Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

La Nouvelle Revue Française N' 117 (Septembre 1962)

De
196 pages
Robert Delavignette, L'Antenne
Daniel Boulanger, Vessies et lanternes
Francis Ponge, Ŕ la gloire de Fautrier
Claude Ollier, La foule ŕ Times Square
Michel Léturmy, La Discipline (I)
John Cowper Powys, Shirley (Fin)
Chroniques :
Maurice Blanchot, Ętre Juif (Fin)
Philippe Jaccottet, Non pas un temple
Jean Duvignaud, La Caverne
Norbert Guterman, Faut-il retraduire Phčdre?
René de Solier, Figures de Corot
Notes : littérature et essais :
Michel Boulanger, Les Douze Césars, par Suétone (Buchet-Chastel)
Robert Abirached, Le Drame albigeois et le Destin français, par Jacques Madaule (Grasset)
Henry Amer, Eugčne Süe, par Jean-Louis Bory (Hachette)
Frantz André Burguet, Instantanés, par Alain Robbe-Grillet (Éditions de Minuit)
Roger Judrin, L'Arbre, par Jacques Brosse (Delpire)
Notes : le roman :
Willy de Spens, Le Trésor des Contes, XII, par Henri Pourrat (Gallimard)
Roger Judrin, Derničres pensées d'un amoureux, par Jean Cassou (Albin Michel)
René Micha, Le Roman de Blaise, par Frantz-André Burguet (Gallimard)
Notes : lettres étrangčres :
Odile de Lalain, Le Marquis de Bolibar, par Leo Perutz (Albin Michel)
Willy de Spens, Le Sičcle des Lumičres, par Alejo Carpentier (Gallimard)
André Miguel, La Dérive, par Hans Erich Nossack (Gallimard)
Notes : le cinéma :
Claude Ollier, Le Baiser du tueur, de Stanley Kubrick
Notes : lectures :
André Miguel, En deçŕ, au delŕ, par Monique Apple (Denoël)
Philippe Jaccottet, Plein pouvoir, par Carlo Masoni (Éditions du Verseau)
Philippe de Saint-Robert, Le Monde ŕ la mort de Socrate, par Michel Mourre (Hachette)
Robert André, Logique et morale du diagnostic, par Jean-Charles Sournia (Gallimard)
Philippe de Saint-Robert, Les aveux infidčles, par Jacques de Bourbon-Busset (Gallimard)
Willy de Spens, De la rive étrangčre, par Claire Sainte-Soline (Grasset)
Jacques Chessex, La Vie ręvée, par François-Régis Bastide (Le Seuil) - Le Nyctalope, par Antoine Tudal (Julliard)
Willy de Spens, Les lentes nuits, par Françoise des Ligneris (Grasset)
André Miguel, Un été acide, par Pol Vandromme (Éditions Pierre de Méyčre)
Willy de Spens, Pour vivre ici, par Juan Goytisolo (Gallimard)
Les revues :
Jean Guérin - Jean-François Revel, Ŕ l'éloge de la peinture
William Butler Yeats, Deux počmes
Jean Guérin - Carlo Emilio Gadda - Elio Vittorini, Un texte de Gadda
Jean Guérin, Divers
Anonymes, Notes
Le temps, comme il passe :
Georges Perros, Jours de l'an
Pierre Delisle, La Pierre, le Vent
Georges Ottino, Pascal et Dostoďevsky
Jérôme Peignot, Oů il est démontré que les lunettes d'approche ne sont pas des loupes
Le mois :
Suzanne Martin, Le cheval bleu
Roger Judrin, Les écrivains et les femmes
Jean Grosjean, Armoire
Robert André, En font-ils de la musique?
Jean-Yves Tadié, Impressions d'Égypte
Ange Christine, Préface au dix-huitičme sičcle
Textes :
Roger Gilbert-Lecomte, L'Horrible Révélation... la seule
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

LANOUVELLE REVUEFrançaise
L'ANTENNE
Encetétéalgériende1957,jevisitaiuneAntennede S.A.S.QuesignifiaitcetteAntenne-là?Pourmieuxla montrer,jedoisd'abordévoquerla pistequim'y conduisit. DepuisAlger,notrejeepmilitaireroulaitdansune campagnepacifique,dontl'ordonnancen'était,enappa-rence,troubléeparaucuneguérilla.Noustraversions desvillagesquisemblaientplusfrançaisquemaugrébins. Ilneleurmanquaitnileclocheretlamairie,nil'école etlemonumentauxmorts.Brusquementnoussor-tîmesdelachausséeetnousexécutâmesplusqu'un simplevirage,unvéritablesautdecôtépourenfiler lapistequimontaitaudjebel,quis'enfonçaitaudjebel. Cefutlafindeschampsenlanièresperpendiculairesà laroute,desvignoblesrectangulairesauxcepsbien alignés,desvergersd'agrumes,delaterrecultivéequi enclavaitetdécoraitdesamarqueterieleshabitations dupeuplecolon.Etledjebelvintsurnous. Quelquestoursderouem'avaientprécipitéaucœur d'unmondetrèsdifférentdeceluiquejevenaisdequit-ter.C'étaitunemisère,uneduretéquelespiresruellesde laCasbahalgéroisenem'avaientpaslaissésoupçonner. C'étaituneautreAlgérieetquim'imposaitsondénue-
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
ment.Parfois,àdemi-masquéepardeslentisques,une masuresansfenêtresurgissait,stèle dansunossuaire souslecielplombé.Lesreplisdecereliefdécharné dissimulaient-ilsdeslopinsarablesetdeshameaux hantéslejourparlesfellahs quisetransformaienten fellagaslanuit?Pasunetracedevie.Lajeepdégrin-golaitsoudain.Était-ceaucreuxd'unouedàsec?Elle seredressaitpourattaquerunerampeà picausommetde laquelleelletournoyaitunmomentàlarecherched'une incertainedirection.MonmaîtreGastonRoupnelcompa-raitlescheminsdenotreBourgognenataleàdelongs serpentspensifs.Lapiste,tantôtlovéetantôtdardée, mefaisaitbienpenseràunreptile,maisd'uneautre espècequelabourguignonne. L/algérienneétaitagressive jusquedanssesécailles,jeveuxdiredanssescailloux. Sioppressantequefûtcettecourse,j'yrespiraisquand mêmeuneétrangeliberté.J'éprouvaislasatisfactionde sentirquej'approchaisdelavérité.Jen'étaisplusdans l'atmosphèredesbureaux.C'étaitlamêmeliberté,la mêmevéritéquej'avaisgagnéejadis,aucoursderan-donnéesenAfriquenoire,duSénégalauNiger,dela Haute-VoltaauCameroun.Sihostilequeparûtle djebel,iln'étaitpeut-êtrepasfoncièrementennemi. J'allaisàlarencontredenossoldatsquicombattaient seshommesmaisenessayantdelesrallierànous.J'étais sûrquelanaturemêmedudjebelimposaitànossol-datscommeàleursadversairesunecommuneépreuve etunclimatcommun. Enfin,àforcedevirevolterdanslapierraille,dedéva-lementsenescarpements,nousatteignîmeslepitonl'Antennes'élevaitetdominaitl'horizon. Décrirai-jesesbâtiments?Desimplesbaraquesaux toitsdetôleetauxmursd'unmatériaupréfabriqué.La plusgrandecontenaitlachambrée,lapopote,quelques cellulesquiauraientétémonacalessansleurdécoration depin-ups.Lesautresbaraquesservaient,celle-cid'infir-
1,'ANTENNË
merie,celle-làdemagasin.Aucentre,lemâtdepavillon. Dansunangle,lemirador.Letoutencastrédansune double enceintedebarbelés.L'Antenneaffirmaitl'évi-dencedesafonctioncombattante,maiselleétaitaussi autrechosequ'unpostedeguerreetdeguet.C'étaitun desorganesessentielsdelaS.A.S. Qu'est-cequ'uneS.A.S.?Onsaitquelaterminologie del'Armée,commecelle detouteadministration publique,detoutesociéténationaliséeounon,etdetout partipolitique,estsoumiseauféchitismedesinitiales. S.A.S.estlesigledeSectionAdministrativeSpécialisée. Etqu'est-cequ'unetellesection?C'estl'institution fondée,après1954,pourluttercontrel'undesfléaux quicausérentl'insurrectionalgérienneencorelarvéeen 1954etvitedevenueunerévolution.Quelfléau?Lasous-administration,l'abandonvégétaientdespopulations entières,livréesàelles-mêmes,enproieàunefermen-tationignoréedelointainsbureauxqui,lorsqu'ilsdécou-vraientsoudainlaprofondeurdumal,lebaptisaient subversion.Lasous-administrationétaitquantitative etqualitative.Quantitativeparcequelesadministra-teursdubledoududjebeln'étaientpasennombre suffisantpourconnaîtretouslesvillagesdeleurcir-conscriptionetlesvisiteraumoinsunefoisl'an.Quali-tativeparcequ'ilsétaient,euxaussi,toutcommeleurs administrés,laisséssansmoyens,isolésetincompris dansunesituationdontilsnepouvaientfairesentirla gravitéauchef-lieuqu'enmettantencauselesystème dontlechef-lieuétaitl'émanation.LaS.A.S.devait reprendrelesproblèmesadministratifsàlabaseet d'abordlepremierdetouslaprésence.Elleavaità reconnaîtreleterrainetlemilieuhumain,etàlespro-tégerdansuncadredesécuritéenmêmetempsqu'à lesprépareràdenouvellesconditionsdevie.Améliorer leterrain,neserait-cequ'enrendantlapisteplusprati-cable.Aiderlemilieuhumainàsedévelopper,neserait-ce
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
qu'enouvrantuneécoleouenforantunpuits.Je retrouvaislestâchesquim'avaientétéfamilières enAfriquenoireetquiétaientlaraisond'êtredescom-mandantsdecercle,del'autrecôtéduSahara. MaislaS.A.S.étaitbienautrechosequ'uncercle d'Afrique-Occidentalefrançaisetransposé,mutatis mutandis,dansledjebel.Elleavaitpourmissionde lanceruntragiquemessageleS.O.S.1d'unmondequi coulaità picdanslamisère,lahaine,ledésespoir.Et cemessageserait-ilenfinentendu?Telleétaitlaques-tionqu'ellemeposaitàbrûle-pourpoint.Les villesque j'avaisquittéesaprèsquelquesheuresdejeep concentraientlestroisquartsdelapopulationeuro-péenned'Algérieetabsorbaientdansleurgonflement continuunnombrecroissantdemusulmans.Elles étaientlethéâtreseheurtaientlesdeuxcommunautés quiavaientpeurl'unedel'autreetquineparvenaient pasàformerensembleunecité.Surl'esplanadedudjebel l'AntennedelaS.A.S.émettaitsonS.O.S.,jeme demandaissilesvillesdéchiréesétaientenétatde réceptivitéetjem'interrogeaiségalementsurunpoint nonmoinsdouloureuxquiétaitdesavoirsil'Antenne avaitsucapterlalongueurd'ondedudjebel.N'étions-nouspascoincésentredeuxrefusopposésrefusdela villed'entendreledjebelquenousvoulionsreprésenter, etrefusdudjebelànotrevolontéd'êtresonreprésen-tant.Enparlantdel'AntenneetdelaS.A.S.jedisais toutnaturellementNous. I,esmotsontleurimportanceenpolitique.Leterme deSectionAdministrativeSpécialiséeconvenait-ilàla politiquedontelleétaitchargée?Lerôledeshommesde laS.A.S.,del'officierausimplesoldat,étaitderechercher lecontacthumainetderayonnersurledjebel.Quelle
i.ToutlemondeconnaîtlesigleS.O.S. lancéparunnavireenperdition.
Sauveznosâmes
1,'ANTENNE
chaleurhumaineémanaitdel'appellationS.A.S.?Nous voulonsattirer,rassembler,retenirlesgensdudjebel, leurprouverquenousavonsuneespérancedetravailà mettreencommunaveceux,ettoutcequenousleur offrons,c'estdeveniràune«section»quiest«adminis-trative»etqui,enfaitd'administration,estconfinée dansuneespècede«spécialité»qu'onsegardebiende définir.Étions-nousdoncincapablesd'emprunterau djebel,aubled,unbeaunomducru?N'yavait-ilplus d'arabisantsetdeberbérisantsdansl'Arméefrançaise? Devantlacuistreriequicamouflelaguerreen«secteurs opérationnels»etlapaixen«sectionadministrative spécialisée»,j'étaissoulagéenméditantlesensdumot Antenne.EnfinunmotjusteL'Antenneestl'instrument quicaptelesondesetquilestransmet.C'estaussi,chez lesinsectes,l'organededétectionsanslequellatêtene peutrien.Audjebel,l'Antennen'étaitpasmoinssen-soriellequechezlesinsectes,nimoinsélectriqueque chezlessans-filistes.Elledevaitnonpas«fairedu renseignement»commemel'avaitditunmilitaire étoilémaisentrerencommunicationavecledjebel etleshommesdudjebeletfairepasserlacommu-nicationjusqu'aubuildingadministratifd'Alger.
Lit-onencore,ailleursqu'àlaFacultédesLettres,le prologued'Atala?Etàl'époquelelivrefutpublié, avait-onvraimenttendul'oreilleaupréludequiouvre lamélopéedeRenél'Européen,amantdel'Indienne Atala?«La Francepossédaitautrefois,dansl'Amérique septentrionale,unvasteempirequis'étendaitdepuisle Labradorjusqu'auxFloridesetdepuislesrivagesde l'Atlantiquejusqu'auxlacslesplusreculésduHaut-Canada».Atalaparaiten180r.Acettedateiln'ya guèrequequaranteansquel'Empirefrançaisd'Amé-
LANOUVELLEREVUEFRANÇAISE
riqueaétédémantelé.Quaranteansnefontpasunbien lointainautrefoisetpourtant,danslamémoirede Chateaubriandetdescontemporains,cetEmpiresi vasteetsidiversappartientàunpassérévolu.Depuis 1763,surleplandel'hégémoniepolitique,c'enest faitduCanada.QuantàlaLouisiane,cédéeàl'Espagne en1764,ellevientd'êtrerétrocédéeàlaFrance,mais BonapartelavendraauxÉtats-Unisen1803,quand Atalapoursuitsontriomphelittéraireavecunprologue quinesoulèveaucunenostalgiedansleslivresetles journauxdutemps.LaFranceserueàuneautre aventureimpérialequel'entreprised'outre-mer.C'est l'aventurenapoléoniennequi,situéeenEurope,sera finalementplusfugitive,plusfallacieuse,plusfuneste quelespiresexpéditionscoloniales.L'imitationdela RomeantiqueetdeCésar,levieuxrêvederecommencer l'Empireromaindansl'Europeduxixesièclenaissant, l'ontemportésurleregretd'uneAmériquefrançaise. Quellecteurd'Atalaapleurésurl'occasionratéedemar-querdusceaufrançaislacréationdunouveaumonde outre-atlantiqueoccidental?Lessanglotsromantiques furentréservésàRené,quiavaitétéconduitoutre-mer nonparlavolontéderéaliserunegrandeentreprise,ni parlegoûtdeconnaîtred'autrespeuplesquelesien, maistoutsimplementpar«sespassionsetsesmalheurs». Etcependant,avantcetteépoque,unofficierdestroupes demarine,retirédanssonbaillagebourguignondela Montagne,àAisey-le-Duc,aprèsunecarrièredevoyages etdeséjoursaccomplisenAmériquede1750à1777, lechevalierBossu,ressentaitvivementlapertedela Louisianeetl'abandonquienrésultaitpourlesIndiens dévouésànotrecauseetaveclesquelsilétaitenamitié. MaisBossu,pionnierd'unepolitiqueindiennedans l'Empirefrançais d'Amérique,nepossédaitaucunpou-voird'émotionsurlaFrancedeNapoléonetdeChateau-briand.Ilavaitétédecescoloniauxdontl'expérienceest,
L'ANTENNE
leplussouvent,incommunicable.Qu'était-ced'avoir animéunpostedebrousseappelélaMobile(devenu aujourd'huiunegrandeville)auprèsdelagloiredecreu-serlatombed'Atala Unsiècleetdemiplustard,unautreempiresedéfai-saitsousmesyeux,encetteAlgériede1957.Eten m'accrochantauxespoirsd'Algériefrançaiseetnouvelle quel'Antennemeproposait,je craignaisnéanmoins qu'onnepûtécrirebientôt«LaFrancepossédait autrefoisdansl'Afriqueseptentrionale,dansl'Afrique occidentaleetdansl'Afriquecentrale,unvasteempire quirassemblaittoutescesAfriquesetquis'étendaitd'un seultenantdepuislaMéditerranéejusqu'augolfede GuinéeetauCongoetdepuislesrivagesdel'Atlantique jusqu'auxlisièresduDarfour.» Apeinel'Afriquefrançaiseaura-t-elleétéinscriteaux programmesd'enseignementqu'ellen'yfigureraplus qu'aupassé.Sagrandeurseracertesindiquéedansles manuelsd'histoire,maispourra-t-elleêtresaisieparles écoliers,lesélèves,lesétudiants,alorsqueleurspropres pèresl'ontsouventignoréeautempsellesemani-festaitd'AlgeràBrazzavile,deDakaràFort-Lamy? Considérera-t-ondemaincommeépisodiquecefaitqu'on pouvaittoucherlaplupartdesportsdelaCôteocci-dentaled'Afrique,Port-Etienne,Dakar,Rufisque,Kao-lack,Ziguinchor,Conakry,Grand-Bassam,Abidjan, Lomé,Cotonou,Douala,Libreville,Pointe-Noire,et parcourirl'immensehinterlanddeceboulevardmari-time,remonterleSénégaldeSaint-Louisjusqu'au Soudan,descendreleNigerjusqu'àSayetl'Oubangui etleCongopendantdeslieuesetdeslieues,s'enfoncer danslessavanesetdansledésert,seraccorderau Maghrebmarocain,algérien,tunisien,toutcelasans quitterleterritoirefrançaisouleprotectoratfrançais? Glorioledira-t-on.Maisilnes'agitpasdetotaliserdes kilomètrescarrés.Ileûtfallucomprendrequ'ilssigni-
LANOUVEIAEREVUEFRANÇAISE
fiaientbienplusqu'unegigantesquesuperficiedont l'étenduen'étaitpasàl'échelledel'Europe.Nous étionsdanscequelegéographeJacquesRichard-Molardappelaitladémesureafricaine.Cesénormes distancesquel'Empirefrançaiscouvraitdansleconti-nentmassifétaientdifficilementadaptablesàl'esprit métropolitain,habitué,partraditionscolaire,àconcen-trerl'idéecolonialesurdepetitesîleslesAntilles,la Réunionouquelquescomptoirsàlapériphériede l'Indelescinqvilles quetoutenfantdel'écoleprimaire savaiténumérertandisqueleshuitchefs-lieuxde l'A.O.F.,lesquatredel'A.E.F.étaientignorés.Puis-sancelégendairedequelquesîlessurl'imagination françaiseetprestigedePondichéry,Mahé,Yanaon, KarikaletChandernagorIlseraitintéressantderecher-chercommentcessouvenirsduxvmesièclecolonial prévalaientsurlaréalitéimpérialedel'Afriquefrançaise auxixesiècle. Quelleétaitla profondesignificationdel'Afrique française?Répétonslejamaisaucunpaysd'Europe nes'étaitplacécommelenôtrepourembrasserun ensembleeurafricain,dontlapartieafricainesemblait leprolongementdelapartieeuropéenne.Plusfacile àfranchirquel'Atlantiqueautempsdel'Empire françaisd'Amérique,laMéditerranéeunissaitplus qu'elleneséparaitlaFranceetleMaghreb.Ie Saharaétaitpacifié,baliséettraversé.Jamaisaucun paysn'avaitétémieuxàpiedd'oeuvrepourrassembler EuropéensetAfricainsdanslamêmecommunautéde travailetdedestin.I,'IndochineetMadagascar,ces deuxgrandesconstructionsqui,avecl'Afriquefrançaise, composaientl'édificeimpérialdelaIIIeRépublique, étaientdansunetoutautrepositiongéopolitiqueque l'AfriquefrançaiseparrapportàlaFrance.Ellesétaient loin,mêmeavecl'avion,l'unedansl'Asiedesmoussons, l'autredansl'OcéanIndien.Ellesétaienttrèsdifférentes
Un pour Un
Permettre à tous d'accéder à la lecture
Pour chaque accès à la bibliothèque, YouScribe donne un accès à une personne dans le besoin