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La Nouvelle Nouvelle Revue Française N' 16 (Avril 1954)

De
232 pages
Fédor Dostoďevski, Carnets des Démons
Jacques Chardonne, Solitude
René Char, L'Amie qui ne restait pas
Alain Robbe-Grillet, Trois Visions réfléchies
Georges Poulet, Fénelon et le Temps
Louis Guilloux, Parpagnacco (Fin)
Chroniques : recherches :
Maurice Blanchot, Réflexions sur l'Enfer (I)
Marcel Arland, L'entrée de James Ensor ŕ Paris
Chroniques : le théâtre :
Jean Duvignaud, La Garce et son public
René Micha, Une nouvelle littérature allégorique
Notes : la poésie :
Maurice-Jean Lefebve, L'Effraie et autres poésies, par Philippe Jaccottet (Gallimard)
Philippe Jaccottet, Poésie non traduite, par Armand Robin (Gallimard)
Notes : la littérature :
Georges Perros, Correspondance, de Max Jacob (Éditions de Paris)
Notes : les essais :
Michel Butor, Une étude sur Raymond Roussel, par Jean Ferry (Arcanes)
Roger Judrin, Vie et mort de Jeanne d'Arc, par Régine Pernoud (Hachette)
Jean Duvignaud, Hamlet ou Les personnages du fils, par Jean Paris (Éditions du Seuil)
Notes : le roman :
Alain Robbe-Grillet, Le Pičge, par Jean Duvignaud (Gallimard)
France Ermin, Le Navigateur, par Jules Roy (Gallimard)
Brice Parain, Roberte ce soir, par Pierre Klossowski (Éditions de Minuit)
France Ermin, Vive ce qu'on raconte, par Dominique Aubier (Éditions du Seuil)
Notes : lettres étrangčres :
Roger Judrin, Le Monde du Silence, par Max Picard (Presses Universitaires de France) - Le Jour enseveli, par Rosamond Lehmann (Plon)
Notes : les spectacles :
François Nourissier, Romans filmés, romans trahis
Notes : les arts :
Marie Dormoy, Auguste Perret
André Berne-Joffroy, Hundertwasser (Studio Paul Facchetti)
De tout un peu :
Jean de Beucken, Des mille Collines aux neuf Volcans, par Marie Gevers (Stock)
Michel de M'Uzan, Psychanalyse de Paris, par Frédéric Hoffet (Grasset)
Gilbert Villars, Les Faux Abandons, par Jean Guirec (Albin Michel)
Blaise Allan, Antoine et Cléopâtre, de Shakespeare (Théâtre des Champs-Élysées)
Jean Duvignaud, Théâtre, de Federico Garcia Lorca (Gallimard) - Théâtre, V, de Luigi Pirandello (Gallimard) - Richard II, de Shakespeare (T. N. P.) - Ruy Blas, de Victor Hugo (T. N. P.) - Jacques Copeau, le Réformateur, par Georges Lerminier (Presses Littéraires de France)
Gilbert Villars, ŤLeurs cursť, ŕ la Radiodiffusion Française
Les revues, les journaux :
Claude Le Maguet, Un počme
Jean Guérin, Chez les écrivains professionnels (Suite) - Le crime ne paie pas
Henri, dit Le Douanier Rousseau, Une lettre
Jean Guérin, Divers
Le temps, comme il passe :
Max Jacob, Au Nom du Pčre
André Pieyre de Mandiargues, Cangiamila
Georges Perros, Lettre sur une lacune
Georges Magnane, Sandokan
Textes :
Jehan Michel, Le Mistčre de la Chananée
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BULLETIN D'AVRIL 1954
SUPPLÉMENT A LA NOUVELLE N. R. F.
DU 1er AVRIL 1954
N° 16
Ttff
¡
PUBLICATIONS DE MARS
Les ouvrages analysés dans cette rubrique sont ceux dont la mise en vente a
été prévue pour le courant du mois. Il est cependant possible que, pour des raisons
techniques, la mise en vente de certains d'entre eux se trouve reportée plus tard.
POÉSIE
BECKER (Lucien) PLEIN AMOUR.
Ces poèmes de Lucien Becker- dont nous rappellerons qu'il a publié en 1945
Le Monde sans Joie et en 1947 Rien à vivre respirent la jeunesse et la sensualité.
Plein Amour est composé de quatre recueils Présence du soleil, Le Désir n'a pas de
la femmelégende, Les Dimensions du jour, Les Pouvoirs de l'amour, OÙ les deux thèmes de
et de la nature sont traités avec un égal bonheur.
Parmi tant de poètes mystiques ou philosophiques, Lucien Becker surprend et
charme par son paganisme. Il redécouvre les objets du plaisir et, loin de les
disséquer, il les montre dans toute leur plénitude, dans toute leur splendeur. C'est dire
qu'il a choisi le plus difficile.
RENÉ LE TESTAMENT DE LA FILLE MORTE.
L'épigraphe de ce livre est une phrase de Chesterton « Si le diable te montre
quelque chose de trop affreux, regarde. S'il dit quelque chose de trop horrible,
écoute. Et si tu imagines quelque vérité impossible à supporter, supporte-la. »
Ce conseil a-t-il été suivi par l'auteur du Testament de la Fille morte ? Ou au
contraire ? Le lecteur en jugera. Mais qui peut regarder sans ciller les vérités les
plus bouleversantes ?
De la double confrontation de l'amour et de l'être est né ce long cri passionné,
entrecoupé de maximes fulgurantes, ce testament d'une fille morte aux vanités
du monde et qui ne cherche plus que l'essentiel de l'homme. Qu'on ne s'y trompe
pas il ne s'agit pas ici d'une contemplation morbide, mais d'un acte d'espoir.
« Quand l'amour est passé, quaed la mort est passée, vivre enfin. »BULLETIN D' AVRIL 1954 4
ROMANS
BESSETTE (Hélène) MATERNA.
Roman sans paysage.
Pas de décor.
Pas le temps de décorer.
Sans décoration.
Siècle de la vitesse.
Le lecteur est pressé.
La romancière est pressée.
Le lecteur lità60àl'heure.
à 80à
à 35 nœuds.
à 400l'heure.
et
LES PERSONNAGES SONT PRESSÉS. VITE. ALLONS. DÉPÊCHEZ-VOUS.
VITE.
Ainsi débute le roman (mais est-ce un roman ? N'est-ce pas plutôt une sorte de
poème ?) d'Hélène Bessette.
Roman et non poème, cette étude d'un milieu où se heurtent les esprits et les
cœurs, dans un réalisme cruel. C'est un enregistrement d'observations
quotidiennes, de notes prises sur le vif, groupées par associations d'idées.
Une école maternelle. La directrice, trois adjointes et deux femmes de service
y évoluent. Le livre est l'image de la confrontation de ces personnages.
Deux intrigues discrètes et entremêlées étayent les conversations des
personnages l'une engendrée par la passion quasi amoureuse d'une adjointe pour la
directrice l'autre produite par la nouvelle adjointe dont la personnalité ne
correspond pas au gabarit demandé, ce qui lui vaut de voir sa carrière à peu près brisée
et sa vie sentimentale menacée.
Après Lili pleure, on attendait avec curiosité la prochaine œuvre d'Hélène
Bessette. Celle-ci, qui est poignante, pathétique, belle et d'une originalité vraie,
confirme son talent brillant et singulier.
MECKERT (Jean) JUSTICE EST FAITE,
d'après le texte original d'André Cayatte et Charles Spaak.
Une femme a tué son amant qui souffrait d'un cancer à la gorge. Euthanasie ?
Sans doute, mais donner la mort douce est tout de même donner la mort, et des
questions d'intérêt sont mises en avant par l'accusation. Elsa Lundenstein n'a-t-elle
obéi qu'à la pitié ? D'autant qu'au moment où elle a tué elle aimait un autre homme.
Les jurés de Seine-et-Oise en savent sur l'accusée autant que nous, c'est-à-dire
peu de chose. Mais eux devront se prononcer. Tous les sept sont honnêtes et de
bonne volonté; ils n'obéissent à aucune pression. Pourtant ils ont chacun une vie,
des plaisirs, des soucis qui influent sur leur cœur. L'un est trompé par son épouse,
l'autre découvre l'amour, un troisième méprise les femmes, etc. Leurs points de
vue sont personnels, alors que la justice devrait être objective. Ils discutent le cas
d'Elsa sans parvenir à se mettre d'accord. Coupable, Elsa doit être punie; innocente,
elle doit être acquittée. Finalement, le verdict est absurde cinq ans de prison!
Et l'accusée regagnera sa cellule où l'attendent dix huit cents jours, dix huit cents
nuits à passer loin de l'homme qu'elle aime, châtiment qu'elle subira par principe,
pendant que les sept jurés retourneront à leur existence. Ils se sont prononcés en
hommes libres comme ils en avaient fait serment. Elsa Lundenstein, étiez-vous
coupable ou innocente ? Personne ne le saura jamais, et cependant Justice est faite.
Du beau film d'André Cayatte et Charles Spaak, qui posa, il y a quelques années,
un problème qui remua profondément l'opinion, Jean Meckert a tiré un roman
passionnant, où les qualités littéraires ne le cèdent pas à l'intérêt du sujet.BULLETIN D'AVRIL1954 4
RIM (Carlo) MÉLISANDE ET L'AUTOMATE.
Le premier roman de Carlo Rim. t
Laharpe et Balthazar, truands de leur état, mais trop « résolument pusillanime. »
pour réussir dans une profession entre toutes difficile, décident, après un sévère
débat de conscience et quelques cuisants échecs, de redevenir, ou plus exactement
de devenir honnêtes, histoire de voir.
Mais, là encore, que de déceptions les attendent. N'est pas honnête qui veut, ils
l'apprendront bientôt à leurs dépens.
Leurs timides débuts dans l'honnêteté étaient pourtant assez prometteurs
Laharpe en automate publicitaire et Balthazar en employé des pompes funèbres
pouvaient beaucoup espérer de leur nouveau métier. Mais n'est-il pas écrit que les
truands, fussent-ils de petite naissance, n'échappent pas à leur destin ?
Comment et pourquoi les deux compères vont participer à l'élaboration du
surhomme annoncé par Nietzsche en se prêtant bon gré mal gré aux diaboliques
machinations de l'étrange M. Gonzague et pour l'amour de Mélisande, la fille du
démiurge, tel est le sujet de cette histoire mystérieuse, fantastique et burlesque,
que l'auteur a traitée dans le ton d'humour parodique qui fit le succès de Monsieur
Virgule et de L'Armoire Volante.
En imaginant l'alibi parfait, vieux rêve des malfaiteurs en quête
d'invulnérabilité, M. Gonzague trouvera-t-il enfin le moyen de donner à l'homme, ce
méprisable « grain de foule », la perfection que Dieu lui a refusée ?
Anatole France eût aimé ce conte de fées pour grandes personnes- cette farce
en forme d'apologue.
Ce roman se transformera bientôt en film. Carlo Rim, qui est, comme on sait, l'un
des plus brillants auteurs-metteurs en scène du cinéma français, le portera lui-même
à l'écran.
ROY (Jules) LE NAVIGATEUR.
L'action, quidure à peine quelques jours, se situe au moment des grands
bombardements de l'Allemagne par la R. A. F. Au retour d'un de ces raids, un accident
(collision de deux avions) contraint le navigateur Alfred Ripault à sauter en
parachute. Il est le seul survivant de l'équipage.
A la base aérienne des F. F. L., à laquelle il appartient, il retrouve tous ses
camarades, qui le félicitent d'avoir échappé à la mort.
Mais ce coup de chance n'est pas, ainsi que le croit le navigateur, une résurrection.
Son âme n'est plus la même. Les événements vont alors se dérouler implacablement,
ils vont disposer du navigateur. Les êtres amicaux ou hostiles qui l'entourent, son
chef, ses camarades, sa maîtresse, n'ont presque plus d'importance. C'est lui-même
qui accourra au-devant de son destin.
Le Navigateur est la première œuvre d'imagination de Jules Roy. Les éléments qui
•la composent sont toutefois puisés, on s'en doute, dans une somme d'expériences
personnelles. Cela donne un récit dépouillé et puissant, qui possède à la fois toute
la liberté de l'invention et la rigueur de la chose vue. Jamais le style de Jules Roy
n'a été aussi sobre, aussi noble, aussi efficace.
TRADUCTIONS
COYEN (William) LA MAISON D'HALEINE.
Traduit de l'américain par M.-E. Coindreau.
Collection « Du Monde Entier ».
A la Maison d'Haleine, où, parmi ses oncles, tantes, cousins, cousines et une
grand-mère, s'écoula son enfance, Boy Granchion vient demander la clé de ses
énigmes, un remède à sa solitude. Solitaires, tous le furent dans la « splendide
maison déchue ». Entre les maris et les femmes, les parents, les enfants, nulle entente,
nulle compréhension. Chacun reste emmuré, rongé par son vautour et cherchant
à s'enfuir. Les jeunes ont quitté ce foyer trop bien clos et l'ennui qui étouffe laBULLETIN D'AVER IL 1954 4
petite ville de Charity. Les uns sont revenus, enfants prodigues blessés et marqués
de cicatrices mystérieuses, comme Christy ou comme Folner; dans leur cercueil
d'autres, comme Sue Emma, se sont perdus et se cherchent encore, comme
Berryben. L'appât des nourritures terrestres s'est présenté à tous sous des formes
variées.
Dans ce livre, qui est une sorte de roman-poème, William Goyen parvient à
recréer la ville de Charity telle qu'elle était vraiment et à tracer l'histoire de ceux
qui y vécurent. Il le fait avec une lucidité aussi impitoyable que celle de
Jouhandeau, mais adoucie le plus souvent par une tendresse retenue.
Si le roman de William Goyen ne nous donnait que des portraits, des tableaux
de moeurs d'une petite ville du Texas, il mériterait déjà la plus sympathique
attention. Mais il contient en outre une étude d'inquiète adolescence, une analyse des
troubles qui accompagnent une puberté difficile. Jusqu'à ces dernières années, ce
thème a été rarement abordé par les romanciers américains.
William Goyen est né en 1918 au Texas. Pendant quatre ans, il a été officier sur
un porte-avions. Depuis la fin de la guerre, il a publié plusieurs nouvelles dans les
plus grandes revues américaines. La Maison d'Haleine (son premier roman traduit
en français) a été accueilli triomphalement par la critique et le public des
ÉtatsUnis.
GREEN (Henry) AMOUR
Traduit de l'anglais par Michel Vinaver.
Collection « Du Monde Entier ».
L'action de ce roman, qui se déroule pendant la dernière guerre dans un pays
neutre, est menée par les domestiques.
Ils sont douze et, sous la direction du maître d'hôtel nouvellement promu, Charley
Raunce, servent Mrs. Tennant, qui s'est réfugiée dans son château néo-gothique de
Kinalty, sur la côte Est de l'Irlande, en compagnie de sa bru, la jolie Mrs. Jack.
Tandis que Raunce peu à peu assied son autorité sur l'ensemble de la maison,
l'élément féminin est régenté par Mrs. Welch, la cuisinière aux colères
dévastatrices, et par Miss Burch, la nostalgique et vieille première femme de chambre
il comprend, notamment, deux jeunes et charmantes soubrettes Edith aux
cheveux noirs, Kate qui est blonde.
La vie quotidienne va son train immémorial. Cependant deux événements vont
se produire, insignifiants à l'instant même, qui se répercuteront de façon
imprévisible sur la destinée de Kinalty Edith surprend Mrs. Jack dans les bras du
capitaine Davenport, un ami de la maison qui conduit des fouilles dans les marais
avoisinants Mrs. Tennant égare une bague précieuse. Ces événements vont-ils se
résorber dans la fuite du temps, ou sont-ils les signes avant-coureurs de sa brisure
définitive ?
Ce roman, impitoyable et tendre, où « l'on s'aime » comme on peut et avec tout
ce que l'on a, a eu en Angleterre et aux États-Unis un retentissementprofond:
Henry Green est l'un des grands romanciers britanniques contemporains.
LEWIS (Sinclair) IMPOSSIBLE ICI.
Traduit de l'américain par Raymond Queneau.
Collection « La Méridienne ».
« Impossible ici » Tel est le cri unanime que l'on pousse à l'idée que le fascisme
pourrait s'installer aux États-Unis. Et pourtant 1. Il suffit d'une campagne
électorale bien menée, de l'appui d'une partie du peuple abusé, de la création d'une
milice, pour que toute la vie politique des quarante-huit États soit changée de fond
en comble.
C'est ce que réussit le président Windrip, sorte d'Hitler américain. Par ses
promesses, ses menées machiavéliques, ses brutalités et ses roublardises, il parvient en
un temps record non seulement à prendre le pouvoir, mais encore à faire régner la
pire espèce de dictature moderne avec ses accessoires cbligés dénonciations,
camps de concentration, antisémitisme, tortures.BULLETIN D' AVRIL 1954
Toutefois une poignée de résistants se dressent contre Windrip. Leur chef est
boremus Jessup, de Fort-Beulah, dans le Vermont, un doux et charmant vieillard
que l'amour de la liberté et les malheurs de ses concitoyens transforment en un
révolutionnaire infatigable et fanatique.
Jessup contre Windrip, c'est le combat de la douceur de vivre, de l'humanisme,
de la lumière, contre l'obscurantisme et latyrannie. Tant qu'il y aura de tels hommes,
.on n'aura pas le droit de désespérer.
Tel est, brièvement résumé, le beau roman de Sinclair Lewis. C'est à la fois
l'oeuvre d'un grand artiste et d'un visionnaire, car, composé avant la guerre, il
décrit des formes hideuses d'oppression qui n'ont été mises en lumière que depuis
quelques années seulement. C'est aussi un cri d'alarme jeté par un citoyen-au
grand cœur devant certaines tendances alarmantes de la politique de son pays. Mais
le seul fait qu'un livre comme celui-ci ait pu paraître et rencontrer un immense
succès aux États-Unis prouve suffisamment que ce pays est fort loin de la dictature.
ROOKE (Daphné) MITTY.
Traduit de l'anglais par J.-Robert Vidal.
Collection « La Méridienne ».
Recueillie par la famille Van Brandenberg, Selina, la métisse, a grandi auprès de sa
petite maîtresse Mitty, orgueilleuse et frivole descendante des premiers Boers
établis au Transvaal.
Une sincère affection unit les deux jeunes filles, mais autant Mitty reste froide
.devant l'amour de son beau fiancé, autant le sang zoulou parle haut dans les veines
de Selina. Partagée entre sa tendresse pour Mitty et sa passion pour le prestigieux
« maître blanc », elle nous raconte ses tortures et ses extases, qui sont à la mesure
de sa nature primitive et sensuelle.
Mais, aux heures de calme, Selina sait aussi observer ce qui se passe autour d'elle
;avec une acuité qui n'exclut ni la poésie ni l'humour. Elle sait à peine lire et
-s'exprime sans recherche, mais son style est direct et ses mots font image le
.haut ciel d'Afrique, le bruit nocturne des charrettes, des bêtes sauvages, des
chansons d'amour et des complaintes, remplissent ce beau roman, qui révèle en Daphné
SRooke un grand écrivain.
THÉÂTRE
DUMAS PÈRE (Alexandre) KEAN.
Adaptation de Jean-Paul Sartre (5 actes).
Kean (Désordre ou Génie) fut écrit par Alexandre Dumas père pour le célèbre
acteur Frédérick Lemaitre. Cette pièce oubliée, dont on trouvera d'ailleurs. à la
fin de la présente édition, le texte intégral, Jean-Paul Sartre l'a reprise, réécrite
et, comme dit Robert Kemp, il en a fait « un bon drame solide, dont il a bien bourré
les creux et qui est devenu brillant ».
Keàn est un fameux acteur anglais. Il triomphe au Théâtre Royal de Drury Lane,
et tout Londres, au début du XIXe siècle, court l'acclamer. Deux femmes l'aiment
la comtesse Éléna, épouse d'un ambassadeur, et Anna Damby, jeune héritière
bourgeoise. Kean est débauché, couvert de dettes, ivrogne et coureur de jupons.
Toutefois le Prince de Galles n'a pas dédaigné d'en faire son ami.
Kean est un homme excessif, qui se moque des contingences, laisse la bride à ses
passions, se livre avec volupté à l'insolence, à la générosité, au mépris. Mais, au delà
de ces manifestations d'un tempérament puissant, il y a un problème aigu, celui
de la condition du comédien et de l'homme de génie, que Jean-Paul Sartre a posé
dans les termes les plus efficaces. Kean est-il lui-même, ou bien les divers
personnages (Roméo, Hamlet, Othello, Othello surtout) qu'il incarne ? Dans quelle mesure
ces êtres. shakespeariens ne dévorent-ils pas sa personnalité?
Un soir, enfin, Kean explose. A la face du public, à la figure dû Prince de Galles
qui cajole la comtesse Éléna dans sa loge, il met son cœur à nu. Et il est hué.BULLETIN D'AVRIL 1954 4
MAULNIER (Thierry) LA MAISON DE LA NUIT.
Pièce en trois actes précédée de La Politique ou La Pitié ?t
Dénoncé par sa femme pour ses opinions secrètement libérales, le ministre
Werner fuit, avec sa secrétaire, le monde oriental. Retenu quelques heures avec
d'autres candidats à la liberté dans la maison du passeur la frontière occidentale
est momentanément fermée, il est rejoint par deux partisans, Hagen et Krauss,
qui sont chargés d'empêcher sa fuite « par tous les moyens » et qui se font passer
pour des gens pressés aussi de fuir.
Werner, malgré la fermeture de la frontière, pourrait passer sur-le-champ; pour
le retarder, Hagen fait appel à sa pitié. Va-t-il partir avec sa secrétaire, qu'il aime,
et abandonner sa femme à un sort incertain ? Werner se laisse convaincre il
attendra donc. Mais, en jouant avec la pitié, Hagen a joué un jeu dangereux. Il la croyait
morte en lui, tuée par la « doctrine » et ses activités de partisan; elle n'était
qu'endormie. Il voit d'un œil nouveau ces gens il y a des femmes, une jeune fille
qu'il va falloir tuer en même temps que Werner, pour que nul ne puisse témoigner
que le ministre a voulu s'enfuir. Cela, il ne le peut plus. La découverte de la pitié
l'a frappé comme une grâce elle l'entraînera jusqu'en ses définitives conséquences
il contraindra Krauss, son ami, mais en qui la pitié est définitivement morte, à
l'abattre avec ses compagnons d'un soir, dont l'a rapproché, en dépit de toute
politique, la découverte d'une authentique communauté humaine.
Hâtivement résumée, la pièce de Thierry Maulnier semble être démonstrative;
il n'en est rien; elle est riche de scènes émouvantes comiques, parfois et
construite sur un rythme précipité qui ne laisse pas de répit. Ce n'est pas une
démonstration en faveur de la pitié, c'est la peinture même d'un sentiment qui devient,
peu à peu, si présent qu'il vous prend à la gorge et vous mêle à l'action.
ESSAIS CRITIQUE LITTÉRATURE
CAILLOIS (Roger) POÉTIQUE DE SAINT-JOHN PERSE.
Cet ouvrage s'écarte tout autant de la critique érudite que des exégèses inspirées
qui aperçoivent dans la poésie une révélation de nature et de portée presque
surhumaines.
En effet, je ne recherche ni les influences, ni les sources. Je ne me soucie pas non
plus des détails de la vie de l'auteur. J'ignore délibérément s'il aima, s'il souffrit, s'il
se désespère. Je ne veux ni savoir ni conjecturer ce qu'il lut, pour en identifier la
postérité dans ce qu'il écrivit. J'ose ne m'intéresser qu'à son art.
En somme, cette étude s'occupe de l'oeuvre, et de l'oeuvre seule. Elle fait à peu
près comme si l'auteur n'existait pas. J'ai résumé mes prétentions et mes préjugés
dans les lignes suivantes que j'extrais de la préface
« je ne me penche pas sur les abîmes. Je réfléchis sur l'emploi de l'article ou de
l'adverbe. Cette démarche est plus modeste, par conséquent plus sûre, encore qu'elle
puisse conduire tout,doucement aux abîmes, mais justement elle y conduit, et n'y
précipite pas d'un coup, assez vainement. La première partie de l'ouvrage est ainsi
presque exclusivement grammaticale.
» J'ai apporté le même souci de précision à l'examen du système des rythmes, échos
et repères à l'analyse des substitutions de sons ou de sens, à l'aide desquels fut obtenu
un texte d'un grain exceptionnel et d'une rare densité poétique.
» Je me suis occupé ensuite de l'image, avec le même scrupule, et enfin de
l'originalité essentielle de cette poésie, des partis pris fondamentaux qu'elle suppose, de
l'alchimie verbale dont elle use pour élever le réel à la dignité poétique. »
Tel qu'il est, cet ouvrage constitue peut-être une des dernières protestations en
faveur de l'art d'écrire en voie de disparition, non pas faute d'offre et de savoir r
(du côté des auteurs), mais faute d'intérêt et de demande (du côté des lecteurs).
R. C.BULLETIN D'AVRIL 1954 4
GUÉHENNO(Jean) AVENTURES DE L'ESPRIT.
Ce livre est varié, tant par les sujets qu'il traite que par la façon dont il les
traite. Mais quelque forme qu'emprunte pour s'exprimer la pensée de Jean
Guéhenno, elle reste toujours magnifiquement fidèle à elle-même. Les valeurs qu'elle
c/éfend, elles, ne varient pas. Dans un siècle où triomphent les superstitions, les
obscurantismes, les contraintes de tous ordres, Jean Guéhenno fait entendre un
grand langage français celui qui, tout au long de notre histoire, a été tenu par
les esprits libres.
Jean Guéhenno est dans la lignée des Encyclopédistes, des Révolutionnaires de
1789 et du XIXe siècle. Et ses préoccupations principales sont l'humanisme, la
liberté, la noblesse de l'homme, la foi en l'humanité.
Les essais rassemblés dans ce livre racontent les Aventures d'écrivains Voltaire,
Renan, Rousseau, et aussi de personnes morales la France, l'Université, la
Presse. Mais on ne sort pas de soi, et il est clair qu'on y retrouvera souvent, en
dépit de lui-même, l'auteur et ses réactions aux plus graves problèmes de ce temps.
Même il se pourrait qu'aucun de ses ouvrages ne le livre davantage.
GUÉHENNO (Jean) LA FRANCE ET LES NOIRS.
Jean Guéhenno, l'année passée, avait publié le récit d'un premier voyage en
Afrique noire, en A. É. F. Un second voyage le conduit en A. O. F. C'est la matière
de ce livre, tout spontané. « S'il s'y trouve un ordre », dit Jean Guéhenno, « que ce
soit celui de ma passion même et puisse-t-il convaincre au moins mon lecteur qu'il
y a là une question qui le concerne et dontil n'a plus le droit ni les moyens d'ailleurs de
se désintéresser. Lui ou ses enfants auront sûrementà la régler dans la paix ou dans
la guerre.»
De Dakar à Ouagadougou, en passant par Rufisque, Bamako, Bobo-Dioulasso, etc.,
Jean Guéhenno a observé les rapports des Noirs avec les Français. Sans méconnaître
les réalisations matérielles ni l'influence intellectuelle ou morale que nous avons
exercée, il relève, hélas en trop d'endroits l'égoïsme, le mépris, la défiance,
l'aversion que se manifestent réciproquement les Blancs et les Noirs.
Ce livre n'est qu'un avertissement. On peut souhaiter qu'il soit entendu, à
l'instant où tant d'orages se lèvent sur l'Union Française, en Indochine, au Maroc,
enTunisie.
Jean Guéhenno dit encore « On parle beaucoup de l'Union Française. Elle est
un fait juridique, politique, économique. Il faut oser dire qu'eue n'est pas encore un
fait humain, puisqu'elle n'est pas encore dans le cœur des hommes. »
Ce petit livre passionnécontribuera à en faire une réalité.
HAEDENS(Kléber) UNE HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE.
Nouvelle Édition corrigée et augmentée.
« Lo plupart des manuels littéraires que nous connaissons, fort savants et fort bien
faits, sons aucun doute, fleurent un peu trop tristement le parfum des nécropoles »,
écrit Kléber Haedens dans sa préface. Son Histoire de la Littérature française n'a
rien d'une entreprise de pompes funèbres. Au contraire, ce serait plutôt le récit
vivant, ardent, de ses enthousiasmes.
« Presque tous les écrivains français », dit-il, « nous apportent des minutes de
bonheur qu'ils étaient seuls au mondeà pouvoir donner ». Et iajoute « La rédaction
< de ce livre nous a donc permis de retrouver en passant beaucoup de vieux camarades
pour lesquels nous gardons une a ffection plus ou moins grande. »
Toutefois, il ne faudrait pas s'y tromper Kléber Haedens est aussi loin de la
fantaisie subjective et superficielle que du manuel objectif et pesant. Son Histoire
de la Littérature française apporte le témoignage d'une énorme érudition, d'une
sensibilité très aiguë et d'un goût à peu près infaillible.
Des origines de la langue française à nos jours, de La Chanson de Roland aux
romans de Jean Genet, Kléber Haedens nous offre un exposé biographique,
critique et sentimental, de tous les auteurs qui ont fait de la langue française cet
incomparable instrument dont Rivarol proclama l'universalité.t.
BULLETIN D' A V RIL19-5 4
SARTRE (Jean-Paul) RÉFLEXIONS' SUR LA QUESTION JUIVE.
[.antisémite reproche au Juif d'être Juif le démocratelui reprocherait volontiers
de se considérer comme Juif. Entre son adversaire et son défenseur, le Juif semble
assez mal en point il semble qu'il n'ait rien d'autre à faire qu'à choisir la sauce à
laquelle on le mangera. Il convient donc de nous poser la questionà notre tour
le Juif existe-t-il ? Et s'il existe, qu'est-il ? D'abord un Juif ou d'abord un homme ?
La solution du problème réside-t-elle dans l'extermination de tous les Israélites ou
dans leur assimilation totale ? Ou ne peut-on entrevoir une autre manière de poser
le problème et une autre manière de le résoudre ?
Les Réflexions sur la Question juive essayent précisément de résoudre ce
problème qui se pose d'une façon angoissante aux esprits généreux et aux hommes
sincères de notre temps. Après avoir dessiné en traits inoubliables.le portrait de
l'antisémite, cause de-tout le mal, vrai et seul responsable de la question juive,
JeanPaul Sartre ne se contente pas de prendre une position intellectuelle il va jusqu'à
suggérer des solutions pratiques.
« Nous sommes tous solidaires du juif», dit-il, « puisque l'antisémitisme conduit tout
droit ou national-socialisme. Et si nous ne respectons pas la personne del'Israélite, qui
donc la respectera ? •
» Ce n'est pas aux Juifs », ajoute-t-il, «qu'il appartient de faire une ligue militante
contre l'antisémitisme, c'est à nous. »
Ce livre est un des plus. importants parmi ceux qui aient été publiés depuis la
guerre. On a pu croire, en effet, que la question juive avait été résolue par la
victoire des Alliés. De récents événements ont montré, au contraire, qu'elle était
toujours aiguë. Et l'antisémitisme a des racines trop profondes pour que de simples
décrets puissent les arracher. Les Réflexions sur la Question juive de Jean-Paul
Sartre ont déjà fait beaucoup de bruit. Elles en feront encore, car elles renferment
un certain nombre d'observations qu'il faut rappelerinlassablement et qui sont
des sujets permanents de scandale pour les antisémites,
TRADUCTIONS
MARX (Karl) LA RUSSIE ET L'EUROPE.
Première .édition intégrale, présentée avec une étude introductive sur Marx
et la Puissance russe par Benoît P. Hepner,
La politique russe s'est formée sous la domination tartare; en cqnséquence, elle
est une d'esclave ou plutôt de chef d'esclaves, lâche, obséquieuse et rusée
avec les maîtres, dure, impitoyable, hypocrite avec les subordonnés.
Telle est une des thèses que soutient Karl Marx dans ce livre violemment
antirusse. Ce livre est aussi un pamphlet contre la politique étrangère de l'Angleterre;
qui au cours du XVIIIe siècle a pris souvent appui sur la Russie.
Il est composé d'un ensemble (inédit en français) d'articles publiésà Londres
en 1856 et 1857 dans la Free Press.
On sera surpris de l'actualité de cet .ouvrage. C'est à une certaifie Russie,
évidemment, que s'attaque le grand révolutionnaire, mais ily a, dans un pays, des
caractères qui survivent aux changements de régime,
Que la Russie ait été jugée d'une façon si implacable par l'homme qui lui a donné
plus tard sa philosophie politique est un phénomène, unique dans l'histoire.
MÉMOIRES SOUVENIRS DOCUMENTS
CALET (Henri) LES DEUX BOUTS..
Collection « L'Air du Temps »,
dirigée par PierreLazareff..
Henri Calet connaît Paris comme sa poche. Mais Paris, ce n'est pas seulement
des paysages, des rues, des maisons, c'est aussi des hommes et des femmes qui
vivent, qui travaillent, qui ont des soucis et qui surtout cherchent.àjoindre les
deuxbouts..-BULLETIN D'AVRIL 1954
Tels sont les;héros de ce livre qui fut expressément commandé à Henri Calet,
sous forme d'une série de reportages, par un grand journal du matin qui s'y entend
à utiliser les compétences. Mais laissons la parole à l'auteur
Que voulais-je, aprèstout? dit-il. Donner un échantillonnage de la population de
Paris et de sa banlieue. Je suis allé aux Épinettes, à Bezons, aux Ternes, à Billancourt,
au Quartier latln, à Belleville, au Bel-Air, à Bagnolet, à Plaisance, à l'Observatoire, sur
les quais, à Montrouge, à la Roquette. J'ai été reçu partout avec la plus gronde
gentillesse, dans de'petits logements avec ou sans confort, plutôt sons, dans des chambres
d'hôtel meublé; dons des cabanes ou dans des H. L. M. Je suis entré dans la confiance
et dans l'intimité des familles. Un menuisier, une vendeuse de grand magasin, un
éboueur, deux « esthéticiennes », un métallurgiste, une petite crémière, un
représentant, une ouvreuse, un apprenti boulanger, une violoniste, un manœuvre, une
secrétaire, un manutentionnaire, une danseuse, un chômeur, un receveur d'autobus, de
vieux travailleurs.
J'ai un peu touché à tout hommes, femmes, vieux, mariés, célibataires, ouvriers,
employés le bâtiment, les'usines, le commerce, les arts le pain, le vin, le lait. Un
microcosme, un kaléidoscope, dans les tons neutres, où le gris dominait.
Que m'a-t-on dit le plus souvent? Quels sont les mots et les idées qui revenaient sans
cesse? Les deux bouts. la petite maison de campagne, les poules et les lapins. élever
les' enfants. Vies qui se fessembient, vies de confection qui vont à tout le monde. Dans
l'ensemble, c'est une grande leçon de modestie, un peu triste.
CLAUDEL (Paul),' de l'Académie Française: MÉMOIRES IMPROVISÉS,
recueillis par Jean Amrouche.
Un livre comme celui-ci est impossible à résumer. Son contenu est trop riche.
C'est en effet li vie d'un des plus grands écrivains français qu'il raconte. Et cette vie
a été particulièrement remplie et féconde. Paul Claudel poète, Paul Claudel
dramaturge, Paul 'Claudel essayiste, Paul Claudel ambassadeur, ce sont les divers
visages de l'homme publié. Mais l'homme privé, son évolution intellectuelle, ses
préoccupations, religieuses; le travail mystérieux de la création artistique au plus
profond d'une âme, sont largement évoqués.
Les Mémoires improvisés de Paul Claudel s'inscrivent dans une tradition
radiophonique qui a-déjà ses lettres de noblesse celle des « Entretiens avec. ». On voit
ici l'auteur du Soulier de Satin raconter avec sa savoureuse simplicité et son extrême
intelligence ce'que furent les étapes glorieuses ou pathétiques de son existence.
Les fervents de Paul Claudel retrouveront avec délices cette fine et pétillante
bonhomie que l'on rencontre en maints endroits de son œuvre. Ceux à qui cette
œuvre est moins familière découvriront avec bonheur que le grand poète français
a autant d'humour que de profondeur, autant d'humanité que de foi.
Jean Amrouche dirige ces entretiens avec habileté, sensibilité et érudition.
COHEN (Albert)": LE LIVRE DE MA MÈRE
Ce livre bouleversant, qu'après un long silence nous offre l'auteur de Solal et de
Mangeclous, es'tf l'évocation. d'une femme à la fois « quotidienne» et sublime, une
mère, aujourd'hui morte, qui n'a vécu que pour son fils et par son fils.
•Ce livre d'un/ils est aussi le livre de tous les fils. Chacun de nous y reconnaîtra
sa propre mère., sainte-sentinelle, courage et bonté, chaleur et regard d'amour. Et
tout fils pleurant sa mère disparue y retrouvera les reproches qu'il s'adresse à
luimême lorsqu'il penseà telle circonstance où il s'est montré ingrat, indifférent ou
incompréhensif: Regrets ou remords toujours tardifs. « Aucun fils ne sait vraiment que
sa mère mourrait tou? les fils se' fâchent et s'impatientent contre leur mère, les fous
si tôt punis.Mais il faut laisser la parole à Albert Cohen
« Allongée efgrafidement solitaire, toute morte, l'active d'autrefois, celle qui s8igna
tant son mari et son fils, Ja sainte Maman qui infatigablement proposait des ventouses
et des compresses et d'inutiles et rassurantes tisanes, allongée, ankylosée, celle qui
porta tant de ploteaux à ses deux malades, allongée et aveugle, l'ancienne naïve aux
yeux vifs qui croyait auxannonces des spécialités pharmaceutiques, allongée, désœu-BULLETIN D' A V R I L 1954 4
vrêe, celle qui infatigablement réconfortait. Je me rappelle soudain des mots d'elle
lorsqu'un jour quelqu'un m'avait fait injustement souffrir. Au lieu de me consoler par
des mots abstraits et prétendument sages, elle s'était bornée à me dire « Mets ton
chapeau de côté, mon fils, et sors et va te divertir, car tu es jeune, va, ennemi de
toimême. » Ainsi parlait ma sage Maman. »
TRADUCTIONS
WHITE (Robb) NOTRE ILE VIERGE.
Traduit de l'américain par Hilda Barberis.
Collection « L'Air du Temps »,
dirigée par Pierre Lazareff.
Il nous arrive parfois de rêver d'une île déserte comme d'un paradis, mais ce
n'est qu'un rêve. Pour Robb White, auteur de Notre lie vierge, ce rêve est devenu
réalité.
Écrivain sans notoriété et sans le sou, il n'hésite pas. le jour même de son mariage
avec Rodie, belle et riche héritière, à emmener celle-ci aux Antilles. La lune de
miel du jeune couple débute dans une masure sans portes ni fenêtres, infestée de
moustiques et de scorpions. La nuit, des chiens sauvages traversent la maison en
troupeaux; le jour, Rodie est importunée par le satyre local, un demi-fou à l'aspect
monstrueux, et par la servante autoritaire qui envahit les lieux avec sa nichée de
négrillons.
Robb, qui a exercé tous les métiers, y compris celui de matelot, n'a qu'un but
devenir écrivain. Tant bien que mal, il continue inlassablement à noircir du papier.
Il ne se croit pas doué, mais s'acharne; rien ne le fera céder il sera écrivain et il
bâtira, sans aucun secours que celui de leur amour, une union solide avec celle qu'il
aime.
Pour Rodie, il n'y a pas de problème; avec sérénité, grâce à un solide bon sens, elle
s'en tient au serment de la cérémonie du mariage « Tu prends cet homme pour le
meilleur et pour le pire. »
Lorsqu'ils découvriront enfin leur île vierge, petit îlot battu par les ouragans,
acheté pour soixante dollars, Rodie, de ses belles mains blanches, aidera son mari à
défricher, creuser le roc, gâcher le ciment, pour construire peu à peu leur demeure
et leur amour.
Notre Ile vierge n'est pas un roman d'aventures, mais l'aventure y est toujours
présente. Ce n'est pas un documentaire, et pourtant, sa lecture terminée, on
n'ignore plus rien des us et coutumes antillais, de l'art de naviguer à bord d'une
coquille de noix sur les océans traîtres. Notre île vierge n'est pas un roman
d'amour, c'est l'histoire vraie d'un amour vrai, qui a aujourd'hui dix-sept ans.
Histoire moins écrite que racontée par l'auteur, au fil de la pensée, avec un
humour des plus savoureux, une simplicité authentique et aussi, parfois, un
pathétique que l'auteur n'a pas cherché, qui est simplement le pathétique
merveilleux de la vie.
SCIENCES
OBERLING (Charles), Directeur de l'Institut du Cancer LE CANCER.
Collection « L'Avenir de la Science »,
dirigée par Jean Rostand.
La question du cancer est, pour l'espèce humaine, une des plus importantes et
aussi l'une des plus angoissantes qui soient 145 000 cas nouveaux de cancer sont,
chaque année, diagnostiqués en France, et l'on peut admettre que, parmi les sujets
ayant dépassé quarante-cinq ans, un sur trois est voué à succomber à cette maladie,
qui, au lieu de régresser comme font la plupart des autres sous l'influence des
progrès de la médecine, paraît, tout au contraire, n'en devenir que plus fréquente.BULLETIN D'AVRIL19544
La science ne triomphera véritablement du cancer que lorsqu'elle en connaîtra
la nature et l'origine. Or, pour l'instant, en dépit d'innombrables recherches
effectuées dans tous les pays, et si nombreux que soient les faits acquis sur le cancer
naturel comme sur le cancer expérimental, sur le cancer humain comme sur les
cancers animaux, nous en restons toujours au stade de la supposition et de
l'hypothèse. D'entre les multiples théories théorie chimique, théorie de la mutation,
théorie parasitaire, etc. l'une des plus plausibles, est cellequi attribue la
cancérisation à l'activité d'un élément infectieux et submicroscopique-d'un virus. C'est
pour elle que se prononce, avec une courageuse netteté, mais Qui n'exclut pas
l'examen impartial des thèses adverses, le professeur Charles Oberling, directeur
de l'Institut national du Cancer, et auteur de travaux classiques sur les leucémies.
Pour traiter de la vaste question du cancer- question qui touche à la fois à la
médecine et à la biologie- nul n'était plus qualifié que cet éminent chercheur, dont
l'autorité en matière de carcinologie est reconnue par les spécialistes du monde
entier. Son livre, d'une exceptionnelle importance, s'adresse non seulement aux
médecins et aux étudiants, à qui il apporte la plus rigoureuse des mises au point,
mais encore à tous ceux, qui, jusque dans le grand public, veulent avoir une idée
de la façon dont la science s'efforce de pénétrer le secret du terrible mal.
« La pitié est peut-être destructrice, peut-être impossible. La pitié
n'est peut-être qu'une vaine et folle protestation contre la loi du monde.
Il n'est pas prouvé qu'il y ait un accord possible entre la pitié et la vie. »
Thierry MAULNIER, La Politique ou la Pitié ?l
précédant La Maison de la Nuit, p. 55.BULLETIN D'AVRIL 1954 4
LA j\
NOUVELLE RI
REVUE MENSUELLE DE1
Rédacteurs en chef JEAN PAULHAN, MARCELp
publiera
AVEC DES ILLUSTRATIONS
ANDRÉ MALRAUX
La Métamorphose des Dieux
JULES SUPERVIELLE. Le Jeune Homme des autres Jours.
RAYMOND ARON. La Philosophie de l'Histoire.
MARCEL PROUST. Carnets inédits.
ALBER CAMUS. La Pierre qui pousse.
ANDRÉSUARÈS. Le Paraclet.
ANTONIN ARTAUD. Fragmentations.
MIRCEA ELIADE Le Mythe du bon Sauvage.
AMIEL Délibération sur les Femmes.
RENÉÉLERICHE. La Conscience végétative.
PAUL LÉAUTAUD Journal littéraire.
HENRI MICHAUX Témoin, qu'as-tu fait de tes Yeux1
RENÉ DAUMAL. La Transmission de Pensée.
NOEL DEVAULX. Bal chez Alféonl.
JEAN PAULHAN. Les Douleurs imaginaires.
GEORGES BRAQUE. Nouveaux Propos.
MAXJACOB. Trois nouveaux Figurants.
ETiEMBLE. Mots d'enfant.
JULIENBENDA. De la Critique.
RENÉCHAR Poèmes.
H.-CH. PUECH A propos de ~I'Évangile de Vérité.
GEORGES BATAILLE. L'Au-delà du sérieux
ANDRÉ CHAMSON Le Chiffre de nos Jours.
FRANZ HELLENS Le Gyropède.
LÉONBOPP. Amiel et les Femmes.
GALILÉE. Lettres.
des poèmes, essais et récits de
Paul Claudel. St-John Perse. Valery Larbaud. Jean Schlumberger. Roger Martin du
Gard. Marcel Jouhandeau. Raymond Guérin. René Char. Pierre Gascar. Julien
Gracq. Julien Green. Jacques Chardonne. Henry de Montherlant. André Dhôtel.
Jean Rostand. Adamov. Jean Tardieu. Crommelynck. Béatrix Beck. Marcel Bisiaux,
Léon Bopp. Nathalie Sarraute. Albert-Marie Schmidt. Henri Bosco. Franz Hellens.
Roger Nimier. Armen Lubin. Georges Limbour. E.-M. Cioran. Jean Giono.
Georges Schehadé. Ionesco.
des textes de
Alexis Remizov. Rainer-Maria Rilke. G. Ungaretti. Borges. Faulkner. Gottfried Benn.
de vieux textes français, et des inédits de
André Gide. André Suarès. C.-F. Ramuz. Antoine de Saint-Exupéry. Paul Valéry.BULLETIN D'AVRIL19 âé 4
7VELLE
tue Française
:RATURE ET DE CRITIQUE
ND. Secrétaire de Rédaction DOMINIQUE AURY ·
Vainement
jean Paulhan et Marcel Arland reçoivent le mercredi, de 5à7 heures.
La Revue n'est pas responsable des manuscrits qui lui sont adressés.
Les auteurs non avisés dans un délai de trois mois de l'acceptation de leurs
manuscrits peuvent les foire reprendre au bureau de la Revue, où ils restent à leur
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Les manuscrits accompagnés des timbres nécessaires pour les frais de poste sont
seuls retournés à leurs auteurs.
Pour tout changement d'adresse, prière d'adresser la dernière bonde et 10 somme
de 20 frs.
Tout abonné à la Nouvelle N. R. F. qui nous enverra l'adresse d'un
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FRANÇAISE fc KANljtK
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domicile la somme de Édition ordinaire:
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(majorée de 46 froncs pour frais 1.000 fr. 1.250 SIX MOIS
recouvrement à domicile). VENTE AU NUMÉRO l»5 fr.
le 1 9
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Adr. télégr. Enerefene Paris.- R. C. Seine 35-897.BULLETIN D'AVRIL 1954 4
PUBLICATIONS DU 15 FÉVRIER
AU 15 MARS
(Renseignements bibliographiques.)
On trouvera ici tous les renseignements bibliographiques sur les ouvrages
effectivement parus du 15 février au 15 mars 1954 et dont l'analyse a été publiée
dans l'un de nos précédents bulletins ou dans le présent bulletin.
POÉSIE
BECKER Lucien. Plein Amour. 128 p., in-16 double cou-'
i ronne. Collection blanche. 250 fr.
35 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre. 750 fr.
PELLERIN Jean Le Bouquet inutile. Édition augmentée de
plusieurs poèmes, préface de Francis
Carco, de l'Académie Goncourt.
Introduction et Notes par Yves-Gérard Le
Dantec. 288 p., in-16 double couronne.
Collection blanche 600 fr.
RENÉ Le Testament de la Fille morte. 224 p.,
in-16 6 double couronne. Collection
blanche 450 fr.
30 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.200 fr.
ROMANS
RIM Cario Mélisande et l'Automate. 272 p., in-16
double couronne. Collection blanche 480 fr.
30 ex. numérotés sur pur fil 1.500 fr.
ROY Jules Le Navigateur. 216 p., in-16 double
couronne. Collection blanche 390 fr.
12 ex. numérotés sur Hollande. 1.200 fr.
85 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 2.500 fr.
TRADUCTIONS
CAIN James Sérénade. Traduit de l'anglais par Sabine
Berritz. 256 p., in-16 double couronne.
Collection « La Méridienne» 450 fr.BULLETIN D'AVAL 1954 4
RÉCITS
TRADUCTIONS
BLIXEN Karen La Ferme africaine. Traduit du danois par
Yvonne Manceron. 336 p., in-8° soleil.
Collection « La Méridienne» 600 fr.
THÉATRE
ARNOUX Alexandre Faut-il brûler Jeanne ? Mystère en trois
de l'Académie Goncourt. journées. 192 p., in-16 double couronne.
Collection blanche 390 fr.
10 ex. numérotés sur Hollande (épuisé). 2.400 fr.
40 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.800 fr.
DUMAS Alexandre Kean. Adaptation de Jean-Paul Sartre.
Pièce en 3 actes, suivie du texte original
intégral de la pièce de Dumas Kean ou
Désordre et Génie, comédie en 5 actes.
312 p., in-16 double couronne.
Collection blanche 540 fr.
50 ex. numérotés sur Hollande 3.400 fr.
150 ex. sur pur fil Lafuma
Navarre 1.700 fr.
MAULNIER Thierry La Maison de la Nuit. Pièce en 3 actes
précédée de La Politique ou la Pitié i
232 p., in-16 double couronne.
Collection blanche 420 fr.
80 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.200 fr.
SCHEHADÉ Georges. La Soirée des Proverbes. Version'
intégrale,' 3 actes, 264 p., in-16 double
couronne. Collection blanche. 525 fr.
40 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.500 fr.
ESSAIS
CAMUS Albert. L'Été. Le Minotaure, Les Amandiers, Prométhée
aux Enfers, Petit Guide pour des Villes sans passé,
L'Exil d'Hélène, L'Énigme, Retour à Tipasa, La
Mer au plus près. 192 p., in-ldouble
couronne. Collection «Les Essais» 370 fr.
20 ex. numérotés sur Hollande (épuisé). 3.000 fr.
170 ex. sur pur fil Lafuma
Navarre. (épuisé). 1.200 fr.
ÉLUARD Paul Les Sentiers et les Routes de la Poésie.
176 p., in-16 double couronne.
Collection blanche. 350 fr.
MARXKarl La Russie et l'Europe. Première édition
intégrale présentée avec une
introduction sur Marx et la Puissance russe, par
Benoît P. Hepner. 264 p., in-16 double
couronne. Collection blanche 480 fr.BULLETIN D'AVRIL 19 54
SCIENCES
OBERLING Charles LeCancer.384p.,format 12,5 x 20.
CollecDirecteur de l'Institut du tion « L'Avenir de la Science », avec un
Cancer. frontispice simili pleine page, une
Bibliographie internationale (plus de
750 études et ouvrages cités) et un Index
alphabétique des Auteurs et des
Matières 850 fr.
MÉMOIRES DOCUMENTS
BARON François. Les Frontières du Bonheur. 312 p., in-8°
soleil. CollectionL'Air du Temps » 590 fr.
WHITE Robbe. Notre lie Vierge. Traduit de l'américain
par Hilda Barberis. 328 p., in-8° soleil,
carte in-texte. Collection « L'Air du
Temps » 640 fr.
CHRONIQUES
SACHS Maurice. Tableau des Moeurs de ce Temps. 352 p.,
in-8° soleil. Collection blanche 630 fr.
60 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1,900 fr.
SÉRIE NOIRE
SHULMAN Irving. La Main chaude. Traduit de l'américain
par Minnie Danzas.
ELLIN Stanley A Double Tour. Traduit de l'américain
par François de Mecquenem.
Chacun de ces volumes 220 fr.
cet admirable drame qui est un des chefs-d'œuvre de l'esprit
humain, qui est Phèdre.
Paul CLAUDEL, Mémoires improvisés, p. 317.BULLETIN D'AVRIL 1954 4
BIBLIOTHÈQUE DE LA PLÉIADE
Pour satisfaire notre clientèle, nous avons l'avantage de signaler que nous sommes en mesure de
procéder à la recouvrure en pleine peau des exemplaires actuellement reliés en simili-cuir des titres
suivants
SHAKESPEARE Théâtre complet (2 tomes)
MONTAIGNE Essais (tome).
DIDEROT Œuvres (
MICHELET Histoire de la Révolution française (2 tomes).
Nous pouvons assurer cette opération au prix de 400 francs pour Montaigne. 409 francs pour
Diderot, 800 francs pour Shakespeare et 800 francs pour Michelet, frais de port en sus.
Les détenteurs d'exemplaires qui désireront faire procéder à ce changement de reliure voudront
bien nous les faire parvenir entre le 15 avril 1954 (au plus tôt) et le 15juillet I 954 (au plus tard) et
dans tes conditions suivantes
1° L'envoi devra être fait, par poste recommandée, au nom des Éditions Gallimard:
2° L'étiquette sera munie de la mention SERVICE RELIURE en lettres capitales et à l'encre rouge:
3° Le nom et l'adresse du possesseur devront être inscrits lisiblement au crayon sur la page de
titre de l'ouvrage (cette mesure nous permettant seule d'assurer à chacun le retour de son propre
exemplaire);
4° L'envoi devra être précédé d'une lettre nous l'annonçant, lettre également adressée au SERVICE
RELIURE.
De notre côté, nous assurerons le renvoi des exemplaires contre remboursement au cours du
dernier trimestre 1954.
RELIURES D'ÉDITEUR
d'après les maquettes de PAUL BONET
BOSCO Henri. L'Antiquaire, 1.000 exemplaires numérotés sur vélin
labeur (édition originale) 1.850 fr.
GIONO Jean Voyage en Italie, 1.000 exemplaires numérotés sur vélin
labeur (édition 1. 4 50 fr.
ÉDITIONS ILLUSTRÉES
(PAQUES 1954)
PÉGUY (Charles) ÈVE PREMIÈRE MORTELLE.
64 pages format 12 x 19, avec 33 illustrations en couleurs de NATHALIE PARAIN'
sous couverture rempliée en couleurs. 500 fr.
C'est la condition humaine de la femme tendre exilée du paradis terrestre,
compagne, servante et gardienne du foyer. Ces stances choisies dans l'immense
et émouvant poème de Péguy en restituent fidèlement le lyrisme familier et
l'intense frémissement de pitié et d'amour.
Les images de Nathalie Parain inspirées de l'humble réalité, loin de prétendre
commenter le texte, sont comme les fleurs séchées qui jalonnent les pages d'un
livre de chevet.
Ève première mortelle prendra place auprès des précédents volumes de cette
même série, sur le rayon privilégié des poètes, auprès desquels, depuis
l'adolescence et durant toute la vie, on se plaît a chercher conseil, réconfort et
enchantement.
Dans la même série d'oeuvres de
CHARLES PÉGUY, illustrées par NATHALIE PARAIN
Cinq Prières dans la Cathédrale deChartres. 330 fr.
Sainte Geneviève 450 fr.
Jeanne d'Arc (Cinq poèmes) 550 fr.BULLETIN D'AVRIL 1954 4
DIOGÈNE
REVUE INTERNATIONALE DES SCIENCES HUMAINES
SOMMAIRE DU NUMERO CINQ
(Vient de paraître.)
D. W. BROGAN Haute Culture et Culture de Masse.
Jean FOURASTIÉ La Prévision de l'Évolution économique contemporaine.
Alphonse de WAEHLENS. Signification de la Phénoménologie.
O. W. RICHARDS Agression et Coopération chez les Insectes.
Wilhelm KOPPERS. Remarques sur l'Origine de l'État et de la Société.
Gordon CHILDE Découvertes récentes en Préhistoire.
Études de Claude LEVI-STRAUSS sur l'Art de déchiffrer les Symboles, d'après divers ouvrages,
et de Louis RENOU sur Orient et Occident, à propos d'une Histoire indienne de la Philosophie.
I •
RAPPEL (numéros déjà parus)
SOMMAIRE DU PREMIER NUMÉRO
E. BENVENISTE Communication animale et Langage humain.
Karl JASPERSLiberté et Autorité.
Gilbert MURRAY Les Leçons de l'Histoire.
Jean PIAGET De la Psychologie génétique à l'Épistémologie.
C.-M. BOWRA La Poésie en Europe de 1900 à 1950.
Alf. SOMMERFELT Tendances actuelles de la Linguistique générale.
Darsie R. GILL1E Découvertes et Controverses.
John U. NEF Lettre ouverte à « Diogène ».

SOMMAIRE DU NUMÉRO DEUX
Colin CLARK. L'Avenir du Prolétariat.
Heinrich FICHTENAU Naissance de l'Empire médiéval.
Pierre DEFFONTAINES Valeur et Limites de l'Explication religieuse en Géographie
humaine.
Lionello VENTURI Piero della Francesca, Seurat, Gris.
Louis RENOU L'Indianisme en1952.
Claude LEVI-STRAUSS Panorama de l'Ethnologie 1950-1952.
Paul RIVET L'Origine de l'Homme.

SOMMAIRE DU NUMÉRO TROIS
Dwight MACDONALD Culture de Masse.
Mircea ELIADE La Nostalgie du Paradis dans les Traditions primitives.
Alfred SAUVY La Domination et le Nombre des Hommes.
Harcourt BROWN Science et Littérature au XVII» Siècle.
Karl O. PAETEL Typologie de l'Ordre Noir.
Darsie R. GILLIE. Pour une Politique de l'Humanisme.
Olof GIGON L'Étude de la Philosophie antique.

SOMMAIRE DU NUMÉRO QUATRE
G. A. BORGESE Dante et son Temps.
Fritz SCHACHERMEYR. La Formation de la Cité grecque.
Gaétan PICON L'Esthétique et l'Histoire.
Mamolina MARCONI La Passion des Dieux dans la Religion méditerranéenne*
J. B. S. HALDANE Rituel humain et Communication animale.
André CHASTEL. Problèmes actuels de l'Histoire de l'Art.
Stefan KOLAR. Après la Disgrâce de Lyssenko.
Lettre du Rédacteur en Chef sur le rôle de DIOGÈNE
et les Conditions d'un Humanisme rénové.
Prix du N°: 200 fr. Abonnement annuel (4n°s) France: 700 fr. Étranger 875 fr.
Les abonnements sont reçus au « Service Abonnements Diogène », Librairie
Gallimard, 5, rue Sébastien-Bottin, Paris (7e) C. C. P. Paris169-33,
et chez tous les libraires.