
Pierre Moinot parlera les 6 et 8 février, à Bruxelles età Gand, sur « T. E. Lawrence
et le Choix de la Solitude ». Ces causeries sont données sous les auspices de la
Société des Amis de la Langue française.
Georges Friedmann (qui vient de recevoir l'édition allemande de Où va le Travail
humain ?) a été invité par le Recteur de l'Université de Cologne pour faire une
conférence sur « Sociologie Industrielle et Science du Travail ».
# Traductions.
Bergère légère, de Félicien Marceau, va être introduit en Angleterre, et Capri
petite île, du même auteur, enItalie.
Les deux romans de Louise de Vilmorin, Madame de et Julietta, réunis en un
seul volume, vont paraîtreentraductionfinnoise, chez l'éditeur Werner Sôderstrôm.
L'Expédition Orénoque-Amazone, d'Alain Gheerbrant, avait déjà fait l'objet de
dix contrats de traduction, mais l'Italie restait l'un des rares pays où les droits de
traduction n'avaient pas été cédés c'est chose faite maintenant.
Vieille France, de Roger Martin du Gard, va être traduit en Amérique.
# Pour paraître en février, entre autres L'Été, d'Albert Camus; Le Navigateur,
de Jules Roy Les Sentiers et les Routes de la Poésie, de Paul Éluard La Maison
de la Nuit, de Thierry Maulnier, précédée de La Politique ou la Pitié ? Confidences,
de Marcel Jouhandeau (à tirage limité) Cocorico et autres Récits, d'Herman
Melville La Russie et l'Europe, de Karl Marx le Tableau des Moeurs de ce Temps,
de Maurice Sachs dans la collection « La Méridienne » Impossible ici, de Sinclair
Lewis, et Mitty, de D. Rooke et, dans « L'Air du Temps », Les Frontières du
Bonheur, de François Baron.LA NOUVELLE
NOUVELLE
Revue Française
RÉFLEXIONS SUR LA VIEILLESSE
ET LA MORT
La vie à la fin n'est qu'une habitude qu'il faut perdre,
après toutes les autres.
A-t-on l'impression de déplacer des semelles de plomb
sur une route à faire, dont la longueur demeure toujours
la même, comme il arrive dans les cauchemars, où le
mouvement ne se distingue de l'immobilité que par
l'effort vainement déployé contre une force d'inertie
invincible (on marche et l'on n'avance pas) c'est le
symptôme de la fatigue.
Or, au milieu de ce désespoir physiologique, un
miracle parfois se produit sous la forme d'une énergie
gratuite qui ressemble à une sorte d'allégement, l'âme
toute seule se charge de tout et voilà qu'en un clin
d'œil elle soulève notre poids de chair et le dépose où
nous nous proposions d'aller, comme un ange ferait
d'un paquet.
Rien de plus mystérieux que les rapports du corps et de
l'âme. Quand certains hommes bien membrés, repu?,
i1,A NOUVELLE N.R.F.
réglés, reposés, se flétrissent vite et assistent debout à
leur propre décrépitude, suivie bientôt d'une mort et
d'une décomposition odieuses, on se demande comment
ceux-là, squelettes vivants, presque translucides, sans
aucune force que l'on puisse constater, malgré
l'insuffisance de la nourriture et du sommeil et l'excès de leur
activité surhumaine, font preuve d'une solidité, d'une
vitalité à toute épreuve, d'une longévité surprenante,
avant de s'éteindre, sans être malades, pour ne laisser
après eux qu'une bonne odeur.
C'est à Véronique surtout que je pense, à l'énergie, à
la résistance invincible de son apparente fragilité, à sa
mort qui ressembla à celle des fleurs.
I^a véritable armature du corps, c'est l'âme. Sa santé
aussi.
Rien ne m'émeut, comme la procession de mes gestes,
toujours les mêmes, dans le silence de la nuit, quand je
me lève un peu avant quatre heures.
Chaque objet que je déplace à son tour avec une
régularité solennelle me trouble un peu plus dans la mesure
où je le devine plus durable que moi.
Quand je range la cafetière, je me dis qu'un jour ce
sera pour la dernière fois. Il n'y a là aucun regret,
aucune crainte, simplement une constatation tragique.
I,e découpage quotidien des mêmes gestes que l'on
recommence dans le temps au même endroit de l'espace,
à force de se superposer, vous hallucine, surtout le
matin.
Jamais je ne m'étais senti lié au monde par un fil
plus fragile, comme si à chaque seconde il allait se
rompre, ce qui met le comble à ma volupté d'être encore,
sans aucune appréhension d'ailleurs de ne plus être, de
ne plus être de ce monde.