Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

La Nouvelle Nouvelle Revue Française N' 18 (Juin 1954)

De
232 pages
André Malraux, La Métamorphose des Dieux (II)
Henri Thomas, Peter ou La pluie et le beau temps
Francis Ponge, Un Bronze parle
Louis-Ferdinand Céline, Entretiens avec le Professeur Y
Tommaso Landolfi, Nuit de Noces
Paul Valéry, Lettres ŕ Gustave Fourment
Chroniques : recherches :
Maurice Blanchot, Tu peux tuer cet homme (III)
Chroniques : la littérature :
Marcel Arland, Saint-Exupéry (II)
Gaëtan Picon, Lecture d'Henry James
Notes : la poésie :
Jean Grosjean, Écrits mystiques des Béguines, par Hadewijch d'Anvers (Éditions du Seuil)
Notes : la littérature :
Georges Perros, Mémoires improvisés, par Paul Claudel (Gallimard)
Robert Droguet, Le Testament de la Fille morte, par René (Gallimard)
Notes : les essais :
Roger Allard, Ce que je crois, par Jean Rostand (Grasset)
Robert Campbell, Les conduites d'échec, par Yvon Belaval (Gallimard)
Notes : le roman :
Jean Duvignaud, Les Jardins et les Fleuves, par Jacques Audiberti (Gallimard)Marcel Arland, Bonjour tristesse, par Françoise Sagan (Julliard) - Saint Jacob, par Jean Cabričs (Plon)
Notes : lettres étrangčres :
Roger Judrin, Je suis Jonathan Scrivener, par Claude Houghton (Corręa)
Guy-Noël Rousseau, Jusqu'ŕ l'aube, par Albrecht Gs (Albin Michel)
Notes : les livres de nature :
André Dhôtel, L'oiseau, cet inconnu, par Len Howard (Hachette) - Ŕ l'étude des oiseaux, par Stuart Smith (Stock)
Notes : les spectacles :
Blaise Allan, La Cocktail-party, de T. S. Eliot (Vieux-Colombier)
Emmanuel Berl, La télévision
De tout un peu :
Jean Guérin, Examen de conscience des Français, par Jules Romains (Flammarion) - Le drame d'Albert Einstein, par Antonina Vallentin (Plon) - Hécate et ses Chiens, par Paul Morand (Flammarion)
France Ermin, L'Huissier et le Sergent, par Danielle Roland (Julliard)
Jean Duvignaud, Vętir ceux qui sont nus Bellavita, de Luigi Pirandello (Petit-Marigny) - Un nommé Judas, de Claude-André Puget et Pierre Bost (Comédie-Caumartin) - Hamlet de Tarascon, de Jean Canolle (Théâtre La Bruyčre)
François Nourissier, Roman Holiday, de William Wyler - Il Capotto, d'Alberto Lattuada - The Wild One, de Lazlo Benedeck
Marcel Arland, Le Paris de Chagall
André Berne-Joffroy, Tal-Coat (Galerie Maeght)
Jean Guérin, Schwitters (Galerie Beggruen)
Les revues, les journaux :
Jorge Luis Borges, Page pour se souvenir du colonel Suarez, vainqueur ŕ Junin
François Mauriac, Le poids de la liberté
Anonymes, Divers
Correspondance :
André Masson, Une lettre
Le temps, comme il passe :
Jacques Chardonne, L'Air de la Maison
Marcel-Étienne Pignon, Il ne faut pas crier quand on vous tue
Jacques Perret, Encore le catch
Christian Dotremont, Le Pays du Nja
Textes :
Réaumur, Trois textes inédits
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

BULLETIN DE JUIN 1954
SUPPLÉMENT A LA NOUVELLE N. R. F.
DU ler JUIN 1954
N° 18
PUBLICATIONS DE MAI
Les ouvrages analysés dans cette rubrique sont ceux dont la mise en vente a
été prévue pour le courant du mois. Il est cependant possible que, pour des raisons
techniques, la mise en vente de certains d'entre eux se trouve reportée plus tard.
ROMANS
AUDIBERTI (Jacques) LES JARDINS ET LES FLEUVES.
Qu'est-il, au juste, advenu entre Molière et Armande Béjart, qui fut sa femme et
qui passe pour avoir été sa fille ? Les érudits et les historiens s'efforcent de satisfaire
à cette question. Mais ils ne parviennent point à restituer avec exactitude la réalité
du passé. Cependant, la donnée est riche du contenu le plus poignant. A travers les
minces clartés que l'on possède sur le glorieux Jean-Baptiste Poquelin, et, surtout,
grâce à maintes de ses œuvres, L'École des Femmes, L'impromptu de Versailles, Le
Misanthrope, il est loisible d'imaginer que sa tragédie personnelle fut de nature
paternelle et conjugale à la fois. Des drames de sa vie, le dernier, son trépas, pour
ainsi dire sur le théâtre, alors qu'il jouait Le Malade Imaginaire, est le mieux connu,
le plus évident.
Les traits de cette destinée, où l'ardeur de la profession théâtrale s'entrelace à
l'amertume d'un cœur dévoré par une équivoque passion sentimentale, constituent
un thème à ce point fatal, classique et affreusement satisfaisant qu'un de nos
contemporains, le comédien et metteur en scène Jean-Désiré Lazerm, le héros de Les Jardins
et les Fleuves, ne peut s'empêcher de les retrouver dans sa propre existence.
Lui aussi il est amené à épouser sa propre fille, Armène, au consulat de France, à
Djeddah, en Arabie Séoudite, au cours d'une tournée. La chose est possible, la jeune
Armène, enfant naturelle, ne portant pas le nom de son père véritable, Lazerm, mais
celui de son père légal, le repris de justice Béchart.
Ce mariage, toutefois, ne sera pas consommé. Mariés pour la galerie, les époux
vivront côte à côte, à Paris, comme un père avec sa fille.
Les tourments, pour le malheureux « Jeandé », commenceront quand Armène
se mariera, pour tout de bon, avec un richissime Chilien qui s'intéresse au théâtre.
Elle part.
Livré à une solitude où tout lui parle de l'absente, Jeandé se met à la désirer
rétrospectivement, avec le furieux désespoir qu'attise en lui la représentation har-BULLETIN DE JUIN 1954
celante de ce que fut leur intimité. Il se persuade que, lui aussi, il périra sur la scène.
De soirée en soirée, alors qu'il joue l'une des principales pièces de son répertoire,
La Boulangère et le Bélier (l'autre étant un « inédit» de Molière, L'Écœuré des Mariés,
tout entier de la main de Jacques Audiberti), ilattend sa mort, il la prépare, il'appelle.
Mais sa fille revient. Il la voit, devant lui, tout près de lui, dans la loge du
minuscule théâtre.
C'est alors qu'à travers les jardins de l'amour les fleuves remontent à leur source.
CERTIGNY (Henry) LES AUTOMATES.
Un fabricant d'automates, Poétro, sorte de Vaucanson (en plus doué), déserte
systématiquement le réel. Un jour, un marchand de Nuremberg achète toutes
ses poupées, y compris Hermine, œuvre chérie du maître automatiste. Poétro
ne peut supporter sa solitude, car ses poupées étaient pour lui comme des enfants.
Ilconfie son atelier à son disciple Tiburce et monte dans le même coche que l'homme
de Nuremberg. Dans une auberge où un accident de voiture l'oblige à s'arrêter,
Poétro retrouve chacun des « modèles inconnus» de ses automates. Il y a un moine,
un soldat, un couple d'amoureux, et bien d'autres personnages encore. Ainsi il
existe une Hermine en chair et en os. Hélas tout comme l'automate construit à
sa semblance, Hermine est privée de mouvement. Poétro guérit la paralytique,
mais, au moment où il renoue avec le réel, qui prend pour lui les traits de la
plus séduisante des créatures, il est assassiné par un soldat. dont la réplique
existait aussi dans la galerie d'automates.
Il est difficile de dégager la morale de ce conte qui se trouve au point de rencontre
de la poésie, de la fantaisie et d'un scepticisme qui fleure son XVIIIesiècle. L'auteur
s'est adonné aux caprices de son imagination, mais il ressort de son ceuvre sinon
une morale, du moins une idée maîtresse, à savoir que le créateur est responsable
des démons qu'il engendre et qu'il ne doit s'en prendre qu'à lui-même si une de ses
créatures diaboliques- idée ou automate, qu'importe se révolte contre lui
et le prive du plaisir de jouer plus longtemps avec le feu, serait-ce le feu de l'enfer.
Henry Certigny est né à Marche (Belgique) en 1919. En 1947, il publie un recueil
de poèmes D'un Déserteur du Réel. En 1949, la compagnie Hervé Germond joue
sa première pièce Une Histoire de Biche. Après avoir exercé divers métiers, il
écrit sous des pseudonymes des romans noirs et des feuilletons roses, ce qui, selon
lui, « compose une vie bien grise ».
DUMUR (Guy) LE MATIN DE LEURS JOURS.
Jacques a loué une vieille maison de banlieue pour y vivre avec Marina, rencontrée
un été sur une plage. Daniel, le sombre Daniel, habite avec eux. Par une sorte de
jalousie maladive, èt aussi par ennui (l'éloignement de Paris, la tristesse de la
forêt), il désire Marina, qui, délaissée par Jacques, se donne à lui, puis l'abandonne.
Daniel alors latue.
Ces données extérieures se doublent d'intentions plus secrètes. Plus que d'une
histoire d'amour et d'un crime, il s'agit de décrire trois existences réduites à leur
plus simple expression. La fuite du temps, la solitude, une maison au milieu des
bois sont les véritables personnages de ce récit, qui emprunte son titre à une
phrase de l'Obermann de Sénancourt «Je songe volontiers à ceux qui, le matin
de leurs jours, ont trouvé leur éternelle nuit. »
Après le premier roman de Guy Dumur Les Petites Filles modèles, ce livre
étrange, sensible, plein d'une vraie poésie, confirme un talent en possession de
tous ses moyens.
FAYAD (Nicolas) LE CAUCHEMAR.
«« Alors, tu veux réussir, hein ? dit Maxime en se retournant vers Jean Bouillard.
Oui, pour la puissance Parce qu'il n'y a pas de liberté sans puissancel Tu ne
désires pas la liberté ? »BULLETIN DE JUIN 1954
Jean Bouillard veut réussir. Il veut devenir un grand écrivain. Seulement, dans la
fièvre de la composition de son roman, il lui arrive de drôles de choses. Il a parfois
l'impression d'avoir déjà vu ce qu'il voit pour la première fois. Aussi décide-t-il
de marquer ses allées et venues pour découvrir la cause de ses troubles. Et. tout au
long de ses pérégrinations qui n'ont rien de remarquable, si ce n'est qu'il poursuit
tout le temps son œuvre et qu'il en est tout le temps poursuivi, il constate que ce
phénomène se répète de plus en plus fréquemment jusqu'au moment où il en
découvre la cause c'est que tout est parfait et que lui-même est parfait puisqu'il
écrit un roman pour devenir un grand écrivain. Pourtant, Jean Bouillard découvrira
une voie de sortie à ce cercle vicieux. Il la découvrira dans les enseignes au néon,
dans les statues sur leurs piédestaux et dans une jeune fille qui aura une tache de vin
surtout un côté du cou et qui portera un col ouvert.
Le Cauchemar est le premier roman de Nicolas Fayad.
HERMENT (Georges) LES BRISE-FER.
Les Brise-Fer est le récit d'une enfance et d'une adolescence dans une ville de
province entre 1 928 et1 939. Alain, le héros du livre, découvrepeu à peu le monde et
les êtres. Les rêveries qu'il commence au fond d'un jardin, ou perché sur un arbre,
il les poursuit sur les bancs de l'école.
Nous revivons avec lui les expéditions enfantines, la création de bandes et de clans,
les amitiés, les rivalités qui peuplent les premières années. Les enfants et les
adolescents mènent une existence « en marge », complètement 'étrangère à celle des
grandes personnes. C'est ce que l'auteur fait ressortir avec une saisissante vérité.
Mais les enfants grandissent. Les batailles deviennent blagues d'étudiants, flirts
douloureux et exquis. Alain et ses amis forment une bande qui est tout leur
univers, et dans laquelle ils se plaisent infiniment.
Alain, à travers son âge d'homme, refuse d'apprendre les règles d'un jeu qu'on
a cherché à lui inculquer au collège afin de « l'armer pour la vie ». C'est désarmé
qu'il prétend vivre. Le trésor de l'enfance qu'il a perdu dans un parc, il le retrouvera
et le sauvera à travers sa bande. Une éducation commune fait de ces jeunes gens des
frères; et c'est la lutte contre cette qui est le centre du livre.
1 A travers une vie toute faite d'action, c'est toujours sous le signe de la révofte
qu'ils se livrent à des actes que condamne la société. En fin de compte ils sont vaincus,
soit par eux-mêmes, parce que certains n'étaient pas assez forts, soit par cette vie
même qu'ils se sont attachés à brûler par les deux bouts. Les uns se réfugient dans
la religion, d'autres dans l'amour, d'autres dans le rêve; mais ils ont sauvé le trésor
qui leur permettra de vivre dans une société en laquelle ils ne souffrent plus de ne
pas croire; et la guerre viendra leur prouver qu'ils n'avaient pas tort de vivre hors
des lois, puisque ce sont ces lois qui, finalement, la provoquent. Alain, d'ailleurs,
revenant de captivité, entendra bien rester jusqu'à la fin un « brise-fer ».
Georges Herment est né enI 9 I2à Montauban. Il a fait ses études à Toulouse et
à Paris. Fait prisonnier en 1940, il s'évade. Son premier livre, Déluges, préfacé par
Pierre Reverdy, lui a valu le prix de Poésie, décerné à Bruxelles en 1937. Il a publié
en outre Évadé d'Allemagne et le Traité de la Pipe.
POLLIER (Anne) L'ESTUAIRE.
Qu'est-ce qui a fait de Christian Germain, capitaine au long cours sans
commandement, un trafiquant d'alcool et d'opium ? Il ne le sait pas très bien lui-même. Un
soir, au Havre, il a poussé la porte d'un bar, le bar de Nine, et tout s'est fait
insensiblement. Nine, ancienne entraîneuse, vieille beauté aux cheveux carotte, lui a
fait connaître les gens qu'il fallait le Cap'taine manchot Walter, et surtout Gus,
chef de bande hideux et froussard.
Mais Christian Germain n'est pas seulement un aventurier. Il a aussi une vie
sentimentale, et c'est ici que le roman d'Anne Pollier (de qui l'on n'a pas oublié
la saisissante Nuit du Havre) prend toute sa résonance et toute sa profondeur
dans ce récit, en effet, les amours difficiles de Christian et de sa femme Valérie,
l'enfance et l'adolescence de Christian tiennent autant de place que le. naufrageBULLETIN DE JUIN 1954
du voilier mixte l'Engoulevent ou la recherche de l'opium noyé en rade du Havre.
L'auteur,ayant eu la chance de rencontrer dans la vie ses personnages, vrais héros
de roman policier, a voulu les montrer sous un autre jour précisément que celui
des romans policiers, avec leurs tourments et leurs problèmes. Christian, hors la loi
inadapté, plein d'exigences morales, recherche inconsciemment l'estuaire par où
le fleuve tortueux des passions débouche enfin sur la mer.
STÉPHANE (Nelly) LE PAUVRE VINCENT.
Le mépris des directeurs de galeries, l'incompréhension du public, quelquefois
l'approbation, mais plus souvent la jalousie de ses camarades, voilà les seules
récompenses que reçoive le peintre Dorenne. Pourquoi erre-t-il de ville en ville,
laborieux et pauvre, à la recherche d'un atelier de modèles, ou peut-être de sympathies
humaines ? Les femmes s'écartent de lui,l'atelier se dissout, les modèles se dérobent.
Seuls quelques amis s'attachent de plus en plus au peintre. Ils réussissent à
organiser une exposition mais Dorenne leur échappe. Des centaines de toiles
éclatantes de couleur proclament que le peintre va mourir pour que son œuvre vive,
à jamais.
Mourir pour que son œuvre vive il semble que l'artiste y soit contraint par la
société bourgeoise. Mais n'y a-t-il pas une alternative? «Si personne ne voit mes
tableaux, ils sont inutiles », affirme Dorenne, qui ne pourra réaliser son rêve
peindre dans la rue, peindre pour tous les hommes.
L'auteur, dans ce beau livre le premier qu'elle publie, s'est refusé à toute
complaisance et a voulu écrire le vrai roman de la création artistique. Plutôt qu'un
roman, d'ailleurs, c'est la description très riche et sincère du créateur « appelé »
et que sa création dévore. Il se laisse dévorer avec humilité.
TRADUCTIONS
ARBO (Sebastian Juan) ITINO COSTA.
Traduit de l'espagnol par Victor Crastre.
Collection « Du Monde Entier ».
Ce grand roman, tragique et poétique, écrit dans une langue si belle que la
traduction elle-même s'en trouve comme éclairée et rend l'ample mouvement du
conteur espagnol, est l'histoire d'un homme marqué dès sa naissance par un destin
terrible, Tino Costa, maudit par son grand-père quand il vit le jour.
Mais laissons la parole à l'auteur, qui, comme dans les épopées anciennes,
commence son récit par une évocation des événements qu'il va décrire
«« L'histoire que je veux conter est l'histoire tragique et étrange de Tino Costa
l'histoire de sa mère et celle de Mila del Santo, et celle de la petite Sileta qui périt
dans une nuit de frénésie et d'horreur. Toutes ces histoires ne forment qu'un seul
destin, toutes forment une seule histoire d'amour et de douleur.
« Dans le village à Santa Maria dels Monts- survivaient encore mille souvenirs
qui pouvaient attester la véracité des faits et leur tragique dénouement, ainsi que
quelques personnes qui en avaient été témoins. Là-bas, il y avait la maison où Mila
del Santo vécut, il y avait le ravin qui passait derrière le village, à côté du moulin
de Lledo, où, lui, Tino Costa, dans une dernière et horrible nuit, se précipita
comme un fou, fuyant ceux qui le poursuivaient là-bas, il y avait encore la fontaine
près de laquelle il tomba pour la première fois, et plus loin se voyait l'épais hallier
où il s'arrêta, serré de près par ceux qui le poursuivaient, déjà sur le point de
l'atteindre. Là il leur fit face et il les attendit. »
Et maintenant voici l'âme de Tino Costa, voici les détails, tous les détails de son
aventure.
Né en 1920 dans un village de Catalogne, près de Tortosa, Arbo a publié son
premier roman L'Inutile Combat, à Barcelone, en 1931. Vinrent ensuite Terre
de l'Elbe, Les Chemins de la Nuit, et une biographie' de Cervantes. Sous les Pierres
grises, enfin, obtint le Prix Nadal, la plus haute récompense littéraire espagnole.BULLETIN DE JUIN 1954
CARPENTIER (Alejo) LE ROYAUME-DE CE MONDE.
Traduit de l'espagnol par L.-F. Durand.
Collection « La Croix du Sud »,
dirigée par Roger Caillois.
Les données historiques qui servent de point de départ à ce roman- la révolte
des noirs de Saint-Domingue, suivie de l'exil des colons à Santiago de Cuba; le
gouvernement du général Leclerc, beau-frère de Napoléon; le surprenant royaume
noir de Henri-Christophe- ne doivent pas nous égarer sur son véritable sens, ni
sur son intérêt. C'est une chronique par certains côtés ésotérique qu'Alejo
Carpentier a écrite, sur quoi plane l'atmosphère maléfique du Vaudou. Mackandal, le
sorcier manchot, envoûte tous les animaux de l'île et les fait périr. Les colons ne
tardent pas à subir le même sort. L'envoûtement se mêle à la farce et le ridicule
s'achève dans le sang. L'image de la belle Pauline Bonaparte faisant masser son corps
admirable par le nègre Soliman se détache sur ce fond d'incendie et de meurtres.
Le charme de la vie créole s'allie, dans ces pages, au burlesque cruel, à la sauvagerie
primitive, pour composer une atmosphère d'âcre et prenante poésie.
Alejo Carpentier est né à La Havane en 1904. Il a passé de nombreuses années
à Paris où il poursuivit des études musicologiques et se lia d'amitié avec Robert
Desnos et Raymond Queneau. Outre des ballets, des opéras-bouffes, etc., il a écrit
le premier livre consacré à l'histoire de la musique cubaine. Le Royaume de ce
monde, paru à Mexico en I 949, est son premier roman. Il vit actuellement à Caracas.
SELINKO (Anne-Marie)a ÎDEMAIN TOUT IRA MIEUX.
Traduit de l'allemand par Hélène Chaudoir.
Collection « La Méridienne ».
Voici le charmant roman d'une charmante fille, Toni Huber, jeune Viennoise très
gaie, en dépit des épreuves qui ont marqué ses débuts dans la vie.
C'est que Toni Huber a deux qualités inestimables un profond amour de
l'humanité et un optimisme magnifique. La mort de son père, qu'elle adore, la
demimisère qui est son lot, l'incompréhension des gens lui forment le caractère, comme
on dit, mais ne dessèchent pas son âme. Au contraire, Toni Huber, modeste,
gentille, tendre, va s'accomplir dans un destin exceptionnel. Et le plus étonnant,
c'est qu'elle devra sa réussite à l'expression la plus naïve et la plus simple de sa
bonté. Voici comment.
Elle est dactylo à la Société Radiophonique de Vienne. Un soir, au studio, le
Speaker s'évanouit. Elle le remplace au pied levé. L'émission touche à sa fin. Il
t'agit seulement de dire bonsoir aux auditeurs. Mais la petite Toni est si pleine de
tendresse inemployée, sa solitude est si grande que, d'une voix au timbre étrange,
angoissé, voilé et très prenant, elle prononce quelques phrases impromptues
« La nuit, tous les soucis s'aggravent et nous oppressent plus que le jour. On
s'imagine qu'on ne pourra pas les supporter. Mais demain tout aura changé. Rien
ne peut empirer, demain tout ira mieux. »
Cette initiative cause un scandale épouvantable. Toni est renvoyée sur-le-champ.
Mais on a compté sans les auditeurs, que sa voix a bouleversés et qui, dès le
lendemain, envoient des centaines de lettres.
Les malheurs de Toni touchent à leur fin. Deux jours plus tard, Vienne ne parle
plus que d'elle.
Le succès ne gâtera pas la petite Toni Huber. Il lui laissera toute sa modestie,
toute sa pitié, tout son cœur. Illui donnera même la sagacité de préférer le véritable
amour à la faussepassion.
Ce roman aurait pu être du genre dit « à l'eau de rose ». Mais on a affaire avec
Anne-Marie Selinko, l'auteur de Aujourd'hui mon Mari se marie et de J'étais une
jeune fille laide, à un écrivain plein de tact, de finesse et d'humour. L'histoire
merveilleuse de Toni Huber ne fait sourire le lecteur que de plaisir.BULLETIN DE JUIN 1954
STEIN (Gertrude) TROIS VIES.
Traduit de l'américain par Raymond Schwab et Andrée Valette.
Collection « Du Monde Entier ».
Trois Vies, par son titre même, fait songer à Flaubert, et l'on sait que l'auteur
de Contes a exercé une influence sur Gertrude Stein.
L'histoire d'Anna la bonne, celle de la jeune noire Mélanchta, celle de la douce
Léna, sont aussi les histoires de trois « Cœurs simples », dont l'auteur raconte les
destinées manquées. Jamais les héroïnes ne sont jugées elles meure'nt toutes trois
d'une même maladie mystérieuse celle de n'avoir pas été vraiment vivantes. Anna
donne tout ce qu'elle a, à n'importe qui, et elle en arrive à perdre sa personnalité.
Mélanchta, quoique la plus forte, n'arrive pas à imposer sa volonté aux autres.
Léna, elle, n'est condamnée qu'à voir disparaître en elle, jour après jour, le goût
de vivre.
Gertrude Stein raconte ces histoires de cœurs simples avec les mots les plus
simples. Elle parle le langage de tout le monde, mais lui redonne une valeur qu'il
avait perdue. Sa prose avance, de répétitions en répétitions, épousant le flot pressé
d'une conscience. Si l'on songe que Trots Vies a été publié en 1905, il faut voir dans
ce livre l'aurore d'une révolution du langage où Gertrude Stein précédait Sherwood
Anderson, James Joyce et Hemingway.
Pour la première fois, dans le récit intitulé Mélanchta, l'écrivain mettait en scène
des gens de couleur, parlait d'eux sans condescendance, leur attribuant une
maturité psychologique égale à celle des blancs. C'était là ouvrir de nouvelles
perspectives à la littérature américaine, et Richard Wright a dit ce qu'il devait à un tel
exemple.
CONTES
M'UZAN (Michel de) LES CHIENS DES ROIS*
Collection « Métamorphoses».
Les différents récits qui composent Les Chiens des Rois ne se laissent pas
aisément enfermer dans le résumé d'une intrigue. S'il fallait donner une idée précise
de leur contenu, on aimerait évoquer avant tout la singulière démarche des
personnages dans un espace dont la réalité ne saurait être mise en doute, mais dont
les limites sont incertaines en dépit de l'extrême précision des êtres et des objets
qui s'y meuvent. Le doute soulevé ici porte moins sur la réalité du monde
extérieur que sur la vérité et la solidité des relations humaines auxquelles les héros
des Chiens des Rois aspirent, sans le dire et peut-être même sans le savoir. C'est
autour de ce doute que se noue le drame très particulier de ces personnages dont
les gestes les plus simples vers les autres sont comme perpétuellement entravés
Thérèse, entourée d'affection et de calme, se tue le jour où elle conçoit le sens de
son obésité. Raoul D. est bien vivant, mais sa famille le croit mort, et cette
supposition le prive d'une part de son existence. Le héros d'Invitation se rend à la soirée
à laquelle il a été convié, mais, dans le salon où il est retenu, il n'a, en fait, de relations
qu'avec des objets, qui prennent par là une vie inattendue et inquiétante.
Michel de M'uzan est né à Paris en I 92Ilasoutenu une thèse de doctorat en
médecine en 1948. Il est psychiatre.
NOUVELLES
SIMENON LE BATEAU D'ÉMILE.
Est-ce qu'on avait déjà vu, à Fécamp, pénétrer dans les bureaux de M. Larmentiel
un homme qui avait débuté comme mousse à bord d'un de ses bateaux et, qui
plus est, pour lui acheter un bateau et devenir armateur à son tour? C'est
pourtant ce qui vient d'arriver à Émile Bouet, marin de trente-huit ans, vigoureux, à laBULLETIN DE JUIN 1954
fois fruste et rusé. Et M. Larmentiel, qui n'est plus aussi riche qu'on le croit, lui
donne à entendre, par la voix de son notaire, qu'il pourrait bien l'envisager comme
futur gendre.
Mais voilà le notaire fait allusion à Fernande. et Fernande, c'est une «
créature » qui vit avec Émile. Il faudrait rompre avec elle.
Alors une étrange frénésie s'empare d'Émile. Il est convaincu que jamais, tant
que Fernande vivra, il ne sera libre. Il faut donc la tuer. Et c'est bien par un meurtre
que se clora ce récit dramatique. mais non par le meurtre auquel on s'attend.
Telle est, brièvement résumée, celle des neuf nouvelles de ce recueil qui lui
donne son titre.
Simenon, plus encore peut-être que dans un roman, y manifeste la variété et
l'ampleur de ses dons. Tragique et burlesque, comédie et drame, humour et angoisse
se succèdent dans ces récits parfaits, courts de dimension mais d'une substance
plus riche et d'une résonance plus profonde que bien des œuvres de plus longue
haleine.
Signalons qu'en même temps que Le Bateau d'Émile paraît le Tome XIV des
Omnibus Simenon, qui contient Le Testament Donadieu et une nouvelle inédite
Le Châle de Marie Dudon.
SOUVENIRS TÉMOIGNAGES
DUMARTIN (Serge) DIALOGUE DE LA SOLITUDE.
L'auteur a été, trois ans, le témoin de la vie de la prison de Fresnes au plus fort
de l'épuration.
Tous les acteurs de la « collaboration» lui sont apparus d'abord comme au
lendemain d'un cataclysme, en une coupe géologique stratifiée selon les quatre étages
de cellules, exposés à l'érosion impitoyable de l'opinion publique et voués à la
lente cristallisation concentrationnaire.
Puis, « classé auxiliaire », il a fouillé ce monde stupéfié, ce musée de cire. Chaque
visage, célèbre ou anonyme, lui a révélé son inquiétude, son drame, reflets des
siens propres les infimes événements de la prison l'ont marqué de leur dureté,
de leur étrangeté, de leur cocasserie parfois et, dans l'ensemble, lui ont construit
une maturité.
Sa constante volonté d'objectivité fait de cette scrupuleuse chronique une
contribution non négligeable à l'histoire d'une époque dont certains ont gardé, dans un'
camp comme dans l'autre, une sensibilité douloureuse qu'il n'a pas été dans les
intentions de l'auteur de réveiller.
VOYAGES DOCUMENTS
KESSEL (Joseph) LA PISTE FAUVE.
Collection « L'Air du Temps »,
dirigée par Pierre Lazareff.
Joseph Kessel est un vivant. Peu d'hommesle sont aujourd'hui. Il possède le
calme, l'humour et le lyrisme, trois vertus que l'on trouve de plus en plus rarement
liées. Il suffit de lire quatre lignes de lui pour sentir qu'il détient les secrets qui
permettent de vivre et de regarder vivre les êtres au plus haut degré de chaleur
possible.
L'historiographe de Mermoz, le romancier de L'Équipage et des Enfants de la
Chance, le scénariste de Au Grand Balcon, le journaliste et le poète de l'aventure
que l'on sait, devait bien, un jour, s'enfoncer dans les lieux les plus sombres et les
plus violents de l'Afrique. L'homme des Coeurs Purs était l'homme du cœur de
l'Afrique.
Le voici chez les Mau-Mau, au sein d'une révolte politique et religieuse oùBULLETIN DE JUIN 1954
s'affrontent la conception magique et la conception pratique du monde. Le voici
parmi les derniers seigneurs de la terre, qu'il s'agisse des grands fauves, des grands
sorciers, des grands colons ou des grands chasseurs. Joseph Kessel refuse nos
distinctions conventionnelles. Ge qui compte pour lui, c'est l'intensité de la vie qui
passe à travers les créatures vivantes bêtes, hommes blancs ou noirs. Au delà d'un
document et d'un reportage, on trouvera donc dans ce livre une vision poétique
d'un monde où la poésie gît encore à l'état brut.
« Quand je me réveillai, écrit Kessel, une minuscule gazelle couleur de châtaigne,
avec deux aiguilles pour cornes et deux dés de velours pour sabots, se promenait
autour de mon lit. » et c'est bien dans ce paysage spirituel de tapisserie de Dame
à la Licorne qu'il faut situer ce voyage.
MECKERT (Jean) LA TRAGÉDIE DE LURS.
Y aura-t-il un procès Dominici ? Tout le monde le souhaite.
Il y a eu, la nuit du 4 au 5 août 1952, une tuerie à la fois stupide et monstrueuse.
Une famille de touristes anglais a été assassinée à proximité de la Grand'Terre.
Un vieillard de soixante-dix-sept ans, père de neuf enfants, travailleur
irréprochable, est accusé de ce triple assassinat.
Si tout cela n'est qu'un jeu, s'il faut absolument condamner ou absoudre, cet
homme-là peut servir de monstre ou de martyr.
Est-il l'un ou l'autreJe n'en sais rien.
J'ai essayé de dire pourquoi je n'en savais rien et pourquoi, si j'étais juré et si
j'avais à me prononcer sur les pièces accusatrices fournies par toute la presse, je ne
saurais condamner GastonDominici.
Quoi qu'il en soit, j'ai écrit ce livre parce qu'il y avait un sujet, parce qu'il y avait
des hommes et parce qu'il y avait un problème.
On connaît le sujet. Sur le plan esthétique et émotionnel, il est étonnant. On ne
peut rien à ça, l'esthétique et la morale n'ont pas toujours les mêmes sommets.
On connaît aussi les personnages, à commencer par les victimes. Il est bien évident
que les victimes doivent être vengées.
Et, après tout- c'est là tout le problème, mieux vaut peut-être un assassin
douteux que pas d'assassin du tout ?
Je crois fermement que la tragédie de Lurs aura un cinquième acte.
Jean MECKERT.
NEUVECELLE (Jean) ÉGLISE, CAPITALE VATICAN.
Collection « L'Air du Temps »,
dirigée par Pierre Lazareff.
Ce livre n'est ni un traité théologique, ni une histoire de l'Église. Ce n'est pas
une description de la Cité du Vatican, ni la biographie d'un pape. C'est le récit
d'un témoin qui a vu tourner les principaux rouages de la haute administration
de l'Église catholique. Il s'est posé alors nombre de questions comment le pape,
les cardinaux, les congrégations, comment la Curie gouverne-t-elle les quatre cent
soixante-dix millions de catholiques ? Comment, de son palais du Vatican, le chef
de l'Église exerce-t-il sa souveraineté sur ses fidèles épars dans le monde entier ?1
Qu'est-ce que le pape ? Qu'est-ce qu'un évêque ? Qu'est-ce qu'un office ?
Comment fonctionne la Secrétairerie d'Etat ? Quel est le «train de vie » dss princes
de l'Église ? Comment se déroule, dans l'intimité de la vie privée et dans les fastes
liturgiques, l'existence d'un pape ? Comment est-il élu au conclave et quelles sont
les cérémonies grandioses qui célèbrent son couronnement et sa mort ? Où en est
la réforme des ordres religieux? Y a-t-il un problème du laïcat catholique ? Et
beaucoup d'autresquestions.
L'objectif du témoin n'est pas de donner à ces interrogations des réponses
théoriques. C'est en regardant vivre les grands et les petits personnages de la Curie que
l'auteur a essayé peu à peu de préciser le rôle et 1a fonction de chacun et de dégager
les principes qui inspirent l'action de l'Église,BULLETIN DE JUIN 1954
Enfin: par delà les aspects visibles de celle-ci, l'auteur rappelle la doctrine de
l'Église, à laquelle tous peuvent appartenir si leur quête de la vérité est sincère et
profonde, qu'ils soient catholiques ou orthodoxes, protestants, juifs ou «sans
confession ».
Il semble inutile d'ajouter, après ce qui précède, qu'il ne s'agit ici ni
d'apologétique, ni, encore moins, de polémique, mais de pure information.
L'auteur est né à Neuvecelle (Haute-Savoie), de là le choix de son pseudonyme.
Son enfance se passa entre le lac Léman, la mer Caspienne et le Tibre. Collégien
en Suisse, étudiant en Provence et en Alsace, agrégé à Paris, professeur en Beauce,
correspondant de Combat à Rome, il est, depuis quelques années, envoyé spécial
permanent d'un grand journal du soir et du journal parlé de la R. T. F. en Italie.
Relatant au jour le jour l'événement et le fait divers, il entreprend de temps en
temps, au gré de l'actualité, des enquêtes et des reportages qui permettent
d'approfondir un problème ou de brosser un tableau. C'est ainsi que, franchissant les
frontières de la Cité du Vatican et impressionné chaque fois par l'Univers,
émouvant à maints égards et souvent pittoresque, qu'y découvre un voyageur familier
des lieux, il a entrepris de porter un «témoignage » d'ensemble sur la vie de la
Curie.
TRADUCTIONS
SHAPIRO (Henry) L'U. R. S. S. APRÈS STALINE.
Traduit de l'américain par Patrick Luneau.
Collection « L'Air du Temps »,
dirigée par Pierre Lazareff.
La mort de Staline marquait la fin d'une 4re et le début d'une époque nouvelle du
régime soviétique. Une dictature personnelle indiscutée d'un quart de siècle,
s'étendant sur un sixième des territoires du globe, se trouvait remplacée par un.
nouveau système de gouvernement, sans précédent dans un régime totalitaire le
gouvernement d'un comité. Ce gouvernement de «commandement collectif »,
selon l'euphémisme soviétique, est à l'origine d'une série d'importantes réformes
intérieures, qui ont eu de profondes répercussions, tant dans le monde non
communiste que dans l'univers soviétique.
L'apparition de ce qu'on a appelé le « New Look » en Union soviétique, et ses
répercussions dans le monde entier sont décrites dans ce volume, avec une
incomparable autorité, par Henry Shapiro, doyen des correspondants étrangers à Moscou.
L'auteur a vécu près de vingt ans en Union soviétique, il a pu voyager à travers
tout le pays et a été témoin de tous les événements importants de ces dernières
années. En tant que directeur du bureau de l'United Press à Moscou, il assista aux
débuts de l'industrialisation et de la mise en pratique du collectivisme sous le règne
deStaline. Il entendit Georges Malenkov révéler son plan de réforme de la politique
économique et agricole. Il était présent aux procès politiques pour trahison de
1930; il assista aux batailles cruciales sur le front germano-russe, suivit l'Armée
Rouge jusqu'à Berlin, et il se trouvait à Moscou lors de l'arrestation du chef
de la police, Lavrenti Béria.
C'est sur cet extraordinaire arrière-plan que Shapiro fait ressortir le
bouleversement provoqué par la mort de Staline et le caractère de la succession
collective; et il donne un compte rendu des événements au cours de la première
année de ce nouveau régime.
Ya-t-il vraiment un « New Look » dans la Russie de Malenkov ? Qui dirige
maintenant l'Union soviétique ? L'armée joue-t-elle un rôle, et lequel, dans cette nouvelle
distribution des pouvoirs ? La religion occupe-t-elle une place dans la vie des Soviets ?
Où en sont l'art, la littérature et la science en U. R. S. S. ? Quel est le standard de
vie du citoyen soviétique ? Et quelles sont les perspectives d'une paix mondiale?
Tels sont, entre autres, les problèmes dont traite l'auteur et auxquels il a essayé de
donner une réponse, basée sur l'expérience exceptionnelle qu'il a pu acquérir sur
place pendant de longues années.BULLETIN DE JUIN 1954
HISTOIRE
LEROY (Maxime) HISTOIRE DES IDÉES SOCIALES EN FRANCE.
III. D'AUGUSTE COMTE A. P.-). PROUDHON.
Collection « Bibliothèque des Idées ».
Ce volume, qui est le troisième de l'Histoire des Idées sociales en France,
introduit le lecteur aux origines immédiates du social au milieu duquel nous vivons,
à ces origines qui ne cessent d'être l'occasion de controverses passionnées comme
s'il s'agissait de faits de la plus brûlante actualité février et juin 1848, la première
Internationale ouvrière, qui date de 1864, la Commune y sont étudiés tout à la
fois dans leur originalité singulière et dans leurs connexions politiques et sociales.
Mais ce ne sont pas seulement des faits que Maxime Leroy décrit et explique
des hommes significatifs ont également retenu son attention. Des faits, des hommes,
et aussi des doctrines. L'idée de grève, l'idée de révolution, l'idée de l'homme, les
premiers exposés du syndicalisme ouvrier, l'idéologie du crime politique ont leurs
pages explicatives. Tout le grand mouvement social qui, né au début du XIXe siècle,
aboutit à la Semaine Sanglante de 1871 est ainsi représenté dans sa prodigieuse
variété, succession de moments dramatiques que l'auteur a définis dans leur mobile
diversité historique.
Rien de mécanique dans ce social aux yeux de Maxime Leroy, qui a étudié ces
faits et ces doctrines sans jamais oublier de signaler leurs rapports avec l'humain
aux multiples visages. D'où l'importance donnée par l'auteur à Auguste Comte,
à Blanqui, à Barbès, à Cournot, à George Sand, à Tolain, à Hugo, à Flaubert, à
Proudhon, à Vallès, et tant d'autres, parfois à Marx, dont ce n'est d'ailleurs pas
encore l'heure.
On peut dire, àcertains égards, que ce livre, où nesont négligées ni la philosophie
ni la littérature, est, dans toute la mesure où il déborde son objet principal,
l'exposition détaillée des péripéties économiques et idéologiques de 1848 à 1871, et une
véritable contribution à l'étude de l'esprit humain.
Le grand historien du romantisme social, David Owen Evans, a salué cette œuvre
« aux vastes horizons » en disant « Nous pensons que la science et l'humanité de
l'auteur honorent la France.» (Revue d'Histoire économique et sociale, n° de 1953.)
Rappelons que les deux premiers volumes de l'ceuvre magistrale de Maxime Leroy
se rapportent aux périodes suivantes 1. De Montesquieu à Robespierre. Il. De Babeuf à
Tocqueville.
SCIENCES
TRADUCTIONS
MANKER (E.) LES LAPONS DES MONTAGNES SUÉDOISES.
Traduit du suédois par I. et J.-P. Lehman.
Collection « Géographie humaine »,
dirigée par Pierre Deffontaines.
E. Manker, conservateur au Musée nordique de Stockholm, est actuellement un
des savants les plus qualifiés en ethnologie lapone il dirige une publication
spécialement consacrée aux Lapons Acîa Lapponica. Les Lapons des montagnes suédoises
a été publié en suédois par les soins du Touring-Club de Suède et résume notre
savoir au sujet de ce peuple.
Après avoir rappelé quelques récits des premiers voyageurs européens qui sont
entrés en contact avec les Lapons, l'auteur fait le point des connaissances acquises
et discute un certain nombre de problèmes non encore résolus à quelle conclusion
la préhistoire nous permet-elle d'aboutir concernant l'origine des Lapons ? Quelles
sont les affinités raciales de ce peuple ? De quelle langue le lapon se rapproché-t-il T?
L'existence des Lapons, essentiellement fondée sur Pélevage.du renne, est décrite
ici avec cette précision, cette compréhension et cette vivacité que seule permet
la connaissance profonde d'un peuple. L'auteur, enfin, étudie les goûts artistiques,
les croyances religieuses, morales et magiques de ces nomades fort mal connus du
public français, le précédent ouvrage sur les Lapons traduit en notre langue datant
du XVII* siècle.BULLETIN DE JUIN 1954
PUBLICATIONS DU 15 AVRIL
AU 15 MAI
(Renseignements bibliographiques.)
On trouvera ici tous les renseignements bibliographiques sur les ouvrages v
effectivement parus du 15 avril au 15 mai 1954 et dont l'analyse a été publiée
dans l'un de nos précédents bulletins ou dans le présent bulletin.
POÉSIE
TARDIEU Jean.Une Voix sans Personne. 128 p., in-16
jésus. Collection blanche 350 fr.
-v 45 ex. numérotés sur pur fil. Lafuma
Navarre.. l.200fr.
LORCA Federico Garcia Poésies, I. Livre de Poèmes. Premières chansons.
Chansons. Poème du Cante Jondo. Traduit
de l'espagnol par André Belamich et
r Pierre Darmangeat. 304 p., in- 16 double
couronne. Collection blanche. 520 fr.
750 ex. numérotés sur alfama Marais.
Collection « Œuvres Complètes de
Lorca », tome 1 1.100 fr.
ROMANS
AUDIBERTI Jacques. Les Jardins et les Fleuves. 400 p., in-16
double couronne. Collection blanche.. 800 fr.
50 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre. 2.400 fr.
HERMENT Georges Les Brise-Fer. 376 p., in-8° soleil.
Collection blanche 750 fr.
30 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 2.500 fr.
MARGERIT Robert Le Château des Bois-Noirs. 264 p. in-16
double couronne. Collection blanche. 480 fr.
35 ex. numérotés sur pur fil Lafuma 1.500 fr. (épuisé).
MORPHÉ Jean-Pierre L'Infante aux Manches de Lustrine.
et PHILIPP Aurélien. Introduction à la Vie administrative. 352 p.,
in-8° soleil. Collection « L'Air du
Temps » 650 fr.BULLETIN DE. JUIN 1954
LA A
Nouvelle Re
REVUE MENSUELLE DE )«
Rédacteurs en chef JEAN PAULHAN, MARCEL As
publiera dans s.
GUILLAUME APOLLINAIRE La Quatrième Journée.
RAYMOND ARON La Philosophie de l'Histoire.
ANTONIN ARTAUD Fragmentations.
GEORGES BATAILLE L'Au-delà du Sérieux.
ÉDITH BOISSONNAS. Le grand Jour. BRAQUE Nouveaux Propos.
ALBERT CAMUS La Pierre qui pousse.
ANDRÉ CHAMSON Le Chiffre de nos Jours.
REN CHAR Poèmes.
RENÉ DAUMAL La Transmission de la Pensée.
PAUL DESMETH. Un Miroir, Souvenir.
NOEL DEVAULX Bal chez Alféon!.
MIRCEA ELIADE Le Mythe du bon Sauvage.
ÉTIEMBLE Mots d'Enfant.
GALILÉE Lettres.
MAX JACOB Trois nouveaux Figurants.
PAUL LÉAUTAUD Journal littéraire.
RENÉ LERICHE La Conscience végétative.
ANDRÉ MALRAUX La Métamorphose des Dieux III.
KATHERINE MANSFIELD Lettres inédites.
HENRI MICHAUX Témoin, qu'as-tu fait de tes Yeux?
JEAN PAULHAN Les Douleurs Imaginaires.
FRANCIS PONGE Textes.
MARCEL PROUST Carnets Inédits.
H.-CH. PUECH A propos de l'~ven8iie de Vérité.
RAYMOND RADIGUET. Poèmes inédits.
ANDRÉ SUARËS Le Paraclet.
JULES SUPERVIELLE Le Jeune Homme des autres Jours.
PAULVALÉRY. Lettres.
des poèmes, essais et récits de
Arthur Adamov, Béatrix Beck, Julien Benda, Marc Bernard, Marcel Bisiaux, Yves Bonnefoy,
Léon Bopp, Henri Bosco, André Breton, Louis de Broglie, Roger Caillois, L.-F. Céline,
Jacques Chardonne, E.-M. Cioran, Ch.-A. Cingria, Paul Claudel, Michel Cournot, F.
Crommelynck, André Dhôtel, Jean Follain, L.-R. Des Forêts, L. Dormandi, Paul Gadenne, Pierre
Gascar, Jean Giono, Julien Gracq, Julien Green, Jean Grenier, Jean Grosjean, Jean
Guéhenno, LouisGuilloux, Franz Hellens, E.lonesco, Philippe Jaccottet, Marcel Jouhandeau,
Georges Lambrichs, Valery Larbaud, Georges Limbour, Armen Lubin, Félicien Marceau,
Roger Martin du Gard, Louis Massignon, Henry de Montherlant, Paul Morand, Roger Nimier,
Norge, Brice Parain, Georges Poulet, Jean Rostand. Saint-John Perse, Nathalie Sarraute,
Georges Schehadé, Jean Schlumberger, A.-M. Schmidt, Jean Tardieu, Michel Vinaver.
des textes de:
Gottfried Benn, Jorge Borges, George Borrow, Thomas Brown, Dostoievski, Lewis Carroll,
William Faulkner, William Goyen, Kafka, Henry Miller, Robert Musil, Alexis Remlzov,
R.-M. Rilke, Strindberg, Dylan Thomas, Giuseppe Ungaretti.
de vieux textes français; et des inédits de
Benjamin Constant, L.-P. Fargue, Flaubert, André Gide. Mérimée, Péguy, Marcel Proust,
C.-t-. ~amu<. Jules Renard, A. de Saint-Exupéry, Paul Valéry.BULLETIN DE JUIN 1954
^VELLE
ue Française
NATURE ET DE CRITIQUE
;I1D. Secrétaire de Rédaction DOMINIQUE AURY
,chains numéros
Jean Paulhan et Marcel Arland reçoivent le mercredi, de 5 à 7 heures.
Lo Revue n'est pas responsable des manuscrits qui lui sont adressés.
Les auteurs non avisés dons un délai de trois mois de l'acceptation de leurs
manuscrits peuvent les faire reprendre ou bureau de la Revue, où ils restent à leur
disposition pendant un an.
Les manuscrits occompognes des timbres nécessaires pour les frais de poste sont
seuls retournés à leurs auteurs.
Pour tout changement d'adresse, prière d'adresser la dernière bonde et la somme
de 20 fr.
Tout abonné à la Nouvelle N. R. F. qui nous enverra l'adresse d'un
nouvel abonné d'un an, accompagnée du montant de cet
abonnement, recevra, sur sa demande, un volume à son choix du
fonds des Éditions Gallimard, d'une valeur égale ou inférieure
à 1.000 francs.
BULLETIN D'ABONNEMENT
Veuillez m'inscrire pour un abonnement de un on six mois, à l'édition ordinaire
de luxe de La Nouvelle Nouvelle Revue Française, à partir du Ier 19
Ci-joint mondât chèque de FRANCE ET UNION étrami-ebFRANÇAISE tlKANOtK
Je vous envoie par courrier de
ce jour chèque postal de Édition de luxe
Veuillez faire recouvrer à mon 4.500 fr. 5.000 fr' UN AN
domicile la somme de Édition ordinaire
1.950 fr. 2.450fr. UN AN
(majorée de 46 francs pour frais 1.000 fr. 1.250 SIX MOIS
recouvrement à domicile). VENTE AU NUMÉRO195 fr.
le 19.
Nom SIGNATURE
Adresse • Rayer les indications !nutile$.
Détacher le bulletin ci-dessus et l'adresser à votre libraire habituel ou au Service
Abonnement de LA NOUVELLE NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 5, rue
SébastienBottin, PARIS-VU». Compte Chèque postal 169-33. Téléph. Littré 28-91, 92 et 93.
Adr. télégr. Enerefene Paris. R. C. Seine 35-807.
NBULLETIN DE JUIN 1954 4
STÉPHANE Nelly Le Pauvre Vincent. 344 p., in-16 double
couronne. Collection blanche. 690 fr.
35 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.900 fr.
VRIGNY Roger Arban. 264 p., in-16 double couronne.
Collectionblanche. 520 fr.
60 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.500 fr.
TRADUCTIONS
GŒTHE Romans. Les Souffrances du jeune
Werther. Les Affinités électives. Wilhelm
Meister. (Les Années d'Apprentissage. Les
Années de Voyage.) Traductions et Notes
par Bernard Groethuysen, Pierre Du
Colombier et Biaise Briod. Préface de
Bernard Groethuysen. 1.420 p., in-16 6
double couronne. Collection «
Bibliothèque de la Pléiade », reliure pleine
peau, sous emboîtage en matière
plastique transparente 2.500 fr.
SVEVO Italo La Conscience de Zeno. Traduit de
l'italien par Paul-Henri Michel. 372 p., in-8°
soleil. Collection « Du Monde Entier ». 750 fr.
60 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 2.000 fr.
CHRONIQUES
PERRET Jacques. Cheveux sur la Soupe. 256 p., in-16 double
couronne. Collection blanche. 450 fr.
60 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre. 1,300 fr. (épuisé).
DOCUMENTS
BEAUVOIR Simone de L'Amérique au jour le jour. 384 p., hors
série, in-8°soleil 750 fr.
THÉATRE
ROYJules Les Cyclones. 3 actes, suivis d'une Lettre
à un Enfant de Lumière. 208 p. in-16 double
couronne, Collection blanche 420 fr.
60 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.250 fr.
SALACROU Armand. Théâtre, VI. L'archipel Lenoir ou II ne faut
pas toucher aux Choses immobiles. Note sur la
Vie et la Mort de Charles Dullin. Poof.
Notes sur mes Certitudes et Incertitudes
morales et politiques. Dieu le savait, où
La Vie n'est pas sérieuse. 320 p., in-16
double couronne. Collection blanche. 570 fr.
30 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.800 fr.BULLETIN DE J UIN 1954
ESSAIS *
GUILLEMIN Henri. Hugo et la Sexualité. 148 p., in-16 double
couronne. Collection blanche. 300 fr.
30 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 1.200 fr.
STRAUSS Léo De la Tyrannie (traduit de l'anglais par
Hélène Kern), précédé d'Hiéron, de
Xénophon, et suivi de Tyrannie et Sagesse,
d'Alexandre KOJEVE. 352 p., in-16
double couronne. Collection « Les
Essais » 690 fr.
BIOGRAPHIE
BOSWELL James. La Vie de Samuel Johnson. Traduit de
l'anglais par J.-P. Le Hoc. 424 p., in-8o
carré. Collection blanche. 900 fr.
30 ex. numérotés sur pur fil Lafuma
Navarre 2.700 fr.
ÉDITIONS ILLUSTRÉES
PÉGUY Charles Ève première mortelle. 64 p., format
12 x 19, avec 33 illustrations en
couleurs de Nathalie Parain, sous
couverture rempliée en couleurs. 500 fr.
SÉRIE NOIRE
CHAZE Elliott Il gèle en Enfer. Traduit de l'américain par
Bruno Martin.
CAMERON Don. Faits d'Hiver. Traduit de l'américain par
Bruno Martin.
CHASE James Hadley Rien ne sert de mourir. Traduit de
l'anglais par L. Brunius.
BREWER Gil Satan est une femme. Traduit de
l'américain par Maurice Tourneur.
Chacun de ces quatre volumes. 220 fr,BULLETIN DE JUIN 1954
ENTRÉES AU CATALOGUE
N. R. F.
CALET Henri. Les Grandes Largeurs. 190 fr.
CLAUDEL Paul Paul Claudel interroge le Cancique des Cantiques. 850 fr.
MARCEAU Félicien. Chasseneui! 390 fr.
Chair etCuir. 450 fr.
Casanova ou L'Anti DonJuan 400 fr.
BIBLIOTHÈQUE DE LA PLÉIADE
GŒTHE ROMANS.
Les Souffrances du jeune Werther. Les Affinités électives. WSIhelm Meister
(Les Années d'Apprentissage. Les Années de Voyage).
Traduction et Notes de BERNARD GROETHUYSEN, PIERRE DU COLOMBIER
et BLAISE BRIOD. Préface de BERNARD GROETHUYSEN.
1.420 pages in-16double couronne, reliure pleine peau, présentation sous
emboîtage en matière plastique transparente 2.500 fr.
Après le Théâtre de Goethe, la. Bibliothèque de la Pléiade se devait de réunir
en un volume les Romans du plus grand génie littéraire qu'ait jamais eu l'Allemagne.
On trouvera donc ici Les Souffrances du jeune Werther, Les Affinités électives,
Wilhelm Meister (Les Années d'Apprentissage et Les Années de Voyage).
Bernard Groethuysen, avant de mourir, avait consacré à chacun de ces romans
une introduction où il rappelait succinctement les circonstances qui présidèrent
à leur composition, donnait des repères biographiques et formulait quelques
remarques exhaustives sur les œuvres proprement dites. On a rassemblé ces
introductions elles ouvrent le volume et constituent la meilleure préface possible.
C'est au même Bernard Groethuysen que l'on doit la traduction des Souffrances
du jeune Werther. Les Affinités électives ont été traduites par Pierre Du Colombier,
et Wilhelm Meister par Blaise Briod.
Les nombreuses notes qui accompagnent ces romans ont été établies par les trois
traducteurs respectifs.
RELIURES D'ÉDITEUR
d'après la maquette de PAUL BONET.
ARAGON Louis. L'Homme Communiste, II (édition originale).
500 exemplaires numérotés suralfama Marais. 1.480 fr.
d'après la maquette de MARIO PRASSINOS.
NOUVEAU Germain. Œuvres Poétiques, (Premiers Vers. Dixains réalistes.
Notes parisiennes. La Doctrine de l'Amour). 500
exemplaires numérotés sur vélin labeur 1.480 fr.BULLETIN DE JUIN 1954
ARMAND SALACROU
de l'Académie Goncourt
THÉÂTRE, VI
L'ARCHIPEL LENOIR, ou IL NE faut PAS TOUCHER AUX CHOSES IMMOBILES
Note sur la Vie et la Mort de Charles Dullin
POOF (Comédie-Ballet)
Note sur mes Certitudes et Incertitudes Morales et Politiques
DIEU LE SAVAIT, ou LA VIE N'EST PAS SÉRIEUSE
Un volume in-16double couronne. 570 fr.
30 ex. numérotés sur pur fil Lafuma Navarre. 1.800 fr.
La « Note sur Charles Dullin » a suscité le dialogue suivant
Paul Claudel répond à Armand Salacrou. 30 avril 1954.
Cher monsieur Salocrou,
Votre article du Figaro Littéraire peut à bondroit me paraître une réponse à la petite lettre que je vous
ai adressée autrefois à l'occasion de la mort de notre pauvre ami Charles Dullin. Vous trouverez donc naturel
que je vousfosse part des quelques réflexions qu'elle m'a suggérées.
Je remarque d'abord que vous ne paraissez pas installé dans vos « certitudes » avec la sécurité dont le
défunt André Gide essayait de donner l'impression. Ce que vous appelez votre « paradis déterministe »
ressemble beaucoup à un enfer, « l'ancien », mois oui, celui que je connais bien et où j'ai fait moi-méme
autrefois une « saison ». Ainsi parle Arthur Rimbaud, et il ajoute « celui dont le Fils de l'Homme a ouvert
les portes », des portes qui, depuis, quoi que vous en pensiez, ne se sont pas refermées. Que voulez-vous?
Comme l'esprit est fait pour la vérité, le cœur humain est fait pour l'espérance et pour la joie, et il souffre
d'en être dépossédé.
Le Huis clos, l'Enfer sur terre, est-ce là vraiment notre destinée inexorable, irrécusable? Pascal et bien
d'autres n'en étaient pas aussi surs que vous. Le Huis clos n'est pas si clos que n'y pénètrent les échos de la
Neuvième Symphonie.
Les deux grands problèmes religieux sont Dieu et Jésus. Or ni pour l'un ni pour l'autre, après des siècles
de discussion, on ne peut dire que l'évidence soit du côté de la négation.
Je sois, il y a aussi le problème du mal, dont on ne peut nier la gravité. Job l'avait posé, il y a des milliers
d'années, et il y avait répondu par l'affirmation héroïque « Je crois que mon rédempteur vit »1
Et, en effet, ce rédempteur est venu, et de notre souffrance humaine, en l'assumant dans sa propre chair,
il a eu la prétention de faire un instrument de salut, « Ne pouvez-vaus veiller une heure avec Moi
?»C'està-dire Ne pouvez-vous me faire une heure de crédit ?Ne pouvez-vous avoir assez de confiance pour garder
une heure à mon égard une position de suspens? ce suspens qui, chez les croyants, s'appelle la foi, la foi
en quelqu'un qui tout de même a fait quelque chose pour la mériter.
Vous dites d'une part que le monde est absurde et d'autre part qu'il est soumis à un déterminisme
rigoureux, que vous assimilez à celui d'une mécanique, mais la mécanique est la négation même de l'absurdité,
sans quoi elle ne marcherait pas. Le propre d'une machine est d'être construite étroitement en vue d'une
fin déterminée. Quelle est la fin de la machine Armand Salacrou et de la machine Paul Claudel? Et, sans
liberté, que devient le métier des pauvres auteurs dramatiques? Voilà ce qu'on appelle un argument ad
hominemI
Croyez, cher monsieur Solacrou, à mes meilleurs sentiments. Paul CLAUDEL.
Salacrou questionne encore
Paris, 4 mai 1954.
Cher monsieur Claudel,
Votre lettre m'est communiquée dans l'instant où Je m'apprêteàprendre un train que je ne veux pas rater.
Tout de suite, je tiens à vous dire que les pages lues dans Le Figaro Littéraire ne sont pas un article pour
commenter votre billet sur la mort de Charles Dullin, mais quelques extraits d'une longue note où je me suis
loissé aller d raconter certains épisodes de mo vie et à montrer un aspect de mon passage sur la Terre. Cette
note en son entier paratt jeudi chez votre éditeur, M. Gaston Gallimard, et il serait injuste de me juger
seulement sur des fragments.
C'est l'anthropomorphisme dé la religion qui m'a, hélas I éloigné de la foi. Cette nuit, je lisais des pages
de La Cité de Dieu, et je m'étonnais encore de voir un si grand esprit s'emberlificoter dans des niaiseries,
précisément d cause de cet anthropomorphisme. Je vous renvoie aux chapitres XIX et XX du livre XXII.
Mais entre un homme qui croit et un autre qui ne croit pas, le dialogue s'apparente toujours un jeu
pathétique et dérisoire.
Néanmoins j'aimerais entendre votre réponse à ce hurlement de terreur, pour moi sons réponse, de la
petite fille violée à Rome et dont je raconte l'histoire dans cette note sur mes Certitudes et mes Incertitudes.
Cette histoire est un des chopitres, je le sois, de l'éternel problème du Mal, mals posé en des temps où le
Diable n'était pas là pour le prendre sur les épaules, et où Jupiter avait seul la parole dans un ciel encore
sans Croix.
Veuillez, cher monsieur Claudel, dons ces lignes écrites très vite près d'une valise, trouver, avont tout, avec
l'envie que je porte à vos heureuses Certitudes, un témoignage de mon admiration.
Armand SALACROU.
Ces deux lettres ont paru dans « Le Figaro Littéraire » du 8 mai1954.BULLETIN DE JUIN 1954
ŒUVRES COMPLÈTES
DE PAUL CLAUDEL
Textes établis par ROBERT MALLET sous la direction de l'auteur.
VIENT DE PARAITRE
TOME VII. THÉATRE, Il.
La Ville (première et seconde versions). La Jeune Fille Violaine (première et
seconde versions).
Un volume de 440 pages au format in-8° carré, avec un portrait de Paul Claudel
à 57 ans en frontispice (simili).
50 ex. sur vélind'Arches\ (épuisé). 6.000 fr.
150 ex. sur vélin pur fil Lafuma Navarre 3.800 fr.
1.300 ex. sur vergé des Papeteries de Voiron 2,450 fr.
VOLUMES DÉJÀ PARUS
TOME I. POÉSIE,
Premiers vers. Vers l'Exil. Cinq grandes Odes et Processionnal pour saluer
le Siècle nouveau. La Cantate à trois Voix. Corona Benignitatis Anni Dei.
Ex. vélin pur fil 2.100 fr.Ex.vergé 1.200 fr.
TOME II. POÉSIE, Il
La Messe là-bas. L'Offrande du temps. Feuilles de Saints. Poèmes de Guerre.
Visages radieux. Poésies diverses (dont plusieurs inédites).
Ex. vélin pur fil 4.800 fr. Ex.vergé 2.900 fr.
TOME III. EXTRÊME-ORIENT, I
Connaissance de l'Est. L'Oiseau noir dans le Soleil Levant.
Ex. vélin purfil 3.300 fr.Ex.vergé 1.950 fr.
TOME IV. EXTRÊME-ORIENT, Il
Sous le signe du Dragon. Cent Phrases pour Éventails. Poèmes d'après le
Chinois. Dodoitzu. Écrits divers.
Ex. vélin purfil. 3.800 fr.Ex. vergé 2.450 fr.
TOME V. CONNAISSANCES
Art poétique. La Physique de l'Eucharistie. Figures et Paraboles. Quelques
planches du Bestiaire spirituel. Le Symbolisme de la Salette. Appendices.
Ex. vélin pur fil 2.950 fr. | Ex. vergé 1.750 fr.
TOME VI. THÉATRE, 1
Dédicace (Poème). L'Endormie. Fragment d'un Drame.
Tête d'Or (première et seconde versions).
Ex. vélin pur fil 3.600 fr. | Ex.vergé 2.250 fr.
•'
Le tirage sur vélin d'Arches est épuisé pour toute la collection.